2006
Revue française de psychosomatique
Espace psychothérapie
Avant-propos
André Green
9, avenue de l’Observatoire 75006 Paris
Christian Vasseur nous adresse ce texte concernant la législation
sur la pratique des psychothérapies en France. Tout en lui laissant
l’entière responsabilité des données dont il nous fait part et des
justifications des positions politiques qu’il a été amené à prendre au
nom de son institution, nous avons pensé que la valeur documentaire
de cet article méritait qu’il soit connu des lecteurs de la Revue française de psychosomatique, à un moment où celle-ci aborde les relations
entre la psychosomatique et la psychothérapie.
Ce travail a en effet l’avantage de nous faire suivre dans leur déroulement les positions politiques gouvernementales discutées ou adoptées, censurées, amendées, reformulées, etc. On sera sensible, à la
lecture, au fait que l’évolution et les variations des positions politiques
dépendent moins d’une information éclairée et désireuse de parvenir
à une vision aussi fidèle que précise de la situation en la matière, que
des effets de positions partisanes exprimées par des personnes trop
souvent incompétentes ou qui n’ont apporté leur soutien qu’en se
faisant les porte-voix des divers acteurs participant au débat.
L’impression de désinformation prédomine souvent. La position des
psychanalystes ne reflète aucun consensus ni aucune position faisant
l’unanimité. La division du champ psychanalytique entre psychanalystes de diverses tendances est l’indice le plus frappant de ce que les
décisions finales refléteront d’enjeux de pouvoir plus que de souci du
bien public. La psychanalyse n’en sort pas grandie. Tant que
certaines associations psychanalytiques refuseront de se faire identifier
par leur allégeance à tel ou tel mouvement, se réclamant de tel ou tel
auteur, nous resterons dans la confusion. Par exemple, en ce qui
concerne les analystes lacaniens, l’école dite de la Cause freudienne regroupant les psychanalystes lacaniens millériens, devrait
être distinguée des lacaniens de stricte obédience non millérienne et
enfin des lacaniens partisans du dialogue (Société de psychanalyse freudienne). Pour le restant des associations psychanalytiques, l’ambiguïté est moindre car les distinctions sont aisées à faire et parlent
d’elles-mêmes. La solution définitive qui émergera de ces débats
devrait être fondée sur une information plus complète, plus claire,
plus honnête. Espérons toujours.