Revue française de science politique
Presses de Sc. Po.

I.S.B.N.2724629000
152 pages

p. 653 à 657
doi: en cours

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Lectures critiques - Comptes rendus

Vol. 51 2001/4

VERPRAET (Gilles) – Les enseignants et la précarité sociale. Le regard de la Seine-Saint-Denis. – Paris, PUF, 2001, 295 p.

Le travail de G. Verpraet s’inscrit dans la recherche sur la crise de l’école. Le département 93 sert de terrain révélateur, à partir d’une enquête à séquence ethnographique.
L’ouvrage comprend trois parties. Tout d’abord la déstabilisation de l’institution scolaire par la démocratisation et les conséquences du chômage de masse est analysée. Les finalités traditionnelles de l’école secondaire, éducation de la personne, transmission des savoirs, première orientation vers une spécialisation professionnelle, sont brouillées et contre-battues dans l’ensemble du système scolaire et plus spécifiquement dans les zones précarisées de la société à forte présence immigrée. Les facteurs de cette déstructuration sont multiples, internes et externes. L’échec scolaire et la violence liée au ressentiment posent des problèmes nouveaux. Avec des traits singuliers, la Seine-Saint-Denis se présente comme un cas typique de banlieue précarisée.
La seconde partie traite du quotidien des établissements scolaires. Le métier évolue. Dans les quartiers périphériques, il consiste davantage à reprendre, orienter, guider, dialoguer, gérer la violence qu’à transmettre un savoir.
Le troisième temps de l’ouvrage aborde la vie des établissements et leur dynamique. Quatre types d’établissements sont observés, à logique sociétaire, hiérarchique, collégiale (projet et innovations locales). Entre élèves, parents, enseignants, administration, de multiples interactions se produisent. Des innovations apparaissent. Des capacités d’action aussi, au nom du bien de l’enfant.
Le mouvement des enseignants de Seine-Saint-Denis (mars/avril 1998) fait l’objet du dernier chapitre. Le processus relie les tensions du monde enseignant et les problèmes du département. Une alliance entre parents et enseignants s’établit. Les professeurs déjà actifs en 1995, 1997 et 1998 réagissent au rapport Fortier, insuffisant, superficiel. Le catalogage de l’action au « registre des luttes syndicales classiques » (p. 55) ne rend pas compte de son originalité. L’analyse endogène met en évidence la révolte des enseignants, la territorialisation. Les résistances de l’administration et la dynamique du conflit conduisent à articuler quantitatif et qualitatif, à sortir de la spécificité Seine-Saint-Denis. Du côté des formes d’action, grèves et manifestations médiatiques avec parents, lycéens âgés, enseignants de rang, maîtres auxiliaires, jeunes enseignants sortis d’IUEM et personnels auxiliaires. L’auteur précise que la FSU soutient la lutte à partir de la revendication d’un plan de rattrapage sans redéploiement, dans le cadre du modèle de la qualification, en dépit d’un soutien gouvernemental. Le mouvement conjugue répertoire syndical classique et nouvelle radicalité pour un droit à l’éducation en milieu précaire contre une réforme managériale imposée d’en haut. Il en résulte un nouvel arrangement des valeurs, des déplacements de l’éthique professionnelle, la re-définition d’une citoyenneté active.
L’ouvrage se conclut sur la problématique de l’école comme institution biographique, sur la promotion d’une anthropologie réflexive et politique de l’école.
Le travail de G. Verpraet présente le triple intérêt de s’attacher au maillon faible du système scolaire, le collège, de contribuer à la restitution de vécu des enseignants, d’éclairer la portée du mouvement social de 1998. La richesse des analyses invite à proposer un approfondissement dans trois directions.
Tout d’abord, ce qui est évoqué des enjeux scolaires dans la classe ouvrière mériterait d’être amplifié. Comme le relèvent Françoise Ropé et Guy Brouvy dans leur ouvrage, Suffit-il de scolariser ? [1] l’école française ne reconnaît pas les savoirs professionnels et oculte la réalité du travail ouvrier, ce qui favorise la mise à l’écart des « non-héritiers ».
En second lieu, des formules comme « luttes syndicales classiques » (p. 155), « formules classiques du syndicalisme » gagneraient à être interrogées. N’y a-t-il qu’une forme syndicale et depuis quand est-elle, serait-elle, stabilisée ? La question porte aussi sur le rapport avec le mouvement social – qui n’est parfois qu’un autre nom pour mouvement ouvrier (p. 146 et p. 165) –, sur la critique du corporatisme (p. 167), termes polysémiques et souvent réduits à un usage polémique.
Enfin, l’action, l’intervention du mouvement syndical réclameraient une attention plus soutenue. Prendre en compte le rôle d’ensemenceur, pour reprendre le vocabulaire de Bertrand Badie, dans Stratégie de la grève en 1976 [2], permet d’éviter une approche par trop spontanéiste des mouvements sociaux, de mieux relier continuité et changement.
Créée en 1964, la Seine-Saint-Denis dispose au départ d’un réseau scolaire essentiellement technique. On dénombre un seul lycée. Un jeu à quatre, syndicat (FEN à majorité Unité et Action), parents, maires, IDEN se déploie pour revendiquer un « rattrapage » de ce qui est qualifié de « retard ». Un mouvement social important se produit sous le ministère de René Haby qui vient négocier en personne et répond positivement à une part des demandes.
Le succès des années 1970 s’efface des mémoires avec la montée de la crise, la dé-industrialisation. La section départementale de la FEN (qui deviendra FSU en 1993) formule à partir de 1985 la revendication d’un plan d’urgence, ainsi que le rappelle à juste titre Sophie Béroud dans Le mouvement social en France [3]. Il convient d’ajouter que parler d’une FSU en Seine-Saint-Denis, disposant de surcroît d’un « soutien gouvernemental » (p. 164-165) relève d’une représentation assez conventionnelle. Les composantes SNES, SNETAA, SNUIPP ne s’impliqueront pas de façon identique dans le mouvement de 1998. L’hostilité du SNES à la politique de Claude Allègre incitait certains de ses membres à amplifier l’affrontement en Seine-Saint-Denis. La tentative d’élargir l’action au plan national a échoué – l’École émancipée en a fait l’expérience et le constat. On aurait aimé en savoir plus sur la coordination (délégués d’établissement, syndicats, FCPE) et l’A.G.
Trois axes de discussion qui n’entendent pas biffer l’apport de l’ouvrage mais le prolonger, avec la conviction que la vie scientifique se nourrit précisément de la confrontation.
René MOURIAUX
Centre d’étude de la vie politique française
Fondation nationale des sciences politiques

BAENA DEL ALCAZAR (Mariano) – Elites y conjuntos de poder en España (1939-1992). Un estudio cuantitativo sobre Parlamento, Gobierno y Administración y gran empresa. – Madrid, Tecnos, 1999. 756 p. (Semilla y surco. Ciencia política)

Mariano Baena del Alcazar vient de nous livrer une somme sur les élites et les relations de pouvoir en Espagne. Ce travail imposant (756 pages) est le fruit d’un parcours de recherche assez original qui a conduit cet universitaire d’une approche de la science administrative très institutionnaliste à une sociologie du pouvoir de l’État centrée sur une analyse du rôle des acteurs. Tout se passe comme ci, ce Catedratico de science administrative, actuellement membre du Tribunal suprême espagnol, venait de publier la synthèse d’un parcours de recherche qui, durant une période de plus de vingt ans, l’a conduit seul ou en collaboration (de Miguel, Madaria, ou Pizarro) à accumuler des matériaux empiriques sur les « sommets du pouvoir ». Partant de là, il a œuvré à la création d’une grande banque de donnée sociographique sur les élites du pouvoir en Espagne (de 1939 à 1997). De son propre avis l’analyse des institutions en elles-mêmes n’a pas un grand intérêt pour comprendre le pouvoir, ce qui compte c’est le rôle et les relations qu’entretiennent les acteurs qui détiennent les positions de pouvoir.
Outre un parcours de recherche exemplaire, ce travail incarne une forme de rupture originale avec la science administrative classique, d’une part, en insistant sur le rôle des acteurs au détriment des institutions et surtout, d’autre part, en limitant la perspective analytique au rôle des hauts fonctionnaires aux sommets de l’État. Ainsi, le livre de Baena se détache explicitement de ses travaux précédents [4], pour s’inscrire pleinement dans une perspective élitiste (ou élitaire). La première partie de l’ouvrage est consacrée au rappel des approches politiques et sociologiques existantes. En s’inscrivant dans la droite ligne fondatrice des « pères » de la théorie des élites comme Pareto, Mosca, et de ses « traducteurs » tels que Aron, Mills, Bottomore, il se pose comme un des principaux chercheurs sur ce domaine en Espagne. Dans cette perspective, il convient de s’intéresser à trois grandes questions théoriques : le caractère inévitable des élites, sa variabilité, et l’interdépendance des élites et des non-élites.
Autrement dit, Baena s’applique à discuter les articulations entre les élites et la théorie de la démocratie en réfutant tout autant le monisme à la Mills (l’élite du pouvoir) et le pluralisme à la Dahl (les élites démocratiques). Seulement après avoir fait le détour par une présentation fine de l’ensemble de la littérature anglo-saxone récente (connue et moins connue), il s’inscrit alors dans une perspective ou l’on doit démontrer « qu’il n’y a pas un groupe de personnes qui constitue un ensemble défini qui exerce le pouvoir, ni une pluralité d’ensemble. C’est plutôt un agrégat qui n’a pas d’attribut propre et qui ne maintient des relations qu’à travers les postes… (Par conséquent il s’agit d’étudier ces relations). De plus, le pouvoir est un fait de structure qui dépend des relations entre les centres de décisions, lesquels sont occupés successivement par des personnes distinctes » (p. 78 et 79). Partant de là, l’auteur adopte une posture de recherche spécifique qui privilégie la mise en valeur par le travail empirique de la réalité du pouvoir.
L’auteur tente de prolonger l’approche positionnelle en insistant sur les relations de pouvoir aux sommets de l’État entre, l’administratif, le politique et l’économie. Toutefois, l’inscription de ce questionnement mérite au moins deux précisions : d’une part, que l’auteur s’efforce de répondre aux nombreuses interprétations monistes de la réalité élitaire en Espagne [5] et, d’autre part, à travers une volonté de construire une interprétation théorique fondée essentiellement sur un matériel empirique quantitatif sur les élites jusque-là jamais réuni. Par ailleurs, il faut souligner que l’auteur réfute sa problématique initiale au terme de sa démonstration. En effet, l’objectif de départ consistait à vérifier en partant d’une enquête empirique comment les élites se maintiennent au pouvoir malgré les changements historiques grâce à leurs réseaux relationnels et à travers un jeu subtil de changement de poste et de positions. Il propose alors d’observer les interrelations entre le pouvoir économique et le pouvoir politique au sein du Parlement, de l’Exécutif et les grandes entreprises entre 1939 et 1992.
Dès lors, il s’agit pour l’auteur de vérifier s’il existe aux sommets du pouvoir espagnol (cupula del estado) un jeu de chaises musicales conduisant à l’identification de noyau (nucleo) d’élites. Cette sociologie empirique des réseaux d’inspiration anglo-saxone consiste à considérer le noyau, comme celui qui caractérise le groupe de personnes qui, durant la même période politique, ont été dans cet ensemble de pouvoir. La population de départ correspond empiriquement aux acteurs qui réunissent les trois conditions de parlementaires, de grands entrepreneurs et nommés par décret. Le réseau complet de toutes ces relations est qualifié de « coupole organisationnelle » (cupula organisacional). D’après l’auteur, c’est au sein de cette configuration (c’est nous qui introduisons ce terme) de réseaux multiples que sont prises les décisions politiques, économiques mais aussi où se conditionne et se transmet le système de croyances et de valeurs. Il faut, toujours selon l’auteur, distinguer ces organisations et les réseaux qu’elles induisent à l’encontre des organisations de pouvoir subalternes. La méthode de validation empirique de la démarche se fonde sur une analyse des indicateurs de pouvoir (poste de pouvoir) dans chacun des trois grands secteurs de l’activité étatique : le Parlement, le Gouvernement/et l’administration et les grandes entreprises. L’augmentation de la fréquence d’occupation des mêmes postes par le même type d’acteurs doit permettre de tirer des enseignements généraux quant aux effets de structure sur la prise de décisions.
La construction très américaine du plan de l’ouvrage amène Baena à poser d’entrée de jeu une série d’hypothèses qui sont soumises à l’épreuve de la validation empirique. L’hypothèse centrale réside dans l’existence supposée continue de réseaux de relation entre élites et types de pouvoir (politique, administratif et économique) malgré un changement de régime politique. Il s’agit, dès lors pour l’auteur d’aborder la question de la loi d’airain des oligarchies. Ainsi, tout devrait alors se passer comme si une « barre d’acier rigide » (« barra de hierro rigida », p. 30) reliait de façon permanente les différents postes de pouvoir de la société politique. L’auteur annonce d’entrée de jeu que les données empiriques invalident cette hypothèse haute, même si l’analyse statistique montre qu’il existe des relations similaires entre certains groupes de l’élite du pouvoir. Il en va de même quant à la réfutation de l’hypothèse adjacente de l’identification d’une « super-élite » présupposée comme construite autour du « noyau dur d’acteurs ». Pour lui, la classe dirigeante n’existerait pas dans la réalité empirique. Cette imposante étude quantitative donne alors un peu plus raison à la vision pionnière de Juan Linz qui, dès les années 1960, soulignait le pluralisme limité mais réel des élites dans un régime autoritaire [6].
En revanche, le travail empirique de première main permet aussi de valider un certain nombre d’hypothèses connexes à la thèse centrale. En effet, sur la période étudiée, les hauts fonctionnaires (d’extraction civile) qui ont exercé un pouvoir politique ou économique représentent 11 %, ce qui tend à réduire la vision selon laquelle les bureaucrates monopolisent le pouvoir en Espagne au 20e siècle (p. 194). On apprend aussi que les Cortes organiques du régime franquiste sont un lieu de rencontre pour les élites du pouvoir au sein du régime franquiste sans toutefois constituer un creuset où se forme une élite monolithique. L’auteur montre aussi que le changement de régime n’entraîne pas un changement immédiat dans les relations entre les postes de pouvoir. Ainsi, la question de la circulation des élites est abordée dans le texte à travers le prisme rénovation/continuité des élites dans les positions de pouvoir sur l’ensemble de la période étudiée. Pour l’auteur, la rénovation des élites est à la base même du phénomène élitaire. En effet, sur 24446 personnes étudiées dans son échantillon, celles qui ont occupé un ou des postes de pouvoir dans le secteur administratif, politique ou économique, sont seulement 1152 c’est-à-dire 4,71 % durant les trois périodes étudiées (franquisme, transition et consolidation démocratique). La rénovation des élites est un phénomène validé empiriquement. Toutefois, c’est chez les hauts fonctionnaires que l’on observe une continuité plus élevée (7,6 %). Dans un même sens, son analyse des relations de pouvoir durant la transition démocratique montre bien comment une part importante du personnel politique et économique (41 %) issue du franquisme se maintient au pouvoir tous secteurs d’activité étatique confondus (administratif, économique et politique). Pour les hauts fonctionnaires, 52,3 % proviennent de l’ancien régime. L’auteur montre qu’il existe un groupe de hauts fonctionnaires qui se maintient même durant la consolidation démocratique par le Gouvernement socialiste. En effet, sur la population globale de la période socialiste ce sont 2956 personnes qui proviennent de la période franquiste.
À partir du résultat de cette recherche empirique, Baena souligne un paradoxe propre au changement de régime politique : la rénovation des élites est une constante, toutefois les situations de transition nécessitent le maintien d’un noyau d’élite au sein du pouvoir. Son étude montre que ce n’est qu’avec le changement de majorité politique et l’arrivée au Gouvernement des socialistes en 1982 que la plus forte rénovation se produit. De même, il montre que la rénovation au sein du régime franquiste était due à certains paramètres naturels (mortalité, etc.). L’auteur reconnaît que les 1146 personnes qui se maintiennent au pouvoir durant les trois périodes montrent bien qu’il existe quand même une faible continuité au sein d’un noyau de l’élite du pouvoir. Toutefois, l’auteur montre en observant leur circulation (le changement de postes) que le pouvoir de ces acteurs tend à décroître. Le travail de Baena ne prend pas assez en compte les contingences historiques sur les processus de rénovations des élites. De façon plus générale on rencontre ici les limites relatives aux travaux exclusivement quantitatif sur les élites où l’on laisse volontairement de côté la dimension subjective des trajectoires politiques des individus ou des groupes d’acteurs qui composent l’élite ou les élites du pouvoir.
Sur la question des rapports continuité/discontinuité des élites dans la structure du pouvoir, il est intéressant de noter que l’auteur montre qu’entre les périodes retenues le taux de rénovation est équivalent aux deux tiers de la population globale. Les acteurs qui se maintiennent dans la structure du pouvoir le font bien souvent au terme d’un changement de positions, passant d’une sphère à l’autre (politique, administrative et économique) en perdant bien souvent du pouvoir.
Enfin, fort de cette vaste étude empirique, Baena propose une série de conclusions autour d’un double dépassement : d’une part, celui de la « transcendance » des sciences sociales et celui d’un approfondissement entre la science politique et la science administrative. Se prévalant de l’objectivisme des chercheurs qui s’appuient sur une démarche quantitativiste, Baena propose une lecture critique de certains acquis de la sociologie des élites. Paradoxalement, il entreprend un véritable travail de déconstruction de la réalité élitaire. En effet, ce phénomène ne renvoie pas à une réalité sociale observable mais seulement à des constructions intellectuelles propres aux sciences sociales. Pour lui, la centralité des élites réside d’une logique d’agrégation qui est imposée par le chercheur. Partant de là, les élites sont encore moins identifiables à une classe sociale. De même, il existe dans la réalité empirique qu’il observe une élite du pouvoir entendue comme un groupe restreint d’acteurs monopolisant les ressources du jeu politique.
L’auteur propose quelques conclusions spécifiques à partir de son travail pour la science administrative. L’approche institutionnelle de l’administration doit être remise en question. La haute administration doit être compris à partir des interactions qu’elle entretient avec le secteur politique et le secteur économique. Si le phénomène concernant le passage de hauts fonctionnaire en politique est observable durant le un période retenue par l’auteur, il ne signifie pas toutefois que ce groupe d’acteurs ait pris le pas sur les élites politiques. Pour la science politique, et plus particulièrement au niveau de la théorie politique, le travail de Baena confirme l’approche pluraliste du pouvoir. En effet, c’est une pluralité de groupes formalisés ou diffus qui participe à la prise de décision. Leur participation est variable, de même que l’intensité et la fréquence. Les données empiriques mobilisées par cette enquête montrent aussi que la circulation des élites est une réalité qui permet de réfuter la thèse de l’élite unifiée et conspiratrice (p. 731).
Baena, dans les conclusions générales qu’il tire de son travail, propose l’abandon du terme élites, inadéquat par rapport à la réalité sociétale observée, au profit de celui de relation de pouvoir. À l’avenir, la théorie politique doit s’engager dans une explication des réseaux de relation en laissant de côté les acteurs et les institutions. C’est donc dans l’analyse des réseaux du pouvoir qui se trouve le point de salut, mais aussi le dépassement des stériles controverses élitistes.
William GENIEYS
CNRS
CEPEL – UMR 5112
Faculté de droit de Montpellier
 
NOTES
 
[1] Françoise Ropé, Guy Brouvy, Suffit-il de scolariser ?, Paris, Éditions de l’Atelier, 2000.
[2] Bertrand Badie, Stratégie de la grève. Pour une approche fonctionnaliste du Parti communiste français, Paris, Presses de Sciences Po, 1976.
[3] Sophie Béroud et al., Le mouvement social en France, Paris, La Dispute, 1998.
[4] Mariano Baena del Alcazar, Función publica y burocracia en España, Madrid, Tecnos, 1978.
[5] Cf. Carlos Moya, Señas de Leviathan. Estado nacional y sociedad industrial : España 1936-1980, Madrid, Alianza, 1994 ou Miguel Beltran, La elite burocratica española, Madrid, Ariel, 1977.
[6] Juan José Linz, « An Authoritarian Regime : Spain », dans E. Allardt, S. Rokkan (eds), Mass Politics. Studies in Political Sociology, New York, The Free Press, 1970, p. 251-283.
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[4]
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[5]
Cf. Carlos Moya, Señas de Leviathan. Estado nacional y soci...
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[6]
Juan José Linz, « An Authoritarian Regime : Spain », dans E...
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