Revue française de science politique
Presses de Sc. Po.

I.S.B.N.
208 pages

p. 577 à 591
doi: en cours

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Sur quelques énigmes des élections françaises du printemps 2002

Vol. 52 2002/5-6

Les mystères de la Chambre bleue : des voix aux sièges lors des élections législatives de juin 2002

Bernard Dolez
Le scrutin uninominal majoritaire à deux tours a mécaniquement pour effet d’amplifier en sièges les mouvements électoraux. Les élections législatives de 2002 en sont une nouvelle illustration : alors que le rapport droite/gauche peut être estimé à 55/45 au soir du second tour, la droite modérée dispose de 399 sièges sur 577. Quand le FN ne perturbe pas le jeu comme en 1997, l’équation voix/sièges obéit ainsi, non à la loi du cube, mais à la loi du « quatre ». Les effets mécaniques des modes de scrutin ne suffisent pas, en revanche, à rendre compte de la manière dont les sièges se répartissent entre forces politiques au sein de chaque coalition. Le nombre de sièges alloués aux petits partis est principalement fonction de leur mode d’implantation territoriale : le PC a ainsi réussi à conserver un groupe parlementaire en sauvegardant ses bastions, grâce à la bonne résistance de ses sortants. Le vote écologiste est en revanche plus étale, ce qui n’a autorisé l’élection que de trois députés Verts. The uninominal election on a majority basis with two rounds has a mechanical effect of increasing electoral movements among the seats allocated to each political forces. The 2002 legislative elections are one more illustration : whereas the right/left balance could be estimated at 55/45 at the end of the second round, the moderate right had 399 out of 577 seats. When the FN doesn’t skew the game, as in 1997, the votes/seats equation follows, not the cube law of elections, but the « four » law. The mechanical effects of the type of election do not explain, however, how the seats are divided among political forces within each coalition. The number of seats allocated to little parties is mainly based on how they are established territorially: the CP managed to keep a parliamentary group by safekeeping its strongholds, thanks to the way the incumbents resisted. The ecology vote, on the other hand, was more spread out which resulted in only three Green deputies.
• La distribution des sièges entre la droite modérée et la gauche de gouvernement : les « effets mécaniques » du scrutin majoritaire
— Poussée en voix, raz-de-marée en sièges de la droite modérée
— Le front national, hors-jeu
• La place des « petits » au sein de chaque coalition : représentation parlementaire et distribution spatiale des votes
— À gauche : le sort contrasté du PC et des Verts
— À droite : l’UDF en sursis ?


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