Revue française de science politique
Presses de Sc. Po.

I.S.B.N.2724629566
126 pages

p. 195 à 200
doi: en cours

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Sur la formation des sciences de gouvernement

Vol. 53 2003/2

2003 Revue française de science politique Sur la formation des sciences de gouvernement

« Les habits savants du politique » Des mises en forme savante du politique à la formation de sciences de gouvernement

Renaud Payre Rachel Vanneuville
Les articles proposés dans ce dossier enquêtent sur les mises en forme savante de savoirs et savoir-faire destinés au perfectionnement et à la rationalisation de l’action politico-administrative, savoirs qui, pour certains, ont participé à l’institutionnalisation de disciplines universitaires. La question des rapports entre savoirs et pouvoir n’est certes pas nouvelle. Elle est au cœur d’une histoire et d’une philosophie des sciences marquée notamment, depuis la seconde moitié du 19e siècle, par l’œuvre d’Auguste Comte, qui propose une histoire de la raison avec la volonté de faire entrer la politique dans « l’âge positif ». Cette œuvre a été prolongée, dans des contextes d’énonciation différents et avec des visées distinctes, par des écrits parmi lesquels figurent ceux de Claude Bernard ou de Gaston Bachelard, et dont l’ambition est de faire une histoire des formes de rationalité pour mieux comprendre comment elles se sont imposées, notamment dans l’organisation politique elle-même. Une histoire clairement renouvelée par les chantiers sur la gouvernementalité, ouverts par Michel Foucault dans les années 1970 autour de l’ensemble des dispositifs de régulation des conduites qui renvoient, dès le 18e siècle, à une relation inédite entre la politique comme pratique et la politique comme savoir [1]. C’est le passage d’un « art de gouverner » [2] à une « science politique » que Foucault met ainsi en lumière.
Une science qui intéresse l’ensemble des articles ici réunis, s’attachant pour leur part à tenir ensemble des pratiques concrètes de gouvernement et des savoirs et techniques d’administration et de gestion publiques. À ce titre, ces articles rejoignent également des entreprises collectives plus récentes menées à travers des groupes d’études [3], des publications [4] ou encore des colloques, qui ont tous contribué à alimenter une socio-histoire des sciences de gouvernement.
Le questionnement en terme de « sciences de gouvernement » ici engagé se trouve à l’intersection de différentes approches développées au cours de ces dernières années, à la fois en sciences sociales, en histoire et en science politique. Nous en retiendrons ici trois, mobilisées dans des études qui constituent les principales références des articles du dossier.
En premier lieu, il convient d’évoquer les recherches entreprises depuis une quinzaine d’années pour proposer une nouvelle socio-histoire des sciences et qui sont impulsées par la Société française pour l’histoire des sciences de l’homme, créée en 1986 [5]. Parmi les débats présents dès la fondation de celle-ci – il est à noter que la science politique n’est alors pas traitée –, celui concernant l’opposition entre une histoire disciplinaire et une histoire intellectuelle est sans doute parmi les plus fructueux. C’est notamment Stefan Collini qui expose l’intérêt de se défaire d’une histoire disciplinaire ne s’intéressant aux processus d’institutionnalisation universitaire des savoirs qu’en partant des représentations et institutions contemporaines bien consolidées [6]. L’auteur en appelle ainsi à des travaux d’histoire intellectuelle qui exploreraient « les présuppositions, les ramifications et résonances d’idées » sans se prêter à une téléologie légitimatrice [7]. Pareilles enquêtes ont déjà été menées dans d’autres pays, proposant une histoire sociale des savoirs attentive aux objectifs et activités diverses de ceux qui les portent et particulièrement curieuse des projets savants qui n’auraient pas connu une consécration universitaire mais n’en auraient pas moins contribué à faire avancer des projets réformateurs [8]. Ces travaux incitent à proposer une socio-histoire non rétrospective des entreprises de connaissance de l’action politico-administrative et de leur lien avec l’activité des praticiens de la politique et de l’administration.
En second lieu, c’est bien à propos de ce dernier objet, l’administration et la manière dont son histoire a été écrite, que se sont aussi manifestées des approches novatrices. Des travaux menés par des chercheurs européens depuis plus de trois décennies ont enrichi et rendu possible une histoire qui n’hésite pas à aborder l’administration en action. C’est notamment le cas des travaux de Vincent Wright et d’autres initiatives comme celles de Erk Volkmar Heyen qui publie l’Annuaire d’histoire administrative européenne (Jahrbuch für europäische Verwaltungsgeschichte), rassemblant, depuis 1989, toute une série d’études consacrées à une histoire politique de l’administration. En ce qui concerne la France, des séminaires, des journées d’études et des ouvrages collectifs sont venus enrichir une telle historiographie. C’est le cas de l’entreprise collective emmenée par Marc-Olivier Baruch et Vincent Duclert qui proposent d’observer et d’analyser l’action politique et le sens de cette action à partir des pratiques administratives mais également des représentations, notamment de l’État, que les administrateurs engagent dans leurs pratiques [9]. Cet appel à une histoire politique de l’administration se retrouve dans le numéro des Actes de la recherche en sciences sociales consacré aux « sciences de l’État ». Scrutant la littérature que différentes bureaucraties ont pu produire à divers moments historiques, les auteurs montrent qu’elle « véhicule des représentations de l’État qui sont constitutives de la réalité même de l’État parce qu’elles ont contribué durablement à sa formation et qu’elles ont été d’autant plus efficaces qu’elles semblaient n’obéir qu’à des considérations pratiques » [10]. De tels travaux invitent ainsi à saisir la dimension cognitive de l’action administrative et politique en s’attachant à l’étude de l’ensemble des instruments et des dispositifs techniques qui permettent à une activité politico-administrative de « tenir » et de perdurer [11].
Enfin, il faut également inclure dans ces courants de recherche les travaux qui s’intéressent plus particulièrement aux modes de réception et à la circulation inter- ou trans-nationale des savoirs et savoir-faire de gouvernement, conduisant à appréhender les « sciences de gouvernement » à travers l’analyse de processus d’import/export. Cette analyse appelle à être à la fois attentif aux conditions de production et de diffusion des savoirs, et à interroger le caractère transnational de la construction de certaines disciplines. Nous songeons ici plus particulièrement aux travaux de sciences sociales qui se sont multipliés récemment et qui ont porté sur les connections, sur les mondes transnationaux, phénomènes irréductibles aux relations entre États et ne pouvant de ce fait être abordés dans une démarche comparatiste. Ce dépassement de la comparaison se trouve dans les travaux et les recommandations méthodologiques de Michel Espagne et Michaël Werner [12] ; il est également au centre de recherches sur les mouvements de réforme sociale du tournant du siècle tels qu’ils se sont façonnés par la traversée de l’Atlantique Nord [13]. Combinées avec les travaux portant sur les processus d’imitation ou de traduction [14], ces recherches contribuent à proposer une approche socio-historique des circulations d’hommes, de schèmes et d’innovations, éloignée des explications en terme d’influence.
Faisant entrer en discussion ces courants d’études, l’ambition des articles ici rassemblés est de déplacer le regard porté sur les savoirs et savoir-faire gouvernementaux. Il s’agit plus précisément de penser les possibles laboratoires des sciences de gouvernement comme étant des lieux et objets intermédiaires où s’entremêlent savoir et pouvoir, savants et gouvernants. Ces entre-deux, parfois fragiles et peu identifiables, passent souvent inaperçus. Soit parce que les particularités de leur forme hybride ne sont pas entièrement élucidées : si les travaux de James Burnham sont si bien reçus en France après la Seconde Guerre mondiale, c’est aussi que leur registre savant s’adosse à une entreprise internationale de lutte anti-communiste soutenue par certaines instances fédérales états-uniennes (Joseph Romano). Soit parce qu’ils ne sont pas pensés comme participant à l’élaboration ou à la consécration de savoirs et de pratiques : les interventions de René Worms à l’Académie des sciences morales et politiques au début du siècle contribuent à l’institutionnalisation du droit administratif (Rachel Vanneuville) ; l’activisme des fondations philanthropiques états-uniennes, en matière de public administration, participe à la diffusion de techniques d’administration et de gouvernement et de manières de concevoir l’administration publique (Pierre-Yves Saunier). Soit encore parce qu’ils n’ont justement pas engendré de savoirs académiquement reconnus : la « science municipale » portée par les édiles municipaux durant l’entre-deux-guerres ne s’institutionnalisera pas comme une discipline universitaire (Renaud Payre).
Les articles mettent ainsi en œuvre un protocole d’enquête qui consiste d’abord à suspendre le régime de vérité contemporain pour comprendre les revendications de scientificité des acteurs étudiés [15]. Il s’agit ensuite d’envisager les discours et supports étudiés comme « la matérialisation d’une intention particulière visant la solution d’une question particulière » [16]. Une telle démarche tient compte du contexte historique et social de production des savoirs, mais refuse de les réduire à ce seul contexte, invitant à prendre les discours comme des actes : ils servent, bien entendu, à exprimer des idées mais également à satisfaire des objectifs tactiques, et peuvent aussi produire des effets autres que ceux attendus. De telles précautions conduisent les auteurs à penser les acteurs à la lumière des lieux d’énonciation de leurs discours, de leurs lieux de réception, de leurs modes de circulation ou encore de leurs principaux interlocuteurs, c’est-à-dire à les saisir dans les configurations qui les habillent de science. Car il s’agit bien pour les acteurs étudiés de trouver un support de rationalisation et d’encadrement des pratiques politico-administratives : dans L’ère des organisateurs, l’universitaire James Burnham théorise l’avènement d’une société technocratique contre laquelle il s’agit de se protéger ; le périodique La vie communale et départementale est utilisé par les édiles pour mettre en forme les fondements d’une science du gouvernement local ; René Worms s’appuie sur sa renommée scientifique ainsi que sur le cénacle savant qu’est l’Académie des sciences morales et politiques pour promouvoir le droit comme savoir de gouvernement ; les philanthropes américains se répandent en enseignements, bourses d’étude, congrès internationaux… pour diffuser des principes scientifiques d’organisation administrative.
Enquêter sur ces revendications savantes, c’est donc porter l’interrogation sur les formes qui font science, sur les modalités de leur émergence et de leur réussite ou échec.
Ceci conduit, d’une part, à s’attacher aux conditions matérielles de la production et de la circulation des savoirs pour saisir comment les supports d’énonciation orientent ou contraignent les réflexions, leur donnent un « format » particulier. En refusant l’opposition entre forme et contenu, cette approche met ainsi en lumière les nombreuses possibilités d’énonciation ouvertes par les différents supports étudiés. En prenant la forme d’un bulletin informatif et pratique, la revue municipale, étudiée par Renaud Payre, se concentre sur la description du fonctionnement de l’administration locale, énumère et diffuse des outils d’intervention à l’usage des édiles, contribuant ainsi à définir de nouvelles catégories pour penser le pouvoir municipal. L’ouvrage de James Burnham, quant à lui, se déplace sans cesse, des États-Unis vers la France, des milieux scientifiques aux milieux politiques, ses réceptions favorisant des réappropriations multiples du thème de la technocratie.
Mais il convient, d’autre part, de comprendre pourquoi ces formes acquièrent une légitimité scientifique, demandant alors de questionner la nature du régime de certification des savoirs qui les porte ou qu’elles emportent. Adossé sur le naturalisme et la méthode expérimentale, le scientisme qui sous-tend les interventions de René Worms lui permet d’ancrer le droit dans la science, parce qu’il constitue à l’époque une véritable forme de légitimation, générale et accessible à tous. Faisant appel à un autre registre légitimateur, les réformateurs américains de l’entre-deux-guerres travaillent à dissocier résolument administration et politique pour rendre les savoirs de gouvernement qu’ils définissent universalisables et susceptibles alors de traverser, de manière neutre, les frontières.
S’attarder sur la diversité des formes qui font science à un moment donné, c’est restituer des luttes et dévoiler la variété d’acteurs et de moyens mobilisés autour de cette prétention à définir et à contrôler la « bonne » forme. Ces concurrences aident non seulement à penser le savoir comme n’étant pas seulement produit au sein des arènes universitaires mais, surtout, à ne pas mesurer son succès à l’aune des seuls critères fixés par l’université. Cette démarche conduit donc à prendre en compte la multiplicité des lieux de production des savoirs, des acteurs qui les portent et des critères de scientificité mobilisés.
Au final, les articles permettent aussi de s’interroger sur ce que ces diverses entreprises de « mise en forme savante du politique » disent de la représentation de l’ordre politique ainsi véhiculé. S’il est question, dans les articles de Pierre-Yves Saunier et de Joseph Romano, de la diffusion d’un ordre américain, c’est, pour sa part, à garantir la conservation sociale que s’attache René Worms alors que, de leur côté, les édiles promeuvent le principe d’un ordre politique municipal qui ferait de la commune la cellule essentielle des institutions françaises. Décloisonnant les mondes de la science et ceux du gouvernement [17], ces articles invitent ainsi de manière plus générale à comprendre la genèse des catégories d’analyse du politique et la manière dont elles contribuent, en étant consolidées, à occulter les pratiques concrètes dans lesquelles elles sont pourtant inscrites, pratiques bien souvent réduites à de simples reflets de la science. Autrement dit, c’est à une science politique réflexive, consciente de ses montages et de son inscription dans le champ social que cette démarche conduit [*].
 
NOTES
 
[1] Michel Foucault, « La “governementalità” », Aut-Aut, 167-168, septembre-décembre 1978, p. 2-29 (repris dans Dits et Écrits, Paris, Gallimard, vol. III, 1994, p. 635-657).
[2] Sur ce sujet, cf. le travail de Michel Senellart qui, à partir de l’étude des Miroirs des Princes et des manuels de prudence politique, insiste sur la formation au 17e siècle du concept même de gouvernement, et sur la redéfinition des finalités gouvernementales qui sont désormais liées aux besoins de l’État : Michel Senellart, Les arts de gouverner. Du régime médiéval au concept de gouvernement, Paris, Le Seuil, 1995.
[3] Cf., par exemple, l’équipe ACI (Action Concertée Incitative-ministère de la Recherche) « Les sciences camérales : activités pratiques et histoire des dispositifs publics », dirigée par Pascale Laborier (CURAPP, Amiens).
[4] Nous renvoyons ici au numéro spécial « Sciences du politique », Genèses, 37, décembre 1999 et à celui « Les savants et le politique », Politix, 48, 4e trim. 1999.
[5] Cf. la synthèse que Claude Blanckaert propose des dix premières années de travaux : « L’histoire générale des sciences de l’homme. Principes et périodisation », dans L’histoire des sciences de l’homme. Trajectoires, enjeux et questions vives, Paris, L’Harmattan, 1999.
[6] En ce qui concerne la science politique, une telle histoire a d’ailleurs déjà été écrite, mettant en lumière les hommes, les lieux mais aussi les enjeux socio-politiques qui ont nourri les débats conduisant à la formation d’une discipline universitaire autonome : cf. Pierre Favre, Naissances de la science politique en France, 1871-1914, Paris, Fayard, 1989 ; Dominique Damamme, « Histoire des sciences morales et politiques et de leur enseignement des Lumières au scientisme », thèse d’État de science politique, Université de Paris I, 1982.
[7] Stefan Collini, « “Discipline History” and “Intellectual History”. Reflections on the History of the Social Sciences in Britain and France », Revue de synthèse, 109 (3-4), juillet-décembre 1988, p. 387-399.
[8] Cf. à propos de la science politique : Stefan Collini, Donald Winch, John Burrow (eds), That Noble Science of Politics : A Study in Nineteenth-Century Intellectual History, Cambridge, Cambridge University Press, 1983.
[9] Marc-Olivier Baruch, Vincent Duclert, « Une histoire politique de l’administration française, 1875-1945 », dans Serviteurs de l’État. Une histoire politique de l’administration française, 1875-1945, Paris, La Découverte, 2000, p. 7-16.
[10] Pierre Bourdieu, Olivier Christin, Pierre-Étienne Will, « Sur la science de l’État », Actes de la recherche en sciences sociales, 133, juin 2000, p. 3-9.
[11] Un tel protocole de recherche appliqué à l’administration municipale a été récemment mis en œuvre dans des travaux publiés par la revue italienne Amministrare : Amministrare (« comuni e nuove tecnologie tra ’800 ’900 », Amministrare : Amministrare, 30 (3), décembre 2000). Ces travaux prolongent l’« histoire concrète de l’abstraction » amorcée par les études de sciences de gouvernement, comme la statistique au 19e siècle ou la science économique dans la seconde moitié du 20e siècle : Alain Desrosières, La politique des grands nombres. Histoire de la raison statistique, Paris, La Découverte, 1993 ; Delphine Dulong, Moderniser la politique. Aux origines de la Cinquième République, Paris, L’Harmattan, 1997.
[12] « Transferts, voyages, transactions », Genèses, 14, janvier 1994 ; Michel Espagne, Les transferts culturels franco-allemands, Paris, PUF, 1999.
[13] Cf. Daniel T. Rodgers, Atlantic Crossings. Social Politics in a Progressive Age, Cambridge, The Belknap Press of Harvard University Press, 1998 ; Axel R. Schäfer, American Progressives and German Social Reform, 1875-1920, Stuttgart, Steiner, 2000.
[14] Cf. Wade Jacoby, Imitation and Politics : Redesigning Modern Germany, Ithaca, Cornell University Press, 2000 ; Pascale Casanova, La République mondiale des lettres, Paris, Le Seuil, 1999.
[15] On peut ici renvoyer au principe de symétrie promu par un courant français de la sociologie des sciences, emmené par Michel Callon et Bruno Latour, invitant à analyser dans les mêmes termes les arguments des protagonistes d’une controverse scientifique de manière à restituer l’ensemble des conditions ayant permis à un énoncé de devenir plus « vrai » qu’un autre (Bruno Latour, La science en action, Paris, La Découverte, 1989).
[16] Quentin Skinner, James Tully, Meaning and Context. Quentin Skinner and his Critics, Princeton, Princeton University Press, 1988, p. 65. Sur Quentin Skinner, cf. également Jean-Fabien Spitz, « Comment lire les textes politiques du passé ? Le programme méthodologique de Quentin Skinner », Droits, 10, 1989, p. 133-145.
[17] Cette démarche est au cœur de l’ouvrage collectif dirigé par Dietrich Rueschmeyer et Theda Skocpol sur les rapports complexes et réciproques entre l’émergence des sciences sociales naissantes et la fabrique des politiques sociales modernes entre les dernières décennies du 19e siècle et les premières du 20e : States, Social Knowledge, and the Origins of Modern Social Policies, Princeton, Princeton University Press, 1996.
[*] Le présent dossier est issu d’une partie des travaux d’un colloque organisé à Grenoble, en novembre 2000, sur la formation des sciences de gouvernement en Europe (19e-20e siècles), dont les actes sont l’objet d’un ouvrage : Olivier Ihl, Martine Kaluzsynski, Gilles Pollet (dir.), Les sciences de gouvernement en Europe, Paris, Economica, à paraître.
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