Quels présidents pour les régions ? Les effets pervers des modes de scrutin
Christian Bidégaray
Les élections régionales de 2004 n’ont pas consacré l’émergence d’une nouvelle catégorie de présidents. Aux présidents surprises, issu de marchandages laborieux entre groupes politiques hétérogènes auxquels donnait lieu la représentation proportionnelle adoptée en 1985, ont succédé des leaders de majorités claires générées par le nouveau mode de scrutin. Pour autant, consacrant les logiques des élections intermédiaires et du vote sanction, l’élection de 2004 n’a été qu’un nouveau « sacre des notables ». Ceux de droite ont été remplacés par ceux de gauche, dont à peine cinq sur vingt-et-un ont pu faire figure d’inconnus. La révision souhaitable des règles de cumul ne suffira probablement pas à assurer la rénovation du personnel politique territorial.
The 2004 regional elections did not establish a new type of presidents. Unexpected presidents elected after tedious bargaining among heterogeneous parties – facilitated by the proportional representation introduced in 1985 – have been superseded by clear-cut majority leaders as a result of the new poll system. However, the 2004 elections are nothing but the consecration of the Establishment. Rightist tycoons have been replaced by leftist ones of which only five were totally unknown. The justified change set up by plurality of offices does not seem to be capable of regenerating a new political elite.
• Des présidents de coalitions fragiles ou la nocivité de la proportionnelle départementale
— Les présidents : des élus de notables
— Les présidents : une catégorie supplémentaire de notables
• Des présidents leaders d’une majorité homogène mais notabiliaire ou l’obscure clarté du nouveau mode de scrutin
— Une élection des présidents désormais claire et automatique
— Une sélection des présidentiables difficile et disputée
— Elections régionales, portée nationale : une occasion manquée de rénovation des présidences de région