Revue française de science politique
Presses de Sc. Po.

I.S.B.N.2724629876
252 pages

p. 781 à 810
doi: en cours

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Idées, politiques de défense et stratégie

Vol. 54 2004/5

L’idéologie de la « défensive » et ses effets stratégiques : le rôle de la dimension cognitive dans la défaite de 1940

Philippe Garraud
La rapide défaite de la France face à l’Allemagne en mai-juin 1940 a été essentiellement celle des conceptions qui ont structuré la politique de défense en amont de la conduite des opérations militaires sur le moment. Elle peut donc constituer un terrain historique et empirique pertinent pour attester du « rôle des idées » dans les politiques de défense. On caractérisera tout d’abord cette conception codifiée de manière très précise par l’institution militaire qui a conditionné la manière de faire la guerre. On mettra ensuite en évidence son origine, les apprentissages normatifs dont elle est le produit et les valeurs qui la légitiment. On en soulignera enfin les effets stratégiques, ou autrement dit, comment ces « idées » ont agi et pesé concrètement sur le déroulement du conflit et son issue. France instant defeat against Germany (May-June 1940) can be accounted for by the military conceptions that had structured its defence policy prior to the operations. Thus, the defeat represents a pertinent historic and empirical field to highlight the role of ideology in defence policies. This article first characterises the French representations (minutely codified by the military power) that shaped military strategies in the 1940s. It highlights the origins of such strategies, and analyses the underlying normative principles that legitimated them. Finally, it focuses on strategic effects, i.e. how ideologies actively operated on the course and outcome of the conflict.
• Politique de défense et doctrine militaire : idéologie défensive et « bataille méthodique »
— Conception générale et stratégie conjoncturelle : défensive et attentisme
— La doctrine opérationnelle : la « bataille méthodique » et ses règles
— La « dissonance cognitive » dans la confrontation
• Un processus de dépendance et d’interdépendance cognitive : les héritages de l’expérience de 1914-1918
— Les enseignements militaires de la Grande Guerre
— L’idéologie pacifiste comme cadre normatif et contrainte politique majeure
— Durée du service, format de l’armée et réformes de 1928
• Les effets stratégiques et organisationnels de la dépendance cognitive
— Les trois hypothèses du haut commandement et la répartition des forces sur le front nord-est
— Entre protection du territoire national et reédition du plan Schlieffen de 1914 : le « plan Dyle » et ses effets
— Une organisation et un emploi défensifs des chars


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