Esquisse d’une théorie du changement dans l’action publique
Structures, acteurs et cadres cognitifs
Pierre Muller
L’analyse cognitive des politiques publiques propose une théorie du changement qui tente de mettre à jour les mécanismes concrets par lesquels se combinent les effets de structure qui contraignent les acteurs et la liberté dont bénéficient ces derniers dans les relations qu’ils entretiennent avec d’autres acteurs dans le cadre de la formulation et de la mise en œuvre des politiques. Dans cette conception, le concept de référentiel permet de rendre compte de cette tension, dans la mesure où il exprime à la fois les contraintes des structures, à travers un ensemble de cadres cognitifs et normatifs qui pèsent sur l’action des acteurs et limitent leur marge d’action, et le travail de production cognitive et normative de ces mêmes acteurs qui leur permet d’agir sur les structures.
Cognitive analysis delineates a theory of change that tries to address the concrete mechanisms by which structure effects combine – these limit the actors’ leeway in the process of formulating and setting up policies. The concept of referentiel then helps highlighting this tension since it both revels structural constraints – the set of cognitive and normative frames that weigh on the actors and limit their freedom of action – and cognitive and normative production that enables the actors to act upon structures.
• Comment analyser le changement de l’action publique dans les sociétés complexes ?
— Qu’est-ce qu’une société complexe ?
— Le politique dans les sociétés complexes
— La question du changement : entre structures et acteurs
• L’analyse cognitive : autour de quatre controverses
— L’approche cognitive n’est pas une approche par les idées
— Et pourtant… le global existe
— La notion de secteur se réfère à une logique d’action publique plus qu’à une réalité figée
— Les médiateurs expriment la relation global/sectoriel