Enquêter en milieu « difficile »
Introduction
Magali Boumaza
Aurélie Campana
L’introduction générale engage une discussion sur les enjeux méthodologiques et épistémologiques soulevés par l’adoption d’une démarche ethnographique dans les enquêtes sur des terrains « difficiles ». Elle s’attache dans un premier temps à cerner cette catégorie souvent associée aux zones de violence ou aux contextes d’insécurité. Elle englobe de fait les objets considérés comme socialement illégitimes ou des acteurs stigmatisés ou prosélytes. Puis, à partir d’une revue des littératures française et anglo-saxonne, sont soulevés les problèmes liés à la démarche ethnographique et anthropologique et les stratégies pour les résoudre. Enfin, elle expose les apports de la méthode ethnographique, montrant ce qu’elle implique pour les objets canoniques de la science politique.
The general introduction engages in a discussion on the methodological and epistemological stakes raised by the adoption of an ethnographic approach in doing fieldwork under striving conditions. It first intends to define a category more than often linked with zones of violence or contexts of insecurity. This category also includes objects considered as socially illegitimate, stigmatized or proselytes. Then, the paper proposes a survey of the French and Anglo-Saxon state of art and approaches, as well as the strategies elaborated to bypass them. Finally, it puts forward the contributions of the ethnographic methods, showing that it modifies the way political scientists using it construct their objects.
• Des terrains difficiles ?
— De la notion de terrain
— La difficulté, notion subjectivement ressentie ou réalité qui s’impose au chercheur ?
— L’entrée du chercheur sur son terrain et l’établissement de stratégies de contournement des risques
— Positionnement du chercheur et réflexivité
• Une méthode centrée sur les acteurs, leurs pratiques et leurs motivations