2007
Revue française de science politique
Lectures critiques - Comptes rendus
Lectures critiques
HAMMAN (Philippe) – Les transformations de la notabilité entre France et Allemagne. L’industrie faïencière à Sarreguemines (1836-1918). – Paris, L’Harmattan, 2005 (Logiques politiques). 336 p. Cahier iconographique
Issu d’une thèse de doctorat en science politique soutenue à l’Université Robert Schuman (Strasbourg III), l’ouvrage de Philippe Hamman propose une passionnante enquête socio-historique sur les conditions de possibilité d’une notabilité à la fois politique et industrielle dans une France de l’Est marquée, à la suite de l’annexion de 1870, par le brouillage des identités française et allemande. Fort d’un travail approfondi de recherches archivistiques, sachant user des ressources iconographiques disponibles, la monographie que consacre Ph. Hamman à Sarreguemines intéressera bien au-delà des spécialistes de l’histoire locale. L’ouvrage entend rendre compte d’une configuration notabiliaire singulière parce qu’improbable : alors que les « notables traditionnels » font de l’ancienneté de leur implantation territoriale locale la source d’une autorité tant économique que politique, les dirigeants de l’industrie faïencière de Sarreguemines (notamment le véritable fondateur de la dynastie, Alexandre de Geiger) ne possèdent pas ces caractéristiques devenues classiques dans la littérature consacrée à la figure du notable dans l’Europe du 19
e siècle. Ne bénéficiant pas d’une implantation territoriale ancienne – symbolisée par un château, ici inexistant au départ –, Alexandre de Geiger, qui prend en 1836 la direction de la petite entreprise familiale fondée en 1790, présente deux autres handicaps : celui d’être un industriel en milieu rural et, plus encore, d’être de confession protestante dans un environnement marqué par une forte empreinte et religiosité catholique. Pour surmonter ces handicaps, l’industriel d’origine allemande va devoir, au gré d’une conjoncture favorable (celle de l’arrivée au pouvoir de Napoléon III, ancien condisciple de lycée), construire sa propre position de notable dont il ne pouvait hériter. D’où l’importance qu’accorde Philippe Hamman, dans la première partie du livre, au travail de notabilisation qui rend possible la reconnaissance d’une autorité qui n’a rien ici de « naturelle » et rend délicate sa pérennisation dans le temps et donc sa transmission familiale, que l’auteur étudie dans la deuxième partie de l’ouvrage. Preuve s’il en fallait, après les travaux d’Éric Phélippeau consacrés au baron de Mackau
[1] ou ceux que consacre actuellement Michel Offerlé à la famille Schneider au Creusot
[2], de l’importance des enquêtes socio-historiques aptes à saisir ce travail social, économique et culturel qui spécifie la relation notabiliaire que certaines analyses ont trop longtemps lue sous le seul angle d’une domination implacable et extérieure à la configuration historique qui lui est toujours associée.
Dans le cas de Sarreguemines, l’étude se devait notamment de porter sur le travail d’« enclosure patronale » mise en
Å“uvre afin d’assurer à l’industrie faïencière une main-
Å“uvre qui, au départ, lui fait défaut du fait de la ruralité qui domine ce site géographique et à ses dirigeants une loyauté qui garantit à la fois la qualité de la force de travail de cette industrie où le savoir-faire artistique est essentiel et également le respect et la déférence envers la figure patronale appelée alors à occuper une place centrale dans le dispositif de pouvoir de la ville. C’est donc au croisement de deux histoires que nous convie l’auteur : celle d’une industrialisation en milieu rural qui va développer un espace spécifique englobant l’ensemble des activités économiques et sociales des ouvriers et de leurs familles (construction de cités ouvrières, mise en place précoce de caisses de secours, ouverture d’un économat, puis, plus tard, d’un casino visant à occuper sur place la main
Å“uvre…) et promouvoir une véritable « identité d’entreprise » ; celle d’une notabilisation qui va user de la politisation pour renforcer son autorité morale et sociétale. Au terme de ce processus enclenché dès le milieu des années 1830, « l’usine devient le tout des relations sociales ; l’individu est pris en charge de la naissance à la mort dans une sorte de ville-usine marquée par l’émergence de formes nouvelles de sociabilités [politiques] ». Cette capacité à produire de l’attachement à sa personne, Alexandre de Geiger le doit moins à sa réussite matérielle (encore incertaine jusqu’au milieu des années 1850) qu’à sa volonté d’innover tant du point de vue des politiques industrielles que des formes de paternalisme expérimentées avec succès à Sarreguemines. Cette réussite est d’autant plus frappante que les dirigeants de la faïencerie doivent faire face à une série de critiques de la part d’un clergé catholique local peu favorable à l’émergence d’un
« leadership » protestant dans une région frontalière qui politise fortement la question religieuse
[3]. Avec l’annexion de 1870, les successeurs d’Alexandre de Geiger devront également faire preuve d’un sens stratégique avéré pour perpétuer une configuration notabiliaire menacée par la nouvelle donne politique issue du rattachement de l’Alsace-Lorraine à l’empire allemand. C’est notamment dans la francophilie que les dirigeants de l’entreprise familiale, devenue la principale industrie de la région, vont chercher à perpétuer l’attachement des ouvriers et des cadres de l’entreprise. Sur un territoire où la langue parlée devient un enjeu politique constant
[4], les descendants d’Alexandre de Geiger vont pendant plusieurs décennies réussir à perpétuer leur emprise sur la société locale en usant de ce registre patriotique et identitaire. Reste que cette position « entre-deux » loyautés, particulièrement sensible aux fluctuations de la conjoncture politique internationale, rendra toutefois difficile la perpétuation de cette emprise patronale indissociablement sociale et politique.
Yves DÉLOYE
Université Paris I Panthéon-Sorbonne
THATCHER (Mark) – Internationalisation and Economic Institutions. Comparing European Experiences. – Oxford, Oxford University Press, 2007. 312 p.
Le nouvel ouvrage de Mark Thatcher
[5] apporte une contribution significative à plusieurs débats actuels sur la manière dont les économies politiques nationales résistent et/ou s’adaptent à l’internationalisation. Il essaie d’identifier les principales causes de changement de la régulation politique de l’économie et la manière dont divers processus d’internationalisation affectent la situation économique et la gouvernance politique d’un secteur économique donné. Pour ce faire, il s’appuie sur des études approfondies réalisées au cours de plus d’une dizaine d’années portant sur cinq secteurs différents : les marchés de titres, les télécommunications, l’électricité, le trafic aérien et les services postaux
[6]. Il s’agit de l’aboutissement d’un projet de recherche et d’une réflexion de longue date sur plusieurs sujets, l’internationalisation des économies
[7], le rôle croissant des agences réglementaires
[8] ou encore le rôle des institutions européennes dans ces processus
[9].
L’auteur passe en revue les approches existantes de l’internationalisation, qu’il groupe en approches d’économie politique internationale et de variétés de capitalisme, et indique leurs limites. En effet, ces deux écoles, malgré leur succès académique indéniable, tendent à fortement simplifier le rôle de l’État et des contextes institutionnels spécifiques. Mais surtout, et c’est là sans doute la principale thèse de l’ouvrage, ces approches mettraient trop en avant l’importance de facteurs technologiques et d’intérêts économiques dans l’explication de la libéralisation économique. L’auteur affirme, au contraire, que si ces deux facteurs sont souvent importants, ce sont les « formes politiques de l’internationalisation » (policy forms of internationalisation) qui sont véritablement déterminantes.
Les résultats empiriques sont extrêmement intéressants. Excepté pour les services postaux, le Royaume-Uni a régulièrement engagé des réformes en avance par rapport à ses voisins continentaux, en s’inspirant souvent de l’exemple états-unien, manifestement plus visible et plus regardé outre-manche. Dans les trois cas continentaux – Allemagne, France, Italie –, en effet, l’inertie institutionnelle est régulièrement plus forte. La résistance prend des formes multiples : politiques ou partisanes, des syndicats d’employés, des administrations et même de la direction des entreprises publiques à privatiser. L’auteur conclut que le Royaume-Uni a engagé des réformes essentiellement en fonction de problèmes ou de pressions internes, alors que les trois pays continentaux ont bien plus souvent réagi à des pressions internationales (p. 255).
Les études de cas confirment clairement le caractère avant tout politique de l’internationalisation des marchés. À ce titre, une démarche « contrefactuelle » permet à l’auteur de confronter des cas avec différentes conditions de départ. Ainsi, dans le cas des services postaux ou du trafic aérien, des changements technologiques ne jouent aucun rôle, alors que ceux-ci sont souvent présentés comme décisifs pour expliquer l’évolution du secteur des télécommunications et des marchés de titres. Autrement dit, si ces deux cas sont caractérisés par une « facilitation exogène », comme Jeffry Frieden caractérise l’effet bénéfique du changement technologique pour la libéralisation de marchés
[10], il n’est pas du tout certain que ce facteur soit décisif. Les études de cas nationales tendent à démontrer, au contraire, la prééminence du politique.
Les « formes politiques de l’internationalisation » se déclinent elles-mêmes en plusieurs sous-groupes. Ainsi, sur le plan interne, ce sont souvent des alliances entre gouvernements, administrations et gérants qui permettent de parvenir à la libéralisation. Ce sont surtout les syndicats d’employés publics, ou certains secteurs de l’administration ou des entreprises publiques qui s’y opposent. Au-delà des formes internes, l’auteur souligne l’importance de « l’exemple » d’un autre pays. Ainsi, les réformes des USA ont souvent inspiré les réformes au Royaume-Uni et celles au Royaume-Uni, à leur tour, celles sur le continent. Cependant, l’auteur montre également que ce rôle d’exemple n’a d’effet que dans un contexte de compétition réglementaire.
Finalement, plusieurs exemples démontrent le caractère instrumental des législations européennes pour surmonter des blocages au niveau national (par exemple, services postaux et électricité). Mais l’auteur souligne à plusieurs reprises que les effets de la législation européenne vont bien au-delà des obligations de mise en Å“uvre qu’elle crée. Une directive européenne fournit aussi le plus souvent un mode de justification, un élargissement de l’horizon commercial ou un modèle de fonctionnement. Par ailleurs, la transposition des directives est souvent l’occasion de procéder à une réforme de fond en comble, bien au-delà des obligations fixées par le texte législatif. Différents cas l’illustrent dans les trois pays du continent.
L’ouvrage montre également qu’il existe une « séquence type » de libéralisation. Ainsi, on constate dans tous les secteurs une remise en cause du monopole public et l’ouverture à la concurrence. Suit alors le changement de statut de l’entreprise publique, en général dans le sens d’une plus grande indépendance vis-à-vis de l’État, premier pas vers une privatisation partielle, puis totale. Ce processus s’accompagne, souvent sous la pression de l’Union européenne, d’une stricte séparation des fonctions de surveillance des marchés de l’influence des ministères de tutelle.
Enfin, l’ouvrage s’intéresse à la question de la convergence : dans quelle mesure l’internationalisation politique contribue-t-elle à faire converger les économies nationales vers un même mode de gouvernance ? Tout en montrant que les « sentiers » (paths) sont nationaux et, à ce titre, différents, l’auteur démontre clairement qu’il devient progressivement plus difficile pour les pays de résister aux pressions communes et que tous finissent par réformer dans le sens de plus de libéralisation.
Le seul regret qu’on peut exprimer à la lecture de cet ouvrage concerne la relative timidité des conclusions théoriques. Notamment, une énigme, plusieurs fois constatée, n’est pas résolue : pourquoi le Royaume-Uni précède-t-il systématiquement, en matière de réformes, le continent et les directives européennes ? Il n’y a aucune tentative de résumer les facteurs internes sectoriels, abondamment décrits, et de les élever au niveau d’une explication d’ensemble concernant les conditions de départ, le rôle d’un changement politique, de valeurs ou autre. De la même façon, on peut s’interroger aussi sur les rapports entre les différentes pressions externes : quel est le lien entre compétition réglementaire (initiée par les États-Unis ou le Royaume-Uni) et législation européenne, elle-même largement soutenue, le plus souvent, par l’unanimité des membres de l’Union européenne. En réduisant ces forces de changements à des variables purement exogènes, on perd sans doute une partie du tableau d’ensemble. Il est vrai aussi, cependant, que l’ouvrage fait plus de trois cents pages et que toute réponse systématique à ces questions en aurait rajouté quelques douzaines de plus.
Il reste que ce volume apporte une contribution significative à la fois théorique et, plus encore, empirique. La richesse et la variété des études de cas constituent à elles seules une raison suffisante pour recommander cet ouvrage à tout chercheur comparatiste. Mais surtout, il participe à des débats de pointe sur l’autonomie/interdépendance et l’évolution des économies nationales dans un monde internationalisé. Les conclusions aident à éclairer ces débats et pointent de nouvelles pistes théoriques.
Emiliano GROSSMAN
Centre de recherches politique de Sciences Po (Cevipof)
BROGAN (Hugh) – Alexis de Tocqueville, Prophet of Democracy in the Age of Revolution. A Biography. – Londres, Profile Books LTD, 2006. 448 p.
Pourquoi lire une biographie de Tocqueville ? Que peut-on bien y trouver de neuf, de captivant, que ne nous apprenne la lecture de son Å“uvre et d’ouvrages historiques faisant autorité sur cette période ? Pour les lecteurs qui s’intéressent à la vie d’un auteur seulement si quelque chose, dans ses ouvrages, persiste à leur échapper, la biographie sert, pour ainsi dire, de porte d’accès pour entrer dans une époque étrangère, dont l’esprit, les enjeux n’ont plus rien aujourd’hui d’évident.
Dans le cas de Tocqueville, cet aristocrate né après la Révolution, à la fois homme politique et écrivain, une connaissance précise du contexte historique est à l’évidence nécessaire. Les ouvrages critiques sur Tocqueville ne manquent pas, dont les plus remarquables sont peut-être
Tocqueville et les Français
[11] de Françoise Mélonio, ou
Tocqueville et la nature de la démocratie
[12] de Pierre Manent. Lucien Jaume vient également d’écrire un ouvrage sur Tocqueville, qui paraîtra très prochainement. Loin de se présenter comme de froids commentaires de textes, désincarnés, ces analyses témoignent d’une compréhension très intime de Tocqueville, qu’elles parviennent à faire partager. Mais
Alexis de Tocqueville, Prophet of Democracy in the Age of Revolution, pour n’être pas le seul ouvrage de valeur consacré à Tocqueville, mérite vraiment d’être lu, ne serait-ce que pour le plaisir de s’entendre raconter l’histoire d’une vie, classiquement, du début à la fin.
Dès l’
incipit, l’intelligence et l’habileté de Hugh Brogan sautent aux yeux du lecteur, la première phrase s’attachant à justifier le projet biographique, en rappelant à quel point le statut singulier de l’homme Tocqueville s’est révélé capital pour le développement de ses idées :
« It is no paradox to say that the greatest event of Tocqueville’s life occurred before he was born : the French Revolution, which decisively influenced almost everything that happened to him »
[13]. Voilà le récit lancé, l’histoire d’un homme qui naît dans un monde désormais étranger à celui de sa famille, de ses ancêtres, un monde nouveau qu’il n’aura de cesse de décrypter, avec une curiosité à la fois admirative et inquiète. Brogan nous montre un jeune Alexis de Tocqueville fier de ses origines nobles, à cheval sur les principes, et ressentant une sympathie immédiate, fondée sur une reconnaissance tacite, pour tout autre gentilhomme. Mais Tocqueville comprend rapidement que l’aristocratie représente un monde dont le sens est à jamais perdu. La nouveauté radicale du fait démocratique oblige en effet à considérer l’Ancien Régime depuis l’autre rive. Le regard que Tocqueville porte sur ce monde disparu est très singulier, qui mêle réprobation et nostalgie.
Découpé en chapitres dont chacun correspond à un épisode important de la vie de Tocqueville, « A Sentimental Education », « First Flight », « Writing Prisons », « Writing Democracy », « Between Books » ou « Deputy », le récit biographique se déroule à un rythme alerte. Hugh Brogan raconte la vie de Tocqueville avec une grande précision, s’appuyant notamment sur une abondante correspondance, mais en gardant toujours la distance nécessaire. Aucun effet de dramatisation superflu, ou d’empathie mal placée ne vient alourdir un récit très maîtrisé.
De fait, Hugh Brogan ne cherche pas à donner une illusion de complicité omnisciente avec Tocqueville, qu’il nous présente tel qu’il l’a lui-même découvert au fil de ses recherches. Les témoignages des amis intimes, comme Gustave de Beaumont, Kergolay ou Marie, la femme de Tocqueville, nous aident ainsi à recomposer un portrait complexe. Alexis de Tocqueville apparaît bien comme un prophète de la démocratie, attaché à l’idée que l’égalisation des conditions constitue un processus irréversible, mais également comme un homme extrêmement anxieux, susceptible et colérique, affaibli par toutes sortes de maladies, depuis des maux d’estomac chroniques jusqu’à cette neurasthénie que l’on appelle, à l’époque, du nom plus noble de mélancolie. Brogan décrit Tocqueville comme un ami fidèle mais ombrageux, un mari aimant mais tranquillement infidèle, un historien méthodique et perfectionniste, sans embellir ou passer sous silence certaines de ses réactions les moins honorables. La distance à laquelle se place Hugh Brogan est véritablement celle d’un historien, relatant des faits à l’authenticité avérée sans chercher à romancer le récit. De fait, l’on entend régulièrement, comme des respirations venues du passé, les voix d’Alexis de Tocqueville et de ses proches, à travers les très nombreux extraits de leur correspondance.
Les passages où Tocqueville commente son propre style et ses méthodes de travail sont particulièrement intéressants. Ainsi, il aime à se décrire comme un esprit lent, méditatif, et même paresseux, ce qui explique selon lui les difficultés qu’il éprouve à s’adapter à la vie politique. Cependant, Brogan nous montre également un Tocqueville plus actif et sociable qu’il ne le croit, qui trouve notamment un vif plaisir à mener des campagnes électorales.
Cette biographie éclaire également les rapports que Tocqueville entretient avec les penseurs importants de l’époque, comme son ami John Stuart Mill ou François Guizot, dont il s’est, à l’inverse, démarqué le plus possible. C’est d’ailleurs grâce à l’essai de John Stuart Mill,
Essays on Tocqueville and the American Society
[14], que Tocqueville a exercé une influence majeure pour le libéralisme anglais.
Hugh Brogan réussit dans cet ouvrage à approcher Alexis de Tocqueville de manière fine et respectueuse, sans prétendre livrer une analyse psychologique définitive. Il s’attache à préserver les ambiguïtés de l’homme, qui ne sont pas sans intérêt pour apprécier l’Å“uvre.
Olivia LEBOYER
Institut d’études politiques de Paris
[1]
Éric Phélippeau,
L’invention de l’homme politique moderne. Mackau, l’Orne et la République, Paris, Belin, 2002.
[2]
Cf. récemment Michel Offerlé, « “À Monsieur Schneider”. Quand les ouvriers demandent à leur patron de se présenter à la députation (janvier 1902) », dans Pierre Favre
et al.,
L’atelier du politiste. Théories, actions, représentations, Paris, La Découverte/PACTE, 2007, p. 163-188.
[3]
Pour une utile analyse de ces querelles, voir, pour l’Alsace voisine, l’ouvrage d’Alfred Wahl,
Petites haines ordinaires. Histoire des conflits entre catholiques et protestants en Alsace (1860-1940), Strasbourg, La Nuée Bleue, 2004.
[4]
Cf. ici la magnifique étude de Stephen L. Harp,
Learning to be Loyal.
Primary Schooling as Nation Building in Alsace and Lorraine (1850-1940), Dekalb, Nothern Illinois University Press, 1998.
[5]
Mark Thatcher est Reader (professeur) au Department of Government de la London School of Economics and Political Science.
[6]
Les études de cas, et plus particulièrement les deux premières – marchés de titres et télécommunications – sont très approfondies. La première occupe les trois premiers chapitres empiriques, la seconde les quatre chapitres suivants. Les autres études de cas sont traitées dans un chapitre chacune.
[7]
Bob Hancké, Martin Rhodes, Mark Thatcher (eds),
Beyond Varieties of Capitalism. Conflict, Contradictions, and Complementarities in the European Economy, Oxford, Oxford University Press, 2007.
[8]
Mark Thatcher, « Regulation after Delegation : Independent Regulatory Agencies in Europe »,
Journal of European Public Policy, 9 (6), 2002, p. 954-972 ; « Regulatory Agencies, the State and Markets : A Franco-British Comparison »,
Journal of European Public Policy, 14 (7), 2007, p. 1028-1047.
[9]
Mark Thatcher, « The Commission and National Governments as Partners : EC Regulatory Expansion in Telecommunications 1997-2000 »,
Journal of European Public Policy, 8 (4), 2001, p. 558-584.
[10]
Jeffry Frieden, « Invested Interests : The Politics of National Economic Policies in a World of Global Finance »,
International Organization, 45 (4), 1991, p. 425-451.
[11]
Françoise Mélonio,
Tocqueville et les Français, Paris, Aubier, 1993.
[12]
Pierre Manent,
Tocqueville et la nature de la démocratie, Paris, Julliard, 1982.
[13]
Chapitre premier : « Noblesse, 1773-1794 ».
[14]
John Stuart Mill,
Essays on Tocqueville and the American Society, London Review, 1835 et 1836 ; trad. fr. :
Essais sur Tocqueville et la société américaine, Paris, Librairie philosophique Vrin, 1994.