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Revue française de science politique

2012/5 (Vol. 62)


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Les soulèvements arabes dans les revues francophones [1][1] « Le monde arabe dans la crise », Maghreb-Machreck,...

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Si les événements en cours depuis janvier 2011 dans plusieurs États du Maghreb et du Moyen-Orient ne sont que très secondairement des enjeux de connaissance, ils n’en constituent pas moins une occasion pour tester les paradigmes en concurrence au sein des sciences sociales, ce qui ne va pas sans risques. En adoptant sans l’interroger la définition de la situation alors en passe de s’imposer (« révolution »), nombre d’observateurs ont changé de paire de lunettes, comme si des sociétés longtemps décrites comme immuables avaient irrémédiablement bifurqué vers le « changement » ou, pour reprendre la terminologie de Nassim Nicholas Taleb, comme si elles avaient transité du Médiocristan à l’Extrêmistan. Certains numéros spéciaux des revues ici prises en compte étaient prévus de longue date, comme celui de Maghreb-Machreck, « Le monde arabe dans la crise » centré sur les répercussions économiques régionales de la crise financière partie des États-Unis en 2007, assimilées en éditorial par Mohamed Haddar et Jean-Yves Moisseron aux « fondements socio-économiques de la révolution arabe en cours ». Le rédacteur en chef Jean-François Daguzan avance que « la crise économique est le facteur clé du mouvement de révolte (ou de révolution) du monde arabe » (« De la crise économique à la révolution politique ? », p. 13). Les autres contributions soutiennent cette hypothèse voulant que les gouvernements de ces États aient été soudain privés des moyens financiers nécessaires à la stabilité socio-politique. Claude Berthomieu et Zied Essid en offrent une version économétrique détaillant combien la baisse des investissements directs étrangers, des revenus du tourisme, des exportations et des remises des migrants ont plus ou moins intensément et simultanément concerné tous ces États. Bien que faiblement exposés au « système financier international », ceux-ci ont vu depuis 2009 la croissance de leur PIB suivre le ralentissement du PIB mondial (« Les effets de la crise dans les pays du Sud de la Méditerranée : le cas de la Tunisie », p. 41-62). Selon Mohamed Hadda, parce qu’elle aggrave les disparités sociales, cette conjoncture économique fait figure de déclencheur des bouleversements politiques (notons ici l’influence des catégories de classement sur la trame causale proposée) : « La “révolution de la dignité et de la liberté” a été au départ un soulèvement populaire de jeunes déshérités des zones défavorisées de la Tunisie profonde essentiellement, motivé par des considérations économiques et sociales (chômage, sous-emploi, déséquilibre régional, corruption des autorités locales) » (« L’économie tunisienne : état des lieux », p. 67).

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Pour la Revue Tiers Monde également (« Transformations du politique dans la Méditerranée arabe »), l’appel à communication précédait les « événements ». Issu d’un travail de terrain, l’article de Amin Allal et Karine Bennafia permet de tester la thèse d’un lien de causalité entre crise économique et crise politique (« Les mouvements protestataires de Gafsa (Tunisie) et de Sidi Ifni (Maroc) de 2005 à 2009. Des mobilisations en faveur du réengagement de l’État ou contre l’ordre politique ? », p. 27-45). Sévèrement réprimées, les actions protestataires survenues en 2008 à la Compagnie des phosphates, principal employeur de la région de Gafsa, ont surtout été impulsées par des jeunes étrangers aux structures syndicales, mais dont certains appartiennent à des collectifs partisans et associatifs, dont l’Union des diplômés chômeurs. Autocensurant la dimension politique de leur combat, ils se sont focalisés sur les revendications socio-économiques tout en s’appuyant sur « l’appartenance territoriale », héritant et usant d’une « identité régionale », renvoyant l’image d’une zone rebelle, afin d’obtenir des concessions du pouvoir central. Cette « politisation en creux » (p. 44) vient nuancer l’étiologie économiciste. Marie Duboc part aussi d’une observation sur place pour retracer la montée des mobilisations, même si l’on reste sur sa faim eu égard au volet ethnographique annoncé en introduction (« La contestation sociale en Égypte depuis 2004. Précarisation et mobilisation locale des ouvriers de l’industrie textile », p. 95-115). Sectoriels, les mouvements protestataires qui ont scandé à des moments différents nombre de milieux socio-professionnels (médecins, pharmaciens, ouvriers de l’industrie, éboueurs, enseignants, journalistes, agents du fisc, etc.) d’Égypte entre 2004 et 2010 se sont faits sans l’aval de l’Union générale des syndicats de travailleurs égyptiens (UGSTE) et n’en ont pas moins formé « le plus important mouvement de contestation depuis 1952 » (p. 95). Cette contestation sociale gagnait en intensité depuis 2007 (triplement du nombre de grèves), notamment avec les actions des ouvriers de la plus grande usine textile du pays. Très éclatées, ces mobilisations dont les meneurs entretenaient très peu de liens avec les partis politiques ont pris place presque indépendamment du mouvement de Kefâya, qui voyait en 2005 des manifestants braver l’état d’urgence pour s’en prendre directement au régime Moubarak. Cette compartimentation des mouvements protestataires les a rendus plus facilement maîtrisables par les autorités politiques locales et nationales.

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Coordonné par Béatrice Hibou, le dossier de Politique africaine, « La Tunisie en révolution ? » rejette la lecture économiciste en faveur d’une approche se référant au concept d’économie morale forgé par Edward P. Thompson. Revenant sur ses propres travaux consacrés aux ressorts de la solidité du régime, Béatrice Hibou (« Tunisie. Économie politique et morale d’un mouvement social », p. 5-22), occupant la place inconfortable qui était celle des kremlinologues en 1990, rapporte « l’immense mouvement de protestation » à « l’étiolement du pacte de sécurité » (p. 9) et au « sentiment d’injustice et d’humiliation » (p. 10) qui aurait particulièrement touché la jeunesse. Soulignant la dimension partiellement contingente de la domination, l’auteure de La force de l’obéissance tend à naturaliser le basculement politique en évoquant un « modèle économique à bout de souffle » (p. 21). Dès lors, la dynamique de crise reste mystérieuse : « Le silence brisé comme la disparition de la peur ont permis que s’exprime le rejet d’un ordre politique perçu comme corrompu au sens propre comme au sens figuré, un pouvoir sans morale et institutionnalisant le mépris et l’indignité » (p. 14). Primo, nombre de travaux de sociologie politique ont montré qu’il n’y a pas de lien de causalité directe entre le niveau des « frustrations » et le passage à l’acte protestataire. Secundo, l’étendue de la corruption n’est pas nécessairement synonyme d’affaiblissement d’un régime. Tertio, érigée en acteur politique par une bonne partie des protagonistes, « la jeunesse » ne marche pas comme un seul homme, ce qu’a par exemple montré Samia Ben Messaoud en insistant sur l’extrême variabilité du rapport au politique au sein de groupes d’ami(e)s (« La “jeunesse révolutionnaire” tunisienne : revisite d’une lecture générationnelle », mémoire de Master en science politique, Lausanne, IEPI, Unil, 2012). S’inspirant de Michel Foucault, de Michel de Certeau et de Jean-François Bayart, Hamza Meddeb s’appuie sur un travail de terrain effectué en 2009 pour revenir sur ce « pacte de sécurité » dont tant l’institutionnalisation que la crise seraient liées à « la gouvernementalité d’el khobza » (« L’ambivalence de la “course à El Khobza” », p. 35-51), cet art quotidien de la débrouille pour « gagner son pain ». L’auteure souligne l’ambivalence des relations de pouvoir et reprend à son compte « l’effet générationnel » : « La révolte qui a abouti à la révolution en Tunisie reflète la conscience, de la part de ces jeunes, mais aussi, de façon plus générale, de tous les acteurs de la société de la débrouille, du fait qu’ils seront constamment repoussés aux marges et condamnés à mener une existence “sur le fil”, une existence dépourvue de dignité » (p. 36). Dans une perspective plus ethnographique et moins intentionnaliste, attentive à ne pas déduire les motifs de l’action des discours des acteurs, Amin Allal tire d’une observation participante des remarques pertinentes sur la façon dont le moment révolutionnaire transforme l’identité de petits groupes de garçons célibataires passant soudain aux yeux d’une partie des habitants de leur quartier du statut de « voyous » à celui de « héros » et dont la marginalité sociale a été au cœur de leur prise de rôle, dans ce qui devenait un comité de vigilance, consistant à prendre le contrôle du quartier, notamment contre les policiers et les pillards, en s’accordant avec les résidents et les militaires (« Germes d’un passage au politique de jeunes hommes de quartiers populaires lors du moment révolutionnaire à Tunis », p. 53-66). Cette thèse d’une politisation partiellement émergente rejoint celle des effets à la fois disruptifs et socialisateurs de l’événement, les fortes oscillations des perceptions du possible dont celui-ci est fait imposant aux participants de nouvelles façons de voir et de faire.

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À bien des égards, la livraison des Temps modernes (« Soulèvements arabes ») est la plus stimulante de celles passées ici en revue. Dans leur « Avant-propos », Laurent Jeanpierre et Patrice Maniglier prennent leur distance avec cette évidence trompeuse du « diagnostic » en termes de « révolution » pour préciser que l’ambition des articles réunis « est plutôt de problématiser l’événement, de mettre l’accent sur les incertitudes de la situation » : « Au lieu de passer d’une certitude (les sociétés arabes sont des sociétés figées) à une autre (les sociétés arabes sont entrées en révolution), tous ont la vertu de mettre en doute le langage des causes, la réduction des événements à des facteurs qui leur préexisteraient et à autonomiser la dynamique intrinsèque des conjonctures de crise politique ». Dans cette veine proche des travaux de Michel Dobry et de Timothy Tackett, Choukri Hmed insiste sur la manière dont les « révolutionnaires » ont pu expérimenter les événements qui vont les consacrer comme tels, plongés qu’ils étaient dans l’indétermination (« “Si le peuple un jour aspire à vivre, le destin se doit de répondre”. Apprendre à devenir révolutionnaire en Tunisie », p. 4-20). Au vu de l’ampleur surprenante des réactions à l’immolation de Mohamed Bouazizi, c’est bel et bien d’un enchaînement d’auto-amplifications qu’il s’agit de rendre compte : de la diffusion très rapide de vidéos d’affrontements tournées dans les rues à l’échec déroutant des ripostes du président Ben Ali, de la transformation de la place du Gouvernement à la Kasbah en point focal à la reprise de slogans (« la manifestation du million ») venus d’Égypte (les Égyptiens ayant préalablement adopté le « dégage ! » tunisien), ces effets en cascade participent de la brusque conductivité de cette mouvance déstabilisatrice. Revenant dans une perspective dynamique et continuiste sur les mobilisations contestataires qui ont rythmé l’Égypte entre 2000 et 2010, Assia Boutaleb souligne d’emblée « l’inadéquation du terme “stabilité ” pour décrire un régime politique » (« L’enjeu égyptien : protestataires, opposants et ruse de la raison autoritaire » p. 41-54). Entre le mouvement de Kefâya et la formation du « groupe 6 avril », émerge toute une série de collectifs protestataires aux revendications hétérogènes, sans liens étroits avec les partis d’opposition ni grandes ressources organisationnelles, et dont la mobilisation va en s’intensifiant à partir de 2008. L’auteure suggère que la chute de Ben Ali et la réticence de la plupart des militaires à réprimer les manifestants, réticence en partie liée à leur opposition à l’accès de Gamal Moubarak, fils du Raïs, à la présidence, ont grandement modifié la donne. Dans ses « Points d’inflexion des révoltes arabes » (p. 63-84), Laurent Jeanpierre assure, en s’adossant à Charles Tilly, que la « loi primordiale des révolutions est qu’il n’y a pas de lois des révolutions ». Il liste les évolutions, y compris sur la longue durée (démographie, alphabétisation), qui auraient pu favoriser l’entrée en action des jeunes chômeurs : des jonctions (qualifiées d’improbables) entre différentes classes sociales, l’absence d’une rente pétrolière, la perte d’une partie des soutiens diplomatiques occidentaux, l’échec des parades institutionnelles et l’attitude des forces de l’ordre. C’est leur conjonction qui a pu mener à ces basculements dont les anticipations des différents acteurs s’avèrent être à la fois des moteurs et des produits. Les points d’inflexion correspondent alors à ces séquences « où les anticipations collectives oscillaient jusqu’à s’inverser » (p. 77). Désorientés par la perte soudaine des repères routiniers, les acteurs se devaient d’évaluer les estimations et les actions de leurs interlocuteurs et, dans ce cas de figure, ont pu trouver en Facebook et Twitter des moyens de le faire. Cette piste serait à creuser puisque, s’agissant des situations révolutionnaires ou d’autres séquences de désobjectivation, les sciences sociales semblent insuffisamment armées pour aborder les phénomènes de concaténation et d’auto-amplification. Or, ces processus enroulés reposent sur des jeux spéculaires : moins encadrés par des institutions soumises à de fortes turbulences, les manifestants s’observent et s’appuient les uns les autres pour savoir jusqu’où aller, ce dont le film documentaire de Stefano Savona, Tahrir liberation square, offre maints exemples. Ces enchaînements peuvent aussi se vérifier à distance, bien au delà des interactions directes, et nul doute qu’ils ont pris ici une tournure partiellement transnationale. Recluse dans son appartement à Sousse, Sylvie Camet note dans son journal en date du 14 janvier : « On coupe le son du téléviseur, on guette anxieusement tous ces signes du dehors, puis l’on remonte le son et l’on écoute ce que l’on dit de nous. Ce double regard, la Tunisie à l’aune de l’information mondiale, la Tunisie à la dimension de cinquante mètres de rue, c’est ce que nous sommes voués à vivre. Nous nous regardons regardés par les autres, et c’est de ce regard tiers que nous tirons notre vérité » (« Journal de la Tunisie en révolte. Sousse, janvier 2011 » p. 36). Claire-Gabrielle Talon revient d’ailleurs sur la place si particulière occupée par la chaîne de télévision qatarie Al Jazeera dans l’espace médiatique arabophone en général et durant les soulèvements de 2011 en particulier. Instrument de la diplomatie du régime, misant sur les vidéos amateures et les scènes de violence, la rédaction a largement soutenu les manifestants tunisiens, égyptiens et libyens, mais il en est allé autrement avec les protestataires syriens et bahreïniens (« Al Jazeera, objet médiatique original. Une critique des normes journalistiques occidentales », p. 55-62).

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Le Dossiers du CERI « En Afrique du Nord, un soulèvement ne fait pas le printemps » (dirigé par Béatrice Hibou) comprend une lecture dobryenne signée Marie Vannetzel : c’est la convergence, via l’opposition à la police et l’affirmation de médias indépendants, et la mutation subséquente de mobilisations longtemps restées restreintes qui confèrent sa dimension multisectorielle et, partant, désobjectivante et incontrôlable, à la situation à laquelle furent brusquement confrontés les groupes constitutifs du régime (« L’émergence d’une mobilisation multisectorielle en Égypte : des prémisses contextuelles aux basculements situationnels », p. 10).

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Dans Mouvements (« Printemps arabes, comprendre les révolutions en marche »), Michel Camau fustige le lieu commun d’une prédisposition arabe à la remise de soi au chef d’État charismatique (zaïmisme d’État). Proche du point de vue de Laurent Jeanpierre, le politiste s’intéresse aux phases de basculement (« Ce sont ces limites du champ du dicible et du faisable que les mobilisations populaires de 2011 ont effacé », p. 26) qui changent le leader charismatique en bouc émissaire (« La disgrâce du chef. Mobilisations populaires arabes et crise du leadership », p. 22-29). Michaël Béchir Ayari, quant à lui, déconstruit le lieu commun attribuant un rôle déterminant aux nouvelles technologies de la communication, discours proche de la sociodicée tant pour certaines franges de la jeunesse bien dotées en capital culturel que pour une partie des journalistes occidentaux, une autocélébration très prégnante qui fait obstacle à « l’interrogation sur la portée émeutière des mobilisations ». Sans nier l’importance de ces NTIC, il rappelle que leurs utilisateurs avaient tendance à combiner les outils à leur disposition, les vidéos prises avec les téléphones portables transitant par Facebook mais aussi par Al Jazeera, ces usages pouvant en outre grandement varier selon les circonstances (« Non, les révolutions tunisienne et égyptienne ne sont pas des “révolutions 2.0” », p. 56-61). Amin Allal et Vincent Geisser s’attaquent à une autre idée reçue, celle ô combien culturaliste associant la Tunisie, supposée non violente, au jasmin (« Tunisie : “Révolution de jasmin” ou Intifada ? », p. 62-68), une lecture consensuelle d’autant plus inadéquate que « la carte des disparités socio-économiques se superpose à la “carte protestataire” de ces dernières années » (p. 64) et que les conflits ont largement investi nombre d’espaces sociaux au point que les membres de la direction nationale de la puissante centrale syndicale UGTT ont été contraints par les pressions venues « d’en bas » de décréter à leur tour la grève générale. Les organisations syndicales, officielles et indépendantes, sont au centre d’un autre article précisant leur rôle avant et pendant le processus de désectorisation en Égypte : là aussi, une direction syndicale est la cible de syndicalistes partisans de la grève générale portée, début février 2011, par 300 000 travailleurs (Françoise Clément, Marie Duboc et Omar El Shafei, « Le rôle des mobilisations de travailleurs et du mouvement syndical dans la chute de Moubarak », p. 69-78).

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Dans sa série « Debate », la Swiss Political Science Review a surtout réuni de courtes contributions de spécialistes américains de l’action collective et des révolutions. Rappelant que le printemps arabe (sans guillemets) avait pour le moins surpris et, entre autres, amplement déjoué les indices d’instabilité des États établis par des ONG et des institutions internationales, Jeff Goodwin insiste sur l’aspect hautement imprévisible des révolutions (« Why We Were Surprised (Again) by the Arab Spring », p. 452-456). Afin de mieux cerner cette imprédictibilité, à l’argument de Timur Kuran voulant que les acteurs tendent souvent à cacher leurs orientations politiques, a fortiori dans les régimes dits autoritaires, le professeur de la New York University préfère celui, plus radical, de Charles Kurzman sur le poids des jeux de miroir dans les estimations des acteurs lors des phases critiques, ces derniers étant tiraillés quant à l’opportunité d’un passage à l’acte. Comparant les soulèvements arabes aux protestations sociales qui ont marqué Israël l’été suivant, William Gamson (« Arab Spring, Israeli Summer, and the Process of Cognitive Liberation », p. 463-468) conteste la pertinence du concept de « libération cognitive » au motif qu’il mêle différents types de processus sociocognitifs et sous-estime le travail politique à la base des identités collectives, reproche auquel échapperait le concept de cadres de l’action collective. Au passage, l’affirmation selon laquelle, à compter du 25 janvier, la campagne de désobéissance civile « s’étend du Caire aux autres villes d’Égypte » montre combien il a suivi de très loin les actions qu’il est censé analyser. Jack A. Goldstone quant à lui (« Cross-class Coalitions and the Making of the Arab Revolts of 2011 », p. 457-462) propose une lecture basée sur le rôle des coalitions sociales dans les processus révolutionnaires, laquelle fait très largement écho travaux de Misagh Parsa (States, ideologies, & social revolutions, chroniqué ci-après). Seule une vaste coalition transversale aux classes sociales et aux entités territoriales peut renverser un régime selon trois types de modalité : l’opposition constructive, la paralysie ou la polarisation. En Libye, si les avocats étaient à l’initiative des protestations à Benghazi, ils furent vite rejoints par des enseignants, des étudiants, des travailleurs du pétrole et des militaires en rupture de ban. Il s’agit là d’une coalition émergente, soit une propriété commune à d’autres processus constitutifs des dynamiques révolutionnaires.

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Hervé Rayner

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Université de Lausanne, IEPI-CRAPUL

Parsa (Misagh) ­ States, Ideologies, & Social Revolutions. A Comparative Analysis of Iran, Nicaragua and the Philippines. ­ Cambridge, Cambridge University Press, 2000. x + 326 p. Bibliogr. Index.

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Il faut qu’un livre soit bien remarquable pour que l’on en rende compte plus d’une décennie après sa publication. States, Ideologies, & Social Revolutions est sans conteste de ceux-là. D’abord parce que, dans un contexte où les soulèvements arabes remettent à l’agenda scientifique la question des révolutions, ses conclusions souvent contre-intuitives suscitent l’intérêt. Ainsi, un conflit de classe prononcé ne favoriserait nullement les révolutions. Au contraire, une telle situation dans laquelle classe ouvrière et capitaliste s’opposent fortement empêcherait le renversement de l’État parce que formant un obstacle à la construction de larges et puissantes coalitions d’opposants. Ensuite, le livre de Misagh Parsa offre une synthèse particulièrement élégante et équilibrée entre le modèle d’analyse stato-centrique et structuraliste, longtemps dominant dans la sociologie des révolutions, et des approches mettant en lumière le rôle que joue la mobilisation parallèle de différents groupes sociaux dans les révolutions. Cette enquête se situe ainsi en plein cœur de ce que Jack Goldstone [2][2] Jack A. Goldstone, « Toward a Fourth Generation of... identifie comme la quatrième génération des théories des révolutions, laquelle fait la part belle au rôle de l’action collective et de l’idéologie sans renier l’importance de conditions structurelles.

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Les cas étudiés sont l’Iran, le Nicaragua et les Philippines dans les années 1970 et 1980. A priori, ce sont des candidats improbables pour une révolution : bénéficiant d’un développement économique considérable, ils ont tous trois connu des tentatives révolutionnaires avortées, avant que, pour chacun, elles ne finissent par aboutir [3][3] En intégrant ces cas d’« échec révolutionnaire » à.... Ensuite, les groupes qui s’imposent et se saisissent du pouvoir dans les trois pays sont tout à fait inattendus. En Iran, les Khomeynistes établissent une république islamique alors qu’ils ne jouissaient pas d’un soutien populaire fort ; au Nicaragua, les Sandinistes l’emportent finalement alors que les forces modérées gardent longtemps le dessus ; et aux Philippines, les communistes, qui constituent la force d’opposition la plus importante et contrôlent une partie considérable du territoire national, ne parviennent pas à s’imposer, si bien que l’on parle dans ce cas plutôt de révolution politique que sociale. Comment expliquer ces outcomes des révolutions ? Autant de raisons, selon M. Parsa, pour porter une attention particulière, au delà des conditions structurelles facilitatrices, aux aléas du processus révolutionnaire. Le cadre d’analyse théorique est posé dans le premier chapitre du livre. Trois éléments clés y sont analysés : les conditions structurelles, l’action collective ­ tout particulièrement sous l’angle de la dynamique de formation des coalitions ­ et l’idéologie.

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Les conditions structurelles posent le cadre pour le déroulement du conflit. Ici, l’auteur insiste classiquement sur l’importance des types de régimes, soulevant la vulnérabilité des régimes centralisés et exclusifs [4][4] La plus grande sensibilité aux révolutions de ce type.... Plus original, il identifie aussi le niveau d’intervention étatique dans l’économie comme condition structurelle cruciale. Un État interventionniste devient un acteur économique majeur et est ainsi susceptible de cristalliser les mécontentements sociaux. Un État peu engagé économiquement peut à l’inverse être perçu comme un arbitre en cas de conflit social dur. Or, pour que des conflits sociaux se transforment en mouvements révolutionnaires, les revendications doivent se centrer sur l’État comme cible ultime, ce qui fut le cas dans les trois pays étudiés où l’État joua un rôle très important dans l’économie. Un élément structurel plus classique pose, quant à lui, le cadre de l’action collective à venir : les « structures de mobilisation », soit le degré d’organisation et les ressources dont les groupes sociaux disposent. Plus un groupe social est organisé et a des ressources à sa portée, plus il pourra saisir les opportunités qui se présentent à lui dans la dynamique des processus révolutionnaires.

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Pour étudier le déroulement de l’action collective, M. Parsa s’appuie sur le modèle du processus politique développé en sociologie des mouvements sociaux. Outre les structures de mobilisation, l’analyse s’intéresse aux opportunités et ­ sans doute le grand apport de ce livre ­ à l’action collective de différents groupes sociaux et aux processus de formation des coalitions. L’analyse porte une attention particulière aux aspects mobiles à court terme des opportunités, notamment les menaces extérieures et la défection de certains éléments appartenant au cercle du pouvoir (en particulier l’armée) comme mécanisme pouvant précipiter les événements. Le processus de formation de coalition est un enjeu crucial : à défaut d’un écroulement de l’État, par exemple suite à une défaite militaire, une révolution ne peut aboutir que dans les situations où se forme une coalition large réunissant les principaux groupes sociaux, d’accord a minima sur le renversement de l’État. M. Parsa étudie tour à tour et en détail les mobilisations de différents groupes dans les trois pays : les étudiants, le clergé, les travailleurs et la classe capitaliste [5][5] On peut néanmoins s’étonner de l’absence d’un chapitre.... Pour chaque groupe, l’auteur dégage les conditions structurelles de l’action collective et les processus de mobilisation dans le temps. Chacun de ces groupes joue un rôle crucial dans le déclenchement de mobilisations multisectorielles : c’est lorsqu’il y a mobilisation parallèle de ces différents groupes sociaux contre l’État, menant à une paralysie de ce dernier, que les révolutions aboutissent. Pour ne prendre qu’un exemple de cette analyse empirique des mobilisations, l’auteur étudie le rôle des petits commerçants des bazars iraniens dans le soulèvement contre le shah. En 1975, les bazaaris ne s’étaient pas mobilisés suite à la révolte d’étudiants religieux de Qom. Deux ans plus tard, ils vont participer pleinement aux luttes révolutionnaires. Dans l’intervalle, ils avaient eu à subir les pénalités liées à la politique de contrôle des prix à laquelle ils s’étaient opposés ouvertement, provoquant des arrestations massives. Leur soutien à l’agitation révolutionnaire en 1979 y trouve son origine. Enclenchant une spirale mobilisatrice, les grèves des bazaaris conduisent le gouvernement à répondre par des attaques extrêmement violentes. Les commerçants se mettent alors en grève de plus en plus souvent (avec, pour certains bazars, des fermetures d’une durée de plus de deux mois) et participent à des soulèvements politiques anti-régime avec les autres groupes contestataires. Finalement, l’action politique de plus en plus disruptive de cette coalition politique entre capitalistes, travailleurs, étudiants et clergé paralyse le pays et réussit à faire tomber le gouvernement. La perspective de M. Parsa se rapproche ainsi de la conception des mobilisations multisectorielles développée par Michel Dobry [6][6] Michel Dobry, Sociologie des crises politiques, Paris,..., mais elle porte une attention plus grande au travail politique mis en œuvre par les différents groupes qui permet ­ ou rend plus difficile ­ la formation de coalitions.

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Le traitement de l’idéologie, le troisième élément clé dans l’analyse, est révélateur de cette insistance sur le travail politique. L’auteur montre le rôle ambigu que joue l’idéologie dans ce processus. Les coalitions se font souvent malgré des différences idéologiques, sur la base d’autres considérations. Ainsi par exemple, la coalition entre Khomeiny et les petits commerçants des bazars s’explique par la nécessité pour ces derniers de former des coalitions afin d’avoir un poids face à l’État et ses politiques économiques qui leur furent défavorables, et non pas par une conversion idéologique. La coalition est avant tout le produit d’intérêts bien compris et donc le résultat d’accords a minima sur des plates-formes généralistes. De fait, une idéologie révolutionnaire trop structurée et radicale peut constituer un obstacle à la formation de coalition et M. Parsa montre bien comment, dans le cas iranien comme nicaraguayen, les mollahs comme les Sandinistes surent dissimuler leurs véritables objectifs et projet politique, illustrant le fait que, bien souvent, la désectorisation qui accompagne les crises est aussi le produit d’un travail politique. Finalement, lorsque Sandinistes et Khomeynistes saisissent le pouvoir, ils l’utilisent afin de mettre en œuvre leur projet politique, au détriment, souvent, de leurs alliés de circonstances. Ainsi, l’idéologie des acteurs qui parviennent à s’imposer aura une importance considérable dans la mesure où elle détermine en grande partie le type de changements que la révolution produira. Si, comme aux Philippines, ce sont des acteurs peu idéologiques qui s’imposent, les changements seront minimes, alors que si, comme en Iran, des acteurs défendant une idéologie radicale se saisissent du pouvoir, les transformations sociales seront bien plus importantes.

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On soulignera pour conclure que l’analyse empirique minutieuse des trois cas étudiés permet de ne jamais tomber dans le formalisme d’un modèle d’analyse pré-établi, comme cela arrive bien trop souvent en politique comparée. À l’opposé, l’explication théorique semble vraiment se dégager de la comparaison des processus révolutionnaires étudiés. De ce point de vue, les chapitres centraux du livre retracent les dynamiques de mobilisation à l’œuvre. Mais plutôt que de souligner le rôle d’une classe sociale donnée ­ les travailleurs, les paysans, les intellectuels ­, M. Parsa voit la clé de compréhension du phénomène révolutionnaire dans la manière dont différents conflits sociaux et groupes mobilisés interagissent dans le temps. Ce faisant, l’auteur rétablit le rôle de l’action collective dans la sociologie des révolutions et développe une analyse véritablement dynamique des processus révolutionnaires tout en s’engageant dans une tentative ambitieuse de theory-building sur laquelle d’autres analystes des révolutions peuvent s’appuyer avec grand bénéfice.

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Philip Balsiger

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Institut universitaire européen/Université de Lausanne, CRAPUL

Ermakoff (Ivan) ­ Ruling Oneself Out. A Theory of Collective Abdications. ­ Durham, Duke University Press, 2008. xxxvi + 402 p. Annexes. Bibliogr. Index.

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Les théories propres aux sous-champs spécialisés des sciences sociales sont le plus souvent bousculées de l’extérieur ou de la marge de ces sous-champs. Il en va ainsi des théories de l’action collective, des mouvements sociaux, de l’engagement et des mobilisations, dont les innombrables « seconds souffles » continuent, comme d’autres, de s’épuiser dans le raffinement scolastique et la spéculation notionnelle. Tiré d’une thèse de sociologie soutenue à l’Université de Chicago, l’ouvrage d’Ivan Ermakoff, professeur de sociologie à l’Université du Wisconsin-Madison, est de ce point de vue particulièrement novateur, alors même qu’il n’entend pas explicitement discuter les concepts, notions et autres mécanismes propres à la « théorie des mouvements sociaux ». Largement recensé en France, il renouvelle utilement les questionnements autour de l’action collective, particulièrement ceux posés par les révolutions et les processus révolutionnaires, mais également les changements de régime et les transitions. En remettant en cause un sens commun parfois mâtiné de formalisation rhétorique mais presque jamais véritablement interrogé, Ruling Oneself Out permet de répondre à des interrogations aussi centrales que : pourquoi et comment des groupes en arrivent-ils de leur propre chef à se démettre de leur autorité et de leurs pouvoirs constitutionnels ? Quelle part réserver dans l’analyse de ces phénomènes aux facteurs causaux, aux justifications des acteurs, au contexte ?

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Les deux cas d’abdication collective que l’auteur prend pour objet et qu’il qualifie de paradigmatiques sont les « chèques en blanc constitutionnels » (p. 37) que sont l’attribution des pleins pouvoirs au chancelier Hitler le 23 mars 1933 par la majorité qualifiée du Reichstag, d’un côté, et le vote du projet de loi du 10 juillet 1940 autorisant le gouvernement du maréchal Pétain à préparer une nouvelle constitution, de l’autre. Ces deux événements historiques majeurs conduisirent dans les deux cas à la fin de démocraties parlementaires et à l’avènement de régimes parmi les plus monstrueux que l’histoire ait connus. Ils font partie de ces énigmes politiques que sont les « révolutions légales » par lesquelles des formations démocratiquement élues et formellement libres décident souverainement de se saborder en se défaisant de leurs pouvoirs constitutionnels. Car, au-delà des apparentes garanties formelles apportées par les textes soumis à l’approbation des parlementaires, en réalité, le transfert de pouvoir est gigantesque et précisément sans réelles garanties. L’abdication dont il s’agit ici est, à l’inverse de celles étudiées par J. Elster ou J. Coleman, inconditionnelle et source d’incapacité collective. « Quelle est [alors] la signification d’un contrat dans lequel une partie se réserve pour elle-même le droit de définir le contenu de ses dispositions » (p. 51), s’interroge I. Ermakoff ? S’agirait-il de cas limites propres aux conjonctures d’exception, dont seule l’irrationalité des comportements individuels et collectifs permettrait de rendre compte ? L’ouvrage, audacieux et pédagogue, propose en quatre parties et onze chapitres de prendre au sérieux les explications dominantes de ces abdications au moyen d’une ambitieuse enquête de terrain constituée par des témoignages, mémoires, autobiographies, correspondances des parlementaires concernés, qui forment autant de sources de première et de seconde mains, revisitées par l’auteur.

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S’il s’agit d’une ethnographie historique de ce qu’on pourrait nommer, en paraphrasant T. Schelling [7][7] Thomas Schelling, La tyrannie des petites décisions,..., la « tyrannie des petits événements », l’ambition théorique n’en est pas moins au cœur de l’ouvrage. Certes, le lecteur français risque d’être quelque peu désorienté par l’armature conceptuelle à forte coloration économiciste qui transparaît de façon récurrente dans la terminologie mobilisée par I. Ermakoff (externalités, information, opportunité, bénéfices, coûts, coordination, stratégies, intérêt…) mais surtout dans la formalisation mathématique qui jalonne le texte, sous la forme d’addenda ou d’annexes. Il s’en épargnera honnêtement la lecture sans risque majeur de « mésinterprétation ». Il ne faudrait pas pour autant sous-estimer ce considérable effort de systématisation, souvent absent des recherches socio-historiques ou ethnographiques « à la française », qui conduit l’auteur à une formidable rigueur méthodologique, conceptuelle et ­ on insiste ­ pédagogique. Car réfuter scientifiquement une proposition suppose de la confronter méticuleusement aux faits que le social scientist s’est employé à collecter, ordonner et construire. C’est ce qu’entreprend de faire l’auteur dans la deuxième partie de l’ouvrage (« Subservience, Common Sense »), une fois le problème circonscrit et posé dans la première (« The Stage and the Problem »). En s’armant du cadre théorique formé par la théorie des jeux, notamment celle des jeux dits répétés ou itératifs, il montre que les trois types d’interprétation régulièrement convoqués par l’historiographie pour tenter d’expliquer ces décisions a priori irrationnelles sont largement imparfaites. Soit les parlementaires auraient collectivement abdiqué sous l’effet de la coercition (« coercion ») : autrement dit, ils craignaient des représailles possibles par les nazis ou les partisans du Maréchal. Soit ils auraient commis par leur acte désespéré des erreurs d’interprétation et de calcul (« miscalculation ») : ils auraient mal anticipé ­ par ignorance ou par stratégie ­ les volontés et la stratégie du « challenger ». Soit enfin, ils auraient agi par « collusion » : ils étaient en réalité contaminés par la même idéologie, prêts à se défaire de leurs idéaux démocratiques et à poursuivre les mêmes intérêts que l’autocrate. I. Ermakoff avance que ces trois types d’explication sont à la fois plausibles et conformes au sens commun, mais ne résistent aucunement à l’examen historique. Sans être en mesure de restituer la richesse et la complexité de la démonstration, notons que les preuves empiriques soumises à l’analyse qualitative et quantitative ­ ce qui est en soi une des grandes forces de l’ouvrage ­ emportent l’adhésion du lecteur. D’une part, l’auteur montre que, sans nier l’importance des « menaces crédibles » (terme issu de la théorie des jeux) que représentent les exactions, les poursuites, la répression menées par les deux régimes à l’encontre de ses opposants, rien ne permet de déterminer à l’avance « quelles menaces produiront quels effets » : « Les effets des pressions coercitives sont finalement conditionnés par des processus interactifs. Les menaces ne sont pas d’elles-mêmes efficaces. Elles fonctionnent lorsque les groupes s’autorisent à être impressionnés » (p. 64). D’autre part, postuler que les acteurs ont commis des « erreurs d’interprétation » en ignorant les desseins réels des dictateurs ou en estimant qu’ils ont quelque chose à gagner à se démettre de leurs propres pouvoirs n’est pas admissible au regard des sources dont on dispose. Car même si les parlementaires, tant en Allemagne qu’en France, donnent raison de leur choix en invoquant soit leur ignorance soit la ruse du challenger, leurs témoignages montrent que le dessein autoritaire de ce dernier était largement publicisé (disclosed) et connu de tous. Les contradictions sont donc frappantes entre les bonnes raisons qu’ils avaient de se méfier du challenger et les justifications tactiques qu’ils ont fournies après coup pour justifier leur vote « oui ». Enfin, l’argument de la « collusion idéologique » ignore significativement le fait qu’en 1933 et en 1940, « l’idéologie » et la culture politique des groupes mis au défi ont fourni des arguments pour et contre le consentement, pour et contre l’opposition. « Au regard de la décision, par conséquent, les représentations idéologiques étaient relativement indéterminées » (p. 133).

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Si aucune de ces interprétations n’est scientifiquement recevable, comment comprendre alors le ressort social de ces « décisions problématiques » (p. 179), comprises comme des décisions à haut risque et qui engagent à long terme non seulement les parlementaires mais aussi et surtout un très grand nombre de personnes ? Selon I. Ermakoff, la clé explicative du résultat est à chercher dans le caractère collectif et interactif de la décision. Il faut donc adopter une focale plus fine des mécanismes de décision mais aussi être attentif au contexte dans lequel agissent les individus. C’est selon lui le processus d’« alignement collectif » (« les acteurs prennent leur décision en alignant leur comportement les uns sur les autres », p. 179) qui seul permet de résoudre l’énigme de l’abdication volontaire. Ce processus subsume en réalité les trois autres types de mécanismes que sont l’alignement séquentiel ­ qui repose sur l’observation des comportements des autres parlementaires ­, le savoir local et la coordination tacite, lesquels impliquent un processus d’inférence via les contacts personnels (« les acteurs se contaminent les uns les autres par le contact de face-à-face », p. 240). Il y a donc alignement, selon I. Ermakoff, 1/ si la décision est, pour les membres du groupe, source d’incertitude et 2/ si ces individus dépassent leur incertitude en alignant leurs lignes de conduite. L’alignement dont il est question ici est à la fois un processus et un résultat : les individus se coordonnent tacitement avec ceux dont ils pensent pouvoir partager les mêmes positions publiquement, ce qui produit l’unanimisme. Certains députés (tels L. Kaas du Zentrum) tiennent et assument des positions publiques et les font savoir aux autres, ce qui fait d’eux des acteurs dominants (prominent actors) qui retiennent l’attention des suiveurs. De ce point de vue, l’examen historique de ces processus dans les parties 3 (« The Terms of the Challenge ») et 4 (« Collective Stances ») documente de façon totalement inédite la « chronologie des oscillations » (p. 278) individuelles et collectives en les replaçant dans le contexte immédiat, quotidien et contingent de la prise de décision.

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Au final, l’ouvrage rappelle par sa perspective, ses hypothèses et ses résultats, tant les conclusions de Christopher Browning sur les « hommes ordinaires » pendant la seconde guerre mondiale, celles de Timothy Tackett sur « l’apprentissage du rôle de révolutionnaire » en 1789 que celles de Michel Dobry sur la fluidification des conjonctures de crise caractérisées par l’incertitude structurelle. En s’appuyant sur l’analyse critique de l’historiographie désormais classique (Robert Paxton, Olivier Wieviorka), il éclaire, bien au-delà des deux cas étudiés, aussi bien le fonctionnement des régimes dits autoritaires que les ressorts de l’obéissance et de la désobéissance. Cette socio-histoire du temps court, sorte d’ethnographie historique des processus de fluidification des conjonctures, aussi exceptionnelles et désastreuses que celles de 1933 en Allemagne et 1940 en France, autorise alors à comprendre, sans convoquer l’exceptionnalité du contexte ni l’irrationalité des acteurs, le comportement d’auto-abdication de groupes institutionnalisés face à la demande de challengers pourtant clairement identifiés par les protagonistes comme dictateurs potentiels. En renversant la perspective structurale, il donne donc de précieux outils à l’observateur des conjonctures révolutionnaires soucieux de ne pas inférer trop rapidement et trop paresseusement les effets de l’événement des causes supposées de celui-ci.

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Choukri Hmed

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Université Paris Dauphine, IRISSO

Bibliographie « Printemps arabe »

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La bibliographie qui suit a été constituée à partir d’un travail de documentation mené dans le cadre d’un séminaire de Master intitulé « Sociologie comparée des révolutions. Étude de cas. Les révoltes en Afrique du Nord et au Moyen-Orient », délivré par Mounia Bennani-Chraïbi et Olivier Fillieule à l’Université de Lausanne [8][8] J’ai mené ce travail de documentation dans le cadre.... Elle regroupe les travaux publiés depuis début 2011 et portant directement sur les événements très divers qui ont pris dans les médias le nom de « printemps arabe » ou « révoltes et révolutions arabes ». Ont été également intégrés des titres jugés en rapport direct avec ces événements alors même qu’ils avaient été publiés antérieurement à décembre 2010. La majorité des titres sont des travaux de sciences sociales (ou bien des commentaires à chaud des événements par des chercheurs en sciences sociales). Les références ont été récoltées par dépouillement des principaux moteurs de recherche et catalogues académiques, ainsi que par la consultation des sommaires des principales revues en sciences sociales et politiques. D’autres initiatives similaires de regroupement des travaux sur le « printemps arabe » ont été lancées, notamment pour les titres en anglais ; nous en proposons quelques-unes ici [9][9] Voir, par exemple, Patrick McCurdy et al., « A (Working).... Enfin, une version plus complète de cette bibliographie est accessible sur le site du Centre de recherche sur l’action politique de l’Université de Lausanne (CRAPUL) [10][10] Centre de recherche sur l’action politique de l’Université.... Nous avons choisi d’opter pour une présentation des titres sélectionnés sous plusieurs catégories : les travaux transversaux ou comparatifs ; les thématiques qui ont fait l’objet d’un intérêt particulier (ex : le rôle d’Internet dans les révoltes) ; et enfin, les bibliographies par pays.

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Youssel El Chazli

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Université de Lausanne


Bibliographie

  • Travaux transversaux ou comparatifs

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    • Amin Allal, Youssef El Chazli, « Figures du déclassement et passage au politique dans les situations révolutionnaires égyptienne et tunisienne », dans Ivan Sainseaulieu, Muriel Surdez (dir.), Sens politiques du travail, Paris, Armand Colin, 2012, p. 323-338.
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Notes

[1]

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[2]

Jack A. Goldstone, « Toward a Fourth Generation of Revolutionary Theory », Annual Review of Political Science, 4, 2001, p. 139-187.

[3]

En intégrant ces cas d’« échec révolutionnaire » à son analyse empirique, M. Parsa suit la mise en garde épistémologique de Charles Tilly : les révolutions ratées font partie de la même « espèce » que les révolutions réussies, et leur étude nous renseigne ainsi autant sur le phénomène révolutionnaire. Voir Charles Tilly, « To Explain Political Processes », American Journal of Sociology, 100 (6), 1995, p. 1594-1610.

[4]

La plus grande sensibilité aux révolutions de ce type de régimes politiques est soulignée par maintes études comparatives, notamment Timothy P. Wickham-Crowley, Guerillas and Revolution in Latin America, Princeton, Princeton University Press, 1992, et Jeff Goodwin, No Other Way Out, Cambridge, Cambridge University Press, 2001.

[5]

On peut néanmoins s’étonner de l’absence d’un chapitre sur le groupe paysan, qui est pourtant vu comme un acteur très important dans de nombreuses révolutions de pays en voie de développement. Voir par exemple Jeffrey M. Paige, Coffee and Power. Revolution and the Rise of Democracy in Central America, Cambridge, Harvard University Press, 1997.

[6]

Michel Dobry, Sociologie des crises politiques, Paris, Presses de Sciences Po, 3e éd., 2009.

[7]

Thomas Schelling, La tyrannie des petites décisions, Paris, PUF, 1980 (1re éd. américaine : 1978).

[8]

J’ai mené ce travail de documentation dans le cadre de mes charges d’assistant sur ce séminaire.

[9]

Voir, par exemple, Patrick McCurdy et al., « A (Working) “Arab Spring” Reading List », <https://docs.google.com/document/d/1DU8AOlkTV6F0ZyoGcbk_060iBZG5tWKwj_n97EJPe9M/edit>, ainsi que le Project on Middle East Political Science, « Arab Uprisings Bibliography », <http://pomeps.org/category/academic-works/arabuprisings/>.

[10]

Centre de recherche sur l’action politique de l’Université de Lausanne (<http://www.unil.ch/iepi/page16548.html>). Cette liste est le fruit d’un travail de saisie important et de référencement mené par Fiona Friedli, assistante-étudiante à l’IEPI (Université de Lausanne). Voir le Google Doc <https://docs.google.com/document/d/1i2lhAigycJM4hwz95acOoVdKs9QqP6B0g4AfrUPZTTs/edit>.

Titres recensés

  1. Les soulèvements arabes dans les revues francophones
    1. Parsa (Misagh) ­ States, Ideologies, & Social Revolutions. A Comparative Analysis of Iran, Nicaragua and the Philippines. ­ Cambridge, Cambridge University Press, 2000. x + 326 p. Bibliogr. Index.
    2. Ermakoff (Ivan) ­ Ruling Oneself Out. A Theory of Collective Abdications. ­ Durham, Duke University Press, 2008. xxxvi + 402 p. Annexes. Bibliogr. Index.
  2. Bibliographie « Printemps arabe »

Pour citer cet article

« Lectures thématiques. Lire au sujet du « printemps arabe »», Revue française de science politique 5/2012 (Vol. 62) , p. 915-939
URL : www.cairn.info/revue-francaise-de-science-politique-2012-5-page-915.htm.
DOI : 10.3917/rfsp.625.915.


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