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Revue Française de Socio-Économie

2013/1 (n° 11)

  • Pages : 270
  • ISBN : 9782707175687
  • DOI : 10.3917/rfse.011.0229
  • Éditeur : La Découverte

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Jean-François Draperi est un des pivots de l’économie sociale et solidaire (ESS par la suite) en France, et plus particulièrement de l’économie sociale dans le sens où il privilégie l’enjeu démocratique dans la production et la consommation. Défendant la cause de l’ESS, animant les débats, instruisant la réflexion, conseillant les structures... Draperi se situe dans une démarche de recherche-action, ce dont il s’explique et que nous discuterons plus loin. Ce faisant, il est à la croisée de plusieurs mondes, et ces mondes se rencontrent parfois, mais souvent vivent en parallèle. Son ouvrage a l’avantage, mais aussi le défaut, de viser trois objets et deux publics.

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Le problème du trois-en-un est que l’association, voire le mélange des genres, ne permet pas de répondre complètement à l’ensemble de ces attentes et exigences distinctes. Celles de ces deux publics : la communauté des acteurs de l’ESS et la communauté académique, que l’on pourrait qualifier de socio-économique. Présentons l’ouvrage d’abord pour, dans un second temps, indiquer quelques pistes quant à l’intérêt de travailler ce qui semble au lecteur devoir être plutôt une économie institutionnaliste de l’ESS, qu’une « théorie générale » de l’ESS comme Draperi en forme le projet.

1 - « Vers une théorie alternative » : un ouvrage trois-en-un

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Draperi indique, dans son introduction, qu’il n’y a « pas d’alternative sans théorie alternative ». Il s’attelle ainsi à lier le projet de l’ESS avec les bases d’une théorie générale, qui devra répondre, selon lui, à trois enjeux : définir les conditions de l’échange réciproque (et notamment de la démocratie dans l’entreprise), caractériser les relations entre les collectifs de l’ESS et le reste de l’économie et, enfin, préciser la nature du projet de société que porte l’ESS.

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L’ouvrage se nourrit d’une exploration de ce que propose et met en œuvre l’ESS considérée dans un sens étendu, et avance des développements critiques, notamment à propos de l’entrepreneuriat social, de l’économie territoriale, en faisant toujours le lien avec les formes de la coopération. Ce panorama a pour objet, selon l’auteur, de développer une critique du capitalisme dans son ensemble. C’est ainsi que Draperi s’intéresse à ce que « détruit » le capitalisme (cf. titre de la partie 2), en particulier le lien social. Pour recourir à cette critique du capitalisme, Draperi fait appel à un ensemble de références, d’auteurs et de concepts, à la fois vaste et quelque peu hétérogène. La troisième partie de l’ouvrage est plus directement marquée par le mode projet qui est celui de l’ESS, dans le but de refonder une démocratie à partir des rapports de production et de consommation. Le chercheur en ESS est alors un acteur engagé dans l’expérimentation permanente ; le lien social est revivifié par la proximité qui se construit territorialement. L’ouvrage débouche ainsi sur une certaine vision du monde qui met au centre des valeurs et des principes, et non les rapports de production.

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L’ouvrage nous semble pouvoir être décrit tel un outil trois-en-un. C’est tour à tour un plaidoyer pour l’ESS, défendant son projet, ses valeurs et ses règles (pour fonder rien de moins qu’une « alternative au capitalisme ») ; un panorama, lecture positive du champ aux contours flous, fourmillant d’expériences qui sont propres à cet espace d’innovation sociale [1][1] Un trait saillant de l’originalité de l’ESS, et peut-être... ; et, enfin, une esquisse de théorie générale.

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Il nous semble donc y avoir trois façons de lire l’ouvrage, qui sont autant d’ambitions, voire d’enjeux distincts. Cette coexistence de trois problématiques offre un parallèle avec l’ouvrage de Christophe Ramaux L’État social[2][2] Christophe Ramaux (2012), L’État social Pour sortir..., dont Richard Sobel [3][3] Richard Sobel (2012), « Le socialisme c’est maintenant »,... nous montre qu’il contient trois ouvrages en un. Chacun à sa manière Ramaux et Draperi, militant et chercheur, chercheur-militant, porte une problématique, trace un sillon et se trouve engagé dans la défense de son sujet. Un même combat les anime pour rendre justice à ce qui leur paraît être un objet politique et académique trop peu travaillé, mal connu, mal aimé, notamment mal aimé de l’hétérodoxie française (voire de la gauche française). Le parallèle entre les auteurs ne vaut pas seulement par la forme, ou par la lecture qu’on en fait en lien avec celle de Richard Sobel. En effet, à bien y regarder, considérer l’ESS comme réponse à la crise, comme le fait Draperi, est une réponse à la crise de l’État social. Qui plus est, l’ESS est indissociable des formes de l’État social, autant dans certains de ses fondements historiques (mutuelles au cœur de la protection sociale), qu’actuellement lorsque l’essor de l’économie solidaire doit beaucoup au chaos néolibéral.

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Il est ainsi saisissant de lire, et de mettre en regard, ces deux « essais » respectivement pour répondre à la crise du capitalisme et pour sortir du chaos néolibéral, dans la mesure où l’enjeu est la production d’une représentation du monde qui accorde une place à une régulation reposant sur des mécanismes qui se trouvent (partiellement) hors du capitalisme mondial financiarisé. Pourtant, les socles de pensée, les relais académiques, les sources statistiques, la structure de l’argumentaire, la confrontation avec le champ de la pensée sont de natures et de portées assez différentes. De même que sont, au final, peu comparables les fonctions macroéconomiques des deux objets. L’ESS reste cependant marquée par une sous-conceptualisation, et c’est d’ailleurs aussi ce que révèle l’ouvrage de Draperi, parfois en creux. C’est au regard de cette sous-conceptualisation que se trouve la force de l’ouvrage, par la variété des approches mobilisées, et sa faiblesse, par le chemin qu’il reste à parcourir pour fonder ce socle théorique alternatif que Draperi appelle de ses vœux.

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La lecture de l’ouvrage laisse à penser que l’auteur vise avant tout à produire une théorie générale de l’ESS, bien qu’il s’en défende à plusieurs reprises (et à juste titre). C’est conjointement l’intérêt et la limite de l’ouvrage. L’intérêt, car cela permet de montrer les enjeux, de rendre justice à la variété des initiatives, et de travailler à une compréhension globale de l’ESS.

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Pour ce faire, Draperi fourmille de clés de lecture distinctes. C’est ce fourmillement qui pourra intéresser les acteurs, et nombre de ceux qui s’activent à penser des alternatives au capitalisme en partant de l’économique et non seulement du jeu politique. C’est en effet un trait marquant de l’ESS, notamment depuis le tournant des années 1970-1980 que d’être un espace d’alternatives par la réappropriation de l’économie réelle, en fait de l’entreprise, et donc de la production. Le tournant du début des années 1980 pour l’ESS correspond dans ce sens à l’essor de l’économie solidaire, et s’articule à un changement au sein du mouvement social, à la crise de la critique sociale et à une forme de redéploiement des énergies critiques, de la combativité sociale et ouvrière vers la mise en œuvre d’expériences concrètes. En cela l’économie solidaire renoue avec la dynamique d’innovation sociale et institutionnelle qui caractérise l’essor de l’économie sociale dans la seconde moitié du xixe siècle. Ce retournement illustre à nouveau le parallèle avec l’État social, car c’est une période de désillusion pour la gauche, française notamment [4][4] Voir le texte par lequel Chico Whitaker, l’un des fondateurs... : la conquête du pouvoir, et donc une certaine maîtrise des rouages de l’État, n’apparaît plus comme une garantie, ni même comme une condition, du changement social. La transformation de l’État social, qui a institué pour ne pas dire instrumentalisé l’économie sociale dans son système de protection sociale, en un État néolibéral constitue ainsi une clé de lecture du renouveau de l’ESS depuis 30 ans.

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Comme l’indique le titre de l’introduction, « Pas d’alternative sans théorie alternative », Draperi commence par l’enjeu de la théorie générale. Cependant, cet essai nous montre plutôt, en creux, que la communauté de l’ESS n’a pas vraiment besoin d’une théorie générale, qu’il n’y a pas lieu de porter un tel objet. Les formes de la pensée, la nature des intellectuels collectifs qui portent la recherche, l’enchâssement des modes de compréhension dans le temps et l’espace et dans l’action, ne se prêtent pas à une construction théorique de portée générale, totalisante. Il y a certainement lieu à produire du commun, des notions et concepts partagés, mais une théorie, l’ouvrage ne le démontre pas. La question que l’on souhaite poser est surtout : une théorie générale de quoi ? Cela pose, en creux encore, la question de ce qu’est l’ESS, de son unité, de son statut, non pas juridique ou légal, mais du statut conceptuel. Pour faire une théorie générale, il faut s’inscrire dans un champ de pensée, or l’ESS est un champ de valeurs, de principes et d’actions.

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La réponse au problème du statut conceptuel, et d’un certain point de vue à l’idée même de théorie générale, se trouve pour l’essentiel dans le second propos de l’ouvrage, le plaidoyer en faveur du projet. En effet, l’ESS est un projet, vivant, ancien, ancré, institutionnalisé (chacune des composantes – sociale et solidaire – étant très différemment institutionnalisée d’ailleurs).

2 - Deux publics… et un lecteur hétérodoxe sur sa faim

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La dissonance qui se fait jour dans le livre de Draperi entre ces deux problématiques en tension (théorie générale / plaidoyer), lequel s’adresse à deux publics, illustre le difficile lien entre le normatif et le positif. Si la place de la dimension de projet en acte sur une très longue période est essentielle dans ce champ, il est très difficile d’en assurer la traduction en termes de rapports de production, de même que de rapport de consommation (et plus encore de répartition). C’est la nature politique des projets, leur ambition non strictement économique, que l’on pourrait qualifier d’institutionnelle, qui prime. L’importance de l’entrée par le statut, qui reconnaît par une forme juridique un projet [5][5] Comme par exemple la coopérative d’activité et d’emploi..., se trouve dans une autre proposition de théorie générale que formulent David Hiez et Éric Lavillunière dans un ouvrage récent [6][6] David Hiez et Éric Lavillunière (2013), Théorie générale.... Il s’agit là d’un ouvrage juridique qui a pour objet de produire une théorie générale à partir du droit et accorde une place centrale aux statuts, et donc à une certaine norme formelle. C’est une tout autre construction que de produire une théorie générale socio-économique qui semble être le propos de Draperi.

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Or le travail de Draperi s’engage dans la quête de grilles de lecture multiples, sans toujours faire les liens au final, voire sans que l’on puisse repérer une cohérence entre elles. L’ouvrage semble donc plutôt un plaidoyer. Il s’agit pour Draperi de soutenir un mouvement social. En cela il s’adresse essentiellement à sa communauté, la communauté de l’ESS.

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Mais ce serait trop court et quelque peu injuste de s’arrêter là. Draperi pose aussi une démarche de recherche-action, très présente dans l’ESS. Il est vrai que face à la difficulté de s’intéresser au réel, que l’on trouve dans certaines disciplines, particulièrement en économie, d’aller voir qualitativement sur des terrains variés, la recherche-action constitue une voie pour travailler les liens avec le monde social. Mais c’est conjointement cette démarche qui fait remonter assez systématiquement les analyses à la dimension de projet et aux valeurs qui sont portées, et ainsi pêche par difficulté à prendre de la distance avec les objets.

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À vouloir s’adresser aux militants et aux chercheurs, donc au projet et à sa conceptualisation, Draperi altère sa contribution à une économie hétérodoxe. Ce sont, en conclusion, les pistes que nous proposons pour recentrer la construction.

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Dans le cadre de pensée qui est celui de Draperi, comment traiter de ce qui ne correspond pas aux valeurs et qui est le fait des structures ? On a ici en tête notamment la relation d’emploi dégradée qui est consubstantielle du travail bénévole dans nombre d’associations, mais aussi dans l’entreprise (via le lien avec le social ou l’humanitaire) [7][7] C’est un des arguments au cœur de la critique de Matthieu..., mais aussi le maintien dans la dépendance que peuvent entretenir, de fait, des entreprises d’insertion. Ainsi comment les valeurs énoncées résistent-elles à la dégradation du rapport salarial que l’ESS affronte, et parfois produit ? Draperi ne le dit pas.

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Cette critique de l’ESS « infirmerie du libéralisme » vient parfois des acteurs mêmes. Cependant, au-delà de l’instrumentalisation qui affecte une partie des activités de l’ESS, il nous semble important de les situer dans le cadre des changements institutionnels macroéconomiques et sociaux, telle l’évolution du rapport salarial, ce qu’une focalisation sur l’ESS pourrait faire perdre de vue. Cette difficulté est en partie due à la distance que Draperi prend avec la notion d’exploitation. Pourtant, la caractérisation des rapports sociaux dans l’ESS ne peut pas faire l’impasse sur les rapports de production. Draperi convient bien que les coopératives de production ne forment pas un mode de production en tant que tel, mais il ajoute qu’il est possible de parler d’un « mode de consommation coopératif » (p. 243). Pour définir un mode de consommation, le recours aux valeurs, aux engagements des consommateurs est certes important, mais Draperi néglige les formes structurelles qui s’imposent aux individus. Le rapport de consommation comme le rapport de production ne peuvent ainsi se réduire à des comportements. Les développements de l’ESS dans la régulation néolibérale et sa crise nous semblent avoir assez fondamentalement trait à la fragmentation du rapport salarial et à un problème de répartition des richesses, de même que les développements de l’économie sociale répondaient à un autre chaos, celui de l’essor industriel au xixe siècle. Ainsi, une des clés pourrait se trouver selon nous dans la qualification des rapports de services qui caractérisent le monde post-industriel. Et cela ne peut se faire qu’en intégrant ces rapports dans la dynamique d’ensemble ; dynamique que la dimension de projet qui soutient l’ESS n’est pas à même de dépasser seule. C’est dans ce sens que les formes d’institutionnalisation de l’ESS doivent être caractérisées, non pas seulement pour comprendre en quoi des institutions se créent, mais pour comprendre comment elles s’insèrent dans un régime de développement. Or l’économie de service est structurée par des rapports de coproduction qui sont territorialisés. La tension entre les formes de coopération et de mutualisation qui sont portées par l’ESS et les rapports de coproduction qui sont au cœur d’une économie de service ouvrent des pistes importantes pour la construction de compromis sociaux, dans la lignée des travaux de Gadrey notamment [8][8] Jean Gadrey (2008), « La crise écologique exige une..., en engageant une vision étendue de ce qui est produit (i.e. en intégrant les externalités et les effets décalés dans le temps). Un ensemble varié de formes de coproduction doit ainsi être exploré, autant à propos de ce qui est produit (le service), que des dispositifs qui encadrent sa production et son usage (règles et institutions), sans oublier la coproduction des entités productives elles-mêmes (cf. la problématique coopérative et plus largement la variété des modalités de mutualisation), qui débouche sur l’enjeu démocratique dans la production.

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Pour finir, disons que pour répondre à son second public, communauté de chercheurs en sciences humaines et sociales, le projet de l’ESS tel que le développe Draperi a tout intérêt à renforcer son approche institutionnaliste, et dans ce sens le dernier numéro de la RECMA (juillet 2012) est de bon augure. Danièle Demoustier coordonne en effet un dossier proposant de passer « d’une approche entrepreneuriale à une perspective institutionnaliste ». Ce qui est en jeu est conjointement le processus d’institutionnalisation, voire de réinstitutionnalisation de l’entreprise, mais aussi le traitement conjoint des dispositifs institutionnels (les règles) et de la production (notamment de nouveaux rapports de production et de consommation). La lecture institutionnaliste de l’ESS passe ainsi par un traitement de la particularité des structures productives. Statuts ou projet ne suffisent donc pas à l’affaire, ils sont réductibles en dernière instance aux rapports sociaux, capitalistes, de production.

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Il ne devrait donc pas tant être, selon nous, question d’une théorie générale, que d’une conceptualisation qui fasse la place au politique, à l’enchâssement dans le social, à la production des effets sociaux immédiats et médiats (et plus largement aux effets environnementaux). Les dynamiques territorialisées productrices de compromis sociaux infranationaux dont peuvent être porteurs des acteurs variés (ESS, collectivités, entreprises…) sont des pistes essentielles face à la crise de la régulation financiarisée [9][9] Voir dans ce sens l’économie de la fonctionnalité qui.... Il y a donc à traiter conjointement de ces dynamiques institutionnelles et de la recomposition de la production en lien aux usages sociaux.

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Ces dynamiques ne pourront être traitées, nous semble-t-il, qu’en les intégrant à la compréhension de nouvelles régulations qui peinent à émerger, et de changements structurels qui ne sont pas réductibles à l’échelle microéconomique. C’est une voie possible pour que le travail de conceptualisation fasse avancer les modes de production alternatifs qui sont en ébullition dans l’ESS.


Bibliographie

  • Marie Bouchard (dir.) (2010), The Worth of the Social Economy. An International Perspective, Bruxelles, PIE Peter Lang.
  • Gabriel Colletis & Danièle Demoustier (2012), « L’ESS face à la crise : simple résistance ou participation au changement ? », RECMA, 325, juillet, p. 21-35.
  • Jean Gadrey (2008), « La crise écologique exige une révolution de l’économie des services », Développement durable et territoires, septembre http://developpementdurable.revues.org/6423.
  • Gérald Gaglio, Jacques Lauriol & Christian du Tertre (2011), L’économie de la fonctionnalité : une voie nouvelle vers un développement durable ?, Toulouse, Octarès.
  • David Hiez & Éric Lavillunière (2013), Théorie générale de l’économie sociale et solidaire, Bruxelles, Larcier.
  • Matthieu Hély (2008), L’économie sociale et solidaire n’existe pas, La vie des idées www.laviedesidees.fr.
  • Christophe Ramaux (2012), L’État social. Pour sortir du chaos néolibéral, Mille et une nuits, coll. « Essais ».
  • Richard Sobel (2012), « Le socialisme c’est maintenant », Revue de la régulation http://Regulation.revue.org n° 12 Automne, à paraître.
  • Chico Whitaker (2006), Changer le monde, [nouveau] mode d’emploi, Paris, Éditions de l’Atelier.

Notes

[1]

Un trait saillant de l’originalité de l’ESS, et peut-être plus encore de l’économie solidaire, peut être considéré à partir de sa capacité d’innovation sociale. Les innovations sont alors conjointement organisationnelles et institutionnelles, elles sont le fait de collectifs. Elles ne sont pas techniques ou technologiques, et, fondamentalement non propriétaires, elles sont ainsi complètement transférables. Voir par exemple Bouchard, M. J. (dir.) (2010), The Worth of the Social Economy. An International Perspective, Bruxelles, PIE Peter Lang.

[2]

Christophe Ramaux (2012), L’État social Pour sortir du chaos néolibéral, Paris, Mille et une nuits-Essai.

[3]

Richard Sobel (2012), « Le socialisme c’est maintenant », Revue de la régulation http://Regulation.revue.org n° 12, automne, à paraître.

[4]

Voir le texte par lequel Chico Whitaker, l’un des fondateurs du Forum social mondial, explique sa démission de la chambre municipale de São Paulo, en justifiant son action par l’impossibilité de l’agir par l’État. Le lien avec l’élection de Lula et la difficulté de porter un changement social radical au Brésil est une puissante illustration de la tension entre conquête du pouvoir et animation d’un mouvement d’innovation sociale. Chico Whitaker (2006), Changer le monde, [nouveau] mode d’emploi, Paris, Éditions de l’Atelier.

[5]

Comme par exemple la coopérative d’activité et d’emploi ou la société coopérative d’intérêt collectif.

[6]

David Hiez et Éric Lavillunière (2013), Théorie générale de l’économie sociale et solidaire, Bruxelles, Larcier.

[7]

C’est un des arguments au cœur de la critique de Matthieu Hély (2008), « L’économie sociale et solidaire n’existe pas », La vie des idées, www.laviedesidees.fr.

[8]

Jean Gadrey (2008), « La crise écologique exige une révolution de l’économie des services », Développement durable et territoires, septembre http://developpementdurable.revues.org/6423.

[9]

Voir dans ce sens l’économie de la fonctionnalité qui est une des pistes conclusives proposées par Gabriel Colletis et Danièle Demoustier (2012), « L’ESS face à la crise : simple résistance ou participation au changement ? », RECMA, 325, juillet, p. 21-35. Pour une présentation plus approfondie, voir Gérald Gaglio, Jacques Lauriol & Christian du Tertre (2011), L’économie de la fonctionnalité : une voie nouvelle vers un développement durable ?, Toulouse, Octarès.

Plan de l'article

  1. 1 - « Vers une théorie alternative » : un ouvrage trois-en-un
  2. 2 - Deux publics… et un lecteur hétérodoxe sur sa faim

Pour citer cet article

Lamarche Thomas, « Une théorie générale ou une approche institutionnaliste pour l'économie sociale et solidaire ? Jean-François DRAPERI, L'économie sociale et solidaire : une réponse à la crise ? Capitalisme, territoires et démocratie. Paris, Dunod, 201 », Revue Française de Socio-Économie, 1/2013 (n° 11), p. 229-233.

URL : http://www.cairn.info/revue-francaise-de-socio-economie-2013-1-page-229.htm
DOI : 10.3917/rfse.011.0229


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