Max Weber « à la française » ?
De la nécessité d’une critique des traductions
Jean-Pierre Grossein
L’opinion selon laquelle la réception de l’œuvre de Max Weber n’a pas été facilitée en
France, d’une manière générale, par la qualité des traductions ne fait pas, pour des raisons
qui ne sont pas toutes d’ordre « scientifique », l’unanimité. L’examen vigilant auquel nous
soumettons ici quelques publications récentes s’inscrit dans une démarche critique que nous
croyons indispensable, si l’on veut améliorer les conditions d’accès à un auteur difficile.
Some well-read persons think that the poor quality of the French translations of Max Weber’s
works created obstacles to a good reception in France ; but this opinion has been disputed on
grounds which are not all « scientific ». Nevertheless we think it essential to proceed to a careful
and critical examination of recently published translations ; it is the only way to gradually make
Max Weber’s difficult works more accessible.
Die These, daß, global gesehen, die Qualität der Übersetzungen die Rezeption des Werkes von
Max Weber in Frankreich nicht erleichtert habe, stößt nicht auf einhellige Zustimmung. Die
Gründe dafür sind keineswegs ausschließlich « wissenschaftlicher » Natur. Die eingehende
Prüfung, der hier unter diesem Gesichtspunkt einige neuere Publikationen unterzogen werden, ist
Teil eines kritischen Vorgehens, das unabdingbar ist, wenn man die Zugangsbedingungen zu
einem schwierigen Autor verbessern will.
La opinión según la cual no se facilitó en Francia el conocimiento de la obra de Max Weber a
causa de, por lo general, la calidad de las traducciones, no es unánime, por razones que no son
siempre de orden « científico ». El examen cuidadoso al que sometemos aquí algunas publicaciones recientes pertenece a un quehacer crítico que consideramos indispensable si se quieren
mejorar las condiciones de acceso a un autor difícil.
• Max Weber, Histoire économique. Esquisse d’une histoire universelle de l’économie et de la société, traduit par Christian Bouchindhomme, préface
de Philippe Raynaud
• Max Weber, Le savant et le politique. La profession et la vocation de savant. La profession et la vocation de politique. Préface, traduction et
notes de Catherine Colliot-Thélène
• Max Weber, Œuvres politiques (1895-1919), traduit de l’allemand par Élisabeth Kauffmann, Jean-Philippe Mathieu et Marie-Ange Roy,
présentation d’Élisabeth Kauffmann, introduction de Catherine Colliot-Thélène.
• Dirk Käsler, Max Weber. Sa vie, son œuvre, son influence, traduit de
l’allemand par Philippe Fritsch
• Stephen Kalberg, La sociologie historique comparative de Max Weber,
traduit de l’américain par Hervé Maury, révisé par Alain Caillé, préface
d’Alain Caillé
• Conclusion : Weber « à la française » ?
• RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES