2005
Revue française de sociologie
MAX WEBER : TEXTES
Max Weber à Robert Liefmann
[*]
Münich, le 9.3.20
Très honoré Collègue,
J’ai lu jusqu’à présent environ 240 pages du tome I de votre travail
[1].
Étant donné les pressions de l’éditeur à cause du manuscrit (
Sociologie)
[2], il
me faut m’interrompre durant une quinzaine de jours et je vous fais part,
comme vous le souhaitez, de mes observations. Des observations essentiellement critiques – en effet, je n’ai pas besoin de dire que l’on trouve beaucoup
de très bonnes choses dans ces parties. Je suis gêné par la surabondance de la
critique. – Si vous avanciez tout simplement
vos propres formulations, au lieu
de constamment déplorer la bêtise des autres
[3], qui ne sont pas parvenus à
ces résultats, je crois que vous vous seriez évité beaucoup de contrariété
stérile. – Tout d’abord, concernant votre lutte contre la « sociologie », je
comprends bien, mais je vous ferai remarquer la chose suivante : si, au bout
du compte, je suis
moi-même devenu maintenant sociologue (selon l’intitulé
de mon arrêté de nomination !)
[4], c’est essentiellement pour mettre un terme
à la pratique qui hante encore les lieux et qui consiste à travailler avec des
concepts de collectifs (
Kollektivbegriffe). En d’autres [termes], la sociologie,
elle aussi, ne peut se pratiquer qu’en partant de l’action d’un, de plusieurs ou
d’un grand nombre d’
individus, par conséquent de manière strictement « individualiste » quant à la méthode. Sur l’« État », par exemple, vous énoncez
encore des vues qui sont totalement surannées. L’État n’est rien d’autre, au
sens de la sociologie, que la chance que se produise une action spécifique
sous des modes déterminés, une action de la part de personnes individuelles
déterminées. Ce n’est rien d’autre. C’est ce que j’écris et ce que j’enseigne
depuis des années. L’élément « subjectif » dans cette affaire consiste en ce
que cette action s’oriente d’après des représentations déterminées. L’élément
« objectif », en ce que nous, les observateurs, nous jugeons que la chance
existe que cette action, telle qu’elle s’oriente d’après ces représentations,
s’effectuera. Si cette chance n’existe plus, l’« État » n’existe plus. C’est tout à
fait de la même manière que l’on doit juger du rapport entre subjectivité et
objectivité à propos des prix, par exemple. Un prix effectivement payé est le
résultat d’une lutte d’intérêts et d’un compromis entre les personnes intéressées, lequel résultat ne se réalise que si chacun a
subjectivement pris en
compte les considérations dont vous avez discuté et, en fonction de cela, est
parvenu à l’idée que l’utilité marginale de son argent désigne telle utilisation
(vous n’aviez vraiment pas besoin de combattre
in extenso la vieille idée
erronée de l’estimation par équivalents)
[5]. Dans tout calcul d’un produit
manufacturé et dans tout bilan, on recourt aux prix objectivement, comme à
des « prix d’estimation », c’est-à-dire en estimant que tel objet (machine, fil,
chaudière à vapeur, marchandise) aurait la
chance d’atteindre ce prix sur le
marché. Les deux choses : 1. le prix effectivement payé et 2. le prix estimé
sont bien entendu d’ordre différent. 1. L’« objectivité » est propre au premier
en tant qu’il constitue un fait historique (éventuellement, un fait statistique de
masse) – (qui ne peut être expliqué, bien entendu, qu’à partir de considérations subjectives). 2. L’objectivité est propre au second, au sens où nous
formulons le jugement que la
chance existe que pour cet objet on paie x
marks. – Ceci devant
là aussi, bien entendu, être expliqué à partir de considérations subjectives, mais dont on suppose qu’elles existent effectivement
(« objectivement »). C’est une simple erreur terminologique [à mon avis] que
d’appeler psychiques, comme vous le faites, les constructions rationnelles de
ces « considérations », telles que la théorie doit les entreprendre. Quand je
calcule 2 fois 2 font 4, il n’y a rien là de « psychique » ; il s’agit d’un acte
mental. Et plus les considérations économiques se déroulent rationnellement,
sans être perturbées par les erreurs, les affects ou des irrationalités non économiques – comme la théorie en fait l’hypothèse avec le type idéal –, plus s’atténue l’opposition entre « subjectif » et « objectif ». Vous pouvez vous
entendre avec Schumpeter bien mieux que vous le croyez vous-même. Que je
dise : le montant de la récolte a été ceci ou cela et
en conséquence le prix a
« monté » (ou est « descendu ») – nous faisons l’hypothèse qu’il n’y avait pas
encore là derrière les problèmes connus –, ou que je donne à cette formulation
terminologique une tournure subjective : la nouvelle du montant de la récolte
a provoqué la réflexion selon laquelle il serait conseillé d’acheter des céréales
même à un prix plus élevé et il serait possible de demander ce prix – dans les
deux cas, il n’y a pas de différence fondamentale, à condition que l’on garde
constamment
in petto que la première formulation ne peut avoir que le sens de
la seconde. Vous ne le contesterez pas et donc, à mon avis, la formulation
quantitative
[6] ne doit pas en soi vous choquer à ce point.
Mais venons-en maintenant au détail. (Page 15) Je suis censé affirmer que
la théorie aurait une valeur de connaissance « réduite ». Où l’aurais-je fait ?
La théorie crée des types idéaux et cette réalisation est, à mes yeux précisément, la plus indispensable qui soit. Que la sociologie et l’histoire économique ne remplacent jamais la théorie, c’est là une de mes convictions les
plus profondes. – Je serais davantage intéressé par les configurations « particulières » ? (d’après vous, page 17) Oui, si on appelle « configuration particulière » la question : pourquoi le capitalisme (de rentabilité) est-il né seulement
en Occident ? Il faut bien qu’il y ait aussi des gens qui s’occupent de cette
question. Pour cela, des configurations hautement paradoxales ont été déterminantes. L’économie moderne ne présuppose pas seulement l’État rationnel,
c’est-à-dire qui est prévisible, calculable dans ses fonctions, mais la technique
rationnelle (la science) ainsi qu’un mode déterminé de conduite de vie rationnelle. Pourquoi, sinon, le capitalisme ne serait-il pas né en Chine ? Il a eu
plusieurs millénaires pour cela ! Ce pays a procédé à des échanges depuis des
millénaires, le papier-monnaie existait il y a 1100 ans, les pièces de monnaie
il y a 2600 ans. Je ne vois pas où j’aurais contesté que l’on pourrait déterminer des processus d’échange autrement qu’à partir des considérations des
individus (page 37). De même et encore moins, concernant l’affirmation que
« tous » les économistes dérivent l’intérêt du capital de la productivité technique du capital (p. 59). Que l’insertion de la rationalisation économique
(formelle) dans le contexte du processus de rationalisation propre à l’Occident
détermine des « jugements de valeur » (qu’elle soulève pour le chercheur des
questions relevant de conceptions du monde), cela non seulement est indémontrable, mais tout simplement faux. La phrase (p. 65), selon laquelle le
fondement de la vie économique serait constitué par la connaissance du mécanisme de l’économie d’échanges est certainement un lapsus. Que le but de
toute activité lucrative soit la couverture des besoins propres (p. 34), que
l’homme économique moderne cherche à obtenir un revenu monétaire
maximal avec [un minimum] de dépense en travail, que seule la force de
travail humaine serait « rare » (p. 70 – l’une des affirmations les plus contestables), que seuls les sentiments de « déplaisir » produisent des limites, que
dépense en travail = coût = travail, que l’on ne fabrique pas des chaussures
dans une usine pour le profit (mais seulement pour couvrir les besoins peut-être d’un acheteur qui fait des spéculations erronées), tout cela me semble des
formulations contestables, tellement contestables (formellement), que vous
aussi devriez, à mon avis, interpréter avec bienveillance toute une série de
dérapages dans la terminologie des tenants de la loi d’utilité marginale, c’est-à-dire au sens où l’on présume dans la thèse de l’autre le sens le plus raisonnable possible. Que vous ne procédiez pas ainsi, pour autant que je le voie,
suscite à l’évidence une irritation regrettable. Il est étrange que vous supposiez que la théorie de l’imputation a un autre sens que celui que vous dites...
La
théorie économique a pourtant
aussi comme objet des actions dont le
mode est orienté dans un sens déterminé. Donc aussi l’action de
se procurer
des biens réels, pour autant qu’elle est orientée d’après des considérations
économiques (en termes d’utilité et de coût). Ce mode d’orientation confère à
l’action le caractère de l’« action économique » (
Wirtschaften). De simples
considérations, à elles seules, ne constituent pas l’action économique, si elles
ne conduisent pas à des actes (en opposition à la page 115). Les développements des pages 164-165 sont pour moi très contestables. Je considère comme
carrément fausse la détermination du concept de théorie sociale (
Gesellschaftslehre)
[7]. Précisément un théoricien ne doit pas dire non plus, à mon avis,
qu’il est impossible de créer le socialisme en toute conscience. En effet, cela,
seules des considérations non théoriques peuvent nous l’apprendre. C’
est
possible ; simplement la question est : qu’est-ce que cela « coûte » et « le »
socialisme n’est nullement quelque chose d’unitaire. Correctement comprise,
la théorie de l’économie privée est une technique (p. 208), mais nous n’avons
pas à son endroit une position très différente – simplement, je vois que vous
déterminez autrement que moi le concept de capital. Un prêt à Schulze et
Müller
[8] n’est pas pour moi un « capital » de Schulze, mais, si les deux ne
sont pas des entrepreneurs, il s’agit d’une « dette » de Müller, qui est pour
Schulze éventuellement un « placement de patrimoine » (à distinguer clairement d’un placement de capital). Le fait que pour toute espèce d’« avantage »
on recourt au terme de « profit » (p. 192) constitue, à mon avis, un obstacle
inutile pour la théorie. Le profit est un concept qui se rapporte à l’entreprise
orientée vers le gain et – dans le cas où il y a rationalité –, il est calculé et
mesuré dans le calcul du capital. – Étant donné qu’en ce qui me concerne, je
me suis battu contre toute forme de « téléologie », les reproches de la page
176 n’auraient pas dû, à mon avis, m’être adressés... Je n’arrive pas à
comprendre qu’en tant que théoricien strictement rationaliste (un théoricien
d’une autre nature est tout à fait impossible !), vous attendiez quoi que ce soit
de la psychologie. La théorie est une construction rationnelle idéaltypique,
dans laquelle les réalités s’insèrent à des degrés divers. Concernant les déviations irrationnelles par rapport au rationnel, une psychologie pourrait peut-être apporter des éléments utiles, mais qu’est-ce qu’une action strictement
déterminée selon des moyens et des fins, que nous « comprenons » rationnellement, pourrait bien attendre d’une quelconque « psychologie » ? Nous
sommes là encore, à mon avis, devant des archaïsmes très marqués (des
erreurs que l’on rencontre aussi chez beaucoup de tenants de la théorie de
l’utilité marginale). Que l’argent ne soit pas seulement, malheureusement,
l’« unité de calcul abstraite » (le mark)
[9], nous en avons la forte démonstration
ad oculos. Sur ce point – sur l’essentiel, mais non dans le détail –, je suis
d’un autre avis que von Mises
[10].
Très honoré collègue, j’aborderai ensuite seulement vos propres développements et je les lirai consciencieusement. J’ai voulu ici seulement
commencer par vous envoyer mes remarques quelque peu décousues concernant la première partie du premier volume. L’opposition entre « économie »
et « technique » est pour l’essentiel correctement saisie, à mon avis, par
Gottl
[11]. La technique, elle aussi, ne peut pas être comprise sans se reporter
à des « considérations », pas plus que l’économie ne peut être décrite
seulement à partir de « considérations », mais également à partir de mesures
techniques
orientées économiquement. Je trouve votre effort absolument
justifié sur le fond. En effet, il est exact que, comme je l’ai dit, la conception
quantitative (
Quantitätsauffassung) chez Schumpeter
[12], par exemple, et
d’autres, laquelle, à mon avis, ne pose aucun problème si on la comprend
correctement,
peut conduire à des conséquences tout à fait fausses, si le théoricien ne garde pas toujours très attentivement à l’esprit le caractère subjectif
– subjectivement conditionné – des actions économiques. Si, en revanche, il
le fait, alors la question peut devenir réellement purement terminologique. À
l’heure actuelle, je ne fais que de la
sociologie économique ; toutefois, des
constructions aussi pénétrantes et, pour autant que je le vois jusqu’à présent,
aussi cohérentes sont pour moi tout à fait bienvenues...
[13].
[Recevez ces quelques mots comme le signe provisoire de ma bonne
volonté. Comme je vous l’ai dit, j’en viendrai seulement plus tard à vos
« thèses » proprement dites.]
[*]
Nous remercions le «
Geheimes Staatsarchiv, Preussischer Kulturbesitz » de nous
avoir procuré une copie de cette lettre inédite et
d’en avoir autorisé la publication. Il s’agit
d’une copie tapuscrite réalisée vraisemblablement à l’initiative de Marianne Weber, sur
laquelle cette dernière a porté de sa main
quelques rectificatifs et ajouts (signalés ici par
des crochets : [ ]). Beaucoup de mots soulignés
(ici en italique), l’ont été à la main. Les points
de suspension sont dans le tapuscrit. En
l’absence d’édition critique de la correspondance se rapportant à cette période, il convient
de garder une certaine réserve à l’égard de la
version actuelle de ce texte.
Traduction de Jean-Pierre Grossein.
Sur les points qui dépassaient notre compétence, nous avons demandé à Gilles Campagnolo
de rédiger quelques notes d’éclaircissement
(signées : G. C.) ; le reste de l’annotation est de
Jean-Pierre Grossein.
[(1)]
Il s’agit de Robert Liefmann,
Grundsätze der Volkswirtschaftslehre, tome I :
Grundlagen der Wirtschaft (2
e éd. remaniée,
Stuttgart, Deutsche Verlags-Anstalt, 1920).
R. Liefmann (1874-1941) avait fait sa thèse
sous la direction de Max Weber à Fribourg en
Brisgau en 1897 sur la question des cartels ;
professeur d’économie à l’université de 1914 à
1933 ; auteur d’un grand nombre d’ouvrages de
théorie économique ; réfugié en France en
1940, mort au camp de Gurs en 1941.
[(2)]
Weber évoque ici la rédaction de la
nouvelle version de sa contribution au
Grundriß
der Sozialökonomik, dont le titre prévu était,
selon les éditeurs de la
MWG : « Section III :
Économie et société.
Sociologie ». Weber meurt
le 14 juin 1920. Ce texte paraîtra, à titre
posthume et sous un autre titre, en 1921. Voir
dans ce numéro Jean-Pierre Grossein, « De l’interprétation de quelques concepts wébériens ».
[(3)]
Deux chapitres de l’ouvrage (III et IV)
ont pour titre : « Les erreurs fondamentales des
théories économiques jusqu’à aujourd’hui »
(Liefmann, 1920, pp. 73-114).
[(4)]
Weber n’a accepté une chaire à l’université de Münich (en 1919) qu’à la condition
de ne pas enseigner l’économie, mais la socio-logie et la théorie politique (
Staatslehre). Voir
sur ce point les indications de W. Schluchter
dans son introduction à
MWG I/17 (p. 20).
Étant donné l’importance de ce passage,
souvent cité et mobilisé pour des débats à vrai
dire plus idéologiques qu’épistémologiques,
reproduisons ici le texte original, en attirant
l’attention sur le
nun einmal, qui signe une
réserve : « Wenn
ich [souligné dans l’original]
jetzt nun einmal Soziologe geworden bin… ».
[(5)]
Il s’agit de l’idée selon laquelle deux
marchandises ne peuvent être échangées entre
elles que si elles sont préalablement rapportées
à une même troisième avec laquelle chacune
des deux premières est équivalente, et qui
permet dès lors, par son rôle d’intermédiaire
des échanges, de donner la mesure de la valeur
de chacune d’elles de manière
objective. C’était
le rôle dévolu à la monnaie dans la conception
qui voulait que cette dernière renfermât un
quantum de valeur qui lui était inhérent, et dont
l’observateur économiste, sinon les agents eux-mêmes, auraient pu obtenir une connaissance
claire [G. C.].
[(6)]
Weber compare ici deux formulations
de la même conception de la formation du prix.
Il désigne la première comme «
quantitative » –
parce qu’elle contient l’indication de montants
(prix qui a monté, etc.) par une opposition
implicite avec la seconde, qui est fondée sur
l’information. L’emploi de ce terme n’est pas
neutre : certes, Weber n’évoque pas directement ici la « théorie quantitative de la
monnaie », mais l’écho du mot est familier aux
économistes depuis Hume (
Of interest, of
money, 1752) et il est inévitablement suggéré
dans la distinction entre quantité
nominale de
monnaie et quantité
réelle. Weber dit donc ici
que la formulation du prix par les quantités de
monnaie employée ne peut avoir de sens que si
elle identifie en réalité un processus d’évaluation subjective chez les agents qui est issu de
la première information (l’état
réel de la
récolte) [G. C.].
[(7)]
On trouve chez R. Liefmann la formulation suivante : « Le concept de science sociale
peut bien constituer un auxiliaire pour la philosophie, mais pour la connaissance des
problèmes économiques, il n’a aucune signification. » (1920, p. 165).
[(8)]
Il faut lire, selon toute probabilité : « de
Schulze à Müller ».
[(9)]
Formulation incertaine dans l’original.
[(10)]
Il s’agit de Ludwig von Mises (1881-1973), représentant éminent au XX
e siècle de
l’École d’économie politique dite « autrichienne ». Mises commença par suivre le
séminaire d’un élève de Menger, Eugen von
Böhm-Bawerk, puis ouvrit son propre
séminaire dans la Vienne de l’apogée intellectuel des années 1930. Il dut ensuite s’exiler
aux États-Unis. Dans sa jeunesse, il est célèbre
dans le monde universitaire des économistes
germanophones par son ouvrage de théorie de
la monnaie et du crédit (
Theorie des Geldes und
der Umlaufsmittel, München, 1912) et c’est ce
à quoi Weber fait ici allusion. C’est aussi ce sur
quoi il appuiera sa démonstration de l’impossibilité d’une planification exacte des prix des
biens dans une économie dénuée de propriété
privée des moyens de production et où l’information serait censée être centralisée (voir son
article qui a engagé la polémique dite « du
calcul socialiste » : « Die Wirtschaftsrechnung
im sozialistischen Gemeinwesen »,
Archiv für
Sozialwissenschaft und Sozialpolitik, 1920,60)
[G. C.].
[(11)]
Friedrich Gottl (1868-1958), devenu
von Gottl-Ottlilienfeld par suite de l’anoblissement de son père en 1907. Économiste et
épistémologue des sciences sociales. Auteur
d’un ouvrage de jeunesse (
Die Herrschaft des
Wortes.
Untersuchungen zur Kritik des nationalökonomischen Denkens, Jena, 1901),
vivement critiqué par Weber (dans l’essai sur
Roscher et Knies), qui cependant apprécie
hautement les qualités de l’épistémologue,
dont il publie une série de très longs articles
sur la formation des concepts dans les
sciences sociales (« Zur sozialwissenschaftlichen
(suite note 11)
Begriffsbildung ») dans
Archiv für Sozialwissenschaft und Sozialpolitik (1906,
23, 2 ; 1907,
24, 2 ; 1909,
28, 1). Gottl a réuni une partie de
ses travaux épistémologiques sous le titre
Wirtschaft als Leben. Eine Sammlung erkenntniskritischer Arbeiten (Jena, 1925). Weber fait
allusion ici aux analyses de Gottl consacrées à
la technique :
Der wirtschaftliche Charakter
der technischen Arbeit (Berlin, 1910), ainsi que
sa contribution au
Grundriß der Sozialökonomik (section II, 1914) sous le titre
« Wirtschaft und Technik ». Sur l’épistémologie comparée de Gottl et de Weber, voir
l’étude de Takemitsu Morikawa,
Handeln, Welt
und Wissenschaft. Zur Logik, Erkenntniskritik
und Wissenschaftstheorie für Kulturwissenschaften bei Friedrich Gottl und Max Weber
(Wiesbaden, Deutscher Universitäts-Verlag,
2001).
[(12)]
Référence vraisemblablement à la
conception quantitative de la monnaie chez
Schumpeter, qui attribuait dans ses premiers
écrits (voir
Theorie der wirtschaftlichen
Entwicklung, 1911) une grande importance à la
création de la monnaie et à une politique
d’extension du crédit pour le développement
économique [G. C.].
[(13)]
Le tapuscrit s’arrête sur ces points de
suspension, suivis de la phrase manuscrite.