Revue française de sociologie
Ophrys

I.S.B.N.2708011243
368 pages

p. 931 à 932
doi: en cours

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MAX WEBER : TEXTES

Volume 46 2005/4

2005 Revue française de sociologie MAX WEBER : TEXTES

Max Weber à Hans Gruhle  [*]

Temporairement :
Kupferhammer Brackwede par Bielefeld
13. X. 1908
(De samedi à mercredi : Örlingen par Bielefeld, c/o le Commerzienrath Müller)
Très honoré Docteur,
Je vous suis infiniment obligé pour votre aimable lettre et pour votre disponibilité qui m’est si précieuse. J’en ferai immédiatement un usage immodéré.
Il m’a semblé inévitable de tenter de montrer, en confrontant la méthode de la psychologie expérimentale avec nos instruments de recherche (registres de salaires, calculs des prestations d’utilités, en prenant l’exemple de quelques entreprises), 1) à quel point le fossé qui sépare les deux est encore immense à l’heure actuelle, 2) comment l’on pourrait tenter de réduire progressivement ce fossé. C’est ainsi que j’ai tenté dans une « revue critique » sur la « psycho-physique du travail » dans Archiv f[ür] Sozialwiss[enschaft] [1] d’abord de résumer brièvement les résultats (effectifs et prétendus) des travaux de Kraepelin (et de ses élèves) – une tentative hautement téméraire pour un profane ! – pour ensuite mener une comparaison avec les méthodes [possibles] [2] de notre discipline. Une telle compilation ne peut qu’être « dilettante », au sens le plus fort du mot. Mais elle devait être entreprise, si l’on voulait mettre en œuvre la problématique. Je l’ai fait aussi, soit dit entre nous, pour démontrer à mon frère [3], qui co-dirigera l’enquête (j’ai quant à moi autre chose à faire et donc je me retire), les grandes (à vrai dire insurmontables) difficultés qu’il y a à résoudre le problème de l’hérédité par cette voie. – Je me permettrai de vous envoyer demain les épreuves de cet essai. Si vous pouviez trouver le temps, je vous serais infiniment reconnaissant de bien vouloir attirer mon attention sur les fautes grossières que je pourrais corriger. Le caractère profane de toute la chose n’est pas amendable en soi, mais la présence de petites incorrections et autres n’est pas le problème. Cela disparaîtra avec les analyses ultérieures. Mais j’aimerais bien, naturellement, éviter seulement des bévues tout à fait grossières et des erreurs évidentes. Je serais très reconnaissant, comme je l’ai dit, pour vos avertissements en conséquence. Au revoir à Heidelberg.
Avec tout mon respect
Votre très dévoué
Max Weber
 
NOTES
 
[*]Publiée dans Max Weber Gesamtausgabe II-5, Briefe 1906-1908 (Tübingen, J. C. B. Mohr [Paul Siebeck], 1990). Traduction de Jean-Pierre Grossein.
[(1)]Texte publié sous le titre « Zur Psycho-physik der industriellen Arbeit », sous la rubrique « Literaturbericht » [revue critique] dans Archiv für Sozialwissenschaft und Sozialpolitik (1908, 27, 3, pp. 730-770 et 1909, 28, 1, pp. 219-277) ; repris dans MWG I/11.
[(2)]Ajout de Max Weber.
[(3)]Il s’agit d’Alfred Weber. Pour la nature du différend entre les deux frères, à l’occasion de l’enquête sur la psychophysique du travail industriel, en particulier à propos de l’orientation biologisante et scientiste d’Alfred Weber, voir Wolfgang Schluchter, « Zwei Wege von der Nationalökonomie zur Kultursoziologie. Max Weber und Alfred Weber » dans W. Schluchter, Unversöhnte Moderne (Frankurt am Main, Suhrkamp, 1996, pp. 154-158), ainsi que « Physis und Kultur ; Max Weber über Psycho-physik » dans Schluchter (ibid., pp. 135-138).
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[(2)]
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[(3)]
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