Revue française de sociologie
Ophrys

I.S.B.N.sans
200 pages

p. 561 à 590
doi: en cours

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Volume 47 2006/3

Maurice Halbwachs et les sociologues de Chicago

Christian TOPALOV
Cet article examine la façon dont Maurice Halbwachs a circulé parmi les réseaux universitaires de Chicago lors de son séjour de l’automne 1930 et, en particulier, les interactions qu’il a eues avec les sociologues. Cette étude est fondée sur les articles savants écrits par Halbwachs à son retour, sa correspondance avec sa famille et les « Lettres des États-Unis » publiées anonymement dans le Progrès de Lyon. Le sociologue qui invita le durkheimien fut William F. Ogburn, promoteur des études quantitatives au sein d’un département alors profondément divisé entre les partisans des « études de cas » et ceux des « statistiques ». L’année 1930 fut précisément le moment où les seconds l’emportèrent sur les premiers lors d’une réorientation globale de la politique des fondations Rockefeller et des autorités de l’Université. Halbwachs tenait en faible estime les travaux de Park, Burgess et de leurs élèves : leurs études « concrètes » et « pittoresques » n’étaient pas, à ses yeux, œuvre de science, mais analogues aux observations des explorateurs et missionnaires qui fournissaient leur matériel aux vrais savants, les ethnologues de cabinet. Halbwachs n’envisageait pas que cette division du travail pût être remise en cause. This article examines how Maurice Halbwachs circulated among University of Chicago networks during his autumn 1930 stay there, particularly his interactions with sociologists. It is based on the scientific articles he wrote when he returned, correspondence with his family, and his « Lettres des États-Unis », published anonymously in the Progrès de Lyon newspaper. The Durkheimian sociologist was invited to the University of Chicago by the William F. Ogburn, a promoter of quantitative studies in a sociology department then deeply divided between partisans of « case study » sociology and partisans of « statistics ». 1930 was precisely the year the statistics side won out and funding policy of the University authorities and the Rockefeller Foundation was entirely reoriented. Halbwachs had little esteem for the works of Park, Burgess and their students ; what he called their « concrete » and « picturesque » studies were in his view not science, but comparable instead to the observations provided by explorers and missionaries that then served as material for real savants, sedentary scholar ethnologists. It did not occur to Halbwachs that this division of labor could be called into question. Dieser Aufsatz untersucht, wie Maurice Halbwachs innerhalb der Universitätsnetze von Chicago während seines Aufenthaltes im Herbst 1930 umging, und besonders seine Interaktionen mit den Soziologen. Diese Studie stützt sich auf die von Halbwachs nach seiner Rückkehr verfaßten wissenschaftlichen Artikel, seinen Briefwechsel mit seiner Familie und die anonym in der Zeitung Le Progrès de Lyon veröffentlichten « Briefen aus den Vereinigten Staaten ». Halbwachs wurde von dem Soziologen William F. Ogburn eingeladen, dem Einleiter der qualitativen Studien innerhalb einer damals tief geteilten Abteilung zwischen den Verteidigern der « Fallstudien » und denen der « Statistiken ». Das Jahr 1930 war gerade der Zeitpunkt in dem die letzteren den Sieg davontrugen über ihre Gegner anläßlich einer globalen Neuorientierung der Politik der Rockefeller Stiftungen und der Universitätsleitung. Halbwachs schätzte die Arbeiten von Park, Burgess und ihren Studenten nur gering : in seinen Augen waren ihre « konkreten » und « pittoresken » Studien kein wissenschaftliches Werk, sondern sie entsprachen den Beobachtungen von Entdeckern und Missionaren die ihre Arbeiten den tatsächlichen Wissenschaftlern, den überlegenden Ethnologen, lieferten. Für Halbwachs war es nicht möglich diese Arbeitsteilung in Frage zu stellen. Este artículo examina la manera cómo Maurice Halbwachs circuló en medio de las redes universitarias de Chicago durante su estadía en el otoño de 1930 y en particular, las interelaciones que entretuvo con los sociólogos. Este estudio está basado sobre los artículos especializados escritos por Halbwachs a su regreso, su correspondencia con su familia y las « Lettres des États-Unis » publicadas anónimamente en el Progrès de Lyon. El sociólogo que invita al durkeimiano fue William F. Ogburn, promotor de los estudios cuantitativos en el centro de un departamento a la época profundamente dividido entre los partidarios de los « estudios de caso » y los « estadísticos». En el año 1930, durante una reorientación global de la política de las fundaciones Rockefeller y de las autoridades de la Universidad fue precisamente el momento en el cual triunfaron los segundos sobre los primeros. Halbwachs tenia en poca estima los trabajos de Park, Burgess y de sus alumnos : sus estudios « concreto s» y « pintorescos », ante sus ojos, no eran un trabajo científico, si no similares a las observaciones de los exploradores y misioneros quienes proveían de material a los verdaderos sabios, los ethnologos de laboratorio. Halbwachs no imaginaba que esta división de trabajo pudo ser puesta en duda.
• La réception : un problème de sociologie
• Pourquoi Halbwachs est-il allé à Chicago ?
Pourquoi Halbwachs fut-il invité à Chicago ?
Pourquoi Halbwachs accepta-t-il l’invitation ?
• Halbwachs à l’université de Chicago
Un département de sociologie divisé
Halbwachs dans les réseaux universitaires
Halbwachs et les sociologues
• « Une école de sociologie originale »
Comment faut-il étudier Chicago ?
Les missionnaires et les sociologues urbains
• RÉFÉRENCES


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