Capital social et profits des artisans du bâtiment : le poids des incertitudes sociotechniques
Catherine Comet
La profitabilité des petites entreprises du bâtiment dépend en partie de leur capital social.
Leurs relations déterminent notamment les opportunités qu’elles rencontrent de conclure des
marchés plus ou moins avantageux. Cependant, le lien entre profitabilité et réseaux sociaux
n’est pas simple à mesurer, car le capital social ne produit pas uniquement des avantages, il
implique également des contraintes. Comment et sous quelles conditions les réseaux sociaux
améliorent-ils les marges bénéficiaires de ces entreprises ? Alors que la théorie des trous
structuraux de Ronald Burt prédit que la performance des entrepreneurs augmente systématiquement avec la porosité de leur réseau, nous défendons l’idée, inspirée de la perspective
sociotechnique et de l’analyse stratégique, selon laquelle le rendement du capital social est
conditionné par la nature des tâches et par les interdépendances. L’approche consiste à
comparer des entreprises de différents corps de métier. Il ressort principalement de cette
comparaison que les réseaux d’affaires épars profitent aux entreprises relativement spécialisées et autonomes sur les chantiers et que les réseaux cohésifs profitent aux entreprises les
plus soumises aux incertitudes sociotechniques.
The profitability of small construction businesses depends in part on their social capital ; a
company’s relations determine its opportunities for finding more or less advantageous job
contracts. The link between profitability and social network is not easy to measure, however,
because social capital implies constraints as well as advantages. How and under what conditions
does a company’s social network improve its profit margin ? Ronald Burt’s structural holes theory
predicts that an entrepreneur’s performance will increase systematically with social network
porosity. The article argues from a socio-technical, strategic analysis perspective that the return
on social capital is conditioned by the nature of jobs and by interdependence. Comparison of
companies with different technical specializations shows that loose business networks are more
likely to profit relatively specialized companies working independently on construction sites
while cohesive networks are beneficial for companies likely to be affected by socio-technical
uncertainty.
Die Gewinnträchtigkeit der Kleinbetriebe des Baugewerbes ist teilweise von deren
Sozialkapital abhängig. Ihre Beziehungen bestimmen besonders die Möglichkeiten zur
Wahrnehmung und zum Abschluß von mehr oder weniger vorteilhaften Aufträgen. Das Verhältnis
zwischen Gewinnträchtigkeit und gesellschaftliche Netzwerke ist jedoch nicht einfach
nachweisbar, da das Sozialkapital nicht nur Vorteile, sondern auch Verpflichtungen bringt.
Inwiefern und unter welchen Bedingungen verbessern die sozialen Netzwerke die Gewinnspannen
dieser Betriebe ? Während die Theorie der Strukturlöcher von Ronald Burt voraussagt, daß die
Unternehmerleistung systematisch im Verhältnis zur Porosität des Sozialnetzwerkes ansteigt, sind
wir der Meinung, ausgehend von der soziotechnischen Perspektive und der strategischen Analyse,
daß die Leistung des Sozialkapitals abhängig ist von der Art der Aufgaben und den
Interdependenzen. Wir vergleichen dazu Unternehmen der verschiedenen Berufe des
Baugewerbes. Hieraus wird im wesentlichen klar, daß die losen Geschäftsnetzwerke den relativ
spezialisierten und autonomen Unternehmen zugute kommen, während die kohäsiven Netzwerke
für die Betriebe vorteilhaft sind, die den soziotechnischen Ungewißheiten ausgesetzt sind.
El beneficio en las pequeñas empresas de la construcción depende en parte de su capital
social. Sus relaciones determinan principalmente las oportunidades que éstas encuentran para
poder efectuar negociaciones mas o menos ventajosas. Sin embargo el lazo entre el beneficio y las
relaciones sociales no es tan simple de medir, ya que el capital social no produce únicamente
beneficios sino que implica del mismo modo tensiones. Cómo y en que condiciones las relaciones
sociales mejoran los márgenes beneficiarios de estas empresas ? Mientras que la teorías de los
vacíos estructurales de Ronald Burt predicen que las cualidades de los empresarios aumentan
sistemáticamente según la porosidad de su circuito de relaciones, nosotros sostenemos la idea,
inspirada en la perspectiva sociotécnica y en el análisis estratégico, según la cual el rendimiento
del capital social está condicionado por la naturaleza de las labores y por las interdependencias. El
enfoque consiste a comparar las empresas en las diferentes corporaciones. De esta comparación
principalmente se deduce el hecho que las relaciones en los negocios dispersos benefician mas a
las empresas relativamente especializadas y autónomas que a los talleres, y que las relaciones
cohesivas benefician mas a las empresas que se encuentran sometidas a las incertidumbres
sociotécnicas.
• Le capital social et ses facteurs de contingence
— Les théories structurales du capital social
— L’efficacité contingente du capital social
— L’impact des incertitudes sociotechniques
• Une étude comparative dans le bâtiment
— Les trois phases de recueil de données
— Les catégories d’entreprises définies par leur degré de spécialisation et leur
position dans l’ordre d’exécution
— Les variables utilisées dans les modèles de régression
• Un modèle de contingence du capital social fondé
sur les incertitudes sociotechniques
— Les réseaux d’affaires des petites entreprises du bâtiment
— L’effet des réseaux d’affaires sur la profitabilité
— Différencier les effets des contraintes internes et externes
• RÉFÉRENCES