Apprécier l’homogénéité dans la formation de paires
Similitude et liens sociaux dans le choix du partenaire en aïkido
[*]
Jean-Marie Duprez
Marc BARBUT
Dans toutes les situations où le choix d’un partenaire entre un nombre restreint d’individus est obligatoire mais n’est pas guidé par des règles, la première question qui se pose est
de savoir si les appariements observés peuvent être considérés comme réalisés « au hasard »
ou en fonction de contraintes qu’il reste à expliciter. Existe-t-il une tendance à la formation
de paires homogènes ou au contraire à la mixité ? La seconde question porte sur les logiques sociales à la base des choix. Sont-elles réductibles à la recherche d’identités partagées
ou dépendent-elles d’abord de contraintes relationnelles et structurelles ? D’une façon plus
générale, ce problème relève de la mesure de l’homogénéité dans les relations sociales. Pour
apprécier cette homogénéité, lorsqu’elle concerne un ensemble complet de paires, on se
propose de montrer l’intérêt d’abandonner une démarche en termes d’écarts (par exemple, la
mesure du khi-deux) pour une démarche en termes de configurations des appariements. Une
application des mesures proposées est faite à partir de l’observation d’un stage d’aïkido.
Dans cet art martial de défense d’origine japonaise, caractérisé par l’absence de compétition,
les participants doivent, pour pratiquer, se regrouper par paires en changeant régulièrement
de partenaire. Ces sportifs peuvent être caractérisés selon divers critères (le sexe, le grade,
l’âge, leurs relations antérieures, etc.). Une réflexion sur la logique de la formation des
paires dans ce cadre sportif est alors proposée.
In situations where it is compulsory to choose a partner from among a limited number of individuals but where selection is not rule-guided, the first question that arises is whether the pairs
formed can be thought of as due to « chance » or involved implicit constraints which sociologists’
then need to specify. Do people have a tendency to form homogeneous pairs or mixed ones ? The
second hypothesis bears on the types of social logic operative in selection : do choices merely
reflect a quest for shared identity or do they depend first and foremost on relational and structural
constraints ? This problem is part of the more general one of how to measure homogeneity in
social relations. To assess homogeneity in a complete set of pairs, it can be worthwhile to move
from an approach in terms of disparities (the chi-square measurement, for example) to one in
terms of configurations and matching. These measurement methods were applied to observations
of an aikido class. In the non-competitive Japanese martial art of aikido, participants form pairs
and they change partners regularly. Practitioners of the sport may be characterized on the basis of
various criteria : sex, level of skill, age, prior aikido partners, etc. The article concludes with
some ideas on the logic of pair formation within the framework of this sport.
In allen Situationen in denen die Wahl unter einer begrenzten Anzahl von Personen zwingend
ist, jedoch nicht von Regeln bestimmt wird, stellt sich zunächst die Frage, ob die festgestellten
Paarungen als « Zufallsergebnis » betrachtet werden können oder aus bestimmten noch zu
erklärenden Zwängen gebildet werden. Gibt es eine Tendenz zur Bildung von homogenen Paaren
oder im Gegenteil zu Mischpaaren ? Die letzte Hypothese stützt sich auf die der Wahl zugrunde
liegenden sozialen Logiken. Können diese Logiken auf die Suche geteilter Identität zurückgeführt
werden oder sind sie vor allem von relationellen und strukturellen Zwängen abhängig ? In
allgemeinerer Weise betrifft dieses Problem die Messung der Homogenität in den sozialen
Beziehungen. Um diese Homogenität zu messen, wenn sie ein umfassendes Ensemble von Paaren
betrifft, schlagen wir vor, den Vorteil aufzuzeigen, ein auf Abweichungen gegründete
Annäherung fallen zu lassen (zum Beispiel die Messung der Chi-zwei) zugunsten einer die
Konfigurationen der Paarungen bevorzugenden Vorgehensweise. Eine Anwendung der
vorgeschlagenen Messungen wird aufgrund von Beobachtungen bei einem Aikidolehrgang
durchgeführt. Bei diesem Verteidigungskampfsport japanischer Herkunft, der kein
Wettbewerbkampf ist, müssen die Teilnehmer sich zum Kampf als Paare zusammenstellen und
regelmäßig ihre Partner wechseln. Diese Sportler können durch verschiedenen Kriterien
gekennzeichnet werden (Geschlecht, Grad, Alter, vorausgehenden Beziehungen usw.). Eine
Überlegung zur Bildungslogik der Paare in diesem Sportrahmen wird dann vorgeschlagen.
En todas las actividades en las que escoger un compañero entre un número reducido de
individuos es obligatoria aunque no reglamentada, la primera pregunta que se hace es saber si las
parejas observadas pueden considerarse efectuadas « a la suerte » o en función a presiones que
faltaría aclarar. Hay una tendencia para formar parejas homogéneas o al contrario mixtas ? La
segunda hipótesis trata sobre las lógicas sociales en basadas en la elección. Pueden ser reducidas a
una investigación de identidades compartidas o dependen antes de coerciones relaciónales y
estructurales ? De una manera mas general, el problema destaca la medida de la homogeneidad en
las relaciones sociales. Para apreciar esta homogeneidad, cuando concierne a un conjunto
completo de parejas, nos proponemos mostrar el interés por abandonar una gestión en términos de
diferencia (por ejemplo, la medida del khi-deux) por una gestión en términos de configuraciones
en los emparejamientos : a partir de la observación de un cursillo de aïkido se ha hecho una
aplicación de las medidas propuestas. Para practicar este arte marcial de defensa de origen
japonés, caracterizado por la ausencia de competencia, los participantes, deben agruparse por
parejas intercambiándolas regularmente. Estos deportistas pueden caracterizarse según diversos
criterios (el sexo, el grado, la edad, sus relaciones anteriores, etc.). Se propone entonces una
reflexión sobre la lógica en la formación de parejas en ese marco deportivo.
• La formation des paires en aïkido
— Le contexte
— Le choix du partenaire : similitude et liens sociaux
— Les conditions structurelles
• Mesurer l’homogénéité : d’une démarche par les écarts d’effectifs à une démarche par les configurations
— Les écarts à une situation de référence
— L’étude des configurations
— Les mesures fondées sur l’analyse des configurations
• Définir, calculer, ordonner
— Types et nombre de configurations
— Calculer les probabilités d’apparition
— Ordonner les configurations
• Définir des seuils significatifs et construire une échelle d’homogénéité
• Application empirique et interprétation théorique
— L’observation et son contexte
— Résultats empiriques
— La logique plurielle de la formation des paires
• RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES