Transactions monétaires en pays Kanak
Elsa Faugère
Selon le sens commun et certains « experts », les tribus kanakes de Nouvelle-Calédonie seraient restées à l’écart de l’économie monétaire et marchande. Cette mise à l’écart serait due à leur coutume. Une telle représentation traditionaliste des tribus kanakes ne correspond pas aux réalités locales : depuis la deuxième moitié du xixe siècle, les Kanaks participent à l’économie monétaire et marchande néo-calédonienne. Cet article analyse les raisons et les implications d’une telle représentation erronée des tribus kanakes. Cette représentation traduit, entre autres, une confusion entre argent et marché. Elle permet également de ne pas s’interroger sur les fondements de l’économie politique de la Nouvelle-Calédonie.
Common sense, as well as certain “experts”, would have us believe that Kanak tribes in New Caledonia have remained outside the monetary and market economy. This traditionalist interpretation of Kanaky tribes does not, however, correspond to the reality in the field. Since the second half of the 19th century, the Kanaks have taken part in the New Caledonian monetary and market economy. The article analyses the reasons and implications of this erroneous representation of the Kanak tribes, which translates, among other things, the confusion between the notions of money and market. With this representation, it is also possible to avoid questioning the basis of the political economy of New Caledonia.
• L’argent dans les cérémonies coutumières
— Étude de cas : Riri attache Élia
— Techniques de distinction entre dons d’argent et transactions monétaires marchandes
• Transactions marchandes et relations de parenté
— La faillite d’Albert
— « Les profiteurs »
— Liens multiplexes
— La peur de la coutume : un écheveau d’accusations de jalousie, de « profitage » et de sorcellerie
— Une « exigence d’égalité » matérielle dans une société hiérarchisée et inégalitaire
— Le pentecôtisme : un moyen de « s’en sortir » ?
— Les coopératives et le marché municipal