La production conjointe de connaissances en sociologie historique : quelles approches ? quelles sources ?
Le cas de la production orientaliste sur le Viêtnam 1860-1940
Laurent Dartigues
Le fait que le savoir « colonial » émerge dans une rencontre entre savants européens et élites lettrées indigènes est récemment devenu une préoccupation de l’historiographie, quoique encore bien marginalement. La difficulté à établir des sources explique peut-être cet état tant le phénomène demeure largement occulté. Les recherches s’inscrivent dans un paradigme de la communication, c’est-à-dire cherchent à identifier les contenus culturels « locaux » qui viennent contaminer le travail de connaissance des savants occidentaux. Une perspective qui laisse place à la création en commun semble enrichir la description en considérant les savoirs comme un processus de négociation au cours duquel des identités individuelles ou collectives se redéfinissent.
The fact that “colonial” knowledge emerges from the encounter between European scientists and the indigenous scholarly elite has recently become a concern in historiography, though a still marginal one. The problem with establishing sources may explain this situation, for the phenomenon continues to remain largely hidden. Research falls within the scope of a communication paradigm, i.e. it seeks to identify “local” cultural content that contaminates the scientific work of western scholars. Adopting a perspective that allows for joint creation would seem to enrich the description by considering knowledge as a process of negotiation in which individual or collective identities are redefined.
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