Identité et pouvoir dans le domaine du droit
Le cas des citoyens Arabes palestiniens d’Israël
Ronen Shamir
Dans cet article, je me sers du concept d’idéologie pour penser
une série de pratiques utilisées dans des disputes juridiques pour former une
communauté imaginée, une tradition inventée et une mémoire collective.
J’analyse deux décisions de la Cour suprême israélienne concernant les droits
des Palestiniens citoyens d’Israël. Elles affirment des droits constitutionnels
de la minorité palestinienne, tout en reproduisant le statut inférieur des
Palestiniens. J’aborde aussi certaines pratiques actuelles invoquées par des
avocats palestiniens qui plaident publiquement en faveur de la cause d’une
identité collective. Ces dernières pratiques de représentation consistent à
tenter d’échapper aux limitations idéologiques du droit en se servant des
tribunaux comme des lieux de concurrence entre des narrations historiques
opposées.
In this paper, I use the concept of ideology as a way of thinking
about the set of practices by means of which an imagined community, an invented
tradition, and a collective memory are being shaped through legal disputes. I
analyze two decisions of the Israeli Supreme Court relating to the rights of
Palestinian citizens of Israel. They affirm some constitutional rights of the
Palestinian minority while simultaneously reproducing the inferior status of
Palestinians. I also discuss some practices which are currently invoked by
Palestinian lawyers who publicly advocate the cause of collective identity.
These latter practices of representation consist of an attempt to escape the
ideological limitations of the law by using courts as sites of competition
between conflicting historical narratives.
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