Le prix Israël (1953-2003).
Entre controverse et instrumentalisation
Avner Ben-Amos
Le prix Israël, attribué aux artistes et scientifiques de renom de nationalité israélienne, est considéré comme l'une des plus prestigieuses « distinctions » du pays. Attribué depuis 1953, il a été utilisé pour promouvoir une certaine conception de la figure de l'intellectuel : celle d'un serviteur d'État susceptible d'être mobilisé par une émulation honorifique. Toutefois, et au fur et à mesure que ce qu'il est convenu d'appeler la société civile s'autonomise en Israël, cette récompense devient l'enjeu de vives controverses, des controverses révélatrices des rapports de force qui y structurent le champ intellectuel et politique.
The Israel prize, attributed to renowned artists and scientists of Israeli nationality, is considered one of the country’s most prestigious “distinctions”. Attributed since 1953, the prize has been used to promote a certain conception of the figure of the intellectual as a servant of the State who is likely to be mobilised by competition for honours. Nevertheless, as what is commonly called civil society grew increasingly autonomous in Israel, this reward became the focus of sharp controversies that revealed the power relationships that underlie the intellectual and political field.
• Une gratitude d’État
• Une politique de reconnaissance
• De l’usage des controverses honorifiques