Genèses
Belin

I.S.B.N.2701137276
176 pages

p. 27 à 40
doi: en cours

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Dossier

no55 2004/2

2004 Genèses Dossier

Une déférence d’État.

Les Médaillés de Sainte-Hélène sous le Second Empire

Sudhir Hazareesingh
L’article analyse la création par le Second Empire de la médaille de Sainte-Hélène, une nouvelle décoration civique destinée aux survivants des guerres de la Révolution et de l'Empire. La médaille joua un rôle important dans la légitimation politique du régime, et de ce point de vue fonctionna effectivement comme une « technique de gouvernement ». En même temps, la perception populaire des médaillés illustra un phénomène plus important : la construction d'une déférence d'État au xixe siècle nourrie par le poids de la légende napoléonienne et l'importance des signes de respect dans la mise en œuvre d'une allégeance nationale en France. This article analyses the Second Empire’s decision to create the Saint Helena medal, a new civic decoration for the survivors of France’s Revolutionary and Imperial wars. The medal played an important role in the political legitimacy of the regime and, indeed, from that standpoint, functioned as a “technique of government”. At the same time, the popular perception of the medals illustrates a more important phenomenon: the construction of State deference in the 19th century, nurtured by the weight of the Napoleonic legend and the prominent role of signs of respect in implementing national allegiance in France.
Septembre 1852 : le Prince-Président Louis-Napoléon est en visite officielle en Isère [1]. Pour l’occasion, un rassemblement populaire est organisé à Grenoble. Des délégations municipales venues de chaque commune sont invitées à rencontrer le chef de l’État. Désireux de préparer les esprits à la restauration de l’Empire, celui-ci demande que les survivants de la Grande Armée soient invités à se joindre aux processions. Et pour marquer symboliquement le caractère « napoléonien » de cette scénographie, la bannière de chaque commune devait être portée par le vétéran le plus robuste de chaque localité [2]. Le jour de l’événement, ces vétérans accourus de tout le département furent le clou du spectacle. Les gens pouvaient aisément les repérer puisqu’ils portaient des insignes distinctifs : ceux de la « Société de la Vieille Armée » dont ils étaient tous membres. Une petite médaille de l’empereur Napoléon épinglée sur un ruban tricolore à laquelle s’ajoutaient d’autres « souvenirs » comme ces figurines en plâtre représentant le « grand » Bonaparte ou ces répliques en bois de la colonne Vendôme. Nombre d’entre eux avaient aussi sorti leurs vieux uniformes qui, bien qu’un peu dépenaillés, rappelaient les batailles épiques de leur jeunesse.
Ce trait d’histoire locale le dit à sa manière. Le sentiment de fierté nationale sur lequel la propagande bonapartiste s’est établie doit beaucoup aux procédures de reconnaissance et d’émulation. La prégnance de ces instruments, ainsi que le rôle qu’ils ont joué dans l’émergence d’une déférence démocratique, ont longtemps été occultés par l’historiographie, notamment d’inspiration républicaine. La « légende noire » du Second Empire en fait un régime autoritaire impitoyable. De sorte que l’idée s’en est fixée : le régime de Napoléon III aurait été un État fort qui « imposa » sa conception de l’autorité aux citoyens, notamment grâce à des institutions répressives, à une manipulation du suffrage universel masculin et à des festivités « sous surveillance » [3]. Ces dernières années cependant, la tendance est à la rupture avec de tels stéréotypes. L’accent est mis sur la politique réelle et la force d’entraînement de ce qu’il faut bien appeler un bonapartisme « populaire ». On connaît l’importance dans ce cadre des symboles vivants que furent les vétérans des grandes guerres impériales. La vue de ces hommes et de leurs uniformes qui avaient apporté tant de gloire à la nation française produisait de forts sentiments localement. Pour reprendre l’exemple de Grenoble, les régiments militaires stationnés dans cette ville avaient vaillamment combattu en 1814, et de nouveau en 1815 pour résister à l’invasion de la France par la coali- tion de puissances européennes. Leur commémoration avait d’ailleurs été un élément central de l’opposition aux Bourbons sous la Restauration, et ils étaient toujours vivaces dans la mémoire des populations locales [4]. On ne connaît guère en revanche les dispositifs concrets qui ont permis, à la veille de l’instauration du Second Empire, d’organiser ce culte populaire de l’Empereur et de son neveu, comme de rendre exemplaires les souvenirs des guerres impériales ou d’orchestrer leurs connotations locales souvent complexes et éclatées. En somme, de mettre sur pied cette déférence d’État sur laquelle le régime va s’appuyer pendant près de deux décennies.
C’est dans une telle optique que cet article apporte une contribution : en analysant la relation triangulaire entre autorités d’État, vétérans napoléoniens et populations des campagnes suscitée par l’usage d’une décoration officielle, la Médaille de Sainte-Hélène. À travers l’instrumentation qui fut faite de cette distinction commémorative, véritable « technique de gouvernement » [5], nous pourrons observer, sinon en mesurer les succès, les moyens utilisés par le régime impérial pour constituer et accroître sa légitimité après 1851. Si les vétérans faisaient fonction de relais politiques, notamment grâce à leur participation à la cérémonie de la Saint-Napoléon, la fête nationale du 15 août, c’est pour une grande part sous l’action de ce dispositif de gouvernement qui servit spécifiquement à renforcer la majesté du régime [6]. Nous examinerons aussi, plus succintement, l’univers de référence de ces soldats de l’Empire, ainsi que la manière dont ils ont été perçus par le public, les valeurs sociales et morales qu’ils cherchaient à promouvoir et, en dernière analyse, la façon dont leur image sociale fut transformée par ce signe de reconnaissance que leur avait accordé le Second Empire : une manière de saisir les mécanismes de cette vitalité, souvent constatée mais rarement expliquée, dont la légende napoléonienne a bel et bien fait preuve durant la seconde moitié du xixe siècle [7].
 
Une décoration impériale
 
 
D’abord, quelques rappels. Napoléon III créa la Médaille de Sainte-Hélène en août 1857. L’insigne vint récompenser tous ceux, de nationalité à la fois française et étrangère, qui avaient combattu sous le drapeau français durant la Révolution et les guerres impériales. Réalisé en bronze, il se portait à la boutonnière, surmonté par un ruban vert et rouge. Une de ses faces représentait l’empereur ; l’autre portait l’inscription « campagnes de 1792-1815 – à ses compagnons de gloire, ses dernières pensées, 9 mai 1821 » [8]. C’était là évidemment une référence au testament de Napoléon, testament dans lequel celui-ci léguait la moitié de ses biens aux anciens combattants qui avaient servi sous la Révolution et l’Empire. À ceci près que la clause n’a jamais été exécutée [9].
On estime que trois cent quatre-vingt-dix mille vétérans étaient encore en vie en 1857 et donc aptes à recevoir leur médaille [10]. Un chiffre élevé qui s’explique en partie par la relative jeunesse des recrues de la Grande Armée lors des ultimes campagnes du Premier Empire. Pourquoi Napoléon III créa-t-il cette récompense ? Son objectif déclaré était d’honorer les nombreux vétérans rescapés des armées de l’époque napoléonienne, d’aider à identifier ceux qui avaient besoin d’une assistance matérielle et d’un soutien, et – pour reprendre les mots d’un poème écrit pour célébrer la nouvelle médaille – de « consoler ces combattants pour des décennies de souffrance » [11]. Les vétérans, en tant que groupe social, avaient enduré des épreuves difficiles depuis 1815, physiquement mais aussi matériellement et politiquement. Aussi ce geste accompli par le Second Empire fut-il interprété comme un acte symbolique de réintégration. Comme un dédommagement pour un groupe qui avait été largement exclu – sinon marginalisé – de l’espace public [12]. Mais une dimension instrumentale était également à l’œuvre. Celle-ci pose la question générale de l’usage qui peut être fait des honneurs comme instrument de gouvernement. De modestes secours viagers avaient été attribués aux vétérans les plus nécessiteux, allant de deux cent quinze à trois cent vingt-cinq francs annuels, par personne, selon l’âge ou l’importance des blessures. Un budget de près de trois millions permettait de financer cette mesure depuis un décret du 14 décembre 1851. Reste qu’il ne concernait qu’une infime fraction des anciens militaires. Les décorations, elles, dissociaient la gratitude de l’idée d’indigence en s’adressant à l’ensemble des « vieux soldats ».
IMGIMGIMGIMFUn outil de déférence. © 1996-2000 ameliefr.
La pratique ne relève pas simplement d’un clientélisme d’État, la manne honorifique venant satisfaire désir de paraître et goût des distinctions. C’était aussi l’occasion de célébrer les liens avec le fondateur de la dynastie impériale. D’exorciser les origines illégitimes d’un régime né avec le coup d’État de décembre 1851. Durant une grande partie des années 1850, le régime a surtout utilisé le langage de la force, celui de la violence et de la menace : il poussait, comme cela se disait alors, « les bons citoyens à se réjouir et les méchants à frémir ». À la fin des années 1850, sa base matérielle s’étant consolidée, l’État commença à développer un discours différent, un discours fondé sur les notions de promesse individuelle et de récompense collective. C’est dans ce contexte que l’utilisation des honneurs apparut comme un moyen de créer une « noblesse populaire ». Et ainsi de montrer que le régime restait fidèle à l’idéal bonapartiste : celui d’une société dans laquelle talent et mérite pouvaient être reconnus indépendamment de la richesse ou de l’origine sociale. Le Second Empire avait déjà initié de semblables pratiques, par exemple avec la création de la Médaille militaire instituée le 22 janvier 1852 ou en accordant de manière volontariste la Légion d’honneur aux maires des petites communes rurales. La Médaille de Sainte-Hélène ne fit de ce point de vue que conforter un processus en accentuant la démocratisation revendiquée du système honorifique né avec le 29 floréal an X (19 mai 1802) [13].
 
Un mérite publicisé
 
 
Comment le public des campagnes a-t-il réagi à l’instauration de la Médaille de Sainte-Hélène ? Il est évidemment difficile d’être catégorique. Les pièces archivistiques qui nous restent ne permettent que d’entrevoir une réalité que les jugements des commissaires de police et sous-préfets déforment et standardisent à leur façon. On peut toutefois distinguer des réactions à cette ascension vers les honneurs, notamment du fait de la place que les vétérans occupaient durant les festivités officielles célébrant le régime bonapartiste.
Dès le début, ces hommes firent officiellement partie intégrante du protocole établi par les autorités du Second Empire. Les « vieux soldats » jouaient notamment un rôle central dans la fête nationale du 15 août [14]. C’était déjà le cas bien avant la création de la Médaille de Sainte-Hélène. À Paris par exemple où, en 1852, ils s’étaient rassemblés sur le parvis de l’église de la Madeleine et avaient fait une haie d’honneur au chef de l’État [15] : une pratique qui fut reconduite en de nombreuses localités comme à Saint-Claude (Jura) en 1852 [16], à La Châtre (Indre) en 1853 [17], ou à Carcassonne (Aude) en 1854 [18]. Un hommage que la presse allait longuement présenter comme le gage d’une complicité retrouvée. Toutefois, l’heure de gloire des vétérans sonna surtout avec les cérémonies de la Saint-Napoléon de 1858, durant lesquelles ils reçurent leur précieuse médaille et leur certificat, une double procédure d’honorification qui témoigne du souci de distinguer ces hommes, c’est-à-dire de les proposer à une sorte de publicité du mérite. Il y eut d’ailleurs des scènes d’enthousiasme dans de nombreuses localités [19].
De façon générale, le moment de gloire des médaillés de Sainte-Hélène correspondait au matin de la procession du 15 août. Malgré quelques dissonances, les témoignages les plus nombreux convergent pour nous permettre de penser qu’à travers toute la France, entre 1858 et 1869, la procession civique de la Saint-Napoléon fit une place de choix aux médaillés. Au point de confondre dans une même gratitude les vétérans aux corps mutilés, mais désormais distingués, et la figure de Napoléon III, lointaine et, par ricochet, héroïque. Bénéficiaires et donateur de ces tributs de gloire participaient, somme toute, d’une même mise en scène politique.
 
Un signe d’honneur
 
 
Les honneurs politiques délivrés par l’État nourrissaient un sens social de l’honneur très prononcé en ce milieu de xixe siècle. Comment ceux qui avaient été décorés par le propre neveu de Napoléon auraient-ils pu ne pas tirer de cette distinction un sentiment d’élévation sociale ? La notion « d’honneur » fut l’une des questions qui occupèrent le plus les esprits, utilisée il est vrai dans des sens très différents.
Déjà sous la Restauration, les anciens soldats de Napoléon s’étaient « distingués ». Comme un historien le faisait remarquer :
« [le vétéran] reste unique en son genre, obéissant à une discipline spirituelle que ceux qui [l’]entourent ignorent ; une certaine rigidité, un sens aigu et exigeant de l’honneur qui colle à beaucoup comme quelque chose de démodé, voire comme une relique du Moyen Âge [20] ».
Après la création de la Médaille de Sainte-Hélène, les références à la notion d’honneur devinrent quasi obsessionnelles, pour dire la fierté ou entretenir un sentiment de supériorité, voire pour en appeler à une solidarité de groupe ou réclamer, au titre de cette expérience désormais prestigieuse, une attitude de respect. Ainsi le concept revint-il à plusieurs reprises dans les débats des associations locales. Comme celle de la Chapelle Saint-Denis (Seine), regroupant une centaine de membres. Dans ses statuts, approuvés lors du meeting inaugural tenu en mai 1858, la médaille, distinction d’État, était réinterprétée à la lumière des rapports de camaraderie engendrés par une autre histoire, celle de l’association elle-même, avec ses tensions internes et ses principes d’identification [21].
Le but de l’association était d’entretenir la solidarité de ses membres tout en déclarant travailler au « respect et l’honneur » de la médaille [22]. Elle devait aussi s’assurer que la décoration serait portée « convenablement » et qu’elle ne serait jamais « déshonorée par une action ou une insulte » [23]. Soumise à la déférence de la médaille, l’association en reconduisait le cérémonial en protégeant sa réputation. Ainsi, les membres qui étaient dans le besoin et souhaitaient adresser une demande d’aide à Napoléon III, devaient préalablement faire approuver leur requête par le bureau. Signe que l’objectif affiché était de préserver la réputation du groupe tout en confortant son rôle d’intermédiaire auprès des autorités [24].
Cet exemple atteste que la décoration a été vectrice d’un véritable déférence d’État, impliquant des contraintes tout à la fois pour les décorés et pour les pouvoirs locaux qui leur devaient des égards. Pour les vétérans, la transgression du code d’honneur associé à la médaille était sanctionnée, jusqu’à l’exclusion de la société formée par eux, comme à la Chapelle Saint-Denis [25]. Il était parfois adopté un critère rappelant le cens, puisque certaines associations se réservaient le droit de refuser l’entrée à tout vétéran de l’armée napoléonienne qui ne jouirait pas d’une « position sociale, qui peut seule leur garantir le respect dont ils jouissent en tant qu’individus » [26]. En contrepartie, les municipalités qui ne manifestaient pas d’égards à ces anciens combattants étaient l’objet de remontrances publiques de la part de ceux qui avaient été ainsi « offensés » [27]. Il s’agissait, dans ce cas, de municipalités de l’opposition, légitimiste comme à Aix, si bien que l’honneur dévolu aux décorés jouait comme un révélateur politique : il impliquait des considérations qui tantôt pouvaient être perçues comme une marque de subordination, tantôt entraînaient un clivage au cœur du village.
Toutefois, les incidents provoqués par l’attitude des autorités politiques ou religieuses locales à l’égard des médaillés furent relativement isolés. L’écrasante majorité des rapports administratifs sur les fêtes nationales s’étend longuement sur « la chaleur et le respect » témoignés par les populations locales envers les médaillés, reprenant – mais dans un sens contraire – le rapport de métonymie établie entre médaille et régime. Le prestige des médaillés était comme une invitation à rassembler les secteurs les plus populaires des campagnes et des petites villes. En somme, en se démocratisant, les honneurs démocratisaient une cause – celle d’un peuple de valeureux – que le pouvoir politique s’empressa de saluer comme le gage d’un soutien au régime. Les autorités locales interprétèrent comme un ralliement du « cœur et de l’esprit » du peuple français le succès de curiosité obtenu par les festivités du 15 août marquées par la présence des médaillés de Sainte-Hélène. Le rituel accomplissait sa métamorphose : la popularité des insignes passait pour celle de l’État qui les avait accordés.
 
Un instrument de gouvernement
 
 
Dans quelle mesure les attitudes politiques des vétérans furent-elles influencées par la récompense qu’ils reçurent de l’État bonapartiste ? Voilà un sujet auquel on ne peut espérer apporter de conclusions définitives. Les preuves de changement dans les comportements ne sont pas faciles à trouver, notamment parce qu’il est difficile d’obtenir des informations sérieuses sur les préférences des vétérans avant 1851. Plus difficile encore de suivre des opinions individuelles au sein d’une trajectoire biographique. Toutefois on peut se risquer à avancer quelques propositions destinées à nourrir la discussion. La première est que, considérée politiquement, l’instrumentation honorifique a suscité des gestes de défiance autant que de ralliement. Preuve que les vieux soldats n’en conservaient pas moins leur autonomie de jugement en la matière. Le fait que certains vétérans aient refusé leurs décorations en arguant d’une hostilité idéologique à Louis-Napoléon en est un signe : lorsqu’elle était perçue, la valeur politique du signe pouvait être contestée [28]. Deuxièmement, si le comportement politique et les valeurs des vétérans furent loin d’être monolithiques, nombre de témoignages laissent à penser que les récompenses ne les laissaient pas quittes pour autant. Si la décoration est arborée, elle ne prétend pas seulement être vue. Sa fonction est aussi que l'on voit et se laisse voir à travers elle.
La mobilisation du thème de la guerre en offre une illustration. Il ne fait aucun doute que la dimension martiale de la domination napoléonienne était présente et puissamment développée dans les chants, poèmes et pièces de théâtre [29]. Si tel vétéran de la campagne de Russie de 1812 a pu lancer aux « étrangers » que « les Français viendront bientôt pour venger ce qui leur fut fait en 1815 » [30], ce n’était en aucune façon un point de vue exclusif. Parmi les médaillés des années 1850-1860, il y eut certes d’ardents partisans des indépendances italienne et polonaise, des hommes n’hésitant pas à se déclarer publiquement en faveur de ces causes [31]. Reste qu’en dépit de cette inclination (qui poussait quelques-uns à déclarer vouloir célébrer « certaines de leurs fêtes » [32]), le modèle de Napoléon III nourrissait des lectures fortement opposées. À l’image de ce médaillé décrivant l’empereur comme un défenseur du temperamenta belli :
« Si seulement l’on avait su combien d’actes de dévouement à l’humanité [Napoléon] montra au milieu des horreurs de la guerre, combien de victimes il arracha à la furie de ses propres soldats, trop souvent séduits par la perfidie de l’ennemi ou l’instinct d’autoconservation ; et si seulement l’on avait compris que la devise de cet homme magnifique, avant et après la bataille, était : respect pour les femmes, les enfants et les personnes âgées, il aurait été universellement apprécié et respecté [33]. »
IMGIMGIMGIMFLes médaillés de Sainte-Hélène. Gravure de Léopold Flameng, 1859. © Collection personnelle.
Le public des décorés peut être aussi le public de la décoration, en ce qu’il se voit sommé d’expliciter son rapport au chef de l’État, à celui qui les a honorés et qu’ils ne peuvent donc qu’honorer à leur tour. Une situation qui se renforça avec la loi du 5 mai 1869 créant une pension viagère pour ces médaillés, c’est-à-dire, rappelons-le, en faveur des anciens militaires de la République et de l’Empire pouvant justifier soit de deux années de service, soit de deux campagnes, soit encore d’une blessure. Une première liste de pensionnés établie en 1870 comprenait quarante-trois mille cinq cent quatre-vingt-douze noms, un nombre qui du fait de la démographie de ce groupe de décorés ne sera plus que de dix mille cinq cent quarante en 1877, de mille quatre cent vingt-huit en 1883 et de cent trente en 1888 [34].
L’attitude des vétérans envers Napoléon lui-même est frappante. Il apparaît comme un chef incomparable dont il faut garder la mémoire avec vigilance, comme le fait cet ancien soldat napoléonien publiant un ouvrage pour réfuter le volume final de l’Histoire du Consulat et de l’Empire rédigé par Louis-Adolphe Thiers, dans lequel l’historien orléaniste avait critiqué le despotisme et le bellicisme de l’empereur [35]. Il faudrait évoquer tant d’autres paroles, chansons, actes qui dans leur existence même le montrent : les médaillés jouèrent un rôle déterminant dans la perpétuation de la légende impériale. Une légende qui n’avait plus pour fonction, comme dans les premières années de la Restauration, de célébrer les exploits militaires de Napoléon. Ou qui n’était plus, comme en 1848, tournée vers le passé, nostalgique de la guerre, voire parcourue par des cris de « vengeance » [36]. Désormais c’était les dimensions civique et politique de l’épopée bonapartiste qui étaient célébrées.
« Les qualités militaires, comme avait l’habitude de le dire l’empereur, sont nécessaires seulement dans certaines circonstances et à certains moments. Les vertus civiques, qui sont le propre du législateur, peuvent à tout moment influencer le bien public [37]. »
C’est typiquement le genre de langage qu’utilisèrent les élites napoléoniennes pendant les fêtes de la Saint-Napoléon des années 1850-1860 – celui aussi que l’on retrouve chez nombre de « vieux soldats ». Un seul exemple : en 1858, intervenant lors de la cérémonie récompensant les vétérans d’Albi, un élu local (général, médaillé de Sainte-Hélène, mais également maire d’Albi et président du conseil général du Tarn) parle de « la gloire éternelle de notre grand empereur, qui, tout d’un coup, fut un homme de génie, un combattant, un législateur, et un stratège politique hors-pair » [38].
Deux autres sujets venaient rendre particulièrement syncrétique le thème des conquêtes honorées par les décorations. Le premier était l’idée très ancienne de « la France, porteuse de valeurs civilisatrices ». Une civilisation progressiste qui, sous Napoléon Bonaparte, aurait disséminé « les valeurs de 1789 » à travers l’Europe et continué à répandre le « message de la chrétienté » dans les colonies françaises (un thème qui sera repris par la Troisième République). Un chant populaire napoléonien, composé par un vétéran, encense les guerres du Second Empire comme « des luttes pour la justice, pour la paix, et pour le rétablissement de la sécurité parmi les peuples oppressés » [39]. Le second sujet était la paix. « L’empire apporte la paix » : voilà l’un des slogans de Louis-Napoléon dès les premiers jours du régime, sollicitant sans cesse la légende créée par le Mémorial de Sainte-Hélène, selon laquelle Napoléon n’avait ni provoqué ni même cherché à provoquer des conflits. Le thème de la paix prit une place très importante dans les représentations et la rhétorique des vétérans. Un ancien soldat du Premier Empire souligne ce caractère pacifique de la tradition napoléonienne dans une chanson qu’il compose en 1852, invitant les puissances étrangères à « traiter avec Louis et à avoir confiance en lui ; il ne veut pas de guerres » [40]. En 1859, un poème écrit par un vétéran napoléonien, intitulé « L’écho français », est envoyé au préfet de Gironde ; il se ponctue par un hommage rendu à la diplomatie bonapartiste, « pour laquelle la paix était un autre nom » [41].
Certains se donnèrent même beaucoup de mal pour présenter l’empereur comme un champion du libéralisme. Durant l’inauguration de la statue de Bonaparte à Grenoble en 1868, le principal discours fut celui prononcé par M. Point, maire de Veurey et officier de la Grande Armée doublement décoré : de la Légion d’honneur et de la Médaille de Sainte-Hélène. Le discours de M. Point était dans la droite ligne de la « légende libérale » : l’empereur n’a pas été un amoureux des guerres ; ce furent ses perfides ennemis qui le poussèrent constamment au combat. Sa véritable contribution fut le Code civil, « un monument qui est aussi honorable que toutes ses victoires sur le champ de bataille ». Quant à juger d’un penchant excessif pour le despotisme, de celui qu’avait pu dénoncer Thiers, l’accusation était fermement repoussée : Napoléon avait « protégé l’égalité, qui n’est rien d’autre que la liberté en action ». Car, reprenant là avec vigueur les mots du Mémorial, « en son cœur l’empire était libéral » [42]. À croire que gratifications d’État, les décorations pouvaient comme retenir l'attention qui venait s'y fixer. En développant son propre système d’honneurs, l’Empire s'était fait le représentant, non pas nécessairement d’un comportement électoral, mais de la portée d’un regard : celui d’une légende que les décorés accommodaient à leur propre perception.
 
Une légende mise en spectacle
 
 
Des foules rassemblées, des hommages publics, des acclamations répétées : le défilé des médaillés eut sans conteste un impact sous le Second Empire. Synonyme de reconnaissance individuelle et collective, voire d’une réhabilitation dans et par l’espace public, il nous en dit beaucoup sur la capacité du régime à générer un soutien de masse. Il renseigne aussi sur les conditions dans lesquelles ce régime s’appropria le passé napoléonien pour légitimer sa propre politique. Trop longtemps, l’indéniable emprise du régime impérial à travers la France – dans les zones rurales en particulier – a été présentée comme fondée sinon sur l’autoritarisme du moins sur le fait accompli. Le Second Empire fut aussi un régime inculquant des croyances, et pour cela usant avec succès de toute une gamme d’instruments territoriaux et politiques (comme l’organisation de fêtes) agissant comme des motifs d’encouragement. La « démocratisation » du système honorifique dont participe la médaille de Sainte-Hélène en est un. Le régime impérial a pu, ce faisant, réaffirmer qu’il incarnait une mémoire et des aspirations collectives, propageant des satisfactions adoptives qui constituent un exemple particulièrement réussi d’utilisation d’une décoration honorifique comme « technique de gouvernement ».
Si les vétérans furent honorés par l’État, les autorités publiques n’ont pas pour autant créé de toute pièce cette reconnaissance publique. Bien avant les débuts du Second Empire, les vétérans étaient entourés de considération au sein de leurs communautés locales. Ils étaient déjà, en somme, porteurs d’une estime publique qui leur était propre. Les honneurs avaient été précédés d’un honneur social qui tenait à la considération entourant leurs blessures, leur âge ou leurs récits. L’expression est déjà un leitmotiv : les futurs médaillés parlaient d’eux-mêmes comme des « vétérans d’honneur » [43], distinguant le signe et la chose, l’insigne et le sentiment. Les rapports administratifs émanant de toute la France font de même en soulignant la « fierté » avec laquelle sont portées les médailles [44]. Cette dignité était censée se manifester dans une manière de se comporter en société, par exemple dans l’exemplarité d’un comportement civique et dans la lutte héroïque que ces vétérans cherchaient à personnifier au sein de leurs propres communautés. Or, le principal effet de la création de la médaille fut de lier les dignités d’État à la dignité de ces hommes. De gager les unes sur les autres. Les indices recueillis jusqu’ici le suggèrent : si l’opération fut une réussite, c’est parce que durant les célébrations de la Saint-Napoléon, les sentiments d’estime et d’admiration manifestés par le public à l’égard des vétérans pouvaient enfin être rendus visibles. Mieux : ils pouvaient être étendus, soutenus, diffusés. En un mot, ils devenaient publics, suscitant en retour d’autres gestes de gratitude ou de gratification. Des poèmes et des brochures furent écrits en leur honneur [45]. Quant aux habitants des villes et des villages, ils se révélèrent plus nombreux à vouloir assister à la décoration que les citoyens méritants de leur commune. Certains, individus, groupes et institutions proposèrent même, à travers toute la France, d’aider les médaillés qui rencontraient des difficultés matérielles.
IMGIMGIMGIMFPortrait d’un médaillé de Sainte-Hélène. ©1998-2000 ameliefr.
Les vétérans médaillés étaient exposés à la vue directe ou indirecte de toutes les composantes de la société – jeunes et pauvres, bourgeois, travailleurs et paysans, agnostiques et croyants. Ils proposaient le spectacle d’une admiration publique jusqu’au cœur de la France rurale, comme le montrent de nombreux rapports administratifs durant la période. Pourquoi ce respect général ? Il est clair que ce n’est pas seulement parce que les vétérans avaient été décorés par l’État. Les anciens combattants, on l’a dit, jouissaient déjà de l’estime du public bien avant leur « reconnaissance » officielle par l’État. Par ailleurs, les autres bénéficiaires de décorations – tels que les personnes décorées de la Médaille militaire ou de la Médaille de Chine – ne bénéficiaient nullement d’un tel degré de popularité. Le statut remarquable dont jouissaient les médaillés était un hommage à quelque chose de plus complexe : à leur mise en valeur le jour des fêtes, au fait d’incarner le « souvenir » de la France de Napoléon, à telle ou telle bataille, à telle ou telle personne disparue que les mémoires locales et familiales avaient constituée en référent majeur. À la « bravoure », à l’« endurance », à la « détermination » que ces « vieux soldats » aimaient à encenser, notamment en insistant entre eux et avec leurs concitoyens sur la valeur de la « discipline » ou le « respect en société » [46]. Décorés, ces hommes rendaient hommage à celui qui les avait honorés. Et à une certaine morale sociale. Symboles de réconciliation sur fond de Saint-Napoléon, faisant oublier la dichotomie entre les notables et le peuple, ils venaient transcender les clivages sociaux, sinon politiques. Un trait, souvent mis en avant par les dirigeants d’associations de vétérans [47] et que reprend un poème écrit en l’honneur de la décoration, disait simplement que « [la médaille] plaît à l’homme riche autant qu’au prolétaire » [48]. Au nom de l’honneur militaire, ils devenaient les héros ordinaires d’une tradition napoléonienne servant de levier à un modèle de civisme et de comportement moral [49].
Quelles conclusions peut-on tirer de cet exemple d’utilisation par l’État des décorations ? La Médaille de Sainte-Hélène met en lumière le fait que de tels insignes de mérite peuvent servir à ennoblir l’action de l’État – notamment à légitimer sa présence ou à exorciser le passé. Reste que cela n’est possible que dans la mesure où ceux qui les reçoivent et la cause qu’ils incarnent, sont déjà reconnus. La légende napoléonienne n’eut pas besoin du Second Empire (ou de la création d’une nouvelle décoration) pour s’emparer, au xixe siècle, de l’imaginaire de plusieurs générations. Les vétérans faisaient déjà partie de la légende longtemps avant que l’Empire n’intervienne pour valider leur place au tableau d’honneur de la nation. Toutefois, la création de la médaille « officialisa » cette reconnaissance : elle en fit une représentation commune, indexant des croyances, précipitant de nouveaux hommages, publicisant une cause. Elle permit aux vétérans de prendre pleinement conscience qu’ils formaient un groupe et de s’organiser sur cette base [50]. Cette incorporation des vétérans à l’espace public des représentations d’État nous indique également quelque chose d’important sur la transformation de l’image du soldat (et de l’armée) dans la France du xixe siècle. Auparavant auteurs de violences et sources de désordre, ils deviennent désormais symboles d’autorité et de respect collectif, en se trouvant périodiquement associés à des « qualités » morales : celles des « grands anciens » que la décoration a distingués [51]. Sans doute plus important que cela, la décoration montre comment bonapartistes et républicains ont partagé les mêmes instruments d’émulation et de distinction, confondant même une part de leur imaginaire politique dans une certaine conception de la France. C’est ce qui a permis à la République, par la suite, d’intégrer sans rompre avec le passé des éléments clés de la tradition napoléonienne – de la Légion d’honneur à l’institution préfectorale. Comment ne pas noter, derrière cette célébration, l’importance centrale que les régimes successifs ont accordé au culte de la nation ? C’est en son nom, après tout, que furent distribués ces titres de gloire. En son nom que les vétérans furent érigés en modèles des vertus civiques. Des vertus qui, dans la tradition napoléonienne et républicaine, se ramènent à une volonté unique : celle de se sublimer en tant qu’individu pour le bien commun, de défendre l’intégrité de la « Patrie » contre ceux qui cherchent à la détruire, en somme d’être digne de la dignité d’État.
Traduction Nicolas Vignolle
 
NOTES
 
[1]Archives départementales (AD dans les notes suivantes) Isère, 54 M 7. Rapport du sous-préfet de Vienne, 18 octobre 1852.
[2]AD Isère 54 M 7. Préfet de l’Isère à tous les maires, 10 septembre 1852.
[3]Voir notamment Rosemonde Sanson, « Le 15 août : Fête nationale du Second Empire », in Alain Corbin et al. (éd.), Les usages politiques des fêtes aux xixe-xxe siècles, Paris, Publications de la Sorbonne, 1994.
[4]AD Isère, 54 M 7. Rapport du sous-préfet de Saint-Marcellin, 21 septembre 1852.
[5]Sur cette approche, voir Olivier Ihl, « Emulation through Decoration. A Science of Government ? », in Sudhir Hazareesingh (éd.), The Jacobin Legacy in Modern France, Oxford, Oxford University Press, 2002, pp. 160 et suiv.
[6]Voir notamment Frédéric Bluche, Le Bonapartisme. Aux origines de la droite autoritaire, Paris, Éditions latines, 1980 ; Bernard Ménager, Les Napoléon du Peuple, Paris, Aubier, « Collection historique », 1988 ; S. Hazareesingh, From Subject to Citizen, Princeton, Princeton University Press, 1998 et Natalie Petiteau, Lendemains d’Empire. Les soldats de Napoléon dans la France du xixe siècle, Paris, La Boutique de l’histoire, 2003.
[7]Cette analyse est développée dans S. Hazareesingh, « La légende napoléonienne sous le Second Empire. Les médaillés de Sainte-Hélène et la fête du 15 août », Revue historique, n° 626, 2003, p. XXX ; elle est également reprise dans notre prochain livre sur le sujet The Legend of Napoleon, Londres, Granta, à paraître en 2004.
[8]Louis Tripier, Code des membres de la Légion d’Honneur, Paris, Mme Mayer-Odin, 1859, pp. LII-LIII.
[9]« Testament de Napoléon 1er », in Las Cases (comte Emmanuel de), Mémorial de Sainte-Hélène, Paris, Marcel Dunan, 1951, vol. 2, p. 883.
[10]Louis-Henri Fleurence, « Les survivants des campagnes de la République et de l’Empire et l’attribution de la médaille de Sainte-Hélène dans le département des Vosges en 1857 », Revue de l’Institut Napoléon, vol. 2, n° 151, 1988, p. 62 ; ce nombre provient de l’hôtel des monnaies et médailles de Paris, qui était responsable de la frappe des médailles commémoratives.
[11]François-Frédéric Lemetheyer, La Médaille de Sainte-Hélène, Pont-Audemer, imprimerie de Dugas-Lecomte, 1857, p. 5.
[12]Sur les multiples souffrances des vétérans après 1815, voir N. Petiteau, Lendemains d’Empire…, op. cit., pp. 35-138.
[13]Voir S. Hazareesingh et Vincent Wright, « Le Second Empire », in Louis Fougère, Jean-Pierre Machelon et François Monnier (éd.), Les communes et le pouvoir en France, Paris, Puf, 2002.
[14]Sur les dimensions civiques et politiques de cette fête, voir S. Hazareesingh, The Saint Napoleon. Celebrations of Sovereignty in Nineteenth Century France, Cambridge (Mass.), Harvard University Press, 2004.
[15]Philippe Busoni, « Courrier de Paris », L’Illustration, 21 août 1852.
[16]Archives nationales (AN dans les notes suivantes), AN BB30-373. Rapport du procureur-général, Besançon, 14 septembre 1852.
[17]AN F1CIII/Indre (6). Rapport du préfet, 20 août 1853.
[18]AN F1CI 110. Rapport du préfet de l’Aude, 20 août 1854.
[19]À Gourdon dans le Var, par exemple, comme nous le montrons dans S. Hazareesingh, « La légende napoléonienne sous le Second Empire… », art. cit.
[20]Jean Lucas-Dubreton, Soldats de Napoléon, Paris, Tallandier, 1977, p. 437.
[21]Bibliothèque nationale (BN dans les notes suivantes), LL24-11. Corporation des Membres Décorés de la Médaille de Sainte-Hélène en résidence à la Chapelle Saint-Denis. Règlement, Paris, 1858.
[22]Ibid., p. 1.
[23]Ibid., p. 8.
[24]Ibid., pp. 2-3.
[25]Ibid., p. 4.
[26]C’est le cas de l’association des médaillés de Sainte-Hélène du Maine-et-Loire. Voir BN LL24-10. Préambule et Statuts des Membres Décorés de la Médaille de Sainte-Hélène, Maine-et-Loire, 1859.
[27]Ainsi à Tours en 1859 (AD Indre-et-Loire, 1 M 255. Rapport du maire de Tours, 15 août 1859), à Aix en 1859 (AD Bouches-du-Rhône, 1 M 642. Rapport du sous-préfet, 16 août 1859).
[28]Un exemple est cité dans N. Petiteau, Lendemains d’Empire…, op. cit., p. 296.
[29]Pour un échantillon de ce genre, voir BN, Ye 28422. Napoléon ou la gloire française, n.d. ; BN Ye 55471. La Médaille de Sainte-Hélène. Chant triomphal, 1857.
[30]Jean-Claude Vittoz, Le grand homme ou la légende napoléonienne, Paris, imprimerie d’Alcan-Lévy, 1866.
[31]G. A. Montmain, La Médaille de Sainte-Hélène. Couplets, Paris, imprimerie d’Appert-Vavasseur, 1857.
[32]AD Var 6 M 18 (5). Rapport du maire de Tours, 18 août 1859.
[33]A.-B.-L. Adam, La Médaille Ste Hélène et les 4 rubans rouges. Anecdote militaire, Paris, lith. de Sarazin, 1857, p. 11 ; l’auteur servit dans la Grande Armée entre 1809 et 1815, et devint instituteur en 1833.
[34]Le Magasin pittoresque, 1889, sér. 2, t. 7, année 57, p. 83.
[35]Cité dans N. Petiteau, Napoléon de la mythologie à l’histoire, Paris, Seuil, 1999.
[36]André-Jean Tudesq, « La légende napoléonienne en 1848 », Revue historique, n° 218, 1957, p. 69 et n. 3, pp. 75-76.
[37]Hilaire Le Gai, Almanach des souvenirs de l’Empire. Bonapartiana, Paris, Passard, 1853, p. 5.
[38]BN, LL24-4. Discours prononcé à la distribution de la Médaille de Sainte-Hélène aux anciens soldats de la République et de l’Empire de la commune d’Albi, le 24 janvier 1858, par M. le Général Baron Gorsse, Albi, 1858, p. 4.
[39]BN, Ye 55471 (1016). Girod-Genet, Chanson Napoléonienne par Girod-Genet, Hussard de l’Armée de la Loire, Paris, s.d. [1866].
[40]BN, Ye 55471 (351bis). Chanson à double circonstance, improvisée dans une réunion d’amis sur les événements du 2, 3, et 4 décembre 1851, Clermont (Oise), imprimerie de A. Daix, s.d. [1852].
[41]AD Gironde, 1 M 707. « L’Écho français », poème remis au préfet de Gironde par l’association des médaillés de Sainte-Hélène (Gironde), 13 août 1859.
[42]AD Isère, 54 M 15. « Le fond de son cœur était libéral », extrait du rapport fait par le préfet de l’Isère, Grenoble, 19 août 1868.
[43]La Médaille de Sainte-Hélène. Couplets chantés à la réunion des Médaillés de Mulhouse, le 15 août 1858, Mulhouse, P. Baret, 1858.
[44]Exemple : AD Meuse, 73 M 6. Rapport du maire de Behonne (Meuse), 17 août 1858.
[45]Il y a une modeste collection de ce genre à la Bibliothèque nationale. Voir ainsi BN, LL24-2. Henry Courant, Sur la Médaille de Sainte-Hélène, Plaisance, chez l’auteur, 1858.
[46]Ces qualités sont toutes soulignées par le maire de Maillys (Côte-d’Or) comme des traits caractéristiques, dans son rapport du 16 août 1859. AD Côte-d’Or, 1 M 467.
[47]Voir pour exemple : AD Gironde, 1 M 707. « Quelques mots adressés aux médaillés de Sainte-Hélène par leur Président, le 15 août 1861. »
[48]Justin Cabassol, La Médaille de Sainte-Hélène, Paris, imprimerie d’Appert-Vavasseur, 1858.
[49]B. Ménager souligna aussi l’importance des médaillés en tant que corps intermédiaires. Voir B. Ménager, Les Napoléon…, op. cit., p. 155.
[50]N. Petiteau, Lendemains d’Empire…, op. cit., p. 315.
[51]Raoul Girardet, La société militaire de 1815 à nos jours, Paris, Perrin, 1998.
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