Les mots et les choses. Les Aborigènes et la décolonisation
Bastien Bosa
Cet article propose une analyse des transformations des « discours » possibles sur les Aborigènes au cours des années 1960, à partir des interactions entre les agents du département des Affaires extérieures, dont une des fonctions était de veiller à l’image de l’Australie, et le ministère des Territoires, qui gérait, au niveau fédéral, les affaires aborigènes. Les diplomates ont contribué à l’importation d’attitudes nouvelles vis-à-vis des Aborigènes, afin de placer l’Australie en conformité avec ce qu’ils estimaient être des « exigences étrangères ».
This article proposes to analyse the transformations of the possible types of “discourse” on the Aborigines during the 1960s, starting from the interaction between the agents of the Foreign Affairs Department, whose duties included protecting the image of Australia, and the Ministry of Territories, which managed Aboriginal affairs at the federal level. Diplomats helped to import new attitudes towards the Aborigines in order to bring Australia into compliance with what they considered “foreign demands”.
• La vision dominante des Aborigènes jusqu’aux années 1960
— Le primitivisme
— La violence coloniale
— L’assimilation
• Les réponses des diplomates. Le poids des mots
— Les référence au « sang » ou à l’anthropologie physique
— L’abandon d’une perspective évolutionniste
— Les références coloniales
• Réécrire le passé
— Euphémiser la violence coloniale
— Rompre la dichotomie colonisateur/colonisé
• Agir sur le présent
— Les « vestiges de discrimination juridique »
— Participation effective des Aborigènes en Australie
— Participation politique
— La reconnaissance culturelle
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