Note sur la justification dans la relation ethnographique
Michel Naepels
L’ethnographe collecte-t-il des informations auprès d’informateurs ? Noue-t-il avec ses interlocuteurs un dialogue ? Pourquoi les personnes qu’il questionne lui parlent-elles, quand il existe toujours de bonnes raisons de ne pas le faire ? À partir de ses enquêtes en Nouvelle-Calédonie, l’auteur montre que le concept de « justification » (notamment tel qu’il a été utilisé par Luc Boltanski et Laurent Thévenot) permet de décrire certaines des formes de l’interlocution ethnographique, notamment lorsqu’elle a lieu dans une situation conflictuelle. Se pose alors la question du registre de la réalité sociale auquel permettent d’accéder des énoncés dans lesquels on donne ses raisons.
Does the ethnographer collect information from informers? Does he/she enter into a dialogue with them ? Why do the people answer the questions of the ethnographer, when there are good reasons not to do so ? Starting from his surveys in New Caledonia, the author shows that the concept of “justification” (particularly as it was used by Luc Boltanski and Laurent Thévenot) can be used to describe certain forms of ethnographic accounts, especially when they occur in situations of conflict. This raises the question of which register of social reality is attained through statements in which people give an account of their reasons.
• Une enquête en Nouvelle-Calédonie
• Une rencontre et son contexte
• Le concept de justification chez Luc Boltanski
• La compréhension : décrire des actions intentionnelles
• Modaliser les matériaux d’enquête
• Ouvrages cités