Femmes, énarques et professionnelles de la politique. Des carrières exceptionnelles sous contraintes
Catherine Achin
Sandrine Lévêque
Sous la Ve République, seules neuf femmes énarques ont été élues à l’Assemblée nationale, représentant 8,7 % des députés issus de cette « filière administrative ». Si les femmes énarques sont très peu nombreuses à se professionnaliser en politique, c’est qu’elles se trouvent confrontées à des normes d’excellence longtemps ajustées à des qualités « masculines » et qu’elles ont elles-mêmes intériorisées. L’analyse de leurs trajectoires et de leurs autobiographies montre qu’il est toujours difficile d’incarner le rôle de professionnelle de la politique, même pour celles qui l’investissent par le haut.
Under the 5th Republic, only nine women graduates of the Ecole Nationale d’Administration (ENA) were elected to the National Assembly, representing 8.7% of the parliamentary representatives who came out of this «administrative channel». If there are so few women ENA graduates that become professionals in politics, it is because they are confronted with standards of excellence that have long been adjusted to «masculine» qualities, which they themselves have interiorised. The analysis of their trajectories and autobiographies shows that it is always difficult to embody the role of a political professional, even for women who enter the field «from the top».
• Des femmes d’exception ?
• Des femmes « exceptionnelles » ?
• Une mobilisation différentielle et stratégique des ressources politiques
— Effacer le stigmate de l’énarchie
— « Femme, être une femme »… en politique
• Ouvrages cités