Genèses
Belin

I.S.B.N.2701146133
182 pages

p. 4 à 25
doi: en cours

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Dossier : La parole est aux « indigènes »

n° 69 2007/4

Grammaire de la distinction coloniale

L’organisation des cadres de l’enseignement en Afrique occidentale francaise (1903-fin des années 1930)

Jean-Hervé Jézéquel
Cet article interroge les efforts déployés par l’État colonial pour assigner à l’élite lettrée travaillant pour l’administration et notamment les instituteurs une place bien délimitée à l’intérieur de la bureaucratie coloniale. L’article montre que les fonctionnaires africains ne se laissent pas facilement enfermer dans les catégories coloniales. Ils constituent à ce titre un groupe frontière aux contours et aux positionnements incertains, un ferment de tensions qui perturbe la définition des dualités coloniales du sujet et du citoyen, de l’indigène et de l’Européen, du colonisé et du colonisateur. This article examines the efforts undertaken by the colonial state to assign a clear-cut position in the colonial bureaucracy to the educated elite working for the administration, particularly elementary schoolteachers. The article reveals the problems involved in trying to fit African civil servants into colonial categories. As such, they formed a borderline group with uncertain contours and positions, a ferment of tensions that upset the definition of the colonial dualities of subject and citizen, native and European, colonised and coloniser.
• Quelque part au milieu des dichotomies coloniales…
• Composition d’une « grammaire coloniale » : la création des cadres enseignants en AOF (1903-1920)
— 1903 : une division du personnel sur une base raciale
— Les arrêtés complémentaires de 1908 : cadre général et cadre indigène
— La création du cadre local de 1916 : volonté de rationalisation administrative ou renforcement des discriminations
— Les instituteurs et la réglementation coloniale : revendications collectives et contournements individuels
• Fautes de grammaire ? Les velléités réformistes des années 1920 aux années 1930
— La refonte de 1921 : le retour au cadre unique de l’enseignement
— La refonte de 1924 et la question du brevet supérieur
— Contourner la contrainte : fuites et reconversions professionnelles
— La domination réaffirmée : « l’instituteur rural », parangon des années 1930
• Ouvrages cités


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