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Géocarrefour

2014/1 (Vol. 89)


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On n’a de cesse, aujourd’hui, d’insister sur le défi démographique de ce milieu du XXIe s., quand les prévisions de croissance urbaine à l’horizon 2050 tirent la sonnette d’alarme sur les questions de sécurité alimentaire des villes, voire de souveraineté alimentaire (Morgan et Sonnino, 2010 ; Maye et Kirwan, 2013 ; Morgan, 2014 ; Jarosz, 2014) et, plus largement, de durabilité de systèmes territoriaux de plus en plus fragilisés. Les enjeux associés à ces dynamiques nous interpellent sur notre capacité à penser le changement, à inventer des modalités d’action nouvelles fondées à la fois sur des politiques publiques et des initiatives locales visant à une meilleure intégration des liens urbain-rural, plus précisément des liens ville-agriculture-alimentation.

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Les processus de transformation sont en cours autour des systèmes agricoles et alimentaires et de la reconfiguration de leurs liens aux territoires. On repère des signaux faibles de dynamiques d’acteurs investissant le champ d’une action territoriale qui vise une meilleure intégration des dynamiques urbaines et agricoles, pensée dans le cadre du développement urbain durable. De plus en plus, les villes se saisissent de l’agriculture pour inventer de nouvelles formes urbaines intégrant des espaces ouverts ; la planification territoriale produit des normes qui encouragent l’intégration des activités et des espaces agricoles ; des initiatives locales érigent l’agriculture et l’alimentation en questions publiques. On assiste donc à une multiplication d’initiatives, d’actions et de projets, pas forcément coordonnés, qui cherchent à renouer ces liens entre ville et agricultures, entre alimentation et territoires (Delfosse et al., 2012). Le tout s’articule sur un fond de contestation des modèles de développement dominants et d’interrogation sur les modalités possibles et potentielles d’une transition vers des régimes plus durables; transitions des systèmes alimentaires, transition des systèmes urbains (Blay-Palmer, 2010 ; Marsden et Morley, 2014).

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L’intérêt renouvelé pour les questions agricoles et alimentaires prend source dans un ensemble de dynamiques et d’enjeux globaux (ex : pressions environnementales, économiques) et locaux (ex : demande sociale, santé publique, accessibilité) qui interpellent à l’échelle régionale une diversité d’acteurs peu mobilisés jusqu’alors. Ainsi, les acteurs publics interviennent de plus en plus sur les questions agricoles et alimentaires, en lien avec les acteurs du marché ou la société civile, soit à travers l’approvisionnement public, soit par la mise en œuvre de stratégies alimentaires territoriales ou encore à travers la maîtrise foncière des espaces agricoles. Les membres de la société civile engagent de plus en plus des actions en faveur de la reconnexion entre production et consommation (à l’exemple des AMAP en France). Quant aux acteurs du marché, et suivant leur diversité, ils investissent chacun et de manière renouvelée ces questions pour l’intégrer à leurs logiques économiques. La diversité des initiatives, des actions privés et publiques, de leurs échelles, pose d’une part la question de leur coordination, et d’autre part celle de l’émergence de nouveaux modèles de gouvernance autour des agricultures et de l’alimentation de proximité.

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Comment les enjeux de préservation des espaces agricoles en proximité urbaine, d’émergence de nouveaux acteurs ou de constitution de systèmes alimentaires territorialisés changent-ils la construction des territoires et des systèmes d’action ? Dans quelle mesure les politiques publiques peuvent-elles converger vers des initiatives privées qui se multiplient et qui convoquent les questions agricoles et alimentaires de proximité comme bien public ? Quels sont ces nouveaux modèles de gouvernance ville-agriculture-alimentation, situés tant au Nord qu’au Sud ?

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Ce numéro double propose, à travers 14 textes, d’engager des pistes de réflexion à partir de deux entrées interconnectées : les processus de construction territoriale autour des agricultures urbaines et périurbaines et l’émergence de nouvelles dynamiques autour de l’alimentation urbaine. Les textes explorent les dynamiques à l’œuvre, publiques et privées, locales et globales.

Des agricultures urbaines et périurbaines plus intégrées

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La diversité des processus et des trajectoires des agricultures urbaines et périurbaines convergent vers la reconnaissance de la nécessité de tenir compte de la pluralité de regards. Ceci est valable à plusieurs échelles et contextes géographiques, du quartier à la région urbaine, des jardins aux parcs urbains, du collectif au politique, du Nord au Sud. Les exemples développés (Europe, Etats-Unis, Afrique) donnent à voir des dynamiques d’action émergentes, de nouvelles formes et figures d’aménagement des espaces qui tentent peu ou prou et à différentes échelles, une intégration des dynamiques agricoles et des dynamiques urbaines, une insertion de l’agriculture dans la fabrique de la ville.

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Les deux premiers textes formalisent la notion de projet agri-urbain, en mettant en avant la nécessaire hybridation des représentations des acteurs urbains et agricoles et de nouvelles formes de gouvernance territoriale.

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Monique Poulot (2014*) analyse « l’invention de l’agri-urbain en Ile-de-France », en relatant des expériences franciliennes où la ville se repense autour de son agriculture. Elle montre que les tâtonnements sont nombreux pour rechercher des modalités nouvelles de penser la ville depuis sa périphérie et l’agriculture hors de ses bassins de production. Les processus de transaction initiés intègrent l’agriculture dans le projet urbain et permettent une hybridation entre le rural et l’urbain, où espaces, acteurs et modalités d’actions inventent de nouvelles formes de gouvernance. De la reconnaissance des espaces ouverts dans le SDRIF de 1994 à l’émergence de l’agriculture de proximité, une symbiose est recherchée entre la ville-nature et la ville-agriculture, deux représentations qu’il s’agit de concilier. Entre environnement et cadre de vie, entre patrimoine et espace nourricier, les points de vue se confrontent, pour donner du sens au territoire. La diversité des représentations et des usages amène alors à des relations plus ou moins diffuses ou formelles entre les acteurs parties-prenantes, livrant ainsi des alliances inédites entre ville et agriculture. L’hybridation se lit ainsi dans des formes de gouvernance multi-acteurs, qui se traduisent à la fois par l’inclusion des collectifs citoyens et par l’agencement complexe de normes et de réglementations diverses. La question foncière en offre une bonne illustration. Cette hybridation désormais possible des référentiels d’action s’inscrit dans un processus de bénéfices partagés où s’opère une réinvention commune de ce qui fait territoire agri-urbain.

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Les processus de co-construction territoriale sont au cœur du texte de Giulia Giacché (2014*) qui présente une analyse de l’expérience des parcs agricoles en Italie et en Espagne. Les parcs sont des figures renouvelées de l’aménagement, nouvelles scènes où se construisent des arrangements entre la ville et ses espaces agricoles de proximité. Partant de l’expérience de quatre « parcs agricoles », elle retrace l’histoire de leur mise en place et la diversité des usages qu’ils recoupent. Les exemples saisis se situent tous en périphérie de zones fortement urbanisées, et sont reconnus à travers des documents de planification. Dans les cas évoqués, les acteurs agricoles sont des acteurs clés, à l’initiative de la création de ces parcs. Des membres de la société civile sont aussi intervenus et ont fait pression sur les institutions locales pour les inciter à la mise en place de ces espaces. L’appui des financements européens a souvent été essentiel, dévoilant par-là l’importance de la circulation des modèles d’aménagement en Europe. L’auteure note toutefois que ces parcs reflètent souvent des visions plus urbaines qu’agricoles, dans leur manière de mettre en avant leurs fonctions environnementales. La mise en place des parcs constitue aujourd’hui une forme de co-construction territoriale, à la jonction de politiques publiques territorialisées et de dynamiques locales. Cependant, l’agriculture ne peut s’y maintenir qu’à condition que ces parcs deviennent de véritables territoires de projets, où acteurs urbains et agricoles pérennisent leur engagement.

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Les deux textes qui suivent précisent comment les activités agricoles peuvent contribuer à la fabrique de la ville, en focalisant le regard sur l’agriculture et le jardinage intra-urbain.

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A partir d’une lecture du cas genevois, Marion Erwein et Joëlle Salomon Cavin (2014*), décrivent deux processus conjoints, les dynamiques d’urbanisation des périphéries et celles de l’ « agrarisation » de la ville. Leur article aborde les nouvelles manières de penser et de fabriquer la ville en intégrant l’agriculture et le jardinage. L’agriculture s’insinue dans la ville à travers la mise en culture du sol urbain. Elle devient un objet expérimenté par la ville, dans les jardins ou à travers la production verticale, contribuant à construire de nouvelles morphologies urbaines. Pour autant, l’agriculture est-elle un outil d’aménagement urbain ? A Genève, à l’échelle de la région urbaine ou du quartier, une nouvelle fabrique de la ville est en cours, qui prend appui sur l’agriculture. Mais si elle contribue à limiter l’étalement urbain  en servant de front d’urbanisation dans les espaces périphériques, elle a du mal à se faire reconnaître dans les espaces intra-urbains. D’une part, les acteurs publics jugent cette agriculture trop spécialisée pour répondre aux besoins de la population urbaine. D’autre part, les acteurs agricoles professionnels redoutent que le développement de l’agriculture dans le tissu urbain ait pour contrepartie une perte de l’espace agricole situé en périphérie. Il ne reste alors que les jardins collectifs, figures d’une pratique agricole qui «naturalise » la ville.

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Les jardins, collectifs ou partagés, sont ainsi une figure du réinvestissement des pratiques agricoles en ville, qui s’exerce à travers la fonction de nature et de cohésion sociale supportée par ces espaces intra-urbains. A partir de la mise en perspective de jardins collectifs à New-York et Paris, Sandrine Baudry, Julie Scapino et Elisabeth Rémy (2014*) montrent comment ces objets, souvent mis en place par des mouvements citoyens et associatifs, peuvent acquérir une légitimité institutionnelle, tout en restant de natures très différentes dans leurs contenus et dynamiques sociales. Le rôle des jardins varie ainsi dans la fabrique urbaine. Les considérations esthétiques ou l’accessibilité visuelle participent à la construction du cadre urbain tout autant qu’elles permettent des formes de sociabilités et d’apprentissage qui construisent des capacités d’action dans et par la ville.

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Les visions des agricultures urbaines sont changeantes, tantôt situées dans l’influence de la ville, tantôt prises dans le tissu de la ville. Les deux contributions suivantes bousculent les représentations dominantes de l’agriculture en proximité urbaine, montrant que le débat sur sa définition n’est pas clos et que de celui-ci dépendent les modalités d’action mises en œuvre par nos sociétés.

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Patrick Mundler, Jean-Noël Consalès, Gil Melin, Cyril Pouvesle et Perrine Vandenbroucke (2014*) soulignent que la redécouverte de l’agriculture urbaine et périurbaine, dans ses deux fonctions d’alimentation et d’aménagement, met en avant la figure de l’agriculteur urbain sans que celle-ci soit analysée. Le texte revient sur la diversité des définitions données aux agricultures urbaines et périurbaines et soulignent à partir de là que les travaux antérieurs traitent davantage de l’agriculture à proximité de la ville que des agricultures spécifiquement urbaines (dans leurs formes, leurs pratiques, leurs réseaux et leurs organisations socio-spatiales). Ils réinterrogent ainsi les frontières des pratiques associées à ces agricultures. A partir d’études au Nord comme au Sud, les auteurs interrogent la place de l’agriculture dans les activités professionnelles, dans les revenus et activités des ménages, dans les activités à caractère social. Ils développement plusieurs exemples afin d’identifier notamment les formes collectives autour de l’agriculture qui incluent à la fois des salariés et des non-salariés. La typologie des agriculteurs urbains qu’ils dressent révèle un continuum de situations entre l’agriculture professionnelle et l’agriculture de loisirs, selon la part des revenus tirés de l’agriculture et la destination des ventes. Le texte montre la nécessité d’un renouvellement de regard sur la diversité des situations des acteurs de ces agricultures urbaines et de son caractère intrinsèquement hybride.

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Cette nécessité est défendue par Maylis Desrousseaux et Lucile Stahl (2014*) à partir de son constat que l’agriculture urbaine, située dans l’espace intra-urbain, n’est pas prise en compte par le droit français et ne peut être défendue à ce titre. L’auteure développe un ensemble d’arguments qui montrent la nécessité de tenir compte de cette nouvelle réalité, à la fois pour préserver la disponibilité des sols pour l’agriculture, en conquérir de nouveaux et offrir un encadrement spécifique des usages agricoles urbains. Cette contribution originale laisse à penser que les représentations de ces agricultures bougent et avec elle les modalités d’action et de conduite des projets.

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La reconnaissance de l’agriculture comme partie intégrante de la fabrique urbaine s’ancre de plus en plus dans l’action publique et dans les dynamiques citoyennes, comme le montrent les cas évoqués précédemment. Cela traduit des modèles de pensée qui se diffusent lentement vers des cadres sociopolitiques et culturels autres, comme dans les pays du Sud.

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Elodie Valette et Pascale Philifert (2014*) passent en revue l’ensemble des politiques publiques urbaines et agricoles marocaines pour saisir comment l’agriculture urbaine y est prise en compte. De l’examen approfondi des politiques et des outils de développement urbain, les auteures montrent que, mise à part une préoccupation autour de la consommation des terres agricoles, les liens ville-agriculture restent un « impensé » de l’action publique urbaine marocaine. La contribution de l’agriculture au développement urbain est souvent vue selon sa dimension économique, plus rarement sous l’aspect environnemental ou social. Quelques projets récents révèlent néanmoins les prémisses d’une intégration graduelle de l’agriculture urbaine dans la pensée de l’aménagement urbain. Les auteures montrent aussi que les politiques du développement urbain ne sont pas les seules responsables de cet état de fait. Les politiques publiques marocaines sont par essence très sectorielles. L’opposition entre politique urbaine et politique agricole « tend à renforcer la sectorisation des problèmes publics ». Par ailleurs, la politique agricole promeut une vision « mono-fonctionnelle » de l’agriculture où celle-ci doit répondre, d’abord, aux enjeux de compétitivité internationale. La dimension territoriale de l’agriculture et sa multi-fonctionnalité sont peu présentes. Néanmoins, au-delà de cette césure entre politique urbaine et politique agricole au Maroc, les politiques environnementales et la diffusion des modèles de développement durable dans les pays du Sud offrent, selon les auteures, une voie d’intégration des liens ville-agriculture dans les politiques publiques.

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La représentation de l’agriculture par les acteurs de la ville est également au cœur de l’analyse présentée par Aristide Yemmafouo (2014*). Au Cameroun, où l’agriculture urbaine est peu tolérée par les gestionnaires des villes, l’auteur défend l’idée qu’« au-delà des procès, [elle devient] un modèle socioculturel à intégrer dans l’aménagement urbain ». L’agriculture urbaine ici est le fait d’une population rurale, appauvrie, installée à la périphérie des villes. Au nom de la lutte contre l’insécurité, la pollution ou l’esthétique des paysages, les acteurs publics camerounais visent à éradiquer la pauvreté et à rétablir l’autorité sur l’espace public, en éliminant cette forme d’agriculture. L’auteur avance toutefois qu’elle fait partie intégrante de la conception de la ville chez nombre d’habitants issus des territoires ruraux, qu’elle répond aux besoins alimentaires des familles pauvres en situation de crise, tout en ayant une grande valeur symbolique et identitaire. L’impératif de promotion d’une civilisation urbaine au Cameroun induit une représentation de cette agriculture comme source d’enlaidissement du paysage urbain et de contamination chimique et biologique. Les débats actuels sur la sécurité alimentaire contribuent à l’accentuation de ces représentations négatives. Cependant, les pratiques agricoles en ville marquent l’appropriation matérielle et symbolique des lieux et contribuent à l’entretien des espaces publics abandonnés. L’intégration de l’agriculture dans la ville passe donc par celle de la reconnaissance d’une possible « urbanité agricole ».

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L’intégration des agricultures urbaines dans la construction des territoires urbains et périurbains montre l’ampleur des dynamiques à l’œuvre et le défi de concilier représentations et pratiques d’un ensemble d’acteurs parties-prenantes, de manière directe ou indirecte. Ces processus butent sur les fonctions à associer à ces formes d’agriculture, les différents intérêts et pratiques, leur conciliation et la diversité des trajectoires produites à différentes échelles. Petit à petit, le débat autour des liens agriculture-société s’est orienté vers un élargissement des enjeux qu’il faut prendre en compte. Durant la dernière décennie, l’alimentaire est devenue une question charnière, qui convoque l’agriculture comme un élément nodal, dont il faut reconsidérer les dimensions pour répondre aux enjeux liés aux processus de transition vers la durabilité des systèmes agri-urbains.

L’alimentation, un moteur puissant pour une « gouvernance agri-urbaine » ?

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Les textes présentés dans cette partie montrent que la question alimentaire est devenue, en l’espace d’une décennie, un enjeu central pour les territoires urbains et périurbains, à la fois technique et politique. Si les processus de territorialisation sont en cours, ils présentent un ensemble de défis et plus particulièrement, celui de la désectorisation des politiques publiques, des modalités de la participation d’acteurs de sphères différentes, question déjà posée à la territorialisation de l’agriculture. La territorialisation des politiques alimentaires laisse ainsi voir un ensemble de processus comme la réorganisation des échelles d’action et avec elle l’affirmation d’acteurs intermédiaires, la construction des légitimités par l’action. C’est le potentiel que peut présenter l’alimentation comme objet intégrateur d’un ensemble de secteurs, d’acteurs et de dynamiques qui est ici interrogé.

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Une première question est traitée par Serge Bonnefoy et Caroline Brandt (2014*). Ils présentent les modalités de la territorialisation du fait alimentaire, qui passe en France de l’agriculture à l’agri-alimentaire. L’évolution des politiques agricoles périurbaines interroge la façon dont est traité le fait alimentaire aux différentes échelles de l’action publique. Les auteurs mettent à jour une histoire en trois temps. Les politiques alimentaires qui se développent après la seconde Guerre mondiale sont marquées par la sécurisation des approvisionnements. Il faudra attendre les années 1970, en particulier dans la région Rhône-Alpes, pour qu’apparaissent des actions en faveur des circuits courts pour l’agriculture périurbaine. L’objectif, à ce moment-là, est de développer une agriculture diversifiée en jouant sur l’existence de marchés locaux. L’entrée est alors agricole et économique. Les crises alimentaires des décennies 1980 et 1990 secouent la seconde période, où l’on observe une disjonction entre le secteur normatif de la sécurité alimentaire et celui de l’offre agricole. Les domaines d’actions en faveur des circuits-courts s’élargissent à la transformation des produits agricoles, les circuits de proximité et le tourisme vert. Dans la dernière période, en cours, l’agriculture et l’alimentation, deux voies encore éloignées, engagent des rapprochements à la faveur des changements sociétaux. Les dispositifs d’action publique essaient d’intégrer les enjeux de l’offre alimentaire, afin de décloisonner les questions agricole et alimentaire, ce qui laisse une place aux collectivités territoriales, aux intercommunalités. Mais l’évolution est ambigüe : elle révèle une nouvelle segmentation de l’arène agri-alimentaire, pour éviter les conflits en termes de légitimité, de compétences et d’actions à coordonner. La territorialisation de l’alimentation est toute relative du fait de la faible implication des grands acteurs, tant économiques que politiques, qui prennent leurs décisions dans d’autres arènes. Le dépassement des clivages sectoriels et l’articulation des échelles et des compétences restent à approfondir.

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A travers l’analyse de l’intervention des Pays en matière agricole et alimentaire en région Bourgogne, Danielle Capt, Denis Lepicier et André Leseigneur (2014*) illustrent les propos du texte précédent. Les auteurs questionnent la pertinence des territoires de projets, à l’exemple des Pays, à intervenir sur la question alimentaire et agricole. Dans le contexte bourguignon, où l’agriculture et l’alimentation sont peu territorialisées, les domaines d’intervention des Pays relèvent du soutien à la compétitivité des entreprises, à la diversification et à la gestion des externalités négatives de l’agriculture. Le soutien aux investissements matériels est renforcé par des incitations à la coopération entre acteurs. Plus globalement, les Pays se dotent de plus en plus de capacité d’ingénierie territoriale pour accompagner l’émergence et la conduite de projets territoriaux intégrant agriculture et alimentation, mais pas forcément centrés sur ces deux questions. Cependant, la difficulté d’articuler des périmètres de nature différentes, les aires fonctionnelles correspondant aux bassins de production et de consommation et des aires d’action publique territorialisée, induit des actions inédites comme l’organisation de la mise en lien entre acteurs via « des plateformes virtuelles » et plus largement la structuration de l’offre des acteurs des filières et des territoires à des fins d’approvisionnement local (ex. solutions pour la transformation des produits et leur commercialisation). Les actions apparaissent peu innovantes en matière de thématiques d’intervention. Cependant, les auteurs pointent l’attention grandissante des Pays envers la demande locale en biens alimentaires. Ils interviennent de plus en plus sur l’augmentation des capacités des acteurs à coopérer ensemble. De ce point de vue, les Pays, en tant que territoires de projets, semblent être une échelle de rencontre entre des politiques publiques sectorielles et des initiatives locales.

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A une autre échelle, celle de la ville, la territorialisation des politiques publiques agricoles et alimentaires questionne aussi les processus de gouvernance associés. C’est une problématique nouvelle en Europe.

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A partir du cas de la région métropolitaine de Stockholm, Camille Hochedez (2014*) explique comment l’alimentation offre un cadre de construction d’une gouvernance territoriale qui se veut participative. Cette construction s’opère à travers la connexion d’initiatives et de dispositifs d’action publique déjà existants, plus que par la mise en œuvre d’une politique alimentaire volontariste. A priori, l’échelle communale semble la plus adaptée, au regard de l’organisation politique locale suédoise, de la production d’un discours sur l’alimentation durable à cette échelle ainsi que de l’existence d’un ensemble d’outils d’action publique pour intervenir sur la production et la consommation alimentaire. Mais l’auteure note que les situations sont contrastées et que cette échelle peut être inadaptée pour relier acteurs privés et acteurs publics lorsque manque un leadership local fort, capable de fédérer différents acteurs.

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Coline Perrin et Christophe-Toussaint Soulard (2014*) apportent un éclairage supplémentaire et reviennent sur les modalités de structuration d’une gouvernance alimentaire urbaine et des conditions de son émergence à partir de l’analyse du cas de la ville de Perpignan. Les auteurs avancent que la superposition des échelles d’action des différentes collectivités territoriales et des territoires de projet ne permet pas l’émergence de la ville comme acteur fort de politiques et de stratégies alimentaires, reliant les villes à leurs agricultures. Cependant, si les acteurs, dans ce cas, n’ont pas conscience de la dimension transversale de l’alimentation, comme c’est le cas en Suède, celle-ci émerge toutefois de manière implicite comme un point possible de rencontre dans les politiques publiques du développement durable. Les auteurs identifient des liens et des lieux potentiels qui permettraient la construction d’une gouvernance alimentaire locale. Au-delà des compétences de chaque échelon, l’exemple de Perpignan montre qu’il existe des acteurs intermédiaires au cœur des interactions autour de l’alimentation. Ce sont souvent des acteurs organisés à l’échelle urbaine qui mettent en lien acteurs publics et acteurs privés : la question du leadership est ici questionnée en creux. Il existerait aussi des lieux potentiels d’interface réunissant acteurs urbains et agricoles. Le cas de Perpignan permet de raisonner les modalités d’une gouvernance multi-acteurs et multi-niveaux, induite par la question alimentaire. Celle-ci doit articuler, selon les auteurs, quatre sphères d’action qui relèvent des compétences associées à chaque acteur public, mais aussi des initiatives privées, des mobilisations associatives et des arènes de débat permises par les politiques de développement durable.

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Dans les processus en cours, les modalités d’intégration de la question alimentaire dans les politiques territoriales sont saisissantes. L’alimentation devient un mobile pour renouer des liens villes-agricultures perdus, les renforcer ou les reconfigurer. Les projets d’approvisionnement local pour la restauration collective sont souvent mobilisés comme support à l’intervention des villes et plus largement des collectivités territoriales pour se construire des nouvelles légitimités et amorcer de nouveaux liens avec les acteurs agricoles.

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Pauline Marty (2014*) le montre, à travers l’exemple de Brive, une ville qui a maintenu des relations avec son agriculture depuis les années après-guerre. La nature de ces relations change néanmoins à partir de la fin des années 2000, lorsque Brive s’inscrit dans une démarche de développement de l’approvisionnement local de ses cantines. Les objectifs associés à ce projet s’élargissent au développement durable et au soutien de l’agriculture locale, alors qu’ils étaient auparavant orientés par la question économique et agro-industrielle. Les productions locales promues doivent ainsi répondre à des exigences environnementales et les acteurs être organisés en structure collective. Par cette représentation nouvelle de ce que doit être l’agriculture locale, Brive rompt une trajectoire longue de relations ville-agriculture qui à son tour « entraîne une modification des cadres de relations sédimentées dans les dernières décennies ». Pauline Marty montre d’une part, la singularité du cas de Brive où, contrairement à d’autres villes, le développement d’un projet d’approvisionnement de restauration collective a eu pour effet de promouvoir les produits biologiques au lieu des produits locaux. Elle montre, d’autre part, comment s’amorce un renouvellement des partenariats entre la ville, l’agglomération et les acteurs agricoles locaux, où le monde urbain se construit une légitimité nouvelle à intervenir sur la question agricole par le développement d’un projet territorial transversal, et où l’alimentation joue le rôle d’un objet intégrateur de ces liens. Il faut surtout y lire l’importance de la construction de capacités d’actions locales où les compétences se construisent dans et par l’action collective territorialisée.

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Cependant l’approvisionnement local pour la restauration collective pose un ensemble de limites que Ségolène Darly et Christine Aubry propose d’analyser à l’aune de la demande en produits locaux de la restauration collective francilienne et de ses liens avec l’offre de proximité. L’auteure montre que les ressources productives (potentiel de l’agriculture urbaine et périurbaine, les infrastructures de commercialisation, etc.) et les ressources sociales (réseaux d’acteurs, connaissances, informations, etc.) peuvent influencer le volume des achats de la restauration collective mais peuvent également peser sur la diversité des réseaux d’approvisionnement alternatif. La notion du local varie selon les acteurs et leurs situations géographiques (sur le gradient urbain-rural). Elle couvre des conceptions allant des distances kilométriques, de la connaissance de producteurs et de la confiance associée à cette connaissance de l’origine des produits, aux termes de terroirs et des savoir-faire locaux et régionaux. La notion de local cache en réalité une diversité de réseaux d’approvisionnement de proximité utilisés par la restauration collective. Une autre limite repérée par l’auteure est celle de la représentation des coûts des produits locaux qui sont souvent considérés comme plus onéreux, les surcoûts étant liés à la logistique de transport. En définitive, les modalités de développement des produits locaux en restauration collective restent contraints dans le cas évoqués par la nature de la disponibilité de l’offre de proximité, mais aussi par l’existence de réseaux de recensement des producteurs ou encore l’état de ressources logistiques (équipement, main-d’œuvre, etc). Si la restauration collective a été adoptée par nombre d’agglomérations, elle pose aujourd’hui des problématiques nouvelles, tant dans ses dimensions techniques, que dans l’organisation des réseaux locaux agri-alimentaires et l’action collective territoriale.

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L’alimentation se présente ainsi comme un champ ouvert où se reconfigurent des liens entre acteurs. Ces processus de reconfiguration des liens touchent aux coordinations nouvelles, à la définition des enjeux communs, à l’affirmation des compétences, ou à l’émergence de nouvelles légitimités. En cela, l’alimentation urbaine se présente comme un traceur de nouveaux modèles de gouvernance.

Agricultures et alimentations urbaines, traceurs de nouveaux modèles de gouvernance, révélateurs de nouvelles figures de projet territorial

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Ce numéro spécial vise à dresser le panorama des expériences en cours dans les territoires, où de nouvelles dynamiques sont en train de s’instaurer, sous l’impulsion de nouveaux enjeux liés à l’agriculture et l’alimentation urbaines. Il a pour ambition de faire le point tant sur les politiques publiques que sur les initiatives locales et de révéler les changements perceptibles à différentes échelles, du quartier à la ville, du pays à la région, en passant par l’ensemble des territoires intermédiaires.

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C’est bien un foisonnement de nouvelles dynamiques que l’on peut observer dans les territoires, où se reconfigurent agriculture et alimentation sous l’influence du fait urbain et où se recréent de nouvelles formes d’interactions. Ainsi, en parcourant le triptyque (Lardon, 2012) - acteurs, activités, espaces - nous avons mis en lumière de nouvelles trajectoires de développement.

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Relativement aux acteurs, on redécouvre la diversité des statuts d’agriculteurs, entre professionnels et de loisirs, à l’aune du continuum des formes d’agriculture urbaine et péri-urbaine. Au Nord, les circuits de proximité interrogent l’accessibilité aux populations défavorisées. Au Sud, l’agriculture par les acteurs de la ville révèle des dynamiques de pauvreté. Pour autant, de nouveaux acteurs émergent, que ce soit des acteurs publics ou des acteurs intermédiaires. La société civile s’invite au débat et l’acteur public s’invente de nouvelles légitimités.

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Quant aux activités, elles se renouvellent avec le nouvel enjeu de sécurité alimentaire, pour les villes et pour les territoires. Si agriculture et alimentation ont toujours été liées par le passé, la nouvelle donne renverse les dynamiques actuelles pour une plus grande diversité des formes de production, pour des rapports différents entre production et consommation, pour des pratiques habitantes de jardinage ou de restauration.

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En ce qui concerne les espaces, la question des liens entre ville et agricultures ne se pose plus en termes d’état des lieux (espace agricole cadre de vie, paysage ou réserve foncière), mais bien en termes de projet (projets agri-urbains, nouvelle fabrique de la ville, parcs agricoles). L’agriculture investit les espaces interstitiels ou les espaces publics, s’invite dans les politiques pour le développement durable ou la sécurité alimentaire, tant et si bien que l’on commence à parler d’ « urbanité agricole » ou d’ « agrarisation de la ville ».

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Il s’avère alors que l’agriculture et l’alimentation urbaines se posent comme traceurs de nouveaux modèles de gouvernance. Parce que rien n’est acquis et que de nombreuses solutions restent à explorer. Parce que ce qui fonctionne ici ne marche pas ailleurs. Parce que les rapports de force peuvent s’inverser. On constate un changement, mais pour aller au-delà de ce constat et porter des pistes d’avenir, il importe de mieux comprendre les dynamiques en cours et d’anticiper sur la façon de les orienter, dans une perspective de rendre opérationnelles les dynamiques de transition des systèmes vers la durabilité.

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Mais ce qui bouge est-il à la hauteur des enjeux de développement durable ? On peut s’interroger encore sur la réalité des interactions urbain-rural, sur l’accessibilité aux ressources par l’ensemble des populations, sur les capacités de coordination des actions. Aussi les agriculteurs professionnels ne sont-ils pas encore convaincus de l’intérêt d’urbaniser l’agriculture, les habitants n’ont-ils pas encore beaucoup d’espaces de liberté pour développer leurs pratiques, les collectivités territoriales sont-elles encore à la recherche de modalités d’intervention socialement acceptables et efficaces. Des voies sont ouvertes, mais il reste du chemin à parcourir pour une intégration des acteurs, des activités et des espaces de l’agriculture et de l’alimentation urbaines.

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Dans cette perspective, trois pistes restent à approfondir.

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La première est celle du projet. Les figures de projet territorial se construisent sous nos yeux (Debarbieux et Lardon, 2003). Elles se donnent à voir dans la diversité des formes d’organisation et la multiplicité des acteurs qui se coordonnent pour les mettre en œuvre. Il importe de les comprendre et de les expliquer, car ce sont elles qui construisent les territoires de demain. Les méthodes de diagnostic et de prospective sont appelées à en rendre compte (Lardon et al., 2005). Mais il est nécessaire aussi de les inter-relier, pour connecter les territoires (Vanier, 2010) et donner du sens aux actions collectives, tant par les acteurs publics que privés, institutionnels que professionnels, individuels que collectifs. A ce titre, deux fronts de recherche sont à explorer : l’articulation des échelles d’action et l’émergence des acteurs intermédiaires comme médiateurs de ces processus d’intégration de l’agriculture et de l’alimentation dans les territoires.

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La seconde piste est celle de l’hybridation, en trois dimensions : hybridation des types d’acteurs pour assurer une chaine d’ingénierie territoriale (Lardon, 2011) capable d’assurer une mise en œuvre efficace et satisfaisante des projets pour tous, des formes d’organisation, pour mettre en synergie les avantages, jouer sur les opportunités et anticiper l’avenir et des compétences pour valoriser les potentiels de ressources (Gumuchian et Pecqueur, 2007) et favoriser les dynamiques de développement territorial (Torre et Wallet, 2013). L’agriculture et l’alimentation gagneraient à cette hybridation, tant elles sont complémentaires et contrastées, l’une pouvant pallier aux faiblesses de l’autre et réciproquement, pour soutenir un développement équilibré et harmonieux. C’est en tous cas un défi qui pourrait être astucieusement étudié dans une comparaison Nord/Sud, quand les enjeux d’une agriculture durable et d’une sécurité alimentaire sont convoqués à la même table.

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La troisième piste est dans la remise en cause des modèles, dans tous les sens du terme. Modèles de développement prônés dans le cadre de la mondialisation par les instances internationales ou par les hobbies locaux. Modèles d’analyse des chercheurs qui trop souvent s’attachent aux évidences quantifiables, sans rendre compte des significations observées sur le terrain. Modèles de représentation des différentes catégories d’acteurs qui peinent à intégrer une diversité de points de vue et à construire une vision partagée. Pour adapter les modèles aux situations, pour coordonner les actions, pour intégrer les différents enjeux des territoires, il est fait appel à la participation de tous. L’agriculture et l’alimentation sont une bonne occasion d’expérimenter et de tester cette construction de nouveaux modèles, car ni les professionnels de l’agriculture, ni les industriels agro-alimentaires, ni les institutionnels du développement, ni la société civile, ni les chercheurs disciplinaires ni les praticiens généralistes n’ont la clé du problème. C’est ensemble, en chaque lieu, en chaque instant, que s’énonce le problème et que s’ébauche la solution. Comment faire, sinon participer à ce grand changement ?


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Plan de l'article

  1. Des agricultures urbaines et périurbaines plus intégrées
  2. L’alimentation, un moteur puissant pour une « gouvernance agri-urbaine » ?
  3. Agricultures et alimentations urbaines, traceurs de nouveaux modèles de gouvernance, révélateurs de nouvelles figures de projet territorial

Pour citer cet article

Lardon Sylvie, Loudiyi Salma, « ‪Agriculture et alimentation urbaines : entre politiques publiques et initiatives locales‪ », Géocarrefour, 1/2014 (Vol. 89), p. 3-10.

URL : http://www.cairn.info/revue-geocarrefour-2014-1-page-3.htm


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