2007
Géographie, Économie, Société
Éditorial
Annie Lamanthe
Delphine Mercier
Corinne Tanguy
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Située de part et d’autre du fleuve Uruguay, et à cheval sur deux pays l’Argentine et l’Uruguay, la région de Cuenca del Plata est une des principales zones sud-américaine de production d’agrumes frais cultivés pour l’exportation en contre-saison vers l’Europe
[1]. Elle fait son entrée sur le marché mondial au début des années 70 et contribue, depuis, à la position dominante de ces deux pays dans le domaine : plus de 40% des importations européennes d’agrumes en étaient originaires à la fin des années 90. Au cours de la dernière décennie, le contexte concurrentiel des entreprises de la région a connu une évolution notable, en raison en particulier de la libéralisation continue des échanges et du rôle croissant de la grande distribution européenne, principal client et débouché de cette production.
« L’orange bleue » est un regard porté sur la mondialisation. Ce regard a une double ambition. Il s’agit, d’une part, de comprendre la construction sociale et historique de systèmes agroalimentaires inscrits dans la mondialisation et celles de leurs capacités à s’insérer dans un espace économique mondial. Il s’agit, de l’autre, de raconter une « autre histoire » de la mondialisation, et ceci à partir d’un triple point de vue : celui de partir d’une région du Sud, de s’intéresser aux producteurs et de privilégier les apports pluri-disciplinaires et pluri-nationaux. Les contributions présentées dans ce numéro émanent pour la plupart d’une recherche collective conduite au début des années 2000 sur la région de Cuenca del Plata
[2]. Elles rassemblent des auteurs de disciplines, institutions et pays différents : économistes, sociologues et géographes, français, espagnols et sud-américains.
La mondialisation est un phénomène complexe qui comporte de multiples facettes et alimente de nombreux débats sur sa réalité, son ampleur, ses caractéristiques, sa définition…. (Martin et al., 2003). Nous la considérons ici principalement sous l’angle de la circulation des marchandises, comme un processus d’extension croissante des marchés que traduisent à la fois l’expansion du commerce international et la multiplication des zones de libre-échange. De ce point de vue, la circulation de l’orange fraîche, -produite en Amérique Latine spécifiquement pour être exportée sur les marchés européens et concernée par au moins deux zones de libre-échange, l’Union Européenne et le Mercosur-, est un bon analyseur. A travers les différentes contributions, ce fil conducteur permet de mettre à jour certains des mécanismes sous-jacents à la mondialisation et, en définitive, de faire ressortir son caractère de phénomène concret et construit. Dans ce sens, ce processus d’extension croissante des marchés peut légitimement relever d’une analyse en termes de « construction sociale des marchés » mettant l’accent sur les conditions qui le rendent possible et, partant, sur les acteurs qui en sont au cœur et qui l’orientent par leurs actions, les relations qu’ils entretiennent et les dispositifs qu’ils construisent. C’est ce que nous proposons ici.
Le renouveau de la sociologie économique dans les années 90, nord américaine d’abord et française ensuite (Smelser et Swedberg, 1994 ; Steiner, 1999), a consacré beaucoup de ses forces à tenter de faire contre-poids à la prégnance des analyses accordant une place majeure aux forces d’un marché « libre », elles-mêmes concomitantes à la montée des modes de régulation par le marché. De nombreux travaux ont ainsi montré que tout marché concret est le fruit d’une construction et s’inscrit dans un ensemble de relations sociales, y compris quand il tend à se rapprocher du modèle le plus pur (Garcia Parpet, 1986). Plus récemment, des auteurs comme Fligstein ou Nee et Swedberg (2005) ont insisté sur les limites de ces approches qui ont tant fait pour démontrer cet encastrement social des marchés au plus près de leur fonctionnement réel qu’elles ont délaissé l’analyse du rôle joué par les forces macro-institutionnelles. Fligstein souligne que, au-delà des réseaux sociaux et des interactions individuelles, les actions entreprises par les Etats et les gouvernements ont une importance majeure dans la création de nouveaux marchés et de nouvelles activités. Il insiste ainsi sur la nécessité qu’il y aurait aujourd’hui à rapprocher les deux niveaux d’analyse pour mieux comprendre les dynamiques du capitalisme. L’histoire de l’orange fraîche de Cuenca del Plata nous montre que l’insertion de la production d’agrumes de cette région dans le commerce mondial, son maintien et le renforcement de sa position dans celui-ci, se situent à l’intersection de l’action de nombreux acteurs intervenant à une multiplicité de niveaux. Nous en distinguons trois grandes catégories.
La mondialisation, entendue à la fois comme phénomène d’extension des marchés, de création de nouvelles opportunités commerciales et de développement économique, relève d’un ensemble d’encastrements. Elle est construite, d’une part, par les acteurs de la région eux-mêmes, qu’il s’agisse des acteurs individuels comme les entrepreneurs ou plus collectifs comme les familles et les groupes sociaux… qui se saisissent de ces opportunités et construisent les capacités et les ressources leur permettant de le faire. Depuis le milieu du XIXe siècle, le sort de la production d’agrumes dans la région de Cuenca del Plata est étroitement imbriqué à celui de différentes vagues de migrants venant d’Europe : basques, italiens, « pieds-noirs ». En quête d’ascension sociale, ces migrants se glissent dans les vides laissés par les populations déjà installées. L’agrumiculture leur offre cette possibilité mais, pour se développer, elle doit encore s’affirmer contre la position dominante qu’occupent, dans les deux pays, l’élevage et les groupes sociaux se livrant à cette activité. Ces différentes vagues de migrants vont travailler à la construction et à la consolidation de cette activité productive, sur différents plans : la production (aspects techniques, culturaux et organisationnels), la commercialisation des produits et l’institutionnalisation de la profession ; ils contribueront ainsi à l’émergence d’un système productif local autour de l’agrumiculture (production, conditionnement, négoce, transports…). Ce sont les « pieds-noirs » qui vont être à l’origine du développement de l’activité d’exportation vers l’Europe, dans les années 60. Ils bénéficient tout à la fois de savoir-faire acquis en Afrique du nord dans la viticulture et l’arboriculture, de capitaux leur permettant d’investir et de contacts avec les pays européens. Ils doivent alors composer avec les différents groupes et opérateurs concernés (Etats, transporteurs, dockers…) pour faire valoir et reconnaître cette activité et conduire le travail d’institutionnalisation nécessaire à son développement (contribution de D. Mercier et M. Supervielle). Dans ce groupe des « pieds-noirs », émergent des figures d’entrepreneurs qui joueront un rôle décisif (au plan technique ou pour la création d’entreprises leaders…) et des familles qui auront un caractère structurant en dirigeant les principales entreprises pendant plusieurs générations. Enfin, il faut noter le rôle joué par l’appartenance de ces familles et entrepreneurs au même milieu, celui de « pieds-noirs » partageant une communauté de sort. Cette appartenance leur permet de bénéficier de différents effets de « proximité » (Pecqueur et Zimmermann, 2004) : par leur insertion dans un réseau local dans lequel, de part et d’autre des frontières nationales, se construiront et circuleront les connaissances facilitant leur accès collectif à la performance économique ; par leur insertion facilitée dans des réseaux francophones les reliant à l’Europe et profitant à tous (contribution de C. Tanguy et G. Argenti).
La mondialisation est d’autre part construite par les Etats. Ceux-ci interviennent de différents façons. Tout d’abord, au sein de chaque nation en déterminant les politiques de soutien à certaines activités. Ainsi, avec le plan agrumicole de 1972, l’Etat uruguayen apporte pour la première fois un appui public conséquent à l’agrumiculture. Ce soutien va être à l’origine de l’essor économique de cette activité dans la région de Cuenca del Plata et de son entrée sur la scène mondiale. A l’inverse, le désengagement de l’Etat uruguayen et de la Banque de la République au début des années 2000 vont entraîner des difficultés pour les entreprises et contribuer au rachat de plusieurs d’entre elles par des groupes étrangers. Les Etats interviennent ensuite au niveau international : avec la constitution de vastes zones de libre-échange et en relation avec les organismes internationaux, ils ouvrent de nouvelles opportunités commerciales et de nouvelles concurrences dans le même temps qu’ils en déterminent les principales orientations et règles de fonctionnement (contribution de A. Lamanthe).
Entre ces deux niveaux les plus extrêmes, interviennent des acteurs de « rang intermédiaire ». Ce sont, tout d’abord, les réseaux socio-techniques qui vont permettre aux entreprises de répondre aux contraintes d’ordres technique, commercial et réglementaire liées à l’activité exportatrice (produire les variétés de fruits qui plaisent au consommateur européen, être en capacité de répondre aux normes des marchés européens…). Ces réseaux, composés à la fois d’acteurs publics et privés, procèdent tant des politiques nationales qui jouent un rôle dans la création d’instituts de recherche, d’expérimentation et de diffusion d’informations, dans la formation d’ingénieurs et de techniciens intervenant sur le terrain que d’échanges informels d’informations et de connaissances. Ils contribuent à construire les capacités et ressources nécessaires aux entreprises pour s’insérer et pour se maintenir sur le marché mondial (contributions de C. Tanguy et G. Argenti et de J.-R. Gallego). Ce sont, ensuite, les opérateurs de la chaîne de valeur. Dans les années récentes, se sont mises en place de puissantes chaînes de valeur internationales, dans lesquels les grands distributeurs européens jouent un rôle déterminant (Gereffy et Korzeniewicz, 1994 ; Schmitz, 2005). Ils constituent à ce titre un acteur central de l’extension des aires de circulation des produits. En tant que principal client des producteurs, en tant que producteurs de normes, ils contribuent à modeler les activités productives qui souhaitent s’insérer dans ces chaînes de valeur internationales et s’y maintenir. Dans le même temps, ainsi que le montre la contribution de J. Walter et J. Ruffier, les producteurs conservent une certaine marge de manœuvre, ils privilégient des stratégies de diversification des circuits de commercialisation afin d’échapper à cette emprise croissante. Au sein du commerce international, les opérateurs du transport et de la logistique sont aussi des acteurs puissants puisqu’ils organisent les flux de marchandises entre les espaces concernés. Leurs propres logiques organisationnelles et stratégies impactent directement sur les modes d’organisation des producteurs (contribution de E. Foulquier). Enfin, les systèmes productifs locaux eux-mêmes peuvent être considérés comme des acteurs à part entière. Ils constituent, à des périodes données, des configurations spécifiques d’acteurs et de ressources (tant matérielles, -structure de l’appareil productif-, qu’idéelles : valeurs, croyances et représentations) qui orientent les possibilités d’adaptation ou d’insertion dans de nouveaux contextes (Lamanthe, 1998 ; Labrousse, 2003 ; Mendez et Mercier, 2005). La contribution de J.-R. Gallego met bien en évidence ce phénomène avec le cas du système agrumicole de la Communidad Valenciana (Espagne). Les caractéristiques qui, dans le passé, ont été à l’origine de la réussite économique de ce système deviennent des handicaps au début des années 80. Marqué par le minifundisme, la centralité du couple producteur-négoce privé et les logiques de spéculation individuelle, il a des difficultés à s’inscrire dans de nouvelles formes de concurrence. Celles-ci le mettent en effet en compétition avec des régions et des pays où l’activité est plus récente et d’emblée organisée pour s’y insérer favorablement. Pour maintenir leur position dans le commerce international, les entreprises du négoce vont se tourner vers l’importation en contre-saison d’agrumes produites en Argentine et en Uruguay, qui leur permettent de proposer des produits toute l’année à leurs clients. Elles concourrent par là à cette mise en relation d’espaces éloignés qui forme un des aspects de la mondialisation.
L’ensemble des acteurs ainsi identifiés intervient dans l’activité économique et dans la circulation des marchandises à travers un certain nombre de dispositifs, qu’ils contribuent à les mettre en place ou qu’ils s’appuient sur eux comme des ressources pour leur action. Ces dispositifs sont de différents ordres : techniques, réglementaires, organisationnels, incitatifs…. Ils constituent autant de dimensions d’analyse de la mondialisation privilégiées dans les contributions présentées : les zones de libre-échange, qui sont des dispositifs dont la visée est d’organiser l’extension croissante des marchés (contribution de A. Lamanthe) ; les dispositifs de normalisation (contributions de A. Lamanthe et de J.R. Gallego), qui constituent autant de conditions à la circulation des produits sur des aires élargies ; les systèmes d’innovation (contributions de Tanguy et Argenti et de Gallego), supports à l’insertion des systèmes locaux dans la mondialisation qui permettent l’accès des entreprises à certaines ressources ; les formes de gouvernance de la chaîne de valeur (contribution de J. Walter et J. Ruffier) et les dispositifs d’organisation et de gestion des flux de marchandises (contribution de E. Foulquier), dans lesquels se construisent les liens concrets entre les différents opérateurs participant au commerce international.
Dans le contexte de mondialisation ainsi décrit, des acteurs ont plus de pouvoir que d’autres pour orienter les processus en cours (les Etats, les grands distributeurs…). Des marges de manœuvres existent cependant. Ainsi, les systèmes agro-alimentaires qui peuvent développer des capacités à s’insérer dans le commerce mondial sont pris dans une double tension entre des forces d’homogénéisation, d’une part, et des forces de différenciation, de l’autre, propre au processus de mondialisation (Martin et al., 2003). Ils sont inscrits dans de grands mouvements internationaux qui les font évoluer dans une tendance au rapprochement de leurs caractéristiques, stratégies et pratiques (via le rôle de la normalisation et l’adaptation aux goûts des consommateurs notamment) ; dans le même temps, les processus sociaux qui s’y jouent, comme ceux qui sont décrits dans plusieurs contributions, contribuent à les spécifier.
Présentation de la recherche et méthodologie
La recherche présentée ici s’inscrit dans un dispositif de recherche plus vaste financé par un programme ACI « Cuenca del Plata », d’un programme ECOS-Sud et par les institutions dont dépendent les enquêteurs. Concernant les aspects retenus dans les contributions, ils émanent plus particulièrement d’une équipe pluri-disciplinaire (économie, sociologie, géographie), pluri-nationale (France, Uruguay, Argentine) et pluri-institutionnelle. La problématique de départ s’intéressait aux systèmes productifs locaux transfrontaliers et aux dynamiques qui s’y construisent. Dans le cas de Cuenca del Plata, l’industrie de l’orange est très vite apparue comme spécifique de cette dynamique transfrontalière.
Le recueil des données a été réalisé au cours de trois vagues successives d’enquêtes sur le terrain (février 2002, septembre 2002 et février 2003, durant des missions de 15 jours chacune). Les principaux producteurs d’oranges à contre-saison de la région, tant argentins qu’uruguayens, ont été enquêtés in situ. Ils sont au cœur des observations. A partir des producteurs, en leur demandant d’indiquer leurs clients, les structures d’appui technique avec lesquelles ils étaient en contact, leurs financeurs et les entreprises de logistique avec lesquelles ils travaillaient, des interviews ont été conduits à tous les niveaux de la chaîne qui va de la plantation des orangers dans l’hémisphère sud jusqu’au consommateur final de l’hémisphère nord : universitaires, salariés de centres de recherche et d’appuis techniques, transporteurs, acheteurs (hypermarchés et magasins spécialisés). Au total, la recherche est basée sur la réalisation d’observations et d’entretiens auprès des producteurs d’agrumes argentins (5 entreprises parmi les plus importantes en termes d’exportation européenne) et uruguayens (8 entreprises, soit la totalité des producteurs ou groupes de producteurs exportant en Europe) de la région de Cuenca del Plata, des acteurs de la grande distribution en France et en Argentine, des acteurs publics (institutions, ministères, universités, instituts de recherche…) et les principaux logisticiens et responsables portuaires. D’autres formes d’investigations ont été développées au cours de la recherche : travail sur archives, statistiques, documents, revues de presse ; une étudiante a réalisé un stage dans une entreprise uruguayenne.
Le recueil et le traitement de l’information ont mis en œuvre la technique des « regards croisés », mise au point par l’ensemble de l’équipe au cours de travaux antérieurs (Ruffier, 1996 ; Walter, 2002, Ruffier et Walter, 2002). Elle consiste à s’assurer de la présence d’au moins deux personnes de nationalités différentes durant les enquêtes de manière à ce que l’origine de l’enquêteur n’influe ni sur le choix des questions, ni sur l’interprétation des réponses. L’objectif était d’écarter les risques d’une vision éthnocentriste, voire d’une vision qui valoriserait davantage le point de vue d’un des maillons de la chaîne du fait d’une proximité de pensée entre enquêteurs et enquêtés.
Le terminal à conteneurs de Montevideo en 2003
(cliché : E. Foulquier)
Pré-acheminement camionné des oranges conditionnées en vrac sur palette (vrac palettisé)
(cliché : J. Ruffier)
Oranges uruguayennes prêtes à l’expédition en vrac palettisé en 2003
(cliché : J. Ruffier)
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Fligstein, N. (2005) States, Markets and Economic Growth, in V. Nee et R. Swedberg (ed.), The Economic Sociology of Capitalism, Princeton University Press, pp.120-143
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Gereffy, G. and Korzeniewicz, M. (1994) Commodity Chains and Global Capitalism, Westport, CT, Praeger
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Garcia Parpet, M.-F. (1986) La construction sociale d’un marché parfait : la marché au cadran de Fontaines-en-Sologne, Actes de la recherche en sciences sociales, 65, pp. 2-13
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Labrousse, A. (2003) Les mutations de l’économie est-allemande depuis la réunification : un éclairage institutionnel et évolutionnaire, Thèse en Sciences Economiques, Paris, Ehess
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Lamanthe, A. (1998) Eléments pour une approche des processus de configuration de l’activité productive : le cas de PME transformant des fruits et légumes en Provence, des « 30 Glorieuses » à la crise, Thèse en Economie et Sociologie du Travail, Aix-en-Provence, Lest-Université Aix-Marseille II
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Martin, D., Metzer, J.-L., Pierre, P. (2003) Les métamorphoses du monde. Sociologie de la mondialisation, Paris, Seuil
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Mendez, A et Mercier, D. (2005) Trajectoires territoriales et « empreinte » de l’histoire : le cas de Grasse et de la Ciotat en région PACA, Géographie, Economie, Société, 4, pp. 347-363
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Nee, V. and Swedberg, R. (2005), Introduction, V. Nee et R. Swedberg (ed.), The Economic Sociology of Capitalism, Princeton University Press, pp. XXXV-XLVII
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Pecqueur, B. et Zimmermann, J.-B., (ed) (2004) Economies de proximité, Paris, Lavoisier
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Schmitz, H., (ed) (2005) Local Enterprises in the Global Economy. Issues of Governance and Upgrading, Edward Elgar
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Smelser, N.J. and Swedberg, R., (ed) (1994) Handbook of Economic Sociology, Princeton University Press
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Steiner, P. (1999) La sociologie économique, Paris, La découverte
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Adresses email :
annie. lamanthe@ univmed. fr -
delphine. mercier@ univmed. fr
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Voir la carte page 254
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Voir présentation et méthodologie de la recherche ci-après