Géographie, économie, société
Lavoisier

I.S.B.N.sans
100 pages

p. 345 à 348
doi: en cours

Veille sur la revue
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Volume 9 2007/3

Montel-Dumont Olivia, ed., 2006, Les politiques économiques, Paris, La Documentation Française, (Cahiers français nËš355), 94 pages

En novembre et décembre 2006, les Cahiers français ont réalisé un numéro sur les politiques économiques. Le volume contenant une dizaine d’articles est divisé en trois parties : Principes et analyses, Contraintes et enjeux et Les politiques économiques dans l’Union européenne.
Parmi les articles, nous avons aperçu le travail de Christophe Demazière sur la décision et la mise en œuvre des politiques économiques de l’État souverain au polycentrisme institutionnel, ou encore sur la politique régionale, ou bien de Maurice Baslé sur L’évaluation des politiques économiques : pourquoi et comment ?
Les modalités de l’intervention publique n’ont pas seulement évolué sous l’effet des renouvellements théoriques et idéologiques. Elles se sont aussi adaptées à des changements économiques et institutionnels, sources des contraintes et de nouveaux enjeux.
La lecture de ce volume est destinée surtout aux économistes et à leurs étudiants, ainsi qu’à ceux qui travaillent sur les questions d’aménagement. Les encadrés en couleur violette mettent en valeur l’essentiel des définitions et des concepts utilisés. Par ailleurs les textes sont très lisibles, donc agréables à lire.
Georges Benko
CEMI–EHESS
© 2007 Lavoisier, Paris. Tous droits réservés.

Policar Alain, 2006, La justice sociale. Les enjeux du pluralisme, Paris, Armand Colin, 205 pages

Alain Policar vient d’offrir un ouvrage utile à un public étudiant et au-delà à des gens intéressés par la justice sociale. Le livre se présente en six chapitres et une introduction et une conclusion importantes. Le premier chapitre est consacré à l’exigence utilitariste, avec ses principes, difficultés et impasses. Puis John Rawls et le libéralisme égalitaire montrent la construction d’une théorie de la justice. Dans le chapitre trois la justice distributive est en question avec Hayek et Nozick. Le prochain nous amène vers les communautariens ou la critique de l’individualisme libéral, puis dans le cinquième le républicanisme est mis en question comme une alternative au libéralisme. Et l’on termine en abordant le thème de la reconnaissance à la délibération. Enfin, en conclusion, l’ouvrage nous interroge sur la tolérance, le pluralisme et l’universalisme.
L’ouvrage est facile à comprendre, malgré les titres de chapitre un peu difficiles. Il est complété par une bibliographie, une table des encadrés, un index des auteurs cités et des notions.
Ce livre fournit l’ensemble des instruments intellectuels et références nécessaires à qui se préoccupe ou doit traiter des conditions de l’existence en commun d’individus ayant des pratiques culturelles et des valeurs morales différentes.
Voici de quoi remplir les agendas des étudiants, qui ne manqueront pas de s’approprier et de mettre en pratique cet ouvrage critique. Il peut être proposé comme document de réflexion à la fois par sa vision claire des changements opérés et par son caractère universitaire.
Georges Benko
CEMI–EHESS
© 2007 Lavoisier, Paris. Tous droits réservés.

Puissant Sylvette, 2006, Les ségrégations de la ville-métropole américaine, Paris, L’Harmattan, 222 pages

Un ouvrage est paru aux éditions L’Harmattan, dans la collection Villes et Entreprises, et est intitulé Les ségrégations de la ville-métropole américaine. Ce livre est le résultat de l’équipe de Bordeaux qui s’est impliquée dans les analyses urbaines et plus particulièrement dans la connaissance des phénomènes de métropolisation et leurs impacts.
Sylvette Puissant, chercheur dans l’équipe IFRÈDE-IERSO, a rédigé ce texte qui vient en partie d’un programme de recherche et de différentes interventions dans le cadre de colloques aux États-Unis, lui donnant l’opportunité d’approfondir le cas des villes américaines. Une démarche qui s’est concrétisée par la publication de ce livre, en mettant en valeur les importantes données, explore les disparités de ségrégation selon les minorités, la taille et la localisation régionale des villes et en montre la persistance.
Elle s’attache à mesurer et à comprendre la ségrégation résidentielle des minorités à partir de lectures économiques de la condition métropolitaine qui nécessitent cependant un élargissement et des complémentarités de disciplines et de concepts. L’auteur analyse, ensuite des facteurs susceptibles d’expliquer les fragmentations des espaces urbains américains : emplois, revenus, mobilité, diversité, violence, population, langage, norme familiale, statut des logements et de leurs occupants. Les méthodes statistiques mesurent les influences majeures et conjointes.
L’ouvrage est composé de cinq chapitres, dans lesquels l’auteur examine différents phénomènes, commençant par les mesures, passant par la ségrégation résidentielle et polarisation socio-économique, puis par le voisinage, pour arriver à un système ségrégatif métropolitain.
Relisons la dernière phrase de l’ouvrage : « La ville-métropole parce qu’elle est le lieu de l’agglomération et de la diffusion, la condition métropolitaine parce qu’elle en est l’esprit, donnent des repères pour identifier le chemin de cette nouvelle urbanité qui pourrait naître de l’appartenance des individus à des contextes métropolitains porteurs d’histoires variées, de cultures préservées sans rigidités, de comportements pacifiés sans ombres ni frontières. »
Le livre est destiné à des lecteurs variés, enseignants, chercheurs, étudiants en politique urbaine, géographie, sociologie, plus à tous ceux qui vivent et sont intéressés par la culture américaine. Agréablement écrit, c’est un ouvrage à lire pour ceux que l’aménagement de l’espace concerne. Ils y rencontreront une pensée originale, qui ne mâche pas ses mots. L’ouvrage ne craint pas d’avancer des conceptualisations nouvelles dans un champ théorique et empirique largement ouvert.
Georges Benko
CEMI–EHESS
© 2007 Lavoisier, Paris. Tous droits réservés.

Zaoual Hassan, 2006, Management situé et développement local, Rabat, Horizon Pluriel, 213 pages

L’auteur, depuis maintenant de nombreuses années, apporte une contribution majeure au développement de la théorie des « sites symboliques d’appartenance », laquelle - à travers l’étude des économie dites « informelles » - entend dénoncer les impasses du paradigme standard de l’homo œconomicus tout en attirant l’attention sur l’ancrage socio-anthropologique des comportements des acteurs et des pratiques entrepreneuriales et territoriales qui leur sont associées.
Ce volume, actualisant divers écrits précédemment publiés, est structuré en cinq chapitres. Le premier s’interroge sur la gouvernance des organisations et plaide non pas pour une « modernité parachutée » (p. 31) mais pour un « management situé », à la fois « réactif » et « interactif » (p. 51). Les références à la transversalité, combinant interdisciplinarité et interculturalité, sont ici essentielles et permettent, en prenant notamment appui sur les stratégies d’innovation propres à une ethnie berbère marocaine (les Soussis), de mieux saisir l’importance des valeurs, des symboles et des croyances partagées dans les processus de changement.
Après cette prise en compte d’une rationalité « flexible » et « composite », place dans un second temps à l’examen des opportunités offertes par un développement local de proximité, fruit d’un « bricolage in situ » (p. 72) et d’une « coordination plurielle » (p. 76) épousant l’ « intimité des PME » (p. 87).
Troisième thématique centrale mise en exergue : celle des système complexes et de leur régulation. Les concepts de chaos, de désordre et d’indétermination sont ici au cœur de la réflexion et vont à l’encontre des prétendues « certitudes » des modèles technicistes, livrés clés en mains, et de la « théologie du marché » (p. 116) qui leur est sous-jacente.
Les problèmes d’innovation, de créativité ou de transferts de technologie sont pour leur part appréhendés avec la même grille de lecture, « effet territoire » et « économie du savoir » se conjuguant de manière spécifique (pp. 113-163).
Les trente dernières pages, de nature plus méthodologique, fournissent un éclairage critique sur les dispositifs statistiques habituellement mis en œuvre pour mesurer croissance et richesse, l’impératif de « globalisation » occultant la « diversité civilisationnelle de notre monde, comme base d’un renouvellement de nos modes de pensée » (p. 167). La réintroduction, au cœur des théorisations contemporaines, de la socialité, de la durabilité ou du métissage vise ainsi à « humaniser » et à « solidariser » le développement.
Au total, un ouvrage de qualité, bien argumenté et très décapant.
Gilles Ferréol
Université de Franche-Comté, LASA
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