Accueil Discipline (Psychologie) Revue Numéro Article

Gérontologie et société

2001/1 (n° 96)



Article précédent Pages 77 - 94 Article suivant
1

L’animation s’évalue-t-elle ? Quelle grille utilisez-vous ? Est-il normal que les animateurs de notre institution n’évaluent pas leurs actions ? Nombreuses sont les questions qui nous sont posées sur ce thème.

2

Notre équipe travaille depuis 15 ans sur l’évaluation des animations mises en place, mais l’évolution du public âgé malade hospitalisé, et l’évolution des pratiques professionnelles nous ont amené à affiner notre pratique depuis 1992. La détermination du projet d’établissement nous a conduit en 1995 à formuler de manière très claire des objectifs mesurables, là où il y avait seulement des lignes d’orientations.

3

Nos évaluations sont aujourd’hui régulières et à différents niveaux. Cependant, nous les voulons simples, rapides, et compréhensibles, et nous ne voulons surtout pas tomber dans le piège bien connu dans certains secteurs où l’on passe plus de temps à évaluer qu’à réaliser.

4

Nous proposons de voir, à partir de notre expérience concrète d’animateurs dans deux hôpitaux gériatriques :

  • les principes et les objectifs de nos évaluations;

  • quelles animations nous évaluons, pourquoi nous les évaluons, et quelles sont les points que nous n’évaluons pas;

  • le suivi des personnes dans les animations, étape de base de notre travail d’évaluation;

  • les différentes formes d’évaluations pratiquées (l’évaluation initiale, l’évaluation du souhait, l’évaluation par rapport à la prise en charge, l’ouverture vers d’autres projets,…).

5

Précisons également que tout notre travail d’animation vise au développement de la vie sociale de la personne très âgée malade hospitalisée. Notre démarche est sociale, et c’est sur ce plan que nous l’évaluons. Les liens que nous avons avec la thérapie sont des liens de complémentarité.

LES PRINCIPES ET LES OBJECTIFS DE L’ÉVALUATION

6

Le terme même d’évaluer cache bien des ambiguïtés. Sa caractéristique grammaticale en fait un verbe transitif; on peut donc évaluer un objet, un discours, un processus ou une personne, mais l’évaluation opère sur quelque chose, elle ne peut jamais être un absolu. Le dictionnaire lui-même nous en donne deux définitions différentes : attribuer une valeur précise ou approximative à, et porter un jugement sur.

7

L’évaluation se distingue de la connaissance objective. Elle est une estimation qui détermine une valeur de manière approximative, et qui mesure un écart.

8

L’évaluation dans les secteurs sociaux et médicaux sociaux s’est surtout développée à partir des années 1950, d’abord dans les pays anglo-saxons, et, à l’origine, pour mesurer l’efficacité des traitements psychothérapiques. L’extension s’est faite vers les domaines de la santé et de l’action sociale (et donc de l’animation).

9

Elle est la conséquence de plusieurs facteurs :

  • l’évolution très importante des sciences humaines (sociologie, psychologie appliquée, pédagogie, économie de la santé,…), donc l’évolution considérable des possibilités de mesurer l’efficacité de son action, de mesurer les écarts entre discours et faits, entre intentions et réalisations;

  • le développement des financements dans les domaines sanitaires et sociaux par l’Etat et les collectivités, qui ont bien sûr exigé des contreparties : démontrer une efficacité, justifier des coûts, rendre les activités transparentes;

  • les tentatives de maîtrise comptable des budgets sociaux, la réduction souhaitée des dépenses, la réduction des déficits sociaux nous entraînent non plus vers une mesure du service et de son efficacité, mais vers un fonctionnement planifié, gestionnaire, avec la mesure du rapport coût-service.

10

L’évaluation a vu apparaître beaucoup d’hésitations et beaucoup d’inquiétudes au long des cinquante dernières années : car elle implique d’une part mesure et amélioration de son action, renforcement de la légitimité des actions menées et de la crédibilité des professionnels qui les mènent, mais d’autre part, transparence, intrusion, contrôle, remise en question des habitudes et des pratiques.

11

Dans le grand secteur des services aux personnes (avec l’action éducative, l’école, la formation générale et professionnelle, initiale et permanente, l’action sociale, le secteur sanitaire, le champ culturel), on peut distinguer deux grands types d’évaluation qui s’affrontent depuis un demi-siècle :

  • la mesure de l’écart entre l’action menée et une norme, un référentiel : c’est l’évaluation normative, et l’on retrouve dans cette catégorie, les programmes d’analyses de services, les évaluationsaccréditations, et les démarches dites qualité;

  • la mesure de l’écart entre l’action menée et les objectifs visés : c’est l’évaluation par objectifs, intégrée dans le fonctionnement par objectifs et par projet, souvent appelée « recherche-action », ou quelquefois « évaluation répondante ».

12

Il y a bien évidemment fossé entre ces deux types d’évaluation.

13

Dans la première catégorie, l’évaluation normative, la méthode qui fait figure de référence est le Programme d’Analyse des Systèmes de Services (PASS), mise au point par Wolf Wolfensberger en 1969; il a d’abord servi à répartir les subventions aux structures pour déficients mentaux aux Etats-Unis et au Canada; plusieurs adaptations ont été réalisées en France, et utilisées sur les instituts médico-pédagogiques; un développement a aussi été tenté pour mesurer la qualité de vie dans les établissements pour personnes âgées [2]  Fondation Nationale de Gérontologie (FNG) et Groupe... [2] . Tous emploient les mêmes méthodologies : l’évaluation se fait par rapport à un référentiel, qui se décline dans une longue liste de descripteurs; les observations débouchent sur des scores qui sont transcrits sur des grilles. Il s’agit très clairement d’une évaluation quantitative par rapport à des normes [3]  La notion même de normalisation est un des principes... [3] ; plusieurs référentiels existent avec des influences théoriques et idéologiques différentes, mais assez souvent explicitées.

14

Les évaluations programmées dans les démarches qualité et les accréditations se situent dans cette logique; elles se disent différentes, mais elles ne le sont pas, sauf sur un point : les méthodologies sont identiques, mais le référentiel devient unique, voir universel; il se veut hors idéologie, au-dessus de tout, la norme absolue validée par les administrations, et donc quasi immuable. On développe même des « guides de bonnes pratiques professionnelles ». Les professionnels des secteurs éducatifs, sociaux, sanitaires et culturels ne se retrouvent pas dans ces évolutions menant à une vision unidimensionnelle de leurs pratiques. L’évaluation normative, par son histoire et sa conception, vise prioritairement le contrôle.

15

Dans la seconde catégorie, la recherche action, dont l’évaluation est intégrée dans le fonctionnement par projet, les priorités sont différentes : d’une part, les acteurs (public visé, entourage et professionnels), et les valeurs de ces acteurs sont intégrés dans l’évaluation (il n’y a donc pas une norme, mais plusieurs valeurs différentes), et d’autre part, l’évaluation entre dans une dynamique et participe à la détermination des objectifs futurs. L’évaluation intégrée refuse les notions simplistes de « bon » et « mauvais », et cherche à tendre vers les objectifs, à objectiver. Elle vise prioritairement l’évolution.

16

Il est bien évident que c’est dans cette deuxième conception que s’inscrit le travail d’évaluation de notre équipe d’animation.

TOUTE L’ANIMATION PEUT-ELLE S’ÉVALUER

17

Cette question vient souvent : « l’animation est un espace de liberté, un choix effectué par des personnes. L’évaluer est la réduire, l’instrumentaliser. L’animation peut-elle donc s’évaluer ?»

18

Nous pensons qu’il est important de distinguer deux niveaux de l’évaluation :

  • l’évaluation des processus mis en place et de nos pratiques professionnelles;

  • le suivi des personnes qui participent à l’animation.

19

Le premier est toujours faisable et toujours souhaitable. Le second n’est pas toujours faisable et pas toujours souhaitable, mais il l’est souvent; nous verrons les cas que nous excluons.

20

Mais, dans tous les cas de figure, nous ne voyons pas ce qui pourrait s’opposer à l’évaluation des processus mis en œuvre et des pratiques professionnelles. Par contre, le suivi des personnes peut ne pas être systématique.

21

Nous excluons du suivi individuel (mais pas de l’évaluation) certains types d’animations de grand groupe, où les conditions ne sont pas réunies pour permettre une observation des personnes et de leur comportement vis-à-vis des autres :

  • le cinéma et le karaoké, car la salle dans le noir limite considérablement les possibilités d’observation;

  • les spectacles, les concerts, les chorales, où un seul animateur ne peut pas suivre et observer les 80 personnes qui y participent;

  • les animations d’ambiance (par exemple dans le parc l’été), et les manifestations qui drainent beaucoup de personnes, et où les conditions d’observation ne sont pas réunies.

22

Mais, même sans suivi individuel, ces actions pourront être évaluées avec d’autres éléments (réactions des participants, prise en compte des avis des personnes relais (personnels, familles, bénévoles), analyse du déroulement, sondages d’appréciation, utilisation d’analyseurs,…), pour mesurer l’écart entre les objectifs et la réalisation, et l’écart entre les souhaits et les réalisations.

23

Nous excluons également du suivi individuel (mais pas de l’évaluation) certains projets qui sont en fait des réponses à des demandes individuelles et où le suivi n’est pas souhaitable, soit par respect de la confidentialité des souhaits, soit sur la demande de la personne : par exemple Monsieur D, malade, hospitalisé et handicapé, et Madame D, son épouse, souhaitent passer ensemble, chez eux, une après-midi d’amour. Nous ne ferons ni suivi, ni observation, mais nous pourrons néanmoins évaluer, à partir de leurs réponses ultérieures, si les moyens mis en œuvre pour les aider dans leur projet, étaient ou non adaptés [4]  Cet exemple, réel, correspond à la prise en compte... [4] .

24

Sont aujourd’hui concernées par le suivi individuel, toutes les animations en petits groupes (et à cause de l’évolution des capacités du public accueilli, ce sont celles qui se développent le plus), et de préférence, celles qui se déroulent avec une certaine régularité.

25

Sont concernées par l’évaluation toutes nos animations sans exception. Notre organisation d’équipe a été aménagée pour nous permettre toutes les semaines d’évaluer telle ou telle animation, tel ou tel projet.

26

Nous situons clairement nos animations :

Il s’agit d’une démarche (et non pas une succession d’activités), centrée sur les souhaits et demandes de la personne, visant à son intégration et à sa participation, et construite en plusieurs étapes : repérage du souhait, passage du souhait au projet, préparation, réalisation et évaluation [5]  Voir Hervy, B. « L’animation dans ses démarches »... [5] .

27

Nous situons clairement nos évaluations :

Elles font partie de notre démarche. Elles permettent de mesurer les écarts entre ce qui a été réalisé et ce qui était souhaité (ou/et ce qui était projeté). Elles permettent de rapprocher nos réalisations futures des souhaits, et elles permettent d’améliorer nos pratiques professionnelles.

28

Elles s’inscrivent dans des logiques pédagogiques.

LE SUIVI DES PERSONNES DANS LE PROJET, ÉTAPE PREMIÈRE ET INDISPENSABLE DE L’ÉVALUATION

29

Depuis l’année 2000, nous réalisons des suivis des personnes qui participent aux animations en groupe restreint, et nous diffusons tous les trimestres des fiches de suivi.

30

● Ces fiches de suivi sont individuelles, centrées sur la personne âgée hospitalisée, et elles peuvent être insérées dans les autres dossiers (infirmiers, sociaux, médicaux, psychologiques... selon les besoins), elles apportent un angle de vision différent des visions habituelles et se veulent simplement complémentaires. Elles sont faites tous les trimestres, et il y en a une par personne et par type d’animation. Il peut donc y avoir plusieurs fiches par personne si elle participe à plusieurs animations.

31

● Ces fiches sont établies comme suit : chaque semaine, l’animateur remplit très rapidement une fiche en écrivant un ou deux faits concernant la participation, l’expression ou la communication de la personne âgée. C’est à partir de cette fiche que tous les trimestres, le suivi est fait par l’animateur, puis discuté en équipe, avant d’être envoyé aux services intéressés.

32

● Afin d’en faciliter la lecture, elles sont toutes sur le même modèle et correspondent à trois secteurs importants dans notre démarche d’animation et nos objectifs (voir un exemple de fiche en annexe):

  • la participation à l’atelier ou au thème du groupe. Combien de fois la personne a-t-elle participé ? Sa participation est-elle active ou passive ? Comment participe-t-elle ?

  • l’expression de la personne : S’exprime-t-elle ? Par quel moyen ? Verbal ou autre ? Exprime-t-elle des ressentis ou des répétitions ?

  • la communication de la personne et sa place dans le groupe : Avec qui communique-t-elle ? Quelle place prend-elle vis-à-vis des autres et dans le groupe ? Quel rôle a-t-elle ?

33

Selon les animations, telle ou telle partie peut ne pas être développée : par exemple, pour un petit service mobile de vente de produits de dépannage (qui est plus un service qu’une animation), la participation et l’expression sont importantes, mais l’évaluation sur la troisième partie, le groupe, n’a pas lieu d’être, puisqu’il n’y a pas de groupe, il n’y a qu’un rapport entre « acheteur » et « vendeur ».

34

Le temps passé sur ce travail est un facteur à prendre en compte :

  • Pour la première étape (inscrire un ou deux faits par personne après chaque séance), nous visons deux minutes par personne (les premières séquences ont été un peu plus longues), ce qui veut dire sur un atelier de 15 inscrits, avec 10 participants à chaque séance, 20 minutes par séance;

  • Pour la deuxième étape (la rédaction par l’animateur de la fiche de suivi tous les trimestres), le temps est plus important : nous reprenons les fiches hebdomadaires, les relisons, quantifions la participation, et rédigeons la fiche : un minimum de 5 minutes par personne est indispensable, et le temps varie de fait entre 5 et 15 minutes, ce qui fait, pour notre groupe de 15, un maximum de deux heures et demie;

  • La troisième partie (lecture et discussion en équipe) est plus courte, et varie beaucoup. Notre expérience nous amène à une heure maximum pour notre groupe de 15;

  • Le total annuel consacré par un animateur à ce travail de suivi sur un atelier hebdomadaire est donc :

    • 20 minutes x 45 semaines = 15 heures

    • 2,5 heures x 3 trimestres = 7,5 heures (dans la pratique, le trimestre d’été ne donne pas lieu à un suivi complet, il est intégré dans celui de l’automne)

    • 1heure x 3 trimestres = 3 heures

    • total général annuel : 35,5 heures, soit environ l’équivalent d’une semaine sur l’année.

35

● Ces fiches de suivi sont pour l’équipe d’animation un des outils permettant d’évaluer ses actions et leur pertinence par rapport aux souhaits et capacités des personnes âgées. Les évaluations sont faites par rapport à des objectifs précis et qui varient selon les actions et les priorités; elles permettent l’évolution, l’adaptation et l’ouverture. Elles sont un point de départ à l’évaluation de l’animation, et la discussion en équipe permet à tous d’avoir les mêmes éléments. Elles permettent aussi de déterminer l’animation la plus appréciée par la personne, et d’envisager celle qui pourrait lui être proposée en cas d’appréciation négative.

36

● Ces fiches ne sont pas des fiches d’évaluation thérapeutique, et ne peuvent donner d’éléments sur l’amélioration de performances ou de compétences. Elles ne font qu’apporter des éléments sur la vie relationnelle et sociale de la personne, sur sa participation, sur son expression concrète hors du soin et de la relation familiale, et sur sa relation aux autres dans un groupe. En ce sens, ces observations s’intègrent dans la prise en compte de toutes les données concernant la personne hospitalisée, et dans la prise en charge globale souhaitée. L’animation permet d’avoir une vision différente de la personne, puisque nous sommes hors de champs spécifiques, hors du champ du soin, hors de la relation duelle soignantsoigné, et hors du milieu familial.

37

● Ces fiches peuvent bien sûr être communiquées aux personnes hospitalisées qui le demande et aux familles mandatées. Il est cependant indispensable que ce soit le service qui les a remplies (et mieux, l’animateur concerné) qui le fasse, ce qui facilite l’échange, et permet d’expliquer et de justifier telle ou telle observation, et enrichit notre connaissance de la personne.

38

● Ces fiches de suivi apportent une crédibilité importante à notre travail social de la part des autres professionnels qui entourent, suivent et soignent la personne âgée malade. Elles jouent un rôle important dans la circulation de l’information entre tous les professionnels de toutes catégories. Elles permettent aussi à ceux qui sont en contact permanent avec la personne âgée, au personnel soignant, de continuer à tenir une place importante dans l’animation et la vie sociale de ceux qui leur sont confiés

LES AUTRES ÉTAPES DE L’ÉVALUATION

L’ÉVALUATION INITIALE

39

La mise en place de cette étape est en cours, et n’est pas aujourd’hui achevée. Bien entendu, il s’agit, là encore, d’une approche sociale, différente et complémentaire de l’approche thérapeutique. Le support utilisé pour cette évaluation initiale est une fiche de présentation individuelle. Elle comporte quatre volets différents, plus une synthèse et une ébauche de projet de vie :

  • Le premier volet comporte les renseignements généraux sur la personne (nom, sexe, âge, lieu de naissance, profession, situation familiale), et quelques éléments clés sur sa vie (quelques expériences marquantes, ses habitudes de vie, ses centres d’intérêt et leurs évolutions).

  • Le second volet concerne l’évaluation des capacités relationnelles de la personne, et il est composé de plusieurs rubriques : la relation à l’environnement (déplacement, orientation spatio-temporelle, capacités sensorielles), la socialisation (aptitudes à l’expression, à la communication, à l’insertion), et enfin la conscience du réel (mémoire, cohérence de la pensée, reconnaissance des autres).

  • Le troisième volet présente des renseignements sociaux plus confidentiels : situation juridique, fréquence et type de relations avec l’entourage, contacts éventuels. Cette partie vise à évaluer le degré d’isolement et à mesurer la répartition des rôles dans l’entourage naturel.

  • Le quatrième volet situe la personne dans les animations et les projets : elle se présente comme trois cercles : le plus large concerne les éventuelles sorties à l’extérieur de l’hôpital, le cercle intermédiaire la participation aux animations centrales et aux ateliers, et le cercle de proximité la participation aux animations et aux projets menés dans l’unité de soins et par les personnels soignants (fêtes, repas spéciaux, réalisations en petit groupe, voire en individuel).

  • La synthèse et l’ébauche d’un projet de vie terminent le constat et préparent la suite :

    • la synthèse permet de mettre en avant les points forts des observations précédentes;

    • le projet de vie retient d’abord un certain nombre de centres d’intérêts de la personne qui vont servir de socle au projet;

    • il fixe les objectifs à atteindre;

    • il liste les animations et projets existants qui correspondent aux centres d’intérêt retenus, et dans lesquels l’intégration de la personne peut être envisagée;

    • il définit les projets spécifiques à mettre en œuvre;

    • il prévoit le soutien et les accompagnements à mettre en place;

    • il prévoit les évaluations et les réorientations.

40

Ce support pour l’évaluation initiale a nécessité une longue préparation. Les premières élaborations ont été réalisées par des personnels de soins lors de deux sessions de formation à l’animation avec les CEMEA [6]  Les CEMEA (Centres d’Entraînement aux Méthodes d’Education... [6] . Nous avons repris ces premières élaborations et les propositions d’améliorations des soignants, et proposé un nouveau support. Les différents intervenants (médecins, soignants, assistants sociaux,…) ont donné leur avis, et proposé leurs aménagements. La mise en place a aujourd’hui commencé, mais d’autres évolutions seront apportées dans l’avenir, au fur et à mesure des remarques des utilisateurs.

41

La quasi-totalité des éléments de cette évaluation initiale (sauf la synthèse et le projet de vie) existe déjà, répartie dans divers dossiers. Il s’agit souvent de les rassembler et de les relier les uns aux autres. Un travail social précis et individualisé ne peut plus s’envisager sans une évaluation individuelle initiale. Et demain, quand arrivera le dossier unique informatisé, il faudra prévoir des utilisations codées pour les médecins, d’autres utilisations codées pour les infirmiers, les administratifs, les services sociaux, mais aussi des utilisations codées pour les animations et les projets de vie.

42

Ces évaluations initiales demandent un temps que nous situons entre une et quatre heures par personne. Il s’agit de rassembler des éléments existants, d’avoir des entretiens avec la personne et ceux qui l’entourent (famille, soignants, services de rééducation,…). Ces évaluations peuvent être faites par différentes catégories de personnel : les soignants, les animateurs, des stagiaires encadrés, des personnels relais. Nous en avons également une intéressante utilisation par le centre interne de jour [7]  Le centre interne de jour est une structure interne... [7] , qui réalise des évaluations pertinentes, et qui, à partir de ces supports (et des fiches de suivi déjà présentées), prévoit avec nous des relais pour assurer l’après centre de jour et le suivi des personnes.

43

Une autre utilisation concerne le passage de soins de suite en soins de longue durée : il est nécessaire d’aménager une période de transition entre la décision de passage et le moment effectif du passage, et d’y réaliser les bilans, de définir les nouvelles orientations, donc entre autres, l’ébauche d’un projet de vie.

L’ÉVALUATION PAR RAPPORT AUX OBJECTIFS, AU PROJET D’ANIMATION, PAR RAPPORT AUX SOUHAITS DE LA PERSONNE, ET L’OUVERTURE VERS D’AUTRES PROJETS

44

Il s’agit là d’un des constituants fondamentaux de notre démarche d’animation : des souhaits, des demandes, des manques ont été repérés, nous mettons en place des projets visant à répondre à ces souhaits, ces projets ont bien sûr des objectifs précis, mesurables. Une fois l’animation réalisée, il doit y avoir évaluation, c’est-à-dire mesure de l’écart entre d’une part ce qui a été réalisé, et d’autre part :

  • les souhaits initiaux de la personne;

  • le projet d’animation, et en particulier tous ses objectifs.

45

Dans tout travail social, il est inévitable qu’il y ait des différences, qu’il y ait des écarts, car les souhaits évoluent : nous ne travaillons pas à partir de matériaux fixes, de plastique ou de métal, mais à partir d’êtres humains, beaucoup plus sensibles aux influences de leur environnement, aux aspects relationnels et affectifs, mais surtout ayant leurs propres valeurs et leurs propres capacités d’autodétermination; de plus, les interactions entre les différents acteurs sont une réalité incontournable, et les conditions de réalisation jouent un rôle important. Néanmoins, pour améliorer nos réponses et nos pratiques, il est indispensable de mesurer ces écarts, de les analyser, puis de les réduire. C’est le rôle de l’évaluation.

46

L’évaluation va nous permettre de mesurer plusieurs aspects et plusieurs écarts :

  • L’écart entre le souhait et le projet : il existe toujours, comme tout projet commun entre des personnes vivant dans le même cadre, mais il est souvent possible de le réduire considérablement. Par exemple, la personne âgée peut souhaiter une fête, mais la musique et l’ambiance projetées vont parfois être plus proche des références de fête de certains personnels (ambiances celtes ou caraïbes) ou des enfants des personnes hospitalisées (rock 1re génération), que des références de fête des personnes âgées elles-mêmes. ...

  • La mesure de la satisfaction (ou non) de la (ou des) personnes : c’est l’intégration de la personne et de ses valeurs comme une des références fondamentales, et c’est une des différences avec l’évaluation normative.

  • La mesure des différents objectifs projetés (ont-ils été atteints ou pas ? Dans quelles proportions ? Pourquoi ?), et la mesure de l’écart entre la réalisation et les objectifs : cette mesure point par point doit concerner tous les objectifs prévus, même ceux qui ont été abandonnés.

  • Les raisons de ces écarts : c’est une étape d’analyse indispensable pour comprendre et améliorer. Les écarts ont souvent non pas une cause, mais plusieurs. Sur certaines causes, il sera difficile d’agir, du moins avec un résultat immédiat (insuffisance de personnel ou insuffisance de moyens), certaines causes dépendent d’autres équipes, ou plus exactement de mauvaises coopérations, mais certaines causes dépendent de l’animateur lui-même : objectifs ambigus et priorités pas claires, consignes confuses, aménagement de l’espace inadapté, absence de maîtrise du temps, situation du groupe insuffisamment prise en compte, respect insuffisant des valeurs des personnes, mauvaise maîtrise technique des outils utilisés, attitudes de l’animateur comprises d’une façon différente de ses intentions, faire passer l’activité et la technique avant le souhait, relation d’aide inadaptée,… Sur tous ces facteurs qui dépendent de l’animateur (ou mieux de l’équipe d’animation), il sera possible d’agir.

47

Pour mesurer tous ces écarts, nous utilisons différents moyens :

  • Les fiches de suivi individuel décrites ci-dessus (voir partie n° 3);

  • Les réactions des personnes pendant et après l’animation : les réflexions, les appréciations, les valeurs, les normes des personnes concernées ont, dans un travail d’animation, une place essentielle et beaucoup plus importante qu’un référentiel.

  • Les réactions des accompagnants et des personnes relais : leur apport est d’autant plus important que les capacités d’expression des personnes sont réduites.

  • Des petites enquêtes et des sondages d’appréciation : ces méthodes sont utilisées pour affiner notre mesure : par exemple, sur l’inter génération, des sondages réalisés à différents moments permettront de savoir si la vision sur la jeunesse (ou sur la vieillesse), sur l’utilité de ces échanges,… a ou non évolué, à quel moment, suite à quel événement.

  • L’utilisation d’analyseurs : certains éléments, concepts, thèmes ou composants du groupe vont nous permettre de mesurer l’évolution des personnes et du groupe par rapport aux objectifs visés.

  • L’analyse, en équipe, du déroulement de la séance et l’observation extérieure et qualifiée : cette approche, très professionnelle, abordera bien sûr des aspects de techniques d’animation, mais aussi et surtout des questions relatives à la maîtrise des méthodologies et des démarches, et à la cohérence des comportements d’animateurs. Notre organisation d’équipe ne nous permet pas d’analyser chaque réalisation, mais d’examiner régulièrement une animation par semaine. L’observation extérieure permet d’approfondir : un animateur qualifié (mais non investi habituellement dans l’animation concernée, membre de l’équipe ou extérieur) est présent et observe toute une séance; il n’y participe pas et note tous les points clés : séquences, articulations, cohérences. Tous ces points sont ensuite travaillés, non pas dans des perspectives de sanction, mais d’amélioration. Ces moyens sont sûrement parmi les plus efficaces, mais ils demandent des équipes (là où l’animateur est souvent seul) et des animateurs qualifiés (ce qui malheureusement, n’est pas toujours le cas). Mais quand nous pouvons le faire, observation et analyse nous permettent de cerner les séquences, percevoir les dérapages, les incohérences, les hésitations, les inadaptations aux personnes, au groupe, ou au moment. Les difficultés les plus fréquentes ne sont pas techniques, mais méthodologiques et pédagogiques.

48

Les objectifs de l’évaluation effectuée sont à plusieurs niveaux :

  • Repérer les dysfonctionnements et les points à améliorer dans les différentes étapes de la démarche, identifier ceux qui peuvent amener des améliorations :

  • Quand les améliorations dépendent de notre équipe d’animation, mettre en place tous les éléments, toutes les démarches pour améliorer nos pratiques professionnelles, ce qui peut passer par :

    • mettre en place les formations nécessaires;

    • mettre en place l’observation qualifiée pour identifier avec précision les difficultés;

    • mettre en place un renfort temporaire sur l’animation concernée, retravailler en équipe les objectifs de l’animation concernée et les méthodes employées.

  • Quand les améliorations dépendent d’éléments extérieurs à l’équipe d’animation, communiquer avec les personnes et les équipes concernées, sans accusation mais avec des éléments objectifs, dans un échange centré sur la personne âgée, en prenant en compte les difficultés des personnes et des équipes, et surtout sans vision catégorielle ou corporatiste.

  • Aménager nos programmes, supprimer certaines animations, les remplacer par d’autres, en modifier certaines, afin d’être au plus proche des demandes et de leurs évolutions.

  • Faire émerger de nouveaux souhaits, ce qui va engendrer de nouveaux projets.

L’ÉVALUATION PAR RAPPORT À LA PRISE EN CHARGE GLOBALE DE LA PERSONNE ET À LA COMPLÉMENTARITÉ DES APPROCHES

49

Le discours est classique : « la prise en charge de la personne âgée dépendante doit être pluridisciplinaire », mais la réalité est parfois différente réduite à une seule dimension, certes importante, mais pas unique, le soin.

50

Souhaiter une démarche pluridisciplinaire, ce n’est pas renoncer à son approche, c’est accepter qu’il y en ait plusieurs, c’est reconnaître qu’elles se complètent.

51

Et ces complémentarités peuvent fonctionner uniquement quand les démarches sont centrées sur le même élément : la personne âgée.

52

Dans notre pratique de l’évaluation, trois aspects jouent un rôle important dans cette approche globale :

  • les fiches de suivi individuel;

  • l’évaluation initiale;

  • l’évaluation par rapport aux objectifs.

53

Les deux premiers apportent une vision relationnelle et sociale aux approches médicales, soignantes, et psychologiques. Le troisième fait de l’animation non pas une pratique de spécialistes, mais un terrain partagé et ouvert, et il confirme la position d’acteur de tous ceux qui entourent la personne âgée.

L’ÉVALUATION PAR RAPPORT AU PROJET PROFESSIONNEL

54

Elle est également importante, et concerne l’équipe d’animation et ses responsables. Comme toute évaluation professionnelle, elle est propre au secteur. Nous entendons trop souvent : « un animateur gentil est un bon animateur ». Si nous tenions les mêmes propos sur une infirmière ou un médecin, tous les soignants éclateraient de rire, demanderaient de quel droit nous émettons un tel jugement, et insisteraient pour que gentillesse et compétence ne soient pas confondus; et ils auraient entièrement raison.

55

L’évaluation professionnelle s’appuie sur tous les éléments que nous avons déjà développés. Elle s’effectue au fur et à mesure des évolutions des réalisations et de l’équipe. Et une fois par an, elle est formalisée lors de l’évaluation demandée par l’institution. Elle reçoit une concrétisation désuète, dépassée, inadaptée, et surtout administrativement obligatoire : la notation, déviance caractéristique de l’évaluation normative quand la norme a été oubliée ou n’a plus de pertinence.

56

Cette évaluation professionnelle reste importante, elle permet, lors d’un entretien entre l’animateur et le responsable, d’envisager et de programmer les éléments des évolutions professionnelles.

57

« L’animation s’évalue-t-elle ?», telle était notre question initiale, mais tout dépend quelle évaluation est mise en œuvre :

  • s’il s’agit d’une évaluation dynamique, une recherche – action intégrée à la démarche, cette évaluation est non seulement souhaitable, mais indispensable. Notre pratique va dans cette orientation, et c’est un moteur de changement pour tous;

  • s’il s’agit d’une accréditation dans une démarche dite qualité, s’il s’agit de cocher des centaines de grilles qui privilégient la technique au détriment du sens, s’il s’agit de référentiels qui se veulent absolus alors qu’ils ne sont et ne peuvent être que relatifs et partiels, s’il s’agit d’éliminer les valeurs des personnes âgées, inévitablement différentes des nôtres, alors il y a réellement danger de recul dans les démarches pédagogiques, sociales, sanitaires, culturelles. Seul le contrôle progressera.

58

Reste la question du temps,car nous sommes tenus entre deux exigences : un tel travail nécessite du temps, et nous ne voulons passer plus de temps à évaluer qu’à réaliser. Nous avons essayé de quantifier le temps passé par un animateur sur chaque support et étape :

  • fiches de suivi individuel : 35,5 heures par an;

  • évaluation initiale/présentation individuelle : 2 évaluations par mois, soit 20 par an, soit 60 heures;

  • travail d’évaluation en équipe : une heure par semaine, soit 45 heures par an;

  • évaluation du projet professionnel : 1,5 heures par an;

    soit un total de 142 heures annuelles, c’est-à-dire de 3,6 à 4,1 semaines par an (selon les bases de 39 ou 35 heures hebdomadaires), soit moins de 10% du temps de travail.

59

L’évolution du secteur de la prise en charge des personnes âgées dépendantes nous amène à placer l’évaluation au centre des évolutions :

  • l’évaluation des réalisations permet de les faire évoluer;

  • l’évaluation des souhaits et des capacités permet de construire, avec les intéressés, les projets de vie;

  • l’évaluation permet aux professionnels de progresser;

  • l’évaluation permet de crédibiliser nos actions auprès des autres professionnels, d’expliquer les moyens qui nous sont nécessaires, de développer un travail pluridisciplinaire, et donc d’améliorer la vie des aînés.


Annexe

ANNEXE

60

FICHES DE SUIVI :

61

La fiche ci-dessous est une fiche réelle, sur une personne hospitalisée ayant participé à un cycle de rencontres intergénérations avec des enfants d’un centre de loisirs et des petits d’une crèche. Les noms, prénoms ont été modifiés, le numéro de chambre n’existe pas, tout le reste est réel.

62

Ces fiches ne sont pas destinées à être copiées. Elles correspondent à des démarches précises dans des lieux précis. Soyons cohérents avec l’article, et invitons chaque équipe à créer ses propres outils. Un outil n’est pas bon dans l’absolu, il n’est que plus ou moins bien adapté.

 -

Notes

[2]

Fondation Nationale de Gérontologie (FNG) et Groupe d’Etude et de Recherche sur les Handicaps de la Sénescence (GERHSE) « Evaluation de la qualité de vie dans les structures d’hébergement pour personnes âgées ». Paris 1988.

[3]

La notion même de normalisation est un des principes de ces méthodes. Cf. W. Wolfensberger « The principe of normalization in human services », Toronto 1972, National Institute of Mental Retardation.

[4]

Cet exemple, réel, correspond à la prise en compte des valeurs et des aspirations des personnes. La mise en œuvre, ne peut être que le résultat d’une coopération totale entre soignants, animateurs et personnes concernées. Les buts ne sont ni la provocation, ni l’exploit physique; il s’agit simplement de la réponse à une aspiration : continuer à vivre des relations de couple. Le respect et la prise en compte des valeurs des personnes ne pourra jamais se réduire à un référentiel.

[5]

Voir Hervy, B. « L’animation dans ses démarches » pages 8 à 16, in Gérontologie et Société n° 66 « Animation : intégration ou participation », Fondation Nationale de Gérontologie, Paris, 1993.

[6]

Les CEMEA (Centres d’Entraînement aux Méthodes d’Education Actives) sont le plus important organisme de formation professionnelle à l’animation.

[7]

Le centre interne de jour est une structure interne qui prend en charge des malades hospitalisés en soins de longue durée pour une période de trois mois, et met en œuvre des actions de rééducation et de stimulation.

Résumé

Français

L’équipe d’animation d’un hôpital gériatrique, qui évalue une grande partie de ses réalisations, expose et analyse sa pratique de l’évaluation. Elle fait une différence très nette entre l’évaluation normative et ses dernières évolutions comme l’accréditation qui sont plutôt orientées vers le contrôle, et l’évaluation répondante intégrée dans la démarche d’animation qui est plutôt orientée vers l’évolution. Elle privilégie la seconde, et se situe dans une démarche sociale de projet de vie, démarche différente et complémentaire de la démarche thérapeutique. L’évaluation pratiquée comprend plusieurs étapes: l’évaluation initiale des souhaits et des capacités et l’élaboration d’un projet de vie, le suivi des personnes dans les projets et les animations, l’évaluation par rapport aux objectifs, l’évaluation pluridisciplinaire, et l’évaluation professionnelle. Toute cette approche se caractérise par le centrage sur la personne âgée dépendante.

English

IS “ANIMATION” ASSESSABLE? Is “animation” assessable? The animation team of a geriatric hospital which assesses most of its own achievements explains and analyses its assessment process. It distinguishes clearly between normative assessment and its latest developments such as accreditation which tend towards control, and feedback assessment which is integrated into the animation procedure which tends towards development. The team favours the latter and places itself within the social process necessary to create a plan of life. This procedure is different from, and complementary to, the therapeutic process. The assessment used includes several stages: the initial assessment of hopes and capabilities and the setting up of a plan of life, the follow-up of people within the projects and activities, assessment in relation to aims, multidisciplinary assessment, and professional assessment. This entire approach characteristically centres on elderly dependent people.

Plan de l'article

  1. LES PRINCIPES ET LES OBJECTIFS DE L’ÉVALUATION
  2. TOUTE L’ANIMATION PEUT-ELLE S’ÉVALUER
  3. LE SUIVI DES PERSONNES DANS LE PROJET, ÉTAPE PREMIÈRE ET INDISPENSABLE DE L’ÉVALUATION
  4. LES AUTRES ÉTAPES DE L’ÉVALUATION
    1. L’ÉVALUATION INITIALE
    2. L’ÉVALUATION PAR RAPPORT AUX OBJECTIFS, AU PROJET D’ANIMATION, PAR RAPPORT AUX SOUHAITS DE LA PERSONNE, ET L’OUVERTURE VERS D’AUTRES PROJETS
    3. L’ÉVALUATION PAR RAPPORT À LA PRISE EN CHARGE GLOBALE DE LA PERSONNE ET À LA COMPLÉMENTARITÉ DES APPROCHES
    4. L’ÉVALUATION PAR RAPPORT AU PROJET PROFESSIONNEL

Pour citer cet article

D’animation Équipe, « L'animation s'évalue-t-elle ? », Gérontologie et société 1/ 2001 (n° 96), p. 77-94
URL : www.cairn.info/revue-gerontologie-et-societe-2001-1-page-77.htm.
DOI : 10.3917/gs.096.0077

© 2010-2014 Cairn.info
back to top
Feedback