2002
Revue de la Société Française de Gestalt
Le travail des résistances : entre psychanalyse et Gestalt
Edmond Marc
Docteur d’Etat en psychologie, Professeur à l’Université Paris-X., auteur de plusieurs ouvrages : Le guide pratique des psychothérapies (Retz) ; Le changement en psychothérapie(Dunod) et, en collaboration avec D. Picard,L’école de Palo Alto (Retz).
Le travail sur les résistances (tout ce qui fait obstacle au
processus de changement) est un axe important du travail
thérapeutique. Il occupe une place centrale dans les
démarches psychanalytiques. Pour les autres, il est plus
ou moins pris en compte mais rarement ignoré.
Cet aspect de la technique thérapeutique ne peut être dissocié d’une compréhension des mécanismes en jeu. Dans
cette optique, c’est certainement la psychanalyse qui nous
offre la conceptualisation la plus approfondie. Mais les thérapies psycho-corporelles, et tout particulièrement la
Gestalt, apportent des perspectives novatrices quant à
l’abord et au travail des résistances; elles mettent en
lumière, notamment, l’inscription corporelle des défenses
et des résistances. Dans cette perspective, la Gestalt propose une façon originale et féconde de traiter celles-ci.
Le travail sur les résistances est inhérent au travail thérapeu-tique ; il est plus ou moins pris en compte dans les différentes thérapies, mais aucune ne peut l’ignorer : c’est Freud
qui, le premier, a mis ce phénomène en lumière et en a fait, peu
à peu, un axe majeur de la pratique psychanalytique. Il le souligne dès l’époque des Etudes sur l’hystérie ( 1895) et définit la
résistance comme « ce qui entrave le travail thérapeutique »,
l’ensemble des forces et des manifestations qui font obstacle
chez le patient à la guérison.
On sait que, dans la psychanalyse, le travail des résistances
est devenu l’un des deux fils conducteurs (avec le travail sur le
transfert) de la démarche thérapeutique.
Cette place centrale ne se retrouve pas toujours dans d’autres
démarches, mais rares sont celles qui ne prennent pas en compte le traitement des résistances. On peut noter pourtant, à ce
propos, la position intéressante et un peu provocante de Carl
Rogers qui disait : « Bien qu’on ait beaucoup écrit au sujet de la
résistance en thérapie, je suis actuellement enclin à ne pas être
d’accord avec la plupart des opinions qui ont été exprimées, et
je propose une autre hypothèse qui peut être mise à l’épreuve,
je l’espère, au fur et à mesure que notre connaissance de la thérapie s’accroît. Cette hypothèse est que la résistance à la thérapie et au thérapeute n’est ni une phase inévitable, ni une phase
désirable de la psychothérapie, mais qu’elle naît avant tout des
piètres techniques de l’aidant dans le maniement des problèmes
et des sentiments du client. Plus exactement, même, elle naît
des efforts maladroits du thérapeute pour accélérer le processus
thérapeutique en mettant sur le tapis des attitudes affectives que
le client n’est pourtant pas encore capable d’affronter » ( Relation
d’aide et psychothérapie, p. 155). Cette proposition est certainement utile à l’« hygiène » personnelle du thérapeute (« En quoi
je suis responsable des résistances de mon client ?»).
Mais tout psychothérapeute sait bien qu’il est confronté à un
moment ou à un autre aux résistances du patient et que c’est
seulement la façon de faire face à ces résistances qui diffère
d’une démarche à l’autre. Comme le souligne James Kepner, un
thérapeute gestaltiste,
« dans toutes les psychothérapies,
qu’elles soient comportementales, analytiques, systémiques,
physiques ou verbales, le phénomène de la résistance apparaît
à un moment ou à un autre. Même si le patient exprime un
authentique désir de changer, même si l’analyse est conduite de
façon intelligente avec les outils les plus appropriés, au bout d’un
moment, la thérapie n’avance plus. Le patient sait parfaitement
ce qu’il, ou elle, " devrait " ou veut faire et pourtant il ou elle n’y
parvient pas. Le thérapeute voit une direction qui pourrait apporter un développement positif, mais il est incapable d’y conduire
son patient. Tout se passe comme si le patient (qu’il soit seul ou
en groupe, que ce soit un couple ou une famille) sapait tous les
efforts que le thérapeute déploie pour l’aider, et persistait à
adopter un comportement apparemment malsain »
[(1)].
Cependant, le travail des résistances ne peut être entièrement
dissocié d’une compréhension des mécanismes en jeu et, donc,
d’une théorie de la résistance. Et c’est certainement la psychanalyse qui nous offre la conceptualisation la plus approfondie et
la plus complète du phénomène.
Après avoir fait un rappel des points essentiels de cette
conceptualisation, je montrerai que les thérapies psycho-corpo-relles, et notamment la Gestalt-thérapie, sans forcément
remettre en cause les aspects fondamentaux de la théorisation
psychanalytique, y ont apporté des compléments féconds en
prenant justement en compte l’inscription corporelle des résistances. J’en présenterai enfin certaines conséquences au
niveau du travail thérapeutique.
Ce parcours m’amènera à enrichir la théorisation et la pratique
du travail sur les résistances et permettra aussi de montrer
concrètement ce que peut être une démarche intégrative en psychothérapie.
I – QU ’EST-CE QUE LA RÉSISTANCE ?
Dès les Etudes sur l’hystérie, Freud s’aperçoit qu’il y a dans le
travail thérapeutique une « résistance (Widerstand) à vaincre »
chez le patient : « Par mon travail psychique, je devais vaincre
chez le malade une force psychique qui s’opposait à la prise de
conscience » (p. 216).
Très vite, il saisit la nature de cette force, liée au mécanisme
de refoulement. Il s’agit d’une sorte de répulsion qui rejette hors
de la conscience des représentations qui sont intolérables ou
pénibles pour le Moi. Ainsi, dès l’origine, Freud relie la résistance aux défenses du Moi. Par son travail thérapeutique, il tend à
faire resurgir la représentation refoulée : « En m’efforçant, écrit
Freud, de diriger vers elle l’attention du patient, je sentais cette
force de répulsion, celle même qui s’était manifestée par un rejet
lors de la genèse du symptôme, agir sous forme d’une résistance » (p. 217).
Freud constate aussi que plus on se rapproche du noyau
pathogène, plus la résistance augmente. Il est alors tenté de
considérer dans un premier temps la résistance comme un obstacle à éliminer. Ce qu’il fera par l’insistance et la persuasion,
notamment à travers le procédé technique de la pression sur le
front (« Qu’avez-vous vu ?», « A quoi avez-vous pensé ?»).
Mais, peu à peu, il se rend compte de la difficulté et de l’inutilité
de forcer les résistances. Elles constituent un indicateur important des conflits psychiques, puisqu’elles sont en liaison à la fois
avec les défenses du Moi et les représentations refoulées. Dès
lors, Freud abandonne la pression et le forçage des résistances
pour leur interprétation.
Cette conception de la résistance va demeurer tout au long du
développement de la construction théorique de Freud ; et l’on
retrouve dans l’un de ses derniers écrits (Die endlische und die
unendlische Analyse) la formulation suivante : « Les mécanismes de défense contre les dangers anciens font retour dans
la cure sous forme de résistances à la guérison ».
Cependant, tout en maintenant cette proposition, il est amené
à étendre les sources de résistance en fonction, notamment, de
la deuxième topique. Ainsi, dans Inhibition, symptôme et angoisse ( 1926, p. 88) est-il conduit à distinguer cinq sortes de résistances : trois provenant du Moi, une du Ça et une du Surmoi.
« La première de ces trois résistances du Moi est la résistance de refoulement », celle-là même qu’il avait décrite dans les
Etudes sur l’hystérie.
« Il faut distinguer la résistance de transfert », en liaison avec
le transfert sur l’analyste qui conduit le patient à chercher à satisfaire ses désirs plutôt qu’à les analyser.
Une troisième résistance provient des « bénéfices de la maladie », ce que l’on appelle les « bénéfices secondaires ». Le Moi
refuse de renoncer aux satisfactions tirées des symptômes.
Une quatrième résistance, que Freud attribue au Ça, vient de
« la compulsion de répétition, l’attraction exercée par les prototypes inconscients sur le processus pulsionnel refoulé ». C’est
ce que Freud désigne aussi comme « viscosité de la libido », difficulté à se détacher des investissements libidinaux infantiles
pour réinvestir de nouveaux objets. C’est cette forme de résistance qui rend nécessaire la « perlaboration », c’est-à-dire l’interprétation répétée des mêmes résistances qui tendent à se
reproduire même si le patient a reconnu la pertinence de l’interprétation. Enfin, une cinquième résistance provient du Surmoi et
du sentiment de culpabilité qu’il engendre : le patient y répond
par un besoin de punition qui s’oppose à la guérison.
Ces cinq formes de base se retrouvent chez tout patient ; ce
qui n’exclut pas d’autres types de résistance plus en lien avec
les mécanismes de défense utilisés par chaque patient en fonction de sa structure de personnalité.
Les m anifestations cliniques de la résistance
et leur analyse
Dans le travail thérapeutique, les résistances s’expriment
notamment par certaines attitudes répétitives que les thérapeutes et les patients reconnaîtront aisément et dont on peut
relever brièvement les plus fréquentes.
-
Préparer trop les séances pour éviter les silences, l’inattendu et l’expression spontanée.
-
Ritualiser les séances, qui obéissent ainsi à un déroulement
stéréotypé ou à une stratégie de « remplissage » (toute forme
de rigidité dans le déroulement peut jouer ce rôle).
-
La banalisation des propos : n’aborder que des sujets super-ficiels ; en rester à une communication sociale ; « bavarder » ;
rester dans la narration d’événements extérieurs ; utiliser des
clichés, des stéréotypes et un langage conventionnel.
-
N’avoir rien à dire : l’ennui, le vide, le silence (« je ne pense
à rien », « je n’ai rien à dire »).
- L’absence d’émotion et d’affect se traduisant par un discours
plat, monotone, désaffectivé ou un affect un peu
artificiel comme la « bonne humeur » de commande (« Tout va
bien », « Je sens que ça va beaucoup mieux »).
-
L’évitement de certains thèmes : qui ont trait généralement
à la sexualité, à l’argent, à des pratiques et comportements
sources de honte ou de culpabilité, aux réactions transférentielles.
-
La fuite de la relation à l’analyste : évitement du regard, refus
de parler de l’analyste, idéalisation de l’analyse... qui peuvent
manifester une résistance au transfert.
-
Les « acting out » : oubli de séances, déplacements continuels, retards fréquents, oubli de payer et toute autre forme
d’acting out.
-
« Jouer à la thérapie » : le patient aborde le travail thérapeutique en « bon élève » ; il apporte des rêves, donne des
associations, interprète, parle avec complaisance de son transfert, de ses projections, de ses motifs inconscients. Mais tout
cela sonne de façon superficielle et apparaît comme un moyen
de séduire le thérapeute, en évitant une implication authentique.
-
Penser que sa thérapie est terminée.
Cette liste
[(2)] largement valable pour différentes démarches
thérapeutiques relève les attitudes générales les plus fréquentes. Mais, plus finement, on pourrait montrer que chaque
résistance renvoie à une ou plusieurs formes de mécanisme de
défense répertoriée
[(3)]. Par exemple : l’oubli par le patient de ce
qui s’est passé lors de la dernière séance montre l’action du
refoulement; un récit désaffectivé suppose un mécanisme d’isolation ; une attitude soumise, une formation réactionnelle contre
les pulsions agressives...
L’analyse des résistances ne présente pas seulement un intérêt quant au bon déroulement du processus thérapeutique. Elle
renseigne aussi sur le fonctionnement du Moi et sa relation aux
objets, sur les mécanismes de défense prévalants et sur les
conflits qui les sous-tendent..
II – LA CONTRIBUTION DE WILHELM REICH
W. Reich a joué un rôle essentiel dans la réflexion théorique et
pratique sur le travail des résistances en psychanalyse
(cf. L’analyse caractérielle, 1933).
Ses apports portent sur trois points essentiels :
- la primauté temporelle du travail des résistances sur les
autres aspects du travail analytique ;
- l’importance des résistances caractérielles ;
- et l’inscription corporelle des mécanismes de défense.
Il considère deux phases dans la cure. La première est centrée sur le travail des résistances : « Il s’agit de les rendre accessibles à la conscience du malade pour que celui-ci puisse les
interpréter et les éliminer » ( L’analyse caractérielle, p. 37). La
seconde concerne l’interprétation de ce qui est apporté par le
patient.
Pour Reich, la levée des résistances doit précéder l’interprétation du matériel; sinon cette interprétation sera de peu d’effet
[(4)].
C’est un travail délicat qui demande de la part de l’analyste
beaucoup de savoir-faire (
« le médecin doit comprendre une fois
pour toutes, affirme Reich,
que tout arrêt inexpliqué de l’analyse
est toujours imputable à la maladresse de l’analyste » [p. 39], ce
qui rappelle la position de Carl Rogers présentée un peu plus
haut).
Il faut notamment qu’il soit attentif au transfert négatif latent
que peut souvent cacher un apparent transfert positif et qui est
une des résistances typiques ( « L’analyste considéré comme
perturbateur de l’équilibre névrotique fera toujours figure d’ennemi, peu importe si les affects projetés sur lui sont des pulsions
d’amour ou de haine », p. 48).
La résistance ne doit être interprétée que lorsqu’elle atteint
une maturation complète. Il s’agit alors de la rendre consciente
au malade ; ensuite de montrer comment elle opère et contre
quoi elle est dirigée. Il faut partir de sa signification actuelle pour
ensuite mettre en évidence son contenu infantile.
Les résistances latentes se traduisent souvent davantage
dans les attitudes du patient que dans le contenu de ce qu’il
exprime : par exemple, « une politesse exagérée cache toujours
des critiques inconscientes, une attitude de méfiance ou de
mépris » (p. 45).
Ainsi l’analyse des résistances doit obéir à des règles précises : elle doit suivre une ligne cohérente et opérer avec prudence, modération, continuité et progressivité ( « L’interprétation
peut être comparée à un remède précieux à employer en petites
doses sous peine de lui enlever toute efficacité », p. 51).
Les résistances caractérielles
Un autre apport important de Reich est de mettre en relief et
de souligner la place centrale de ce qu’il appelle les « résistances caractérielles ». Ainsi écrit-il : « Au cours de l’analyse, le
caractère en tant que mode typique de réaction apparaît comme
la résistance la plus importante que le malade oppose à la
découverte de son inconscient » (p. 144).
Reich analyse le caractère comme une « modification chronique du Moi », élaborée pendant l’enfance, qui tend à se figer
de manière automatique et rigide : « Elle vise à protéger le Moi
contre les dangers externes et internes qui l’assaillent. En tant
que mécanisme de protection permanent, il mérite parfaitement
le nom de cuirasse » (p. 145). Les défenses caractérielles sont
d’autant plus tenaces qu’étant intégrées à la personnalité du
patient, elles lui semblent naturelles, contrairement aux symptômes que le sujet ressent comme un corps étranger au Moi.
Elles s’expriment dans l’analyse sous forme de résistance et
apparaissent d’abord dans le comportement du patient et sa
manière de s’exprimer : langage utilisé, tonalité de la voix,
regard, postures, mimiques... (ce qui fait dire à Reich que « la
forme des communications est plus importante , au moins pendant la phase initiale de l’analyse, que leur contenu », p. 59).
Face à ces résistances, il ne s’agit pas d’avoir une action
pédagogique et d’inciter le patient à modifier son comportement.
Il s’agit de désigner le trait caractériel à l’attention du malade
pour l’amener à percevoir sa fonction (par exemple, souligner à
un patient sa soumission passive peut l’amener à percevoir
qu’elle sert de défense contre ses impulsions agressives).
Il faut donc que le sujet prenne conscience qu’il se défend ;
puis comment il s’y prend; puis la signification de la résistance;
enfin contre quoi il se défend : en levant la résistance caractérielle, on favorise l’émergence des impulsions infantiles qu’elle
sert à endiguer ; c’est pourquoi l’analyse caractérielle provoque
souvent des explosions émotionnelles intenses que l’analyste
doit savoir gérer. Mais le renvoi à la signification infantile ne peut
se faire que « lorsque sa signification actuelle aura été clairement établie » (p. 87). Il y a donc une progressivité du travail des
résistances qui va de leur manifestation « ici et maintenant » à
leur origine infantile.
L’inscription corporelle des défenses :
la cuirasse musculaire
On sait que Reich établit « l’identité de la cuirasse caractérielle et de l’hypertension musculaire » (p. 288) touchant plus particulièrement certaines régions du corps (nuque, gorge, cage thoracique, abdomen...). Dès lors, le travail sur les résistances
porte à la fois sur leur expression psychique et sur leurs manifestations corporelles (ex. p. 294). C’est la grande nouveauté
qu’il introduit par rapport à la démarche psychanalytique classique.
Reich, pour parler du travail sur les résistances, emploie souvent des métaphores guerrières : « attaque », « ennemi »,
conquêtes », « front », « stratégies », « place forte »,
« saper », « démanteler »... Cependant, le travail qu’il propose
reste un travail subtil, nuancé, précis qui pour se vouloir systématique sait éviter le forçage
[(5)]. Ses disciples prendront beaucoup plus ces métaphores au pied de la lettre, comme dans la
bioénergie ou l’analyse primale dans lesquelles il s’agit parfois
de « casser » les résistances du patient. Or, Reich n’a jamais
prétendu que la santé consistait en une absence de défenses
(comme le fera Janov), mais dans des défenses souples,
mobiles et adaptées.
Sa contribution durable à la démarche thérapeutique revient à
souligner l’importance, la priorité et la progressivité du travail des
résistances et à montrer que ce travail peut s’effectuer à la fois
sur leur expression psychique et leur manifestation corporelle ;
c’est ce dernier point qui va être l’une des innovations techniques fondamentales des thérapies psycho-corporelles.
III – BILAN ET DISCUSSION
Pour clore cet exposé succinct sur l’abord psychanalytique
des résistances, évoquons quelques autres prolongements
novateurs.
Anna Freud qui a contribué à approfondir la notion de défense, a notamment montré que les résistances sont une source
d’information essentielle sur le fonctionnement du Moi et les
mécanismes de défense qu’il utilise pour se protéger ( Le Moi et
les mécanismes de défense, 1936).
Le mouvement kleinien a mis en relief les modes défensifs les
plus archaïques contre les angoisses primitives, comme le clivage, le repli autistique ou l’identification projective... D. Winnicott
aétabli que le clivage peut atteindre le Self lui-même et que c’est
alors le « faux self » qui sert globalement de défense et de protection au « vrai self ».
Ferenczi, Balint, Winnicott ont mis l’accent sur l’importance de
la régression thérapeutique pour « dégeler ” ces structures clivées et ces résistances de type archaïque.
Enfin, tout un courant a montré l’existence, à côté des résistances provenant des défenses contre les pulsions sexuelles ou
agressives, des résistances narcissiques liées aux défenses du
sentiment d’identité dans les relations à autrui. Pour O.
Kernberg, par exemple ( La personnalité narcissique, 1997),
toutes les défenses ont, parmi d’autres fonctions, une fonction
narcissique, celle de protection de l’image et de l’estime de soi.
Tous ces travaux ont aussi contribué à percevoir les résistances et les défenses, certes comme des mécanismes intrapsychiques, mais aussi comme des manifestations relationnelles ; dans le processus thérapeutique, ces manifestations
s’actualisent dans la relation à l’analyste, notamment dans sa
dimension transférentielle.
Les apports majeurs de la psychanalyse
On voit, au total, que le mouvement psychanalytique, dans ses
différentes composantes, a apporté une contribution majeure à
la compréhension du phénomène de résistance dans le cadre
thérapeutique. Cette élaboration, même si elle peut être discutée ou complétée sur certains points, apparaît comme un acquis
solide, valable pour n’importe quel psychothérapeute.
Elle comporte quelques points forts :
Le fait que la résistance est l’actualisation à l’intérieur du travail thérapeutique des mécanismes de défense utilisés par le
patient. Ces mécanismes s’expriment dans les attitudes et comportements du patients (sa façon de parler, sa relation au thérapeute et à la situation, son expression corporelle, son rapport à
la démarche thérapeutique, son discours...). Ils ont pour fonction
de protéger le Moi contre les affects pénibles (différentes
angoisses, honte, culpabilité, atteintes narcissiques...) et contre
les dangers qui le menacent, liés aux mouvements pulsionnels
(libidinaux et agressifs), aux relations à autrui (peur de l’intrusion, du rejet, de l’abandon, de la dépendance, du jugement, de
la dévalorisation...) ou à des événements traumatisants (violences, abus, deuils...). Ces mécanismes de défense sont souvent fixés sous forme de traits de caractère et s’expriment à la
fois psychiquement et corporellement. Le travail thérapeutique
tend à lever les résistances qui le freinent et à rendre les
défenses qui les motivent plus souples et plus adaptées.
Encore une fois, ces différents points, schématiquement résumés, peuvent faire consensus pour des thérapeutes appartenant
à différents courants.
Mais, une fois reconnue l’existence de ce phénomène, la
question qui se pose est : comment le traiter ?
Les psychanalystes distinguent classiquement plusieurs
modes d’intervention dans l’analyse des résistances :
-
La confrontation : refléter la résistance au patient, l’amener à
prendre conscience qu’il « résiste ».
-
L’éclaircissement : montrer comment elle fonctionne, quel rôle
défensif elle revêt « ici et maintenant ».
-
L’interprétation : éclairer la signification inconsciente de la
résistance en montrant à quel conflit défensif elle renvoie et en dégageant les sources infantiles de ce conflit.
-
La perlaboration : répéter l’élaboration interprétative à chaque
occasion, jusqu’à ce que le patient puisse en comprendre clairement le sens et modifier son comportement de résistance
Cependant, l’abord des résistances peut être différent dans
d’autres démarches.
Peut-on ignorer les résistances ?
Il y a d’abord tout un ensemble de démarches qui prennent le
parti d’« ignorer » les résistances. C’est-à-dire qu’elles ne sont
pas pointées et travaillées en tant que telles. Soit, comme on l’a
vu avec Rogers, qu’elles sont considérées comme des réactions
aux erreurs techniques du thérapeutes. Soit qu’on s’arrange
pour les contourner par un protocole planifié et une attitude
pédagogique, comme dans les thérapies comportementales et
cognitives. Soit qu’on y réponde par des manipulations stratégiques, comme dans les approches systémiques. Soit, enfin,
qu’on fasse appel au volontarisme (« Si on veut, on peut ») et à
la pression, comme dans les techniques de suggestion.
Dans certaines démarches psycho-corporelles, les résistances sont aussi ignorées et contournées par l’action directive
du thérapeute : par exemple, dans le rolfing, c’est le thérapeute
qui, par un massage en profondeur s’efforce de dissoudre les
résistances musculaires ; ou dans le rebirthing, devant un blocage, le thérapeute se contente d’encourager le patient à
« continuer de respirer ».
La position commune à plusieurs de ces démarches est que la
prise de conscience et la compréhension par le patient de ses
réactions défensives n’est pas indispensable ; c’est en quelque
sorte une perte de temps et d’énergie. L’important est qu’il
apprenne la « bonne » réaction, la bonne posture, la bonne
façon de communiquer. Mais il y a alors le risque, auquel il est
difficile d’échapper, de tomber dans une attitude normative,
rééducative et « orthopédique » (avec les meilleures intentions
dont on sait que l’enfer est pavé). Comme le note très justement
J. Kepner : « On ne se débarrasse pas simplement en les désapprenant de parties essentielles à l’individu. Pire, on peut tellement bien apprendre la nouvelle "bonne habitude", que le conflit
originel en devient inaccessible, masqué sous une épaisse
couche de répression secondaire » (p. 77). La thérapie risque
dans ces cas-là de renforcer un « faux-self » adaptatif dont on
voit clairement la présence chez beaucoup de patients
« guéris »... et même de thérapeutes.
A propos des psychothérapeutes, je voudrais introduire une
remarque. Jusqu’ici, nous avons abordé les résistances comme
une manifestation du patient. Mais il est important d’indiquer que
le thérapeute peut lui aussi « résister » au processus ; il peut, à
certains moments ou face à certains patients, se sentir menacé
ou déstabilisé et mettre en œuvre des défenses qui jouent
comme résistance au travail thérapeutique. On peut se demander, par exemple, si certaines attitudes de distance extrême, de
retrait et de froideur (que l’on rencontre plus spécifiquement
chez certains psychanalystes) n’est pas une réaction défensive
face à l’engagement qu’implique la relation au patient
[(6)].
Ce que l’on peut aussi observer, notamment, lorsqu’il y a stagnation du processus thérapeutique, c’est un rapport de “ collusion ” entre les résistances du patient et celles du thérapeute : il
y a une sorte d’accord inconscient pour renforcer mutuellement
leurs résistances, les défenses du thérapeute entrant en résonance avec celles du patient en raison de conflits ou de besoins
non résolus. L’analyse du contre-transfert, qui peut se faire
notamment à travers la supervision, est un moyen de déjouer ce
type de collusion
[(7)].
IV – LES APPORTS DE LA GESTALT-THÉRAPIE
Je voudrais maintenant montrer comment la Gestalt-thérapie
a apporté une contribution originale et féconde à l’abord des
résistances. Pour moi, cet apport se situe moins au niveau théorique qu’au niveau de la pratique.
En effet, conceptuellement, la notion de résistance en gestalt
peut sembler un peu floue et ne pas se distinguer clairement de
celle de mécanisme de défense. Dès Le Moi, la faim et l’agressivité, Perls utilise préférentiellement le terme de « résistance »,
mais pour désigner à la fois la résistance au travail thérapeutique et les mécanismes de défense. Dès cet ouvrage, il indique
aussi en quoi sa position diffère, à ses yeux, de celle de la psychanalyse : « La psychanalyse a raison d’insister sur les résistances, mais elle le fait bien souvent dans l’idée qu’elles sont
quelque chose d’indésirable – dont on doit se débarrasser au
plus vite et détruire dès qu’elles surgissent, afin d’aboutir à un
caractère normal. Cependant, la réalité est quelque peu différente. On ne peut détruire les résistances ; elles ne sont, de
toute façon, pas un mal, mais bien plutôt une énergie intéressante de notre personnalité, nocive uniquement quand elle est
mal employée » (p. 185).
Il propose aussi une classification des résistances (des
défenses) en trois catégories : sensori-motrices (scotomisation,
hyper- et hypoesthésie, tension musculaire...), intellectuelles
(justification, rationalisation, censure...) et émotionnelles
(répression, inhibition, refoulement...)
[(8)].
La position gestaltiste
Si j’essaie de résumer les aspects essentiels de la position gestaltiste concernant la résistance, je dirai que pour une part elle
reprend l’héritage des positions psychanalytique et reichienne :
- L’importance de la prise en compte et du travail des résistances.
- La relation des résistances au travail thérapeutique avec les
mécanismes de défense du patient.
- La manifestation à la fois corporelle, émotionnelle et psychique des résistances et des défenses.
Cependant, elle diffère de ces approches en ne réduisant pas
la résistance à une réaction défensive, faisant obstacle au processus et qu’il faudrait « lever » ou « dissoudre ». Perls y voit
aussi des « expressions actives de vitalité », même si les résistances peuvent jouer un rôle pathologique par leur inadaptation;
c’est leur caractère automatique (« la force de l’habitude »), le
fait qu’elles sont en partie inconscientes et inappropriées, qui
entrave le développement et la maturation de l’individu et
empêche son ajustement créatif à l’environnement.
Au fond, ce qui est remis en cause par la
Gestalt, ce sont surtout certaines positions post-reichiennes (de la bioénergie et de
l’analyse primale notamment) : elles tendent à attaquer et supprimer les défenses caractérielles et musculaires, perçues uniquement comme obstacles et blocages, au lieu d’être considérées comme des réponses inadaptées à un besoin fondamental
de protection :
« Le thérapeute qui attaque ou surmonte une
résistance se trouve donc dans la position de devoir vaincre une
réponse naturelle et valable. Comment peut-on espérer qu’un
organisme renonce à la protection de son intégrité, même si
c’est soi-disant "pour son bien" »
[(9)].
Le travail des résistances en pratique
Pour évoquer ce travail, je partirai d’un cas, présenté par J.
Kepner, choisi parce qu’il implique le corps et la mise en acte, ce
qui est souvent plus efficace que le simple abord verbal et intellectuel.
« Il s’agissait d’un homme instruit et assez maniéré. J’ai commencé à travailler avec lui pour essayer de relâcher une certaine étroitesse structurelle ainsi qu’une tension au niveau de sa
poitrine. Et alors que je l’aidais à respirer plus profondément et
à relâcher sa poitrine, une tension a surgi au niveau de ses
jambes. A chaque fois que nous parvenions à relâcher une tension à un endroit, une tension apparaissait ailleurs, dans une
autre partie de son corps [...]. Au début de ma carrière, j’aurais
certainement jugé cette résistance indésirable et j’aurais tout fait
pour qu’il apprenne à maîtriser ce transfert de tension. Alors que,
dans ce cas, j’ai préféré me concentrer sur la manière dont nous
pourrions utiliser cette "conservation de tension" [...]. Pour cela
je lui ai simplement demandé de me repousser. Nous nous
sommes alors rendu compte que la tension de sa poitrine se
relâchait et se déplaçait moins facilement dans d’autres parties
du corps [...]. Je lui ai ensuite demandé de se mettre debout,
position qui permet un travail plus actif, et nous avons continué
notre expérimentation : j’appuyais sur sa poitrine et lui se servait
de sa respiration pour me repousser. Dès qu’une tension apparaissait, je lui demandais d’essayer de la convertir en une action
plus complète et plus directe. Ainsi, quand j’ai remarqué que sa
mâchoire se tendait, je lui ai demandé d’accentuer cette tension
jusqu’à ce qu’elle devienne une grimace; lorsqu’une tension est
apparue dans ses bras, je lui ai demandé de s’en servir pour me
frapper ; lorsque j’ai remarqué que sa gorge se serrait, je lui ai
demandé de faire un son en expirant.
Nous avons fini par nous affronter, mais de façon vivante et
charmante, une lutte avec la voix et le corps. Après l’expérimentation, il s’est rendu compte qu’il ne s’était pas battu avec quelqu’un depuis son enfance. C’était le plus jeune d’une famille de
garçons, il était maigre et faible et il avait appris à refouler son
agressivité et à se réfugier dans les livres et les études pour éviter d’être la risée de ses frères. Notre lutte lui a donné l’occasion
de sentir sa force sans être écrasé par un adversaire, et lui a
permis de mettre son énergie au service d’une action plutôt que
de continuer à la retourner contre lui » (p. 82-83).
L’auteur commente ce cas en soulignant qu’il n’a pas cherché
à se débarrasser de ce déplacement de tension ni à le maîtriser.
Il n’en a pas non plus donné une interprétation, comme une résistance à l’égard de son père ou comme une armure contre l’orgasme; il a essayé de découvrir la fonction de cette tension dans
les termes mêmes du patient. Bien entendu, dans une optique
analytique, il aurait pu l’envisager comme une forme d’opposition
latente et comme un mécanisme de défense contre les pulsions
agressives du patient ; et elle avait bien cette fonction.
Cependant il ne la considère pas seulement comme une défense mais comme contenant l’agressivité du patient qu’il s’agit de
lui restituer pour la mettre à disposition de son organisme.
On voit qu’au lieu de pointer la résistance, d’essayer de la
contourner ou de la dissoudre, le thérapeute aide le patient, en
l’amenant à accentuer cette résistance, à la transmuer en action.
Au fond cette démarche pourrait être comparée à celle du judo :
utiliser la force opposée par l’autre pour la transformer en mouvement. En transformant la résistance en action, le patient
retrouve le mouvement que la résistance « contient » dans le
double sens qu’elle le porte en elle tout en l’empêchant de s’exprimer. Cette mutation fait passer le patient d’une attitude passive, où la résistance est subie dans l’inconscience, à une attitude
active où la résistance est transformée en une action consciente que le Moi peut s’approprier. Elle mobilise et déplace l’énergie
investie dans la défense au service de l’activité positive.
La résistance n’est pas interprétée verbalement; mais l’action
proposée par le thérapeute est une sorte d’interprétation en
acte, puisqu’en partie elle la ramène à sa signification transférentielle (de lutte contre le thérapeute, image paternelle ou fraternelle) et, au-delà, à sa signification existentielle. La justesse
de cette interprétation en acte est confirmée par la disparition de
la tension.
La résistance qui révèle une tendance inconsciente et réprimée (l’agressivité exprimée sous forme d’opposition passive) est
transformée en une action consciente pleinement accomplie (la
lutte) et mise au service de l’organisme et du Soi.
L’intervention thérapeutique a donc tendu à recadrer les manifestations physiques de résistance comme des expressions
entravées du Soi qu’il ne s’agit pas de contourner ou de supprimer mais qu’il convient de transformer en action au service du
Soi et non plus subie par lui.
En guise de conclusion, je voudrais revenir sur un point évoqué au départ, l’idée de « démarche intégrative ». Je dirais,
d’ailleurs, que l’inspiration même de cet article en témoigne ;
néanmoins, pour être plus précis, il convient d’en souligner
quelques caractéristiques.
La première concerne l’utilité de la confrontation épistémologique et théorique à propos d’une notion comme celle de « résistance », utilisée par différents courants. Celle-ci permet d’abord
d’examiner quand et comment elle est apparue, à quelles élaborations elle a donné lieu, d’établir les points de convergence
et de divergence entre les différentes conceptions. Par ce premier travail, il est possible de contourner les pièges « doctrinaux » de la « pensée unique » et d’intégrer différents points de
vue ; non pour en tirer une synthèse ou une définition unique,
mais comme autant de variantes et de facettes capables d’enrichir la compréhension du phénomène.
Il s’agit aussi de mettre en lumière les filiations et les ruptures
qu’éclairent ces élaborations. Entre Freud, Reich et Perls, les
filiations, quant à la conception des résistances, sont évidentes;
mais les divergences sont, comme on a pu le voir, tout aussi
importantes ; elles appellent une confrontation et nourrissent
notre réflexion vers une appréhension à la fois plus étendue,
plus profonde, et plus subtile du processus de résistance.
A un second niveau, il importe de comprendre comment les
différences de conception entraînent des différences de pratique. Ces pratiques ne sont pas seulement à comparer entre
elles, mais à rapporter aux contextes théoriques dans lesquels
elles s’inscrivent et qui en éclairent la logique. Par exemple, la
“mise en acte” n’est pas un “passage à l’acte”, comme les psychanalystes tendent quelquefois à l’interpréter à partir de leur
propre système de référence. Elle découle à la fois d’une
démarche d’implication corporelle issue de Reich et d’un principe d’action élaboré par Moreno et que l’on retrouve dans le psychodrame. L’assimiler au “ passage à l’acte ” est un grossier
contresens qui relève de la méconnaissance de ces travaux et
d’une certaine incapacité à évoluer dans des contextes conceptuels différents : à partir du moment où les manifestations corporelles ne sont plus des interdits, mais des moteurs ou des
leviers, se servir de son corps prend obligatoirement une signification nouvelle, non réductible à l’idée de transgression.
Enfin, à un troisième niveau, il s’agit d’examiner si différentes
conceptions sont compatibles entre elles ; et, mieux, peuvent
s’enrichir mutuellement et, surtout, enrichir la démarche thérapeutique. Le but est d’apporter aux patients une aide plus ajustée et diversifiée (et sans doute plus « efficace ») au lieu de chercher peu ou prou à le faire entrer dans un cadre unique, celui du
thérapeute. J’espère, par exemple, avoir montré ici que tout thérapeute peut asseoir sa compréhension du phénomène de résistance sur les élaborations successives des différents courants
psychanalytiques ; et qu’au niveau de la pratique, il a beaucoup
à apprendre des démarches mises en œuvre par les thérapies
psycho-corporelles, et tout spécialement par la gestalt~thérapie
[(10)].
[1]
James Kepner, Le corps
retrouvé en psychothérapie,
Paris, Retz, 1998, p. 73.
[2]
Cette liste s’inspire de ce
qui est proposé par Ralph
Greenson dans Technique et
pratique de la psychanalyse
(Paris, PUF, 1977). On trouve
dans cet ouvrage un exposé
très complet sur la résistance,
son abord théorique et son
maniement pratique dans la
cure psychanalytique.
[3]
Cf., sur l’inventaire des
mécanismes de défense,
l’ouvrage collectif dirigé par
S. Ionescu, Les mécanismes
de défense, Nathan, 1997.
[4]
« Pas d’interprétation de
fond tant qu’il y a des
résistances à interpréter »,
L’analyse caractérielle, p. 43.
[5]
Il parle ainsi de « défaire
patiemment le nœud des
résistances ».
[6]
Mais, à l’inverse, une
attitude trop proche ou trop
« amicale » peut renvoyer à
une défense du thérapeute
contre ses pulsions
agressives.
[7]
Le psychanalyste
américain Robert Langs a
particulièrement étudié à partir
de sa pratique de superviseur
ce type de collusion qu’il
appelle des « mésalliances
thérapeutiques », cf. R. Langs,
Thérapie de vérité, thérapie du
mensonge, Paris, PUF, 1988.
[8]
La théorie gestaltiste a
réduit aujourd’hui les
résistances à une liste
canonique qui est loin de
recouvrir l’ensemble des
mécanismes de défense, même
ceux mis en lumière par Perls.
[9]
J. Kepner, op. cit., p. 80.
[10]
Mais j’aurais pu aussi
bien montrer qu’à ce niveau, il
peut trouver un appui dans
certaines stratégies élaborées
par la démarche systémique.
Le cadre de cet article ne
permettait pas d’ouvrir une
réflexion étendue sur la mise
en perspective des différentes
pratiques thérapeutiques ;
pour une réflexion plus
approfondie, on pourra se
reporter à mon ouvrage Le
changement en
psychothérapie, Dunod, 2002
et sur l’approche systémique à
L’Ecole de Palo Alto (E. Marc
et D. Picard), Retz, 2000.