Vous consultez

no 24 2003/1

2003 Revue de la Société Française de Gestalt

Retour aux sources

Marie-Noëlle Salathé-granès Psychologue et psychothérapeute didacticienne, elle s’est formée depuis une vingtaine d’années à la Gestalt-thérapie en France et aux Etats-Unis. Elle exerce actuellement comme praticienne et superviseur en Suisse romande.
Du 16 au 18 mars 2003, à Paris, s’est tenue une conférenceinternationale, en langue anglaise, sur le thème des Racines européennes de la Gestalt-thérapie. Elle était organisée par le Gestalt International Study Center, créé à Boston par Edwin et Sonia Newis en 1979.
La conférence s’est tenue dans les locaux de l’École Parisienne de Gestalt qui a servi d’hôte à cet événement. Grâce à cette équipe, avec à sa tête Gonzague Masquelier souriant, efficace et infatigable, un climat de convivialité, de rencontre, d’ouverture a pu régner tout au long de ces trois jours, malgré le contexte politique lourd à la veille de l’irruption de la guerre en Irak.
Cinquante personnes étaient présentes, de onze nationalités différentes, venant des États-Unis et des principaux pays européens. Le choix de limiter le nombre de participants à ce chiffre était voulu par les organisateurs pour favoriser les échanges.
Il nous a manqué durant ces journées la présence de Ed Newis retenu chez lui pour maladie et de Paul Shane. Ils ont tout de même pu nous faire parvenir le texte brillant des interventions dont ils comptaient nous faire profiter.
IMGIMGIMGIMF
Pourquoi donc la conférence avait-elle pour objet les racines européennes de la Gestalt-thérapie ? Yen auraient-ils d’autres ? En tout cas la question mérite réflexion. De toute manière, il est bon de rappeler et d’approfondir notre connaissance sur la façon dont ces racines nourrissent la Gestalt-thérapie aujourd’hui.
A l’ouverture de cette rencontre et en guise d’amorce, Charlie Brown nous a exposé son formidable travail. Il s’agit d’une gigantesque fresque de deux mètres sur douze déroulant l’histoire de la Gestalt-thérapie de 1880 à 2002 en corrélation avec l’histoire mondiale. Sont ainsi présentés, sur quatre niveaux, de manière diachronique par arrêts successifs sur image, les fondateurs de la Gestalt-thérapie, le contexte socio-politique, les écoles de pensée du moment ainsi que les publications essentielles d’ouvrages associées à ces événements. Il ne manquait à ce tableau éclairant qu’une carte de l’Europe et du monde pour situer dans l’espace les nombreux mouvements que les personnages en cause ont effectués dans leur vie.
Ce qui ressort de ce gigantesque panorama met bien en évidence que le champ de la Gestalt-thérapie s’inscrit avec des racines qui plongent elles-mêmes dans un contexte d’événements historiques parfois dramatiques comme la montée du nazisme en Allemagne à la veille de la seconde guerre mondiale.
Les présentations (plus d’une quinzaine) à une ou deux exceptions près, ne portaient pas prioritairement sur les aspects techniques de la pratique thérapeutique, mais plutôt sur une analyse en profondeur des apports des différents auteurs et courants ayant eu une influence sur le développement de la psychothérapie gestaltiste. Parmi ceux-ci, citons spécifiquement Brentano, Ferenczi, Merleau-Ponty, Kierkegaard, Sartre et les grands mouvements : la Gestalt psychologie, la psychanalyse, la phénoménologie, l’existentialisme, la place de l’intersubjectivité, de la théorie du champ, sans oublier naturellement la cohérence épistémologique corps-esprit et pour finir, les influences orientales du taoïsme.
La qualité de ces présentations stimulantes étaient de niveau particulièrement élevé et pour certains d’entre nous, l’occasion de découvrir l’un ou l’autre de nos ancêtres.
Pour ma part et en toute injustice envers les autres conférenciers, mon coup de cœur va à Marc McConville, intervenant américain qui exerce dans l’Ohio. Il nous a fait un exposé éblouissant, simple, profond et accrocheur sur la pertinence de Merleau-Ponty pour notre propos. Cela m’a permis de mieux comprendre la place que celui-ci occupe encore aujourd’hui dans la pensée contemporaine.
Les conférences étaient suivies de débats en petits groupes permettant des échanges intenses entre les participants. La plupart des communications ont été rendues disponibles par écrit immédiatement et beaucoup méritent une diffusion large dans les publications gestaltistes.
Pour l’avenir, il est prévu une suite à cette conférence. Dans cette éventualité, mon seul souhait serait que les travaux ne se déroulent pas uniquement en langue anglaise. Le travail des intervenants et des participants serait ainsi facilité.
Un grand merci et bravo au Gestalt International Study Center et à l’École Parisienne de Gestalt pour l’organisation et la tenue de cet événement marquant.
IMGIMGIMGIMF
© Cairn 2007 Vie privée | Conditions d’utilisation | Conditions générales de vente
À propos | Éditeurs | Bibliothèques | Aide à la navigation | Plan du site | Raccourcis