2003
Revue de la Société Française de Gestalt
L’incompressibilité
Dominique Nomis
« Jeune thérapeute », j’utilisais le cadre pour me protéger du
client… Cela ressemblait à quelque chose du style « toi, client, tu
ne me touches pas de trop près ».
Aujourd’hui ma thérapie m’a permis de ne plus avoir autant peur
de l’autre. Et il m’est possible de poser un cadre sécuritaire pour
le client.
Le cadre que je pose dépend de la personne que j’ai en face de
moi. Il est souple, adapté et adaptable à l’autre. Il y a cependant
des clients avec lesquels je suis d’emblée, plus cadrante : les ados
par exemple.
Le premier item qui me semble incompressible, quel que soit le
client, est la confidentialité.
Au fur et à mesure des séances, et en fonction de ce qui émerge
dans celles-ci, je nomme le second et dernier item pour moi
incompressible, c’est-à-dire le « non-passage à l’acte ». Je dis par
exemple que les règlements de comptes en direct avec les proches
sont interdits et j’explique la différence entre la mise en acte et le
passage à l’acte.
Toujours en fonction de ce qui émerge, je dis, par exemple qu’il
n’y aura pas de relation, autre que thérapeutique, entre nous (ni
sexuelle, ni amicale… ). Et s’il y a un risque, je nomme aussi le non-passage à l’acte suicidaire.
Je considère l’environnement matériel, c’est-à-dire la durée des
séances, leur coût, le lieu… comme des informations que je donne
au client. Elles sont négociables en début de thérapie, évolutives et
renégociables en cours de thérapie.