Gestalt
S.F.G.

I.S.B.N.
206 pages

p. 70 à 70
doi: en cours

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no 25 2003/2

2003 Revue de la Société Française de Gestalt

Jusqu’où poser un cadre ?

Dominique Nomis
Depuis 18 mois, je vois Alice chaque semaine en thérapie. Alice est une jeune fille anorexique de 25 ans, ingénieur (père et mère médecins). Conformément au cadre posé au départ, elle se fait suivre en parallèle dans un centre médical spécialisé.
Il y a 6 mois Alice me dit, en séance, qu’elle a des relations sexuelles avec un grand nombre d’hommes différents. Elle dit également ne prendre aucune précaution, bien qu’elle connaisse parfaitement les risques qu’elle encourt (pour elle et ses partenaires). J’ai été touchée par ce qu’Alice me disait : je ne me sentais pas en accord avec mes valeurs. Pour moi elle était dans un passage à l’acte suicidaire. Je ne pouvais pas accepter qu’elle joue avec sa vie, et je ne me sentais pas bien si je n’intervenais pas.
Dans le but de la protéger, je lui ai posé un ultimatum : soit elle arrêtait de prendre des risques dans ses relations sexuelles, soit j’arrêtais de travailler avec elle.
Effectivement j’ai dépassé le cadre thérapeutique en intervenant dans sa vie, dans sa réalité. Je me suis demandé si je n’en faisais pas un peu trop ? Et en même temps j’ai eu le sentiment que je ne pouvais pas être en contradiction entre le cadre thérapeutique et celui de l’environnement social de ma cliente.
En posant cet ultimatum j’ai outrepassé le cadre thérapeutique pour entrer dans un cadre éducatif, mais en même temps je me suis sentie de nouveau cohérente et en accord avec mes valeurs.
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