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Gestion et management public

2012/2 (Volume 1/n°2)

  • Pages : 52
  • DOI : 10.3917/gmp.002.0001
  • Éditeur : AIRMAP

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Ce numéro 2 de l’année 2012 de la revue Gestion et Management Public aborde de façon centrale la question de la mise en œuvre du New Public Management (NPM), une nouvelle forme de gestion publique basée entre autres sur une culture du résultat et l’emprunt de pratiques et d’outils issus du privé.

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Cette nouvelle gestion publique se caractérise rappelons-le par :

  • une séparation de la prise de décision stratégique relevant du pouvoir politique de la gestion opérationnelle relevant de l’administration ;

  • l’orientation des activités administratives et l’allocation des ressources en fonction des produits et services à délivrer plutôt qu’en fonction de règles ou procédures ;

  • la décentralisation et l’instauration d’agences comme instrument de régulation ;

  • l’abandon du statut de fonctionnaire et l’avancement à l’ancienneté des agents pour une rémunération au mérite ;

  • l’introduction des mécanismes de marché dans l’offre de biens et services d’intérêt général ;

  • la logique de la transparence tant sur la qualité que sur les coûts des prestations ;

  • la recherche de l’efficience dans l’emploi des fonds publics ;

  • la participation des usagers dans la définition et l’évaluation des prestations publiques.

Ce numéro aborde dans le premier article proposé, la question de l’origine de la nouvelle gestion publique avec un article original sur les apports des écrits de Fayol au management public. Dans le second et le troisième article, sont abordées les questions ayant trait aux raisons de l’introduction et aux modalités de mise en œuvre d’outils et de démarches issus du privé. Ces études portent sur les finances et la démarche marketing au sein des collectivités territoriales.

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Laurence Morgana dans un article intitulé « Un précurseur du New Public Management : Henri Fayol (1841-1925) » présente un article sur les analyses et écrits d’un auteur trop souvent passé sous silence pour sa contribution essentielle dans le domaine du management public. Des auteurs de l’école classique, il est fait généralement référence dans le champ du management public à Max Weber et à son analyse de la bureaucratie, forme d’organisation préconisée et en essor dans le domaine du management public jusqu’aux années 1970. Si les écrits de Fayol, sur la fonction administrative font foi dans le domaine management, il convient de regretter le peu d’intérêt porté à son ouvrage « l’Eveil de l’esprit public » [1][1] FAYOL H. (dir.), 1918, L’éveil de l’esprit public,..., livre dans lequel il propose une réflexion sur la réforme administrative des services publics et pose explicitement la question du management public.

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Auteur et penseur reconnu par les autorités ministérielles d’après-guerre, Henri Fayol est sollicité par les gouvernements pour réaliser des rapports sur les « entreprises de l’Etat » en l’occurrence les PTT et sur le monopole des tabacs. Il présente les conclusions de sa première étude dans un ouvrage intitulé « L’incapacité industrielle de l’État : les PTT » [2][2] FAYOL H., 1921, « L’incapacité industrielle de l’Etat :..., livre assez peu connu mais particulièrement riche ainsi que le soulignait fort justement le Professeur Henri Bouquin (1998) [3][3] BOUQUIN H., 1998, « 1921-1991. Fayol et le gouvernement.... Ce livre reprend en annexe sa célèbre conférence du 24 octobre 1918 sur l’industrialisation de l’État réalisé au District parisien de la Société de l’Industrie minérale. Dans cet écrit, Fayol réalise des préconisations pour une réforme des pratiques managériales de l’Etat. Cet article sur la pensée managériale est très riche au sens où l’analyse des écrits de Fayol apporte un éclairage nouveau sur les ferments de l’évolution de la gestion publique qui vont conduire plus tard à la nouvelle gestion publique. Le positionnement de Fayol à mi-chemin si l’on nous permet cet anachronisme entre la bureaucratie wébérienne et le New Public Management est on ne peut plus d’actualité. Il insiste sur la légitimité première des services administratifs fondée sur le respect des principes et procédures tout en mettant en évidence les prémices du NPM et d’une légitimité secondaire fondée notamment sur l’idée de rendement, d’objectif,….

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Dans son article intitulé « De la communication publique vers le marketing des territoires : approche microsociologique de la fabrication de l’image de marque » Charles-Edouard Houllier-Guibert traite des difficultés et de la problématique spécifique de la mise en place d’une démarche de marketing public. La démarche de marketing territorial est un outil crucial d’aménagement et de développement territoriaux au service des régions qui leur permettent de renforcer leur attractivité et leur identité locale. Il illustre au travers d’une approche microsociologique sur la marque Bretagne la construction progressive d’une démarche marketing par des communicants publics. Il décrit le rôle des différents acteurs publics et privés dans le passage de la culture promotionnelle à une culture marketing. Il montre que dans le cas du marketing public, la recherche d’une solution consensuelle empêche une certaine forme d’audace. Il y a dans le choix du contenu du message qui traduit l’identité de la Bretagne et des techniques utilisées pour le développement de l’attractivité d’un territoire la confrontation entre une culture de consultance plutôt tournée vers la prise de risque et la prudence des élus et acteurs publics locaux. Quand sont touchées les questions d’identité, l’image proposée est prudente. Les commanditaires publics, répondants aux attentes des élus sont frileux quant à la manière de mettre en image un territoire, la chose publique ne devant pas être confondue avec un objet à vendre.

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Dans leur article intitulé « Pourquoi certaines collectivités locales françaises recourent-elles à la notation financière ? » les auteurs Nourreddine Guehair et Jean-Jacques Rigal cherchent à expliquer pourquoi les collectivités Françaises recourent à la notation alors que la plupart d’entre elles ne recourent pas à l’émission d’obligations sur le marché financier. Ils mettent en évidence par une méthodologie quantitative et par emploi d’une régression de type logit, les variables organisationnelles, institutionnelles et politiques qui expliquent le recours à la notation. En référence aux différentes fonctions attribuées à la notation par les théories de l’agence, du signal, de l’apprentissage, et néo-institutionnelle, ils montrent à partir d’un échantillon de 40 Collectivités, que le recours à la notation était significativement corrélé avec un accès au marché financier, le ratio encours de dette / recettes de fonctionnement et les perceptions de l’insuffisance des contrôles exercés par la Direction Générale de la Comptabilité Publique et la DGCL, et du manque d’expertise financière des Chambres Régionales des Comptes. L’introduction des variables indicatrices de la localisation géographique accroit le pouvoir discriminant dudit modèle.

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Le lecteur constatera que ces trois articles proposent une analyse originale de la vision new public management et de l’usage fait d’outils issus du privé.

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Il pourra lire avec intérêt dans la rubrique thèses et HDR, le résumé de la HDR soutenue par notre collègue Céline Desmarais sur le thème « Le travail de management public : quelles voies d’amélioration ? » proposé par le professeur Frank Brillet. Il pourra également consulter le résumé de la thèse de doctorat soutenue par Sylvie Codo sur le thème « Le stress professionnel des managers intermédiaires et des managers de proximité : une application au secteur public » et recensée par notre collègue Céline Desmarais.

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Signalons la publication récente par nos collègues Suisses, Yves Emery , professeur à Institut de hautes études en administration publique (IDHEAP) et David Giauque, professeur à l’Institut d’études politiques et internationales (IEPI) de l’Université de Lausanne, d’un ouvrage intitulé « Motivations et valeurs des agents publics à l’épreuve des réformes » aux Presses Universitaires de Laval. Nous reviendrons plus longuement sur cet ouvrage dans notre prochain numéro.

Notes

[1]

FAYOL H. (dir.), 1918, L’éveil de l’esprit public, Dunod et Pinat, Paris.

[2]

FAYOL H., 1921, « L’incapacité industrielle de l’Etat : les PTT », Revue Politique et Parlementaire, 316, 10 mars, pp. 365-440 ; republié en ouvrage L’incapacité industrielle de l’Etat : Les PTT, Dunod, Paris.

[3]

BOUQUIN H., 1998, « 1921-1991. Fayol et le gouvernement des activités économiques de l’Etat », Entreprises et histoire, n° 20, décembre, pp. 143-145.

[4]

Yves Chappoz, Professeur des universités, IAE de l’Université Jean Moulin Lyon 3

[5]

Pierre-Charles Pupion, Professeur des universités, IEMN de l’Université de Nantes, laboratoire LEMNA

Pour citer cet article

Chappoz Yves, Pupion Pierre-Charles, « Le New Public Management », Gestion et management public, 2/2012 (Volume 1/n°2), p. 1-3.

URL : http://www.cairn.info/revue-gestion-et-management-public-2012-2-page-1.htm
DOI : 10.3917/gmp.002.0001


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