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Gestion et management public

2014/1 (Volume 2/n°3)

  • Pages : 66
  • DOI : 10.3917/gmp.023.0065
  • Éditeur : AIRMAP

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Gilles GUYOT s’appuie sur une longue expérience de président d’une université et de directeur d’IAE, ainsi que sur ses coopérations avec des centaines d’universités aux quatre coins du globe pour présenter sa conviction : dans un monde qui s’internationalise, les universités doivent s’ouvrir pour permettre le dialogue et le « commerce » entre les cultures diverses, condition d’une paix durable. Pour y parvenir, les universités peuvent s’appuyer sur l’expérience des écoles de management et business schools, à condition que ces dernières ne cherchent pas seulement à imiter le modèle américain.

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L’ouvrage commence par un rappel du rôle primordial des universités pour la création et la diffusion des savoirs et le dialogue entre les cultures. Il retrace l’histoire des académies en Grèce (notamment l’Ecole de Platon au 5ème siècle avant JC), l’Université de Constantinople (5ème siècle après JC), puis l’Université de Bologne au 11ème siècle, où des « clercs cherchaient des réponses aux questions qui se posaient aux pouvoirs politiques naissants et aux activités commerciales récentes » (p. 17).

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Le livre raconte aussi les étapes du développement des business schools, en insistant sur le modèle initié par Joseph Wharton en 1883 pour créer une nouvelle relation entre le monde des affaires et l’enseignement supérieur. Il s’agissait de former une nouvelle classe de businessmen compétents, ardents au travail, loyaux et fraternels. Ce modèle s’est inspiré des disciplines scientifiques en Europe, en particulier grâce au recrutement de docteurs de l’université de Halle en Allemagne. Il a été perfectionné tout au long du 20ème siècle, notamment par la création des MBA à l’Université de Harvard (1908) et par la systématisation de l’enseignement des disciplines sous-jacentes au management (psychologie, mathématiques, économie, etc.) à la Carnegie Mellon University.

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Gilles Guyot explique alors comment ce système d’enseignement du management s’est mondialisé, en formant des managers rigoureux et en perfectionnant les sous-disciplines des sciences de gestion. Il décrit aussi les risques de dérive de ce système : approches hyperspécialisées par « silos » (Marketing, finance, stratégie, etc.), recherches trop positivistes, professeurs n’ayant pas l’expérience de la pratique et de l’intégration des disciplines dans une approche systémique, comités scientifiques endogamiques des revues servant aux « rankings » des écoles et à la promotion des collègues, modèles culturels devenant trop exclusivement américain (« US centric ») alors que le monde devient multipolaire.

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L’ouvrage montre qu’il est nécessaire de passer à une nouvelle étape du développement des business schools pour éviter que les recherches et l’enseignement des sciences de gestion deviennent des « coalitions d’intérêts disciplinaires », perdant trop souvent de vue les impacts des recherches pour le monde des praticiens et les enjeux de recherche de solutions aux crises actuelles.

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A cette occasion, un chapitre montre les atouts dont peuvent disposer les universités et business schools européennes, à condition qu’elles sachent cultiver leur tradition « d’itinérance intellectuelle ». L’ouvrage décrit aussi les points forts et les points faibles du système français de recherche et d’enseignement en gestion. Il plaide pour que les écoles de management s’insèrent dans un véritable tissu universitaire pluridisciplinaire. Quant aux IAE (écoles universitaires de management), ils doivent négocier leur affranchissement vis à vis des systèmes bureaucratiques qui paralysent les évolutions malgré les lois sur l’autonomie des universités.

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Il convient aussi de mieux affirmer la spécificité des sciences de gestion en tant qu’ingénierie de l’action, ce qui suppose le développement de recherches appliquées, sous peine que les IAE soient progressivement avalés par les économistes. Il en va de l’intérêt même de tout le système universitaire, car c’est principalement par les sciences de gestion que les universités peuvent s’internationaliser, et parce que l’internationalisation des universités est la condition de leur excellence et de leur contribution à une « internationale de l’intelligence » dont le monde a besoin au 21ème siècle.

Pour citer cet article

Bonnet Marc, « " L'internationale de l'intelligence : pour une mondialisation éclairée " de Gilles GUYOT. Préface de Francine DEMICHEL. Editions L'Harmattan (2013) », Gestion et management public, 1/2014 (Volume 2/n°3), p. 65-66.

URL : http://www.cairn.info/revue-gestion-et-management-public-2014-1-page-65.htm
DOI : 10.3917/gmp.023.0065


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