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Gouvernement et action publique

2016/4 (N° 4)


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Résumé

Français

L’État n’a cessé d’intervenir dans la grande distribution, ce qui a contribué à la période de trente années de croissance qu’a connues ce secteur entre 1950 et 1980. Cette intervention a souvent été justifiée au nom de la promotion de la « concurrence ». Pourtant, les modèles de concurrence suivis par l’administration ont varié au cours de la période étudiée. Le premier modèle voit dans la concurrence un moyen de moderniser les structures commerciales de la France, en la débarrassant d’un petit commerce réputé archaïque. Un second modèle, qui émerge au cours des années 1970, voit dans la concurrence un moyen de servir les intérêts du consommateur. Un troisième modèle, qui voit le jour au début des années 1980, entend défendre les fournisseurs contre des pratiques « déloyales » de la part des distributeurs. Pour défendre leurs intérêts et prendre position dans l’espace public, les grandes entreprises du marché (distributeurs et fournisseurs) ont mobilisé et contribué à façonner ces modèles de concurrence. La notion de « concurrence » apparaît ainsi comme une notion flexible, permettant de défendre des configurations marchandes différentes.

Mots-clés

  • concurrence
  • direction des prix
  • grande distribution
  • néo-libéralisme
  • politique économique

English

Who benefits from “competition” ?Competition models and the regulation of French mass retail (1949-1986)The active regulation of mass retail by the French state contributed to three decades of growth between 1950 and 1980. The state justified intervention in the name of “competition”. However, over the time period covered in this article, competition models implemented by bureaucracies varied. The first model viewed competition as a means of modernizing the French retail sector, and aimed at reducing the role of small shopkeepers considered to be archaic. A second model emerged in the 1970s. It viewed competition as a means to protect the interests of the abstract figure of the consumer. A third model, that emerged in the 1980s, sought to defend suppliers against the “disloyal” practices of retailers. To defend their interests and win the support of public opinion, economic actors (both retailors and the suppliers) used these various competition models, and in doing so helped to shape and transform them. Therefore, the notion of “competition” appears to be a flexible signifier in different market configurations.

Keywords

  • competition
  • directorate for prices
  • mass retail
  • neo-liberalism
  • economic policy

Plan de l'article

  1. La concurrence au nom de la modernisation (1949-1976)
    1. La direction des Prix, une administration au cœur du « remembrement commercial »
    2. La lutte contre l’inflation comme priorité
    3. Le ralliement des fournisseurs à la position de l’administration
  2. La concurrence au nom du consommateur (1976-1983)
    1. Une administration au service de la concurrence
    2. Le consommateur : une figure devenue centrale
    3. Une réinterprétation du droit existant
  3. La concurrence au nom de la loyauté ? (1983-1986)
    1. Une crise du marché de la grande consommation
    2. L’introduction de la notion de « transparence »
    3. Un schisme durable dans le droit de la concurrence français
  4. Conclusion
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