Hérodote
La Découverte

I.S.B.N.2707134627
206 pages

p. 3 à 9
doi: 10.3917/her.101.0003

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N°101 2001/2

Par géopolitique, il faut entendre – répétons-le – toutes rivalités de pouvoirs et d’influences sur du territoire, quelles que soient leurs formes – plus ou moins violentes – et quelles que soient les dimensions des espaces concernés. Le développement des phénomènes de mondialisation fait que les rivalités et les concurrences ne se manifestent plus seulement entre des forces territorialement voisines, mais aussi entre des pôles de puissance fort éloignés les uns des autres, apparemment séparés par de vastes étendues dont l’implication dans le conflit n’est qu’indirecte.
C’est ainsi qu’apparaissent au plan mondial les rivalités et les connexions financières entre les trois mégapoles, l’américaine, la japonaise et celle d’Europe occidentale. Chacune d’elles – outre son propre développement – projette de façon concurrente sa puissance organisationnelle et financière sur de plus ou moins grandes parties du monde. Déjà de grandes forces navales – à l’instar de la VIe Flotte de l’US Navy, qui en permanence croise en Méditerranée depuis cinquante ans – fournissaient l’exemple de projections de puissance à des milliers de kilomètres des États-Unis. Aujourd’hui, du fait des phénomènes de mondialisation, c’est de plus en plus que les villes de rang mondial – de très grandes villes au sein de mégapoles – projettent concurremment leur influence et leur attraction sur des pays qu’elles ne contrôlent pas nécessairement politiquement. Il s’agit là aussi de géopolitique.
Mais les rivalités de pouvoirs se déroulent non pas seulement sur des espaces qui se mesurent en centaines ou en milliers de kilomètres, mais aussi au sein de chacune des grandes agglomérations : si les enjeux territoriaux n’y sont pas très vastes –quelques kilomètres, et parfois quelques centaines de mètres dont la valeur financière est très grande –, ils concentrent des effectifs d’hommes et de femmes qui, pour une même agglomération, se comptent par plusieurs millions, soit l’équivalent du total recensé dans bien des États. Les rivalités de pouvoirs au sein d’une grande ville se caractérisent par le fait qu’elles ont pour enjeu un contrôle financier ou électoral plus ou moins officialisé sur des territoires relativement petits, mais très densément peuplés. Cette concentration spatiale et cette intensité démographique rendent particulièrement difficiles les analyses de géopolitique urbaine.
De surcroît, dans la plupart des cas, les rivalités entre forces politiques rivales ne sont pas en permanence ouvertement violentes, et elles se combinent, surtout dans les sociétés démocratiques, à des relations sociospatiales, à des ententes qui font, tant bien que mal, la cohésion d’une grande cité. Il est rare qu’une crise politique violente fasse apparaître nettement des lignes de front ou de fracture dans la masse urbaine. Mais il n’est pas certain que ces clivages soient les plus importants ou les plus profonds : les conflits religieux, par exemple, l’emportent souvent sur les antagonismes entre classes sociales. Tout dépend des idées, des slogans qui prédominent dans les grandes villes de telle ou telle partie du monde.
En raison de leur complexité, de leur concentration sur des lieux restreints, mais aussi de leur diffusion sur les espaces considérables, les phénomènes géopolitiques, qui ont pour foyer les grandes villes, relèvent par excellence d’une approche qui combine les différents niveaux d’analyse spatiale, c’est-à-dire selon la démarche qui articule des phénomènes économiques et culturels d’envergure planétaire (surtout en cette époque d’intensification de la mondialisation) à des situations nationales tout autant que régionales, et surtout à des lieux particuliers qui se situent au cœur même ou dans la périphérie de telle grande agglomération. Ces lieux n’ont pour certains que quelques centaines de mètres de côté, mais ils comptent des dizaines de milliers d’habitants.
C’est pourquoi les articles qui constituent ce numéro « Géopolitique des grandes villes » prennent en considération des espaces de plus ou moins grande envergure : depuis l’ensemble de la planète lorsqu’il s’agit de la hiérarchie et de la rivalité des villes mondiales, ou de l’espace de l’Union européenne lorsqu’il s’agit de Londres et de Paris, jusqu’aux conflits entre quartiers voisins, pas seulement entre les riches et les pauvres, mais aussi entre des populations déshéritées mais culturellement différentes.
L’analyse géopolitique, telle que nous l’entendons dans Hérodote, ne prend pas seulement en compte les enjeux territoriaux « objectifs » des rivalités de pouvoirs; elle considère aussi leurs raisons plus ou moins « subjectives », c’est-à-dire les idées vraies et fausses, les représentations que les protagonistes de ces conflits et l’opinion qu’ils influencent se font des raisons de leurs différences et de leurs désaccords. Si à propos de grandes villes, surtout si elles sont capitales nationales, des images laudatives sont depuis longtemps amplement diffusées, ce qui somme toute paraît normal, en revanche il est d’autres représentations géopolitiques – mais celles-ci sont négatives – qui sous forme de slogans ou de discours académiques ont pour objet de dénigrer la grande ville, qui est pourtant le cœur de la nation. Le plus étonnant en vérité est que, malgré les changements politiques, de tels discours soient proclamés ouvertement durant des décennies, ce qui n’exclut pas qu’ils fonctionnent subrepticement dans le non-dit ou dans l’escroquerie cartographique. C’est particulièrement le cas à propos du rôle de l’agglomération parisienne sur le territoire national et dans l’espace européen.
 
« Paris et le désert français » ou le dénigrement du rôle positif de l’agglomération parisienne dans l’ensemble national
 
 
On sait que, depuis 1947, le titre du livre de Jean-François Gravier Paris et le désert français exprime l’idée incontournable dès lors qu’il est question de la France et de son territoire : Paris, pour se gonfler artificiellement, aurait aspiré depuis des siècles la substance des autres villes et des campagnes, ce qui a eu pour effet de stériliser les forces vives de la nation, entraînées vers la dénatalité dans les vices et les pratiques frelatées (comme disent certains) de cette trop grande ville. On cite régulièrement le livre de Gravier, mais bien rares sont ceux qui s’interrogent sur l’époque où de telles idées furent conçues. Elles prolongent en fait celles du gouvernement de Vichy et du maréchal Pétain, le « retour à la terre », etc. Paul Claval, dans son Histoire de la géographie française, écrit (p. 492): « Les arguments qu’utilise Gravier pour condamner la croissance de Paris reflètent les vues de l’aménagement à finalité démographique qui s’était développé dans les années 1930 beaucoup plus que le nouveau souci de la croissance et du développement économique. C’est un livre du passé, mais qui pèse lourd sur la politique française d’aménagement durant près d’un demi-siècle. »
Or, comme le signale ci-après Robert Fossaert, de récentes études sur les phénomènes de mondialisation permettent de découvrir un fait pour le moins étonnant : Paris, avec Londres, New York et Tokyo, forme le peloton des quatre vraies villes mondiales, en raison de leurs équipements financiers et connexions internationales. C’est le résultat des calculs et des analyses statistiques menés récemment par les réseaux du Groupe de recherches sur les villes mondiales et la globalisation (Globalization and World Cities Research Group and Network), qu’animent des économistes et des géographes, et notamment P. J. Taylor. Selon ce groupe de recherche dont le centre se situe en Angleterre, Londres vient en tête des villes d’importance mondiale pour ses connexions financières, suivie par New York, puis par Paris et par Tokyo. Viennent ensuite, mais en deuxième catégorie d’influence, Chicago, Francfort, Hong Kong, Los Angeles, Milan, Singapour (classées comme les premières par ordre alphabétique).
Le fait que Paris soit une des quatre villes dont l’influence mondiale est la plus grande a évidemment une importance considérable en matière d’aménagement du territoire. Alors que, depuis cinquante ans, il est de tradition de dresser un bilan négatif pour la France de l’importance considérable de la capitale, il apparaît aujourd’hui que l’agglomération parisienne avec ses 11 millions d’habitants est un atout considérable pour la nation France. La dernière publication de la DATAR, Aménager la France de 2020, fait d’ailleurs allusion (p. 71), sans en tirer de conséquence en matière d’aménagement, au fait que l’Île-de-France au sens large, le « grand Bassin parisien », réalise près de 40% du produit intérieur brut de la France avec moins de 25% de sa population.
Il apparaît donc que cette importance économique de l’agglomération parisienne, loin d’être, comme on se plaît à le répéter, une donnée négative pour les régions et les villes de province, est au contraire une donnée très positive, car celles-ci en profitent de diverses façons, notamment pour renforcer leurs équipements, grâce aux transferts financiers opérés par l’État. Hormis Paris, aucune des grandes villes françaises (à la différence de Milan ou de Barcelone) n’est assez importante pour constituer un pôle financier relativement autonome dans les phénomènes de mondialisation. Elles ont donc besoin de Paris.
Jusqu’à présent – et aujourd’hui plus que jamais –, les conceptions les plus répandues pour l’aménagement du territoire ont été d’instituer l’autonomie des régions pour favoriser leur développement. Mais, sans qu’on le dise ouvertement, cette autonomie implique – surtout pour les régions les moins riches – un financement grâce au dynamisme économique de l’agglomération parisienne, celle-ci profitant d’ailleurs elle aussi, en retour, du développement économique régional. Il est d’autant plus nécessaire d’expliquer et de défendre ce modèle national dynamique articulant centre et régions dans un intérêt mutuel que certains, fort bien placés au plan médiatique, comme Jean-Marie Colombani, directeur du Monde, prônent la transformation de la France en un « archipel éclaté ».
Certes, pendant longtemps et depuis l’Ancien Régime, la centralisation politique a favorisé la concentration sur Paris des ressources financières du pays, et il en a été de même sous la IIIe République. Mais ce schéma a cessé progressivement de correspondre à la réalité après la Seconde Guerre mondiale, et surtout sous la Ve République avec les « trente glorieuses » et les débuts de la régionalisation. Dès lors que c’est Paris, ville mondiale, qui contribue désormais au financement des régions, le modèle centre/périphérie que l’on a tant invoqué (Michel Rocard dès 1966 disserte sur le « colonialisme intérieur ») fonctionne à l’inverse du passé.
Dans toutes ces discussions sur la régionalisation ou l’aménagement du territoire, il s’agit de représentations géopolitiques, c’est-à-dire de représentations de territoires qui sont enjeux de rivalités de pouvoirs ou d’influences. Il faut donc porter une attention très précise aux procédés de représentations cartographiques. En effet, comme l’ensemble de l’opinion, la plupart des journalistes et hommes politiques ne sont guère familiers des divers procédés de représentations cartographiques : il est donc tout à fait possible pour des géographes-aménageurs relativement astucieux d’escamoter sur une carte de leur cru des données géographiques pourtant bien connues et de la plus grande importance.
Rappelons par exemple que, sur les cartes de l’Europe occidentale qui furent longtemps publiées par la DATAR et qui représentent la trop fameuse « banane bleue » – c’est-à-dire la zone des fortes densités urbaines qui s’étend de Londres à l’Italie du Nord, en passant par le Benelux et la vallée du Rhin ( cf. la carte p. 14 par laquelle débute le Débat national pour l’aménagement du territoire, 1993) –, l’importance de l’agglomération parisienne avec ses 11 millions d’habitants est escamotée par le procédé, au premier abord innocent, qui consiste à représenter toutes les agglomérations urbaines de plus de 500 000 habitants par des ronds de taille identique. C’est avec le même culot que l’agglomération parisienne est exclue de ladite « banane » riche de toutes les promesses, sous le fallacieux prétexte que les plaines de Champagne ou de Picardie ne sont pas assez peuplées pour faire la continuité avec l’arc des fortes densités qui va de Londres à Milan. Mais on se garde bien de remarquer qu’il enjambe la mer du Nord, qui est inhabitée. Il faut tout autant se méfier des trop suggestifs schémas cartographiques, surtout s’ils sont géométriques (car leur autorité n’en est que plus grande aux yeux de l’opinion comme à ceux des spécialistes), du style de ceux que les tenants de la « chorématique » (GIP Reclus), fort influents à la DATAR, ont propagé durant deux décennies, dans toutes les publications traitant de l’aménagement du territoire. Il s’agit de représentations qui ont une fonction tactique et idéologique, et il est nécessaire de les confronter à d’autres représentations des mêmes problèmes.
Les interrelations Paris-régions au sein de l’État-nation risquent dans l’avenir de se trouver remises en cause par le succès des discours politiques revendiquant encore davantage d’autonomies régionales, à l’exemple notamment des nationalistes corses, qui exigent (et obtiennent) de la France un financement encore plus important qu’il ne l’est déjà. Mais cette surenchère à laquelle le « plan corse » du gouvernement semble vouloir céder risque soudainement de provoquer dans l’opinion une sorte de réaction qui demanderait l’autonomie financière des régions riches, et tout d’abord de l’Île-de-France, qui « laisseraient tomber » les régions pauvres. Parmi ces dernières, certaines d’entre elles ne parviendraient même plus àfinancer leurs services publics. Une telle évolution – du type de celle que connaît l’Italie duNord avec le mouvement de la « Padanie » – est extrêmement dangereuse.
Les mouvements séparatistes ou autonomistes en France ont d’abord été animés sous la IIIe République par des forces politiques conservatrices ou réactionnaires qui voulaient tenir leurs fiefs régionaux à l’écart des influences progressistes concentrées dans la capitale. Mais à partir des années soixante, et plus précisément de 1958, il convient de souligner l’importance du rôle des représentations géopolitiques de type néo-marxiste tout à fait subjectives qui ont propagé la thèse du « colonialisme intérieur » qui caractériserait l’État français. Il s’agissait plutôt de schémas pseudo-marxistes puisqu’ils postulaient métaphoriquement des « luttes de classes » entre pays ou entre régions, en escamotant les rapports de production qui concernaient précisément les populations. C’est au nom d’un modèle géométrique centre/périphérie que les néo-marxistes faisaient la description du tiers-monde : puisque au plan mondial le centre domine et exploite la périphérie, dans chaque pays développé le « centre », la capitale, dominait et exploitait la périphérie formée par les provinces. Mais ces néo-marxistes passaient sous silence le fait national et les solidarités qu’il implique nécessairement dans une évolution démocratique. C’est ce que fait Michel Rocard lorsqu’il lance en 1966 le slogan « Décoloniser la province ». Certes, les référents historiques ne lui manquaient pas puisque, depuis l’Ancien Régime jusqu’à la IIIe République, la capitale a drainé par l’impôt et les réseaux bancaires une bonne partie des ressources financières des provinces puis des départements. Mais ce schéma a cessé progressivement de correspondre à la réalité avec la forte croissance économique des décennies d’après-guerre et les débuts de la régionalisation avec le lancement des « métropoles d’équilibre ».
Après 1958, la motivation majeure d’un Michel Rocard repose sur l’idée que le pouvoir central est désormais tenu et pour longtemps par de Gaulle et par la Droite, et que c’est en province et notamment dans le Nord-Pas-de-Calais et dans le Midi, qui alors votait « rouge », que la gauche peut aménager des bastions de résistance. D’où la hâte de la Gauche après 1981 de faire franchir une étape décisive aux progrès de la régionalisation, en donnant aux conseils régionaux (et tout d’abord à la Corse) des pouvoirs plus importants, ce qui se solda en 1983 par la victoire de la Droite dans la plupart des régions, y compris le Midi. D’où la nécessité pour la Gauche – afin de contrer les conseils régionaux – d’accorder aux conseils généraux des départements – qui dans le projet initial devaient s’effacer au profit des régions – des pouvoirs qu’ils n’avaient jamais connus jusqu’alors.
La diffusion dans l’opinion de ce modèle néo-marxiste centre/périphérie a finalement fait le jeu d’une Droite provinciale (antigaulliste) qui entend gérer les fiefs départementaux ou régionaux qu’elle a hérités de l’Ancien Régime.
Dès lors que c’est Paris, parce qu’elle est ville mondiale, qui contribue désormais au financement des régions, le modèle centre/périphérie fonctionne à l’inverse du passé. Aussi, l’idée géopolitique majeure qu’il convient selon moi de défendre est non pas celle des autonomies régionales plus ou moins séparatistes, mais celle de l’articulation efficace de l’Île-de-France et des autres régions, l’efficacité impliquant que les conseils régionaux aient les moyens d’utiliser au mieux les moyens financiers fournis par le centre et d’impulser le développement économique régional dans le cadre national. Il est d’autant plus nécessaire d’expliquer et de défendre ce modèle national dynamique articulant centre et périphérie que l’Union européenne du type « Europe des régions » semble à certains, qu’ils soient écologistes anti-État (à cause du nucléaire) ou de la droite ultralibérale, la solution à tous les problèmes.
SOCIÉTÉ DE GÉOPOLITIQUE
À l’occasion du 25e anniversaire de la revue, les membres de l’équipe d’Hérodote et un certain nombre d’élus, d’industriels, de journalistes et de consultants d’entreprises intéressés par les questions géopolitiques, viennent de jeter les bases de la Société de géopolitique. Ce terme de « société » a été choisi pour rappeler l’esprit de découverte et de discussion qui animait certaines sociétés savantes au début du XIX e siècle, et en particulier la Société de géographie.
La Société de géopolitique, sans pour autant se confondre avec Hérodote, sera le cadre de rencontres et de discussions sur des questions d’actualité et problèmes géopolitiques concrets de plus ou moins grande envergure, qu’il s’agisse de conflits très localisés, de rivalités entre très grandes puissances ou du devenir de l’Union européenne.
On sait que par « géopolitique », nous entendons toute rivalité de pouvoirs ou rapport d’influences sur des territoires, qu’il s’agisse de conflits entre des États qui se disputent des régions plus ou moins vastes, de revendications séparatistes au sein d’un même État ou de gestion d’une grande agglomération. C’est aussi de géopolitique qu’il est question, lorsque des autorités locales et mouvements associatifs s’opposent, par souci ou sous prétexte d’écologie, à la réalisation sur « leur » territoire de grands ouvrages qui sont pourtant d’intérêt général.
L’élargissement méthodique que nous donnons au concept de géopolitique, l’efficacité d’un raisonnement géographique qu’il faut mieux faire connaître, mais aussi une démarche équitable fondée sur la confrontation méthodique des arguments que se lancent les protagonistes de chaque conflit, tout cela explique l’intérêt qui est d’ores et déjà porté à la Société de géopolitique. Il est symbolique que la vénérable Société de géographie (elle date de 1821) accueille en son immeuble le siège de la jeune Société de géopolitique, 184, bd Saint-Germain, Paris 6e (renseignements 01 43 37 82 52;
e-mail : societegeopolitique@ mac. com).
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