Hérodote
La Découverte

I.S.B.N.2707139386
206 pages

p. 206 à 206
doi: 10.3917/her.108.0206

Veille sur la revue
Vous consultez

Lectures

N°108 2003/1

 
Laurent CARROUÉ, Géographie de la mondialisation, Armand Colin, 2002, 254 pages.
 
 
D’entrée de jeu, Laurent Carroué déclare que « la mondialisation repose d’abord et avant tout sur la mise en relation de différents ensembles géographiques. On peut donc affirmer que la mondialisation est, d’abord, l’interconnexion complexe de territoires diversifiés. [...] Nous définissons la mondialisation comme le processus historique d’extension progressive du système capitaliste dans l’espace géographique mondial » (p. 4). C’est, écrit Laurent Carroué, « un phénomène très hiérarchisé [...].
Un phénomène instable et conflictuel. [...] Un processus producteur de profondes inégalités » (p. 5). La mondialisation peut être étudiée par les géographes à la fois comme la maîtrise de l’espace par les différents acteurs (États, sociétés, entreprises) et comme la valorisation différenciée et sélective des différents territoires par le capital dans un cadre concurrentiel. « Il n’y a aucun télescopage des différents niveaux d’échelles géographiques [...] qui ne peuvent être circonscrites au seul couple local/global. L’organisation transnationale s’insère dans une valorisation emboîtée des différentes échelles géographiques » (p. 8). Je suis tout à fait d’accord, en préférant pour ma part me référer non pas à de grandes ou petites échelles (ce qui fait l’objet de malentendus classiques dans l’opinion), mais à des ensembles spatiaux qui relèvent dans la réalité des différents ordres de grandeur.
Après avoir traité dans le chapitre 1, « Continuités et ruptures historiques et géographiques », du « rôle des États et des organismes internationaux » et d’un « nouveau régime d’accumulation financière », Laurent Carroué consacre un grand chapitre 2 aux « firmes transnationales », un chapitre 3 à « l’explosion des échanges et de la logistique » et un chapitre 4 à « la mondialisation des marchés et des facteurs de production », et il choisit pour ce faire de nombreux exemples concrets traduits en termes cartographiques. Il en est de même dans le chapitre 5, « Territoires et transnationales ». Sa démarche conduit à une réflexion géopolitique (chapitre 6) sur « les dynamiques territoriales entre intégration et fragmentation ».
En conclusion, Laurent Carroué affirme que « sous les désordres apparents du monde [...] la mondialisation est un système hégémonique [...]. Sa première caractéristique est d’être une construction systémique des rapports mondiaux à la fois totale, totalisante et asymétrique ». Il considère que « la résistance des territoires [représente] des limites à la mondialisation » et que la gestion des contradictions actuelles « devrait conduire à une nécessaire refondation ». Au total, un ouvrage fort intéressant qui permet d’y voir plus clair et qui démontre l’efficacité des raisonnements géographiques.
Y. L.
© Cairn.info 2009 Vie privée | Conditions d’utilisation | Conditions générales de vente
Cairn.info | Éditeurs | Bibliothèques | Aide à la navigation | Plan du site | Raccourcis