« Jeunes de la cité » et contrôle du territoire : le cas d’une cité de la banlieue parisienne
Thomas Sauvadet
Il s’agit dans cet article de définir la population que les gens appellent « jeunes de la cité». Ces derniers
forment un groupe souvent stigmatisé, évoluant sur un territoire qui ne l’est
pas moins, car beaucoup de gens évitent de s’y rendre ou l’utilisent
uniquement comme un lieu de passage. Les « jeunes de la cité» semblent
représenter une minorité de garçons en grande difficulté sociale qui, enclavés
sur le territoire de leur cité, s’associent afin de se protéger: des
discriminations qu’ils subissent, de la solitude et de l’ennui, de la pauvreté
(relative)... Le fonctionnement de leur groupe est néanmoins assez brutal
(intimidations physiques, rivalités et jalousies, ressentiments, agressions
verbales, vols...) et renforce finalement leurs difficultés sociales ainsi que
leur enclavement sur le quartier. Le territoire de leur zone d’habitation
devient leur principale ressource (affective, identitaire, économique) et ces
jeunes ont alors tendance à se l’approprier de multiples manières. Cet article
repose sur une enquête sociologique menée dans une cité HLM de la région
parisienne.
• Les « jeunes de la cité »
• Le « capital guerrier », indispensable
à l’exercice du pouvoir
• Le coût d’acquisition et la conversion
du « capital guerrier »
• Le contrôle du territoire
• Conclusion
• Références bibliographiques