Forces armées et politique : une longue passion russe
Cyrille Gloaguen
La présence massive de militaires dans
les rouages du pouvoir russe trouve son origine dans les traditions soviétiques. La disparition de l’URSS bouleverse cependant la
donne: de simples représentants de leur
corps social, les militaires deviennent acteurs
de la vie politique russe, mais à titre individuel et en occupant l’ensemble du prisme
politique. Avec V. Poutine, ils semblent
s’être définitivement emparés des centres
de décision. Cette vision est cependant
trompeuse: loin d’avoir pris le pouvoir en
tant qu’institution, les militaires que l’on
trouve dans l’entourage de Poutine sont des
proches du président, pour la plupart originaires, comme les civils, de Saint-Pétersbourg
ou ayant jadis travaillé avec lui au KGB.
Les Siloviki ne sont rien d’autre qu’un outil
au service de la politique du président russe.
Armed Forces and
Politics: a Russian Passion
The substantial presence of the military
in the intricate machinery of Russian
government is a legacy from the Soviet era.
Yet, the USSR is bygone and cards have
been reshuffled. Once mere representatives
of their social corps, the military is now a
full-fledge actor on the Russian political
scene, but individually so on the whole
political spectrum. With V. Putin, they may
well have taken control over the main political centres. This view may yet be fallacious: far from taking over power as a
constitued body, the military close to Putin
are his near-relations, most being – just as
the civilians – kins from Saint-Peterburg or
former KGB brothers-in-arms. The “siloviki” are a mere tool servicing Russian presidential politics.
•
Militaires et politique, les habitus soviétiques
•
Un vote militaire couvrant tout le prisme politique
•
Les missi dominici de Vladimir Poutine
•
KGB et mairie de Saint-Pétersbourg
• Bibliographie