La gendarmerie, force de sécurité au service de la nation
Christelle Chichignoud
L’ensemble des armées s’interroge, en
particulier depuis la professionnalisation,
sur les liens entre armée et nation, ceux-ci
étant par ailleurs essentiellement envisagés
sous l’angle du « service rendu à la nation».
Cette réflexion se pose d’une manière particulière pour la Gendarmerie nationale.
Il est vrai que la gendarmerie, bien que
force militaire, exerce des missions essentiellement civiles et de service public (lutte
contre la délinquance, ordre public, sécurité
routière...). Cette spécificité pose problème
dès lors qu’est abordée la question des liens
avec la nation. En fait, pour une partie de la
communauté militaire, évoquer les liens
entre gendarmerie et nation est prétexte à
une remise en cause de l’appartenance de la
gendarmerie au monde des armées, du statut
militaire des gendarmes, de la valeur des
missions de la gendarmerie au service de la
France. Derrière ces discours se trouvent
des rivalités de pouvoir, parfois historiques,
entre la gendarmerie et les autres composantes de l’armée, notamment l’armée de
terre. Ces rivalités se prolongent par les
différentes représentations de la notion de
« service rendu à la nation» qui existent au
sein de la gendarmerie et en particulier au
sein des officiers. En effet, les militaires de
la gendarmerie se saisissent différemment
de cette référence à la nation, selon leur
place dans la hiérarchie, leurs responsabilités exercées, leur spécialité et leur formation. Le discours sur la nation est alors plus
ou moins présent suivant les métiers de
gendarme et les perspectives de carrière.
The Police
Force as a Security Force Serving the Nation
As a whole, the army is questioning the
connection between army and nation, especially since the professionalization, on the
aspect “service rendered to the nation” and
in particular regarding the national police.
Though it is a military force, the police
force has mostly civil and public service
missions (fight against delinquency, public
order, road security...). This specificity
becomes a problem when the connection
with the nation is concerned. As a matter of
fact, for some of the military community, to
mention this connection is an excuse to
question the affiliation of the national
police to the world of armies, the military
status of policemen, the value of their
missions in serving France. Behind these
discussions are prevailing power rivalries,
sometimes historical, between police forces
and other sections of the army, especially
Ground Army. These rivalries extend
through the different representations of the
notion ‘service rendered to the nation’,
existing at the heart of police forces, and
especially for officers. Indeed, they have a
different view of this nation’s reference,
according to their rank in hierarchy, their
responsibilities, their specialty and training.
The discussion on the nation is then more
or less present according to the professions
and career perspectives.
• La gendarmerie, les armées et les discours sur la nation
— Des missions de la gendarmerie au service des intérêts multiples
de la nation tant à l’extérieur qu’à l’intérieur de nos frontières
— « La gendarmerie dans ou hors des armées »,
un débat lié à celui des liens gendarmerie-nation
— Les relations gendarmerie-armée de terre et la « peur du gendarme »
• Nation, citoyenneté, service public... représentations
et différents métiers du gendarme
— Le cas des sous-officiers
— Des références à la nation indissociables de la conception
du rôle d’officier et des perspectives de carrière
• Bibliographie