L’Himalaya, « nouvelle frontière » de la Chine
Thierry Mathou
Cet article analyse la place de l’Himalaya dans
la diplomatie régionale de la Chine. Malgré la
permanence de facteurs de tension au Népal, au
Cachemire, dans le nord-est de l’Inde, au Bhoutan
et au Tibet, et l’existence d’un contentieux frontalier avec l’Inde, la Chine a récemment choisi de
faire de cette région un espace de coopération et
d’ouverture dans le cadre de sa nouvelle diplomatie frontalière. Cette politique donne un éclairage
particulier à la situation de la Région Autonome
du Tibet qui a vocation à devenir un pont entre la
Chine et l’Asie du Sud. Elle permet également de
considérer l’Himalaya comme un sous-ensemble
régional cohérent dont la position stratégique
– entre les deux géants de l’Asie – constitue un
élément important quoique rarement analysé sous
cet angle, de la géopolitique du continent asiatique. L’article passe en revue les objectifs, les
enjeux, les conséquences mais aussi les limites de
cette nouvelle politique frontalière.
This article focuses on the significance of the
Himalayas in China’s regional politics. Although
this region is still affected by factors of tension in
Nepal, Kachmir, North-East of India, Bhutan and
Tibet and despite unsettled border diputes with
India, China has decided to implement in this area
a cooperation and opening policy within the
framework of its new frontier diplomacy. This
policy throws new light on the situation of the
Tibet Autonomous Region that could turn into a
bridge between China and South Asia. It is also
the opportunity to consider the Himalayas as a
coherent regional entity which strategic position
between the two giants of Asia, is one of the
major parameters of geopolitics on this continent,
although rarely studied as such. The article
analyzes the objectives, stakes, consequences and
limits of these new frontier politics.
• Le Tibet, « une vitrine sur un pont »
• La Chine et l’Inde : vers une nouvelle coexistence pacifique
dans l’Himalaya
• Échanges transfrontaliers : les espoirs déçus
• La permanence du contentieux frontalier
• La Chine et le Bhoutan : à la recherche d’une « caution bouddhiste »
• La relation sino-népalaise : un « modèle » de coopération frontalière
• Conclusions