Langue française et langues locales en terre marocaine : rapports de force et reconstructions identitaires
Fouzia Benzakour
Langue coloniale durant la première
moitié du XX e siècle, le français en terre
marocaine est devenu, au fil des ans et au
gré des événements socio-politiques, langue
d’enseignement, langue de la modernité,
langue de travail, langue d’écriture, etc.,
sans que son statut ne soit jamais clairement
défini. C’est pourquoi, nous avons tenté,
dans cette contribution, de retracer son
cheminement dans un espace linguistique et
culturel pluriel, sans cesse agité par le vent
des reconstructions identitaires. Nous avons
ainsi dégagé et décrit les rapports de force
liant les langues locales entre elles et en
rapport avec l’ancienne langue coloniale.
Nous avons montré que si l’arabe a réussi à
reconquérir une bonne partie de son territoire, ses acquis restent fragiles par la revalorisation des langues «natales» et plus
particulièrement par la montée en puissance
du berbère. Pris dans ce tourbillon identitaire, le français a pu continuer à s’enraciner dans la société marocaine en forgeant
son propre espace interculturel et en se
confinant dans les domaines de l’économie
moderne et de l’enseignement universitaire
des sciences et techniques.
In Morocco, the french language had
been a colonial language during the first
half of the 20th century. It’s became, during
the passing years of the colonization and
following the socio-political events, a
teaching language, modernity, working,
writing languages, etc. Its status, in that
time, has been never defined. This is why
we tried, in our paper, to descript its
evolution in a linguistic and cultural multiplural space which is currently agitated by
the rebuilding identity problems. We are
studied the domination ratios the local
languages between themselves and with the
french language. We demonstrated that
although the arabic language has been
succeeded in playing an important role, its
position is menaced by the revalorization of
the “native” languages and specially by the
movement of the berber language. Spite of
these identified problems, the french language continue to root in the moroccan
society by forging its own intercultural space
and planting in the modern economical,
scientific and technologic fields.
• Le français colonial, langue imposée à diffusion réduite
• L’arabe, une langue de l’école à la (re)conquête du terrain
linguistique local
• Les conséquences d’une politique d’arabisation mal gérée et incomplète
• Les langues nationales marocaines : enjeux politiques, identitaires
et culturels
• L’amazighe, l’autre langue nationale
• Le français en terre marocaine : de la langue institutionnelle
à une langue acclimatée à la recherche d’une légitimité
• Le français dans la réalité marocaine. Une variété acclimatée
en quête de légitimité
— Le français basilectal du petit peuple
— Le français basilectal des lettrés arabisés
— Le français élitaire, une variété haute qui se marginalise
• La variété appropriée. Le français « mésolectal »
• Conclusion
• Bibliographie