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Hérodote

2007/3 (n° 126)

  • Pages : 192
  • ISBN : 9782707152756
  • DOI : 10.3917/her.126.0161
  • Éditeur : La Découverte


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Lorsqu’on parle de la langue française au Liban, on parle forcément d’histoire et de politique. Nous pourrions évidemment remonter les siècles et citer les échanges et correspondances des monarques de France envoyés aux représentants des grandes familles du Mont Liban et des prélats de leurs Églises, mais notre propos commence avec la création en 1920 du Grand Liban. Après plus de quatre siècles de domination et au lendemain de la Première Guerre mondiale, l’Empire ottoman vacille et les provinces arabes se trouvent alors sous la tutelle des puissances européennes.

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Les accords secrets franco-britanniques de Sykes-Picot conclus en 1916 avaient déjà préparé le dépeçage de cet empire et son partage. La Syrie d’alors, qui représentait un territoire englobant la Syrie actuelle et le Liban d’aujourd’hui, est placée sous mandat français avec l’aval de la Société des Nations parce que la France est déjà militairement présente dans la région et qu’elle y bénéficie d’un rayonnement culturel notamment à travers son réseau scolaire.

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En 1943, le Liban accède à l’indépendance dans ses frontières actuelles. Il est doté, grâce à la France, d’une Constitution qui aurait pu l’engager résolument, selon le modèle républicain, sur la voie du développement et du progrès dans le cadre d’institutions modernes, laïques et démocratiques. Mais la France d’alors a jugé opportun et nécessaire, pour maintenir son influence dans la région, d’instaurer des relations privilégiées avec les chrétiens du Liban, en particulier la communauté maronite. Va donc être rajouté au texte de la Constitution le fameux article 95 qui consacre « provisoirement » un régime confessionnel et une représentation communautaire du pays, avec 17 confessions répertoriées et officiellement reconnues. Un provisoire qui dure depuis et qui a entraîné le Liban dans des cycles de turbulences, de déchirements et de guerres fratricides. Selon l’article 11 de cette Constitution, l’arabe et le français étaient les deux langues officielles du pays. Mais cet article sera rapidement modifié, établissant que la langue arabe sera désormais la seule langue officielle et qu’une loi déterminera ultérieurement les cas où il sera fait usage de la langue française.

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Les divergences vont immédiatement surgir au lendemain de l’indépendance, rendant extrêmement difficile la construction de l’État. Les dirigeants politiques de l’islam sunnite et ceux des chrétiens maronites vont élaborer une sorte de plateforme non écrite, le Pacte national, censé dégager un consensus pour une définition commune de l’identité libanaise. En réalité, le Pacte national ne fera que masquer l’opposition profonde entre deux aspirations frustrées et une difficulté à se projeter dans un même devenir.

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Les musulmans renonçaient ainsi à leur rêve d’unité arabe et les chrétiens à leur rêve d’Occident. Georges Naccache, grand éditorialiste libanais de l’époque, écrivait : « Le Pacte national porte en lui les contradictions qui rendent tout gouvernement impossible. Ni Occident, ni arabisation, c’est sur un double refus que la chrétienté et l’islam ont conclu leur alliance. Un État n’est pas la somme de deux impuissances et deux négations ne feront jamais une nation. » Georges Naccache fut arrêté et son journal L’Orient suspendu pour avoir dit la vérité le 10 mars 1949.

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Le dessein national sera donc totalement occulté par les savants dosages communautaires et les calculs des politiciens dont l’unique souci était d’occuper, comme on dit dans le jargon politique libanais, les trois « fauteuils », à savoir la présidence de la République réservée aux chrétiens maronites, la présidence du Conseil des ministres réservée aux musulmans sunnites et la présidence de la Chambre des députés réservée aux musulmans chiites. Les postes de la fonction publique n’échappent pas aux règles de la répartition confessionnelle.

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Les crispations entre les différentes communautés et le débat sur l’identité libanaise vont resurgir à partir de la fin des années 1950 avec la montée en puissance du discours panarabe et nassérien, avec l’impact désastreux de l’affaire du canal de Suez sur la rue arabe et avec les grandes défaites arabes face à Israël. La langue française fut longtemps l’otage de cette polarisation viscérale et passionnelle de la vie politique libanaise et de la surenchère permanente des deux nationalismes.

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Dans ce contexte, il nous faut considérer deux niveaux de lecture pour saisir la position réelle qu’occupait la langue française au Liban. Tout d’abord, la lecture du discours politique qui était en fait un discours idéologique de part et d’autre. Pour les élites politiques chrétiennes, notamment maronites, la langue française était la langue de la spécificité culturelle d’une exception libanaise et celle de la France, mère patrie et protectrice des chrétiens du pays du Cèdre. Pour les nationalistes arabes, majoritairement sunnites, et pour leur alliée, la gauche libanaise, multiconfessionnelle et laïque, la langue française était le fer de lance de la politique occidentale, impérialiste et néocolonialiste, ennemie des masses arabes. Ces deux discours étaient également démagogiques, réducteurs et caricaturaux.

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Tout d’abord parce qu’au Liban il n’y avait pas réellement matière à un clivage linguistique et culturel. Pas de menaces et pas de déchirements comme au Québec ou en Algérie par exemple. L’arabe dialectal libanais était la langue maternelle de plus de 95% du peuple libanais. L’arabe classique enseigné était d’un niveau excellent. Les Libanais étaient confortablement ancrés dans leur environnement culturel. Cette homogénéité, occultée par le débat politicien et passionnel, ne pouvait en fait que servir une langue française qui offrait l’accès au savoir et l’ouverture sur le monde. Deux atouts majeurs pour un peuple qui a toujours su conjuguer au pluriel l’apprentissage des langues, par goût et par nécessité, à la fois curieux des choses de l’esprit, voyageur et commerçant depuis la nuit des temps.

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Ceci dit, l’usage de la langue française au quotidien variait d’un milieu à l’autre. La langue française comme langue d’expression quasiment exclusive de la vie quotidienne ne concernait qu’une minorité très limitée d’une certaine aristocratie beyrouthine chrétienne qui évoluait en milieu fermé, tournant le dos à son environnement libanais et maîtrisant mal, en général, la langue arabe.

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Quant au bilinguisme franco-libanais au quotidien, ce langage très particulier qu’on appelle le « franbanais », qui consistait et consiste toujours à passer allégrement dans une même phrase de l’arabe au français et vice versa, il était évidemment plus répandu dans les milieux chrétiens, mais était aussi pratiqué au sein des familles bourgeoises, toutes confessions confondues. Ce phénomène était en revanche totalement étranger à tous les milieux ruraux, toutes confessions confondues.

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Les choix dogmatiques, qui opposaient systématiquement au Liban les deux nationalismes, libanais et unioniste arabe, engendraient des clichés et des stéréotypes aussi creux et erronés que le vocabulaire que nous ont servi les médias occidentaux durant quinze années de guerre en opposant, dans un mimétisme affligeant, les chrétiens conservateurs aux islamo-progressistes.

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Les élites chrétiennes, dans leur alignement inconditionnel sur l’Occident, masquaient une page importante de leur histoire, celle du rôle précurseur joué par leurs propres intellectuels et moines, au XIXe siècle, dans le processus fondateur de la Nahda, c’est-à-dire la renaissance de l’identité arabe après plus de quatre siècles de torpeur sous le joug ottoman. C’est bien grâce à leur érudition et à leur savoir-faire que des milliers d’ouvrages de sciences, de philosophie et de poésie furent traduits et édités, permettant ainsi aux peuples arabes de pouvoir renouer avec le savoir, avec l’histoire et avec leur propre culture. Le célèbre appel « Arabes réveillez-vous », lancé en 1868 par Ibrahim el Yazigi, l’un de leurs illustres porteparole, marquera les consciences bien au-delà du Liban.

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Quant aux intellectuels de la gauche libanaise, qui consommaient et propageaient sans modération les slogans des régimes arabes purs et durs, ils étaient eux-mêmes parfaitement francophones, très souvent formés aux universités françaises et davantage attentifs à l’actualité culturelle et artistique de Paris qu’à celle de Damas ou de Benghazi.

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Les données du terrain permettent une lecture beaucoup plus objective que celle du discours idéologique et nous éclairent davantage sur la place réelle qu’occupait la langue française au Liban jusqu’au déclenchement de la guerre en 1975. Le Liban étant un pays à forte densité politique, tout élément susceptible de remettre en cause son fragile statu quo était forcément interprété ou récupéré politiquement, utilisé pour servir telle communauté, léser telle autre. Les chiffres et les statistiques, tels des bâtons de dynamite, étaient manipulés avec la plus grande prudence. Ceci explique pourquoi le dernier recensement au Liban remonte à 1932. Ce « cliché » figé des données démographiques et sociales du pays a largement contribué à ne pas saisir l’évolution réelle du Liban, y compris dans ses composantes communautaires.

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Le Pacte national de 1943, édifié autour de l’axe maronite/sunnite, a complètement occulté l’émergence démographique, politique et sociale de la communauté chiite, aujourd’hui la plus nombreuse. Longtemps considérée comme marginale par rapport à la construction nationale, elle fut jusqu’au début des années 1970 sous-représentée par une féodalité politique des plus archaïque, aussi bien dans la région du Sud que dans celle de la Békaa et du Hermel.

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La communauté chiite libanaise, grâce notamment à une forte émigration qui a débuté quelques décennies déjà avant la guerre vers les pays francophones de l’Afrique de l’Ouest (Côte-d’Ivoire, Sénégal, Bénin, Mali et Guinée), a fourni un réservoir significatif et inattendu à la francophonie libanaise. L’implantation en 1997 du cinquième établissement de la Mission laïque française dans la commune de Habbouche, à la lisière de la ville de Nabatieh au Sud, illustre la vitalité et l’importance du choix de la langue française dans l’enseignement pour les familles de cette région. Cet établissement scolarise actuellement environ 900 élèves, de la maternelle à la terminale. Une offre qui reste nettement inférieure aux demandes d’inscription.

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Depuis 1932, le Liban a donc dû se contenter des sources d’estimations plus ou moins officielles, des recherches et des enquêtes universitaires, des rapports internationaux ou encore des évaluations établies par des ONG. Il faudra attendre 1996 par exemple pour avoir des données chiffrées communiquées par le ministère des Affaires sociales sur les habitants et les habitations au Liban.

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La carte linguistique du pays a été soumise elle aussi à ce flou tactique. Ce que nous pouvons dire avec certitude c’est qu’il n’y avait pas de politique interventionniste de l’Éducation nationale. L’État libanais imposait l’enseignement d’une première langue étrangère, mais privilégiait la liberté du choix de cette langue. L’État se contentait de proposer des filières arabe-français ou arabe-anglais dans les établissements du secteur public. Les premières avaient un net avantage sur les secondes dans les deux cycles, primaire et secondaire.

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Pour les familles libanaises, le budget de scolarité des enfants arrive incontestablement en tête dans l’ordre de leurs priorités et cela quel que soit le milieu social. Ceci pourrait expliquer l’importance et la diversité de l’enseignement du secteur privé, payant et parfois même très coûteux mais garant de bons résultats et d’excellence notamment en matière de langues étrangères.

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Les écoles religieuses chrétiennes implantées dans toutes les régions du Liban et réputées pour la qualité de leur enseignement en français ont toujours attiré des effectifs considérables d’élèves musulmans. Les établissements français comme ceux de la Mission laïque française à Beyrouth ont formé des décennies durant des générations libanaises, chrétiennes, musulmanes et druzes. L’université Saint-Joseph mais aussi l’Université libanaise ont été des lieux de formation et de brassage pour une grande partie des élites libanaises francophones de toutes les confessions. Sur les trois seules chaînes de télévision qui existaient avant la guerre et qui étaient des chaînes publiques, Canal 7, Canal 11 et Canal 9, la dernière était exclusivement de langue française.

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Tous ces éléments réunis ne permettent pas pour autant d’affirmer qu’une écrasante majorité de Libanais, avant la guerre, étaient en mesure d’écrire et de parler le français. Le nombre des francophones, selon les chiffres officieux, variait entre 40 et 45% de la population. Ces éléments nous permettent cependant d’établir que l’appartenance communautaire pouvait jouer un rôle certain, mais pas absolu quant au choix et à l’usage de la langue française au Liban. L’intérêt réel que l’on portait à cette langue dans ce pays était en décalage avec le débat récurrent qui agitait ses chapelles politiques.

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Avec la fin de la guerre en 1990, plusieurs voix pessimistes s’empressaient d’annoncer avec certitude l’effondrement de la francophonie au pays du Cèdre au profit de l’anglais. Le démenti par les faits fut édifiant. Youssef Courbage, démographe et sociologue, se référant à une enquête minutieuse par sondage, dirigée par trois universitaires libanais avec l’assistance de l’Agence universitaire francophone, écrit en décembre 1996 : « L’enquête montre une aspiration au bilinguisme arabe-français qui dépasse la seule communauté chrétienne et rassemble la totalité des confessions du Liban. Contrairement à une idée courante, qui se complaît à voir la francophonie en perte de vitesse, l’usage du français ne s’essoufflerait guère. » Et de rajouter : « La montée du nationalisme arabe, dont Beyrouth était l’un des pôles les plus actifs, fut donc sans effet sur la pratique du français. »

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Selon les statistiques de l’année scolaire 1996-1997,69,5% des élèves libanais, de la maternelle au lycée, ont appris le français comme première langue étrangère. La consolidation de la position de la langue française est due à plusieurs facteurs. Tout d’abord, les discours idéologiques sont largement discrédités au Liban. Ils sont victimes du rejet collectif de tout un peuple qui a surmonté beaucoup trop d’épreuves. Aujourd’hui, les élites politiques chrétiennes admettent l’évidence de la géopolitique et ne contestent plus l’ancrage du Liban dans son environnement arabe. De plus, la faillite des régimes arabes dits « progressistes » dans les domaines du développement, de la démocratie et des libertés, ainsi que de la gestion du conflit israélo-arabe, a poussé la gauche libanaise à dénoncer l’arabisme stérile pour prôner une arabité ouverte et constructive. Samir Kassir, journaliste et essayiste, assassiné en 2004, fut l’un des plus talentueux porte-parole de cette nouvelle gauche. La France, grâce à la constance de sa politique équilibrée dans la région du Proche-Orient, jouit auprès des Libanais d’un large crédit de respect et de sympathie.

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L’émergence de la francophonie institutionnelle et politique à l’échelle internationale est incontestablement un facteur essentiel dans la consolidation du fait francophone au Liban. L’Organisation internationale de la Francophonie, l’OIF, à travers ses opérateurs et une multitude de structures appropriées, élargit les champs d’une coopération fructueuse, dans les domaines de l’éducation, de l’université, de l’animation culturelle en milieu rural et périurbain, de l’environnement, de la formation technique, juridique, etc.

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Signalons que le grand retour du Liban sur la scène internationale après quinze années de guerre et d’isolement s’est fait à l’occasion du 9e sommet des chefs d’État de la francophonie qui pour la première fois se tenait dans un pays arabe, à Beyrouth, en 2002, autour du thème du « dialogue des cultures ».

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La population libanaise est estimée aujourd’hui à environ 3,5 millions d’habitants. La diaspora libanaise est estimée, elle, à près de 13 millions d’émigrés répartis sur les cinq continents, en Australie, aux États-Unis, en Amérique latine, dans les pays arabes du Golfe, mais aussi au Canada, notamment au Québec, en Europe, notamment en France et en Belgique et dans plusieurs pays francophones d’Afrique. Cette diaspora entretient une relation forte et régulière avec le pays des racines. Son poids démographique et économique est déterminant dans l’évolution de la société libanaise. Le Liban a même enregistré plusieurs vagues de retour depuis la fin de la guerre en 1990.

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Au niveau de la presse écrite nous assistons régulièrement à la naissance de nouveaux titres de magazines et de revues de langue française, des plus spécialisés jusqu’aux plus futiles. Quant à L’Orient-Le Jour, seul quotidien de langue française, il n’a jamais cessé de paraître depuis 1971. Il tire à 18000 exemplaires et occupe le troisième rang parmi les journaux libanais, toutes langues confondues. Ce journal qui affiche une ligne éditoriale très engagée est considéré comme un journal de référence pour tous ceux qui s’intéressent au Liban et à la région du Proche-Orient.

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La situation est moins brillante dans le paysage audiovisuel libanais où l’on constate un recul flagrant de la langue française. Canal 9, qui a disparu avec la guerre, n’a jamais été remplacé. Les nouvelles chaînes, toutes privées, produisent exclusivement en langue arabe. Le français n’est présent qu’à travers quelques journaux télévisés sans grande visibilité et à travers le sous-titrage automatique de tous les films et feuilletons étrangers diffusés au Liban.

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Pour clore cette énumération, il faut rappeler que le Liban affiche aujourd’hui l’un des plus hauts taux d’alphabétisation dans le monde arabe, 90% des Libanais sont scolarisés. Le pays, traditionnellement rompu au multilinguisme, n’oppose pas la langue anglaise au français, mais l’intègre dans un trilinguisme heureux où chaque langue a son domaine et sa raison d’être.

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L’actualité, malheureusement tragique, de l’été 2006 au Liban a fourni une photographie grandeur nature de cette francophonie consensuelle. Durant 33 jours de guerre, nous avons tous vu défiler sur nos écrans de télévision des Libanais qui s’exprimaient en français devant l’objectif : des mères de famille, des ministres, des ambulanciers, des gardiens d’immeuble, des vendeurs de journaux, des femmes voilées et d’autres au chignon impeccable, des jeunes, des vieux, des curés, des religieuses, des cheikhs, des journalistes, des maires de village, des ruraux, des citadins, des petits pêcheurs, des habitants du littoral, de la plaine et de la montagne, des bénévoles en tous genres, des chauffeurs de taxi et des chauffeurs de camions, des candidats au départ et des décidés à rester, des fumeurs de narguilé, des épiciers et des commerçants. Ils ont tous sorti leurs provisions de français : chantonnant ou pointu, riche ou approximatif, mélangé ou pur, ils ont tous voulu plaider pour leur Liban en français.

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J’ai fini par m’étonner du fait que les médias qui leur tendaient le micro n’aient pas relevé l’importance du phénomène révélé par des circonstances exceptionnelles. Et puis j’ai compris. N’était-ce pas là le plus bel hommage à la francophonie libanaise qui surgit comme une évidence naturelle, semblable à la prose de monsieur Jourdain ?

Notes

[*]

Rédactrice en chef du magazine télévisé Espace francophone, DEA en Anthropologie sociale et culturelle de l’université Paris-V.

Résumé

Français

La langue française au Liban est intimement liée à l’histoire de ce pays depuis des siècles, ainsi qu’à sa situation géographique qui l’a prédisposé à être une porte ouverte entre l’Orient et le monde occidental. Tantôt catalogué langue d’élite, tantôt accusé d’être l’apanage d’une seule communauté, d’une seule minorité ou d’un seul camp, le français transcende aujourd’hui tous les clivages. L’analyse de l’évolution du statut de la langue française au Liban et du rapport qu’entretiennent les Libanais avec cette langue permet aujourd’hui d’apporter un éclairage nouveau sur l’évolution de la société libanaise elle-même, trop souvent perçue à travers le prisme des stéréotypes et des généralisations faciles mais erronées.

English

French language in Lebanon: language of division, language of consensus ? For several centuries, the French language in Lebanon has been closely linked to the country’s history, as well as to the geographical situation which made it an open door between the East and the western world. Sometimes defined as the elite language, sometimes accused to be the monopoly of a sole community, minority or group, today French has gone past all these divides. The analysis of the status’ evolution of the French language in Lebanon and of the relationship that the lebanese have with this language allows us today to bring a new light on the evolution of the Lebanese society itself, too often seen through the prism of easy but false stereotypes and generalizations.

Pour citer cet article

Makki Mona, « La langue française au Liban : langue de division, langue de consensus ? », Hérodote 3/ 2007 (n° 126), p. 161-167
URL : www.cairn.info/revue-herodote-2007-3-page-161.htm.
DOI : 10.3917/her.126.0161


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