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AuteurPhilippe Hugon[*] [*] Professeur émérite Paris-X-Nanterre, IRIS. ...
suitedu même auteur
Les relations entre guerres et ressources naturelles ont conduit à une écologie politique de la guerre analysant les guerres de ressources, environnementales, de pillage ou de sécession liées aux ressources naturelles. Un État détenteur de ressources en hydrocarbures a neuf fois plus de risques d’être le théâtre de conflits armés qu’un État non pourvu. Les ressources naturelles peuvent fournir les moyens de financer les rébellions motivées par d’autres intérêts que les ressources elles-mêmes. Elles peuvent, étant concentrées dans un territoire délimité, favoriser des tentatives sécessionnistes. Elles conduisent à des comportements rentiers interdisant ou retardant des institutions fortes. Les ressources naturelles du sous-sol peuvent, du fait de leur abondance, attiser des contrôles par la violence (coloniale, impérialiste, pillage). Les ressources naturelles du sol peuvent, du fait de leur rareté (eau, terre), aviver les tensions. Il n’y a pas toutefois de lien déterministe même si la malédiction des ressources naturelles est forte. Les guerres environnementales sont, elles-mêmes, dépendantes des politiques mises en œuvre [Le Billon, 2003]. Notre analyse prend pour hypothèse qu’il importe de dépasser à la fois les analyses universalistes des économistes et particularistes des anthropologues-politistes en construisant des typologies. En prenant le cas des conflits armés africains, nous différencierons dans cet article : 1/l’enchevêtrement des facteurs et des acteurs de la conflictualité ; 2/l’économie politique des conflits et 3/les différents types de conflits liés aux ressources naturelles.
L’enchevêtrement des facteurs et des acteurs des conflits armés
2 Les conflits armés diffèrent selon leur intensité, leur durée et leur extension territoriale. Ils peuvent être infranationaux, internationaux ou régionaux. On peut distinguer les guerres civiles et les insurrections, la violence criminelle, les conflits intra-armées et le terrorisme. En 2009, l’Afrique représente près d’un tiers des conflits infranationaux mondiaux. Même s’ils tendent plutôt à se réduire et à se déplacer de l’Afrique de l’Ouest vers l’Est, ils concernent notamment le Soudan et le Darfour, la Somalie, la RDC.
Nouveauté des formes de violence armée ?
3 La question se pose de savoir quelle est la nouveauté des formes de violence armée. Traditionnellement, les conflits internes (guerres civiles, rébellion) se différencient des conflits externes (guerres internationales) mais la plupart des polémologues considèrent que cette distinction a perdu beaucoup de sa pertinence depuis la chute du Mur de Berlin. Les partisans de l’opposition entre les anciennes et les nouvelles formes de guerre considèrent que les anciennes étaient plutôt idéologiques, centralisées et caractérisées par les doléances alors que les nouvelles formes de guerre sont plus décentralisées et davantage caractérisées par des déterminants ethniques, le pillage et la prédation [Collier, Hoeffler 2000]. Aux conflits de la période de la guerre froide, caractérisés par des oppositions idéologiques et le soutien des grands blocs, ont succédé des guérillas multiformes davantage intranationales avec retrait partiel des grandes puissances [Clapham, 2000]. Ces thèses de la nouveauté des conflits armés sont controversées, soit niées [Kalivas, 2001], soit fortement nuancées [Marchal, Messiant, 2002 ; de Montclos, 2007]. Elles agrégeraient des conflits de natures différentes et renverraient à trois courants hétérogènes : néoconservateur américain, développant la thèse du chaos généralisé, de guerres où se mêlent gangs, conflits ethniques et trafics, et chocs civilisationnels ; économiciste, avec Collier en particulier, au sein de la Banque mondiale, mettant en avant l’avidité des rebelles et légitimant ainsi les pouvoirs en place ; politiste [Kaldor, 1999] enfin, privilégiant la fin de la guerre froide et agrégeant des conflits de nature diverses. Marchal et Messiant refusent toute théorie globalisante évacuant le politique, le social et l’historique ; ils différencient au contraire les conflits politiques au caractère identitaire marqué (Balkans, Rwanda) et les prédations peu motivées politiquement (Sierra Leone, Liberia).
TABLEAU 1| Anciennes guerres | Nouvelles guerres |
| Causalité idéologique : nationalisme, marxisme | Haines religieuses, tribales, ethniques |
| Soutien populaire | Absence de soutiens populaires |
| Violence contrôlée : centralisation de la guerre | Violence décentralisée et transfrontalière |
| Revendications | Activités, pillages |
Différenciations des conflits
4 Les conflits africains diffèrent selon leur dimension territoriale : les guerres opposent rarement des armées nationales, exception faite entre l’Érythrée et l’Éthiopie où il s’agit de guerres westphaliennes avec guerres de tranchées et de blindés et revendications territoriales. Internes aux États, ils s’articulent aux réseaux régionaux et internationaux, notamment à la mondialisation criminelle ; il y a emboîtement d’échelles du local au global. Tel est le cas des trois grands conflits du Darfour, de la Somalie et de la RDC. Selon leur mobilité : les conflits sédentaires font place aujourd’hui aux conflits nomades et transfrontaliers ; les contagions résultent des déplacements des populations, des identités transfrontalières. Selon Doyle et Sambanis [2000], un pays a trois fois plus de risques d’être confronté à une guerre civile si ses voisins sont en conflit. Selon leur financement : par des États sponsors (wahhabisme par l’Arabie saoudite, chiisme par l’Iran, Églises évangéliques par les États-Unis), des diasporas, et surtout par des contrôles de ressources naturelles (nerf de la guerre). Selon leurs mobiles : les guerres de sécession diffèrent des guerres de libération nationale, idéologiques (haines religieuses, ethniques), ou d’accès à des ressources. La dimension religieuse peut jouer soit par le biais des luttes d’influence des États ou diasporas sponsors, soit par l’instrumentalisation du religieux par le pouvoir, soit par la volonté de défendre ou de se battre pour des valeurs.
5 Les guerres africaines sont ainsi à la fois préwestphaliennes (enchevêtrement de facteurs et d’acteurs, allégeances, milices et mercenaires) et postmodernes (insertion dans une économie mondiale criminelle). Elles sont à la fois infranationales, transfrontalières et internationales (trafics d’armes, rôle des États et diasporas sponsors, débouchés des produits, entrelacs d’intermédiaires au sein des filières avec des ramifications régionales et internationales). Elles s’insèrent au niveau national dans des réseaux de pouvoirs politiques liés à des mafias et des réseaux criminels.
L’enchevêtrement des acteurs
6 Les acteurs des conflits sont multiples et ne sont pas réductibles aux armées nationales s’affrontant ou aux oppositions entre les forces gouvernementales et les rebelles. De nouveaux acteurs apparaissent avec une démultiplication et une permanente recomposition-décomposition des acteurs de la violence. Les acteurs sont privés (mercenaires, milices, enfants soldats), les acteurs communautaires sociétés secrètes (partis des chasseurs, sectes religieuses... ), et publics (armées nationales, polices, troupes de maintien de la paix).
L’emboîtement des échelles
7 L’analyse des violences suppose de se placer à trois niveaux : premièrement, repérer, à la base, les racines des conflits en termes de rapports de pouvoir, de structures sociales concernant notamment les accès différenciés aux emplois rémunérés, aux ressources naturelles et au foncier des jeunes. La quasi-totalité des conflits renvoie à des jeunes, sans emploi, ne pouvant accéder à des revenus licites ou à des migrants « allogènes » ou « autochtones » se heurtant à l’accès à ces ressources. Les raisons sont multiples : par exemple, le contrôle des ressources par les « aînés », la priorité donnée aux autochtones ou, tout simplement, la rareté de ces ressources. Ainsi, la question de l’accès à la terre et aux ressources naturelles afférentes (eau, pâturages... ) est un des facteurs essentiels de la dynamique des conflits. En Sierra Leone, le RUF[1] [1] Revolutionary United Front, groupe armé ayant, en 1991,...
suiten’a pas seulement recruté des prolétaires urbains mais également des jeunes ruraux se heurtant au contrôle de la terre par les aînés. En Côte-d’Ivoire, la loi foncière de 1998 supprimant le droit à la terre pour ceux qui la cultivent a mis le feu aux poudres. Dans un contexte de raréfaction de la terre et de crise économique, il y a eu conflit entre les jeunes urbains revendiquant des droits ancestraux et les migrants bénéficiant de terres louées dans le cadre d’accords de tutorat. Deuxièmement, prendre en compte l’insertion des sociétés rurales et urbaines dans des circuits mafieux et criminels (diamants, narcodollars, trafics d’armes, détournement de l’aide alimentaire, siphonnage du pétrole, argent de la corruption... ) qui touchent aussi bien des membres des États criminalisés, des mafias contrôlées par des seigneurs de guerre que des filières internationales. La victoire peut ne pas être souhaitable pour se partager les rentes (cas de la Sierra Leone ou de la Côte-d’Ivoire actuellement). La guerre permet de légitimer des actions qui seraient considérées comme des crimes en période de paix. Elle permet, en l’absence d’État de droit, de profiter d’octrois le long des routes ou de prébendes sur la contrebande ou sur les différents bakchichs. Troisièmement, analyser les liens entre les violences infranationales et leur caractère transnational et régional, que ce soit par l’appui d’États voisins ou par l’appartenance à des groupes transfrontaliers (ethniques, claniques, de réfugiés... ). Les conflits armés sont transfrontaliers, d’où la nécessité d’actions de prévention et de résolution aux niveaux sous-régionaux. La fragilité et la vulnérabilité des États sont en interrelation avec la vulnérabilité des régions et notamment des espaces transfrontaliers. Les conflits ont un caractère nomade et se caractérisent par des contagions. Le conflit du Liberia s’est ainsi déplacé en Côte-d’Ivoire du fait notamment de la mobilisation des soldats désœuvrés. À proximité, les 100 000 réfugiés en Guinée constituent une véritable menace de conflit dans ce pays. La Guinée-Bissau, ensuite, est déstabilisée par la rébellion casamançaise qui y a organisé sa base arrière.
L’économie politique des conflits
Les analyses des conflits
8 Elles font l’objet de débats entre les disciplines. Les économistes-universalistes privilégient le comparatisme, les indicateurs normés, les régularités (rôle des rentes, des « grievances »). Les anthropologues-politistes particularistes mettent au contraire en avant les spécificités des terrains, des arrangements, ou le jeu des élites. Les géopoliticiens soulignent le rôle des puissances, des réseaux transfrontaliers et des stratégies d’acteurs. L’écologie politique insiste sur les facteurs écologiques et les guerres environnementales. Il y a évidemment enchevêtrement des facteurs. Il faut distinguer l’économie de guerre (liens entre ressources, armes et troupes), les économies dans la guerre (contrebande, marché noir) et les activités économiques légitimées par la guerre (pillage).
9 La guerre doit être financée et elle peut avoir des motivations de captation de richesses. Certains travaux économétriques décomposent les facteurs explicatifs alors que d’autres utilisent la méthode systémique.
Les analyses économiques des guerres
10 Les théories économiques utilitaristes et praxéologiques supposent la rationalité économique des agents représentatifs et privilégient les facteurs internes aux États en opposant les gouvernants et les rebelles. Les combattants peuvent être traités comme des entrepreneurs de la guerre, c’est-à-dire comme des agents rationnels faisant des calculs coûts/avantages. Ces travaux utilisent la théorie des jeux et des séries statistiques internationales pour réaliser des tests économétriques.
11 Pour Sandler [2002], les analyses microéconomiques s’appliquent aussi bien aux actions terroristes qu’aux guerres civiles et la théorie des jeux est particulièrement adaptée à l’étude des comportements stratégiques d’acteurs interdépendants dans une situation d’information asymétrique et imparfaite et la rivalité sur des ressources rares (eau, air, terre) de plus en plus diverses. L’objectif est de trouver des lois générales par type de violence grâce à une analyse comparative et d’étudier les corrélations entre des variables comme la pauvreté, la faillite de l’État, le degré d’éducation ou de dépenses sociales et les variables telles les violences politiques, sociales ou les homicides. La guerre et la paix ont des coûts et des avantages.
12 Les travaux de la Banque mondiale et notamment ceux de Collier et Hoeffler [Collier, 2007] opposent la rébellion, forme de criminalité organisée caractérisée par l’avidité (greed), et le gouvernement supposé légitime et recevant les doléances (grievance). Le mouvement rebelle se comporte comme un agent économique rationnel qui choisira d’entrer en guerre si les bénéfices escomptés sont supérieurs aux coûts. Les principaux résultats des tests empiriques reposant sur des comparaisons internationales sont les suivants.
Les variables les plus significatives sont économiques
13 La probabilité de conflit se réduit quand le revenu augmente (l’impact du revenu par habitant est monotone et décroissant mais le revenu au carré est non significatif).
14 La part des matières premières dans les exportations est également significative (une part faible ou, à l’inverse, une part très élevée de matières premières dans les exportations réduisent les probabilités de conflits, les exportations au carré sont significatives) ; l’effet est non monotone.
15 Les facteurs géographiques sont également significatifs : l’effet de la taille de la population est monotone, il favorise l’occurrence de la guerre et sa durée ; la répartition initiale de la population sur le territoire joue aussi un rôle important. Les facteurs historiques peuvent jouer et constituent des risques de résurgence de crises anciennes. La fragmentation ethnique et son carré sont significatifs pour la durée de la guerre (et plus faiblement pour l’occurrence de la guerre) ; des sociétés bipolaires (deux groupes ethniques) ou très diversifiées présentent plus de risques de conflits.
16 L’effet combiné de ces variables est important : un pays regroupant les conditions les plus favorables vis-à-vis des risques d’occurrence de la guerre ; un revenu élevé par tête, des ressources naturelles en quantité suffisante, une très forte fragmentation ethnique et une population faible, est en situation de risque très faible, voire quasi nul qu’advienne un conflit en son sein. À l’inverse, le risque de déclenchement d’un conflit ou d’une guerre civile sera très élevé dans un pays regroupant les conditions les plus défavorables (pays très peuplé où le revenu par habitant est faible, les ressources en quantité relativement réduite et la société bipolarisée).
17 Dans d’autres tests, les principaux facteurs des guerres civiles africaines sont les faibles taux de croissance du PIB, l’importance des ressources naturelles, la durée de la paix, le fractionnement social et le nombre d’habitants [Anyanwu, 2002]. Pour d’autres, les matières premières minérales ne jouent pas un rôle spécifique dans la probabilité des conflits [Humphreys, 2003 ; Ross, 2004].
Les limites des analyses économiques
18 L’analyse des conflits armés est rendue très difficile du fait de l’enchevêtrement des facteurs explicatifs et de la spécificité des différentes configurations. L’analyse factorielle ou multivariée cherchant à décomposer analytiquement et à hiérarchiser les facteurs explicatifs ne peut intégrer les enchaînements et interactions conduisant à des processus non régulés. La cause initiale de déclenchement peut être mineure alors que, une fois déclenchés, les conflits violents peuvent devenir incontrôlables. La violence engendre la pauvreté, l’exclusion et l’absence d’institutions qui, elles-mêmes, nourrissent les conflits. Les guerres de pauvreté s’expliquent largement par le sous-développement et par l’exclusion. Elles sont, à leur tour, des facteurs d’insécurité et de sous-développement traduisant l’existence de trappes à sous-développement et à conflits.
19 Ces modèles ont le mérite de chercher à hiérarchiser les facteurs explicatifs et à tester empiriquement certaines hypothèses. Ils réduisent toutefois la réalité complexe à de seules motivations utilitaristes ou praxéologiques (adéquation des moyens aux fins). Les phénomènes sociaux sont mesurés par des indicateurs replacés dans une fonction mathématiquement testable au lieu d’être appréhendés comme des processus résultant d’interactions complexes. Les indicateurs statiques et statistiques correspondent à des périodes prédéterminées et ne peuvent ainsi intégrer les processus dans lesquels se déroulent les conflits, ni prendre en compte les interdépendances entre les facteurs internes et les facteurs internationaux ni les asymétries de pouvoirs. L’utilisation d’agents représentatifs ne peut intégrer les dimensions d’action collective qui se trouvent derrière les conflits armés.
20 L’analyste, recherchant une certaine intelligibilité du désordre et une compréhension des processus complexes, doit ainsi intégrer à la fois le jeu des intérêts économiques, des facteurs plus psychologiques et des décisions politiques répondant à des enjeux politiques ou géopolitiques plus larges. Les décisions belligènes sont prises en situation d’incertitude radicale et non de risque probabilisable. Le coût de la mort afférent à la guerre ne peut être évalué économiquement. Il importe également de contextualiser les conflits et de dégager les facteurs spécifiques aux économies africaines dans un nouveau contexte de fin de la guerre froide.
21 Plus un pays est pauvre et plus la probabilité de conflits augmente. La récession économique peut également être un facteur de tensions. Plusieurs raisons peuvent expliquer cela. L’impossibilité matérielle des processus démocratiques à réguler les conflits sociopolitiques tout d’abord, mais aussi l’absence de moyens matériels pour financer/acheter la paix, une probabilité accrue de victoires pour les opposants au pouvoir central. En revanche, on n’observe pas de lien significatif entre conflit et inégalité.
22 Dominent en Afrique comme facteurs économiques explicatifs :
23
- des guerres de pauvreté (chômage des jeunes, pressions démographiques, exclusions) où les trappes à conflit sont liées à des trappes à pauvreté avec récurrence. 80 % des PMA (Pays les moins avancés) ont connu un conflit armé au cours des quinze dernières années. Les conflits sont liés à des tensions sur des ressources rares, à des inégalités et exclusions porteuses de vulnérabilité, frustrations.
- des guerres d’abondance. Certaines guerres de convoitise sont d’abondance sur des ressources convoitées par les grandes puissances, des milices ou des oligopoles.
Les types de conflits liés aux ressources naturelles
24 De nombreux travaux montrent le rôle spécifique des ressources naturelles dans la conflictualité. En 2004, Collier et Hoeffler [2002] analysent cinquante-deux guerres civiles entre 1960 et 1999. Ils montrent que la dépendance économique envers les ressources naturelles augmente les risques de guerre civile pendant les cinq années qui suivent l’amplification de cette dépendance. La relation n’est pas linéaire. De même Fearon et Laitin [2003] démontrent que le risque de guerre civile dans un pays exportateur de pétrole est de 19,1 % contre 9,2 % pour un pays non doté en ressources pétrolières. Reynal-Querol [2002] analyse le lien entre l’abondance de ressources naturelles et l’occurrence de conflits civils interethniques. Pour 138 pays entre 1960 et 1995, l’abondance en ressources naturelles est un des facteurs essentiels. Enfin, Doyle et Sambanis [2000] montrent que les guerres civiles sont plus longues pour les pays dotés en ressources naturelles.
Une typologie des conflits liés aux ressources naturelles
25 On peut différencier le rôle des ressources naturelles selon le double critère de concentration et d’espace (filières nationales et internationales).
TABLEAU 2| Filières | Concentration territoriales | Dissémination |
| Internationales/ régionales | Guerres énergétiques : hydrocarbures. État rentier et investissements lourds. Liens oligopoles/appareils d’État. Opposition gouvernement/ rebelles. Enjeux des puissances. Sécession ou autonomie (Casamance, Ogaden, delta du Niger) Angola, Congo, Niger, Nigeria, Soudan, Tchad | Guerres de pillage minier, filières artisanales : diamant, coltan, or. Économie de guerre militarisée, main-d’œuvre élevée ; armées et milices à base ethnique et nationale. Rôle des réseaux. Liberia, Sierra Leone, RDC (Kivu, Katanga) |
| Nationales/ locales | Guerres environnementales ; ressources rares du sol : eau, terres arables, forêts, pâturages, allogènes/autochtones. Milices bases régionales. Darfour (+ pétrole), Côte-d’Ivoire, Rwanda | Guerres de trafic, commerce illicite : drogue, rançons. Seigneurs de la guerre, réseaux terroristes. Économie de marché de guerre, État failli (non-droit, fiscalité, douane, contrôle territoire). Ex. : Somalie |
26 Les conflits sont selon des degrés différents une combinatoire des quatre configurations. Le Kivu est à la fois une guerre environnementale et de pillage, le Darfour une guerre environnementale et énergétique. Au Kivu, une économie militaire et criminelle s’organise autour des filières du coltan, de l’or et de l’étain. Ces filières ont elles-mêmes des ramifications régionales et internationales. Une économie criminelle se constitue autour du travail des enfants sous contrôle des militaires ou sociétés de sécurité, acheteurs et courtiers, exportateurs clandestins jusqu’à ce qu’au niveau international ces produits rentrent dans la légalité.
27 Les richesses naturelles essentiellement du sous-sol permettent le financement des conflits tout en en étant l’un des principaux enjeux [Bannon, Collier, 2003]. Déterminés à l’origine par la captation de ressources, les conflits s’auto-entretiennent. Les rentes minières permettent l’achat d’armes et le recrutement de rebelles. On peut ainsi différencier les guerres liées au pétrole dénommé au Nigeria « la merde du diable » (Angola, Casamance, Congo, République centrafricaine, Ogaden, Soudan, delta du Niger au Nigeria, Tchad), au diamant (Angola, Guinée, Liberia, Nord Côte-d’Ivoire, République démocratique du Congo, Sierra Leone), aux métaux précieux (or, coltan [columbite-tantale] ayant la couleur du bitume, l’odeur de l’argent et le goût du sang) au Kivu en République démocratique du Congo, à l’uranium (Touareg au contrôle de l’eau, riverains du Niger et fleuve Sénégal), aux narcodollars, au contrôle des ressources agricoles (coton au nord de la Côte-d’Ivoire, café et cacao au sud), des ressources forestières ou des terres (Burundi, Côte-d’Ivoire, Darfour, Rwanda), aux espaces surdensifiés en voie de stress hydrique et de désertification (Sahel, Corne de l’Afrique, Afrique australe), au contrôle des routes maritimes et à la piraterie (mer Rouge, golfe d’Aden, golfe de Guinée).
28 Les conflits pour contrôler les ressources s’auto-entretiennent en permettant les achats d’armes, les recrutements de miliciens. Tel est le cas au Kivu des contrôles des mines de coltan, d’or, d’étain par les rebelles hutus, tutsis, les troupes de Kabila ou de Kagamé (cf. article de Jacquemot, p. 38). Entrelacs d’intermédiaires au sein des filières avec des ramifications régionales et internationales. Les conflits impliquent des acteurs régionaux et internationaux. On a vu ainsi se développer en République démocratique du Congo de nouvelles configurations conglomérales correspondant à des pratiques déloyales face aux règles anciennes mises en place par les grands oligopoles. Ces nouveaux conglomérats résultent de joint-ventures entre des sociétés liées aux armées ougandaises ou zimbabwéennes, ainsi que des intérêts israéliens [Bayart, Hibou, Ellis, 1997]. L’économie de pillage est assurée par un consortium d’hommes d’affaires, de mercenaires, de vendeurs d’armes de compagnies de sécurité face à la défaillance des États. On observe également autour de la drogue tout un circuit mafieux source de violence.
Le rôle des ressources naturelles dans le financement des groupes rebelles
29 Les groupes rebelles doivent contrôler des secteurs économiques lucratifs, leur financement peut alors résulter du contrôle des ressources naturelles, des diasporas (la part de la population émigrée est souvent corrélée avec l’occurrence d’une guerre), de l’appui financier par des tierces parties, des transferts volontaires (cotisations) ou non volontaires (pillages, impôts forcés), du détournement de l’aide ou de leurs activités économiques de fournisseurs de services (exemple de l’Eritrean People’s Liberation Front qui assure des services médicaux, vétérinaires et judiciaires en Érythrée).
30 Parallèlement, les avantages économiques attendus de la guerre civile sont, pour les rebelles, le pillage, la protection moyennant rémunération, les profits liés au commerce des armes, des aliments ou des narcodollars, l’exploitation de la main-d’œuvre (captation d’esclaves), le contrôle des terres, le vol de l’aide étrangère ou les avantages des combattants « se payant sur la bête ». Ces conflits de captations de rentes ne sont pas réductibles aux seuls rebelles prédateurs ; ils peuvent tenir aux gaspillages de la part de gouvernements non légitimes ou d’oligopoles privés internationaux. Les guérillas, les rebelles ou les soldats perdus vivent de soutiens extérieurs, de prédation sur les productions ou sur les aides extérieures, de captation des ressources naturelles. Il importe, ainsi, de prendre en compte les enchevêtrements (straddling) entre les intérêts économiques des acteurs privés, des firmes et des réseaux et les intérêts des oligopoles de la violence bénéficiant du marché de la violence, contrôlant les rentes de manière officielle, ou non, et les forces politiques et militaires officielles ou parallèles. Paradoxalement, les forces de maintien de la paix peuvent elles-mêmes, dans certains cas, bénéficier d’avantages financiers liés à leur solde voire à leur participation à ces partages de rentes et favoriser une durabilité des conflits ouverts de ni guerre ni paix.
TABLEAU 3| Ressources | Exploitation | Vol | Extorsion | Prix (euro/kg) |
| Diamants alluvionnaires | + | + | 20-500 000 | |
| Bois précieux | 0 | 0 | + | 0,1 |
| Produits agricoles | 0 | 0 | 0 | 1,5 (café) |
| Pétrole en terre | - | 0 | + | 0,12 |
| Diamants kimberlétiques | - | 0 | 0 | 500 000 |
| Minéraux industriels | - | - | 0 | 2 (cuivre) |
| Pétrole en mer | - | - | - | 0,12 |
L’insertion dans une mondialisation criminelle
31 Le produit criminel brut mondial est estimé à 1 200 milliards de dollars correspondant à 15 % du commerce mondial. Le FMI évalue les flux financiers criminels entre 700 et 1 750 milliards de dollars, soit entre 2 et 5 % du PIB mondial. Quatre cinquièmes de ces flux sont réinvestis dans l’économie légale. Le financement est assuré « par le haut » (banques, États, ingénierie financière sophistiquée où interviennent des offshore et des paradis fiscaux). Il l’est également « par le bas » avec le rôle des diasporas, des impôts religieux, des ONG, des activités informelles, allant de la petite délinquance jusqu’à la grande criminalité.
32 On estime le commerce de la drogue à 8% du commerce mondial et son chiffre d’affaires à 400 milliards de dollars [ONU, 2007]. Le chiffre d’affaires de la contrefaçon est estimée entre 150 et 350 milliards de dollars. Cette économie parallèle internationale est à la fois une source de rentes et un facteur de conflits et de décomposition/recomposition des États. L’Afrique est également un lieu de recyclage des capitaux permettant le blanchiment de l’argent, le financement des partis politiques étrangers ou les surfacturations, sources de rentes privées et publiques. Elle sert de déversoir de médicaments frelatés ou de décharge de produits toxiques par le biais de circuits reliant les ports francs (Maurice, Zanzibar) et les circuits mafieux localisés à Dubaï, dans les paradis fiscaux ou en Suisse.
33 Un nouveau commerce triangulaire illégal intègre l’Afrique exportatrice de matières premières vers l’Europe et l’Asie, les pays de l’Est et de l’Asie exportateurs d’armes et de mercenaires et les États de l’Ouest, de l’Est et de l’Asie par des relations financières parallèles. L’accroissement du nombre d’États à souveraineté limitée, sous tutelle, sous protectorat ou sous perfusion, d’États en collapsus (collapsed states) ou défaillants (failed states), d’États voyous ou parias (rogue states) résulte largement de l’insertion dans une économie mondiale criminelle. Celle-ci se traduit par la grande corruption, les trafics d’armes, le blanchiment de l’argent dans les offshore ou les réseaux mondialisés de la drogue, la traite des organes, le commerce sexuel, le trafic de diamants et le pillage des mines. Le pétrole ou le commerce des stupéfiants sont devenus des sources de richesse déterminantes (Angola, Côte-d’Ivoire, pays du golfe de Guinée, République démocratique du Congo, Sierra Leone, Liberia, Guinée, Burkina Faso). L’accès aux richesses minières ou pétrolières conduit à des chevauchements entre le pouvoir politique, les milieux d’affaires et les oligopoles. La contrebande, la contrefaçon (Maurice, Nigeria), les pavillons de complaisance (Liberia), le trafic de bois (République centrafricaine, République démocratique du Congo) procurent des ressources importantes. Les cultures de drogues sont présentes au Lesotho, en Côte-d’Ivoire ou au Ghana, le Sénégal, le Cap-Vert et le Mozambique participent du trafic de transit. La drogue alimente la criminalité locale et la corruption du politique (Nigeria, RDC, Afrique du Sud) ou les conflits (Liberia, Sierra Leone, Casamance, Guinée-Bissau, Congo).
Le cas des filières économiques des diamants de la guerre
34 Il faut repérer le long des diverses opérations complémentaires les stratégies d’acteurs, les modes de coordination et de transaction, localiser les nœuds stratégiques où se déploient des pouvoirs. L’analyse de filière ou de mésosystème ainsi particulièrement opérationnelle pour les pays en développement caractérisés non seulement par des défaillances de marché, market failures, mais aussi par des non-constitutions de marchés (des facteurs de production de la terre, du travail ou du crédit) et par des défaillances des États et des règles, states and rules failures. Elle prend en compte les articulations entre les échelles locale et globale et permet notamment de voir les concurrences ou les complémentarités entre les filières de produits importés et les filières locales, régionales ou nationales. Cette analyse des filières suppose de lier les zones grises de l’économie criminelle ou occulte et blanches de l’économie officielle ou visible. Interviennent dans ces filières des entreprises, des armées, des transporteurs (avec prolifération depuis la dérégulation), des vendeurs et des trafiquants d’armes, des banques, des circuits financiers illégaux ainsi que des intermédiaires de toutes sortes. Certains appartiennent directement à des mafias, d’autres ont la respectabilité d’entreprises à double face (sociétés écrans).

LES FILIÈRES CRIMINELLES LIÉES À L’ÉCONOMIE DE GUERRE(COLTAN, DIAMANT, OR)
LES FILIÈRES CRIMINELLES LIÉES À L’ÉCONOMIE DE GUERRE(COLTAN, DIAMANT, OR)
35 De l’extraction au commerce de taille, au polissage et à la vente au détail, la filière diamant occupe des centaines de milliers de personnes. Les diamants ont ainsi un potentiel de développement mais ils sont dans les pays pauvres plutôt une malédiction. Les filières diamantifères vont des lieux de production avec une foule de petits producteurs jusqu’aux tailleurs d’Anvers qui contrôlent 80 % des pierres brutes. Les filières du diamant et celles de l’armement sont étroitement liées avec intervention de circuits israéliens et libanais notamment. Le diamant est facile à transporter, a un prix élevé pour de faibles poids et volume. Sa valeur dépend des trois C (cut, taille, carat, poids et color, couleur). Ces filières ont financé les guerres du Liberia ou de Sierra Leone et jouent un rôle dans le conflit ivoirien et de la République démocratique du Congo. La gemmocratie est liée à la foule de petits producteurs, au paiement en liquidités, à la porosité des frontières, à la corruption endémique [Vallée, Missen, 1999]. On estime que les diamants de la guerre correspondent à 4 % de la production mondiale et à 10 à 15 % des diamants de qualité. Soixante pour cent des diamants viennent d’Afrique. Longtemps, la compagnie De Beers a fait partie de la filière des diamants de la guerre. La De Beers correspond à deux tiers du commerce (5,2 milliards de dollars de chiffre d’affaires en 2000). Elle a perdu une partie de son monopole avec l’arrivée de sociétés russes, israéliennes. L’économie de pillage est assurée par un consortium d’hommes d’affaires, de mercenaires, de vendeurs d’armes, de compagnies de sécurité face aux défaillances des États. Les conglomérats sont multiformes : le consortium diamantifère ORYX Natural resources, installé dans les îles Caïmans, est en liaison à la fois avec des entreprises zimbabwéennes et des militaires de ce même pays (par Operation Sovereign Legitimacy, branche économique de l’armée zimbabwéenne) ou liée à Petra Diamonds. Cosleg est une joint-venture entre Osleg et Comex (liée à Kabila). Les prédateurs criminels sont africains et étrangers.
36 Les diamants ont été et demeurent une source importante de la conflictualité en Afrique [Orruj, Pelon, Gentilhomme, 2007]. Le diamant a joué un rôle déterminant dans les conflits de Sierra Leone, du Liberia (pays de transit) et de Côte-d’Ivoire. Les enjeux de la guerre n’étant pas la victoire mais la réalisation de bénéfices provenant d’activités lucratives sous couvert de la guerre. Selon Lansana Gberie [2007], « les diamants ont été les pivots des affaires libanaises ». Le rapport des Nations unies sur la contrebande des richesses minérales (décembre 2003), constate également l’implication de firmes d’armement et de groupes terroristes, les réseaux israéliens et libanais étant en concurrence dans la filière diamant.
37 En conclusion, le processus de prévention des conflits et de paix et sécurité durables passe évidemment par une combinaison d’actions politiques, diplomatiques et militaires. Il s’agit notamment de construire la citoyenneté, de renforcer les fonctions régaliennes des États, de réguler les tensions sociales, de mettre en œuvre des politiques de redistribution et de protection sociale. Sur le plan militaire les DDR (désarmement, démobilisation et réinsertion) sont des préalables nécessaires bien que très difficiles à mettre en œuvre.
38 Les stratégies préventives sont également d’ordre économiques en permettant le passage d’économies de rente en économies d’accumulation et la montée en gamme de produits par transformation des ressources naturelles. Les actions doivent être différenciées selon les types de conflits liés aux ressources naturelles :
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- les guerres de trafics supposent un État de droit et un contrôle des trafics ;
- les guerres environnementales impliquent des droits de propriété ou de possession accordés aux allogènes, une préservation et une valorisation du « capital naturel », une coopération régionale sur les migrations et les réfugiés du climat ;
- la prévention des guerres énergétiques impose la transparence des comptes ( « publiez ce que vous payez »), un partage plus égal des rentes, la mise en œuvre de l’Initiative de transparence des industries extractives (ITIE), la gestion des instabilités et des chocs notamment par des fonds de stabilisation intergénérationnels.
- les guerres de pillage minier supposent la réintégration des milices dans des armées, la réaffectation des ressources minières aux investissements collectifs, le contrôle des filières internationales (trafiquants, courtiers, contrebandiers). L’action par l’aval allant des consommateurs aux tailleurs de diamant utilisateurs de coltan est prioritaire.
40 Le processus de Kimberley a été amorcé par le gouvernement de l’Afrique du Sud en mai 2000. Les guerres alimentées par les diamants en Angola, en Sierra Leone et en République démocratique du Congo nuisaient au commerce légitime d’autres pays. C’est un régime international de certification des diamants bruts dont la convention définitive a été signée le 1er janvier 2003 par 74 pays producteurs, exportateurs et importateurs parmi lesquels on retrouve les plus gros importateurs (Union européenne, États-Unis et Canada), soit aujourd’hui près de 98 % de la production et du commerce mondial de diamants bruts. Le système de certification est entré en vigueur le 1er janvier 2003. Font partie du processus les États, les organisations régionales, les professionnels et la société civile. Alors qu’en 1999 la Sierra Leone exportait officiellement 1,5 million de dollars, elle se situe après le processus de Kimberley près de 100 millions même si le contrôle libanais et la corruption demeurent. Les flux de diamants illicites seraient passés de 15 à 5 %. Les systèmes de surveillance périodique, indépendants des mécanismes nationaux, restent insuffisants. Il demeure d’énormes différences entre les capacités de production de pays tels le Ghana, la Côte-d’Ivoire, le Congo, la Centrafrique, la RDC, le Zimbabwe, le Liberia ou la Guinée et leurs exportations. Il est de notoriété que le Burkina Faso fait commerce illicite des diamants de la guerre. Des brèches apparaissent au niveau des tailleurs et des polisseurs. Le processus de Kimberley paraît, malgré ses insuffisances, un modèle qui pourrait s’appliquer à d’autres filières comme le coltan ou l’or.
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Notes
[ *] Professeur émérite Paris-X-Nanterre, IRIS.
[ 1] Revolutionary United Front, groupe armé ayant, en 1991, déclenché la guerre civile dans ce pays.
Résumé
Les relations entre guerres et ressources naturelles ont conduit à une écologie politique de la guerre : guerres de ressources, guerres environnementales, de pillage ou de sécession liées aux ressources naturelles. Les ressources naturelles du sous-sol peuvent, du fait de leur abondance, attiser des contrôles par la violence (coloniale, impérialiste, pillage). Les ressources naturelles du sol peuvent, du fait de leur rareté (eau, terre), aviver les tensions. En prenant le cas des conflits armés africains, cet article différencie : 1/ l’enchevêtrement des facteurs et des acteurs de la conflictualité, 2/ l’économie politique des conflits 3/ le rôle spécifique des ressources naturelles.
The Role of natural resources in the case of armed conflicts in AfricaThe relationship between wars and natural resources led to a political ecology of war : wars of resources, environmental wars, wars of pillaging or of secession tied to natural resources. The natural resources of the subsoil can, by their very abundance, stoke the fires of violent control measures (colonial, imperial, pillaging). Those of the ground can, by their dearth (water, earth), intensify tensions. By taking up the case of armed conflicts in Africa, the present article differentiates among : 1/ the entanglement of factors and actors of the conflict, 2/ the political economy of the conflicts, 3/ the specific role of natural resources.
PLAN DE L'ARTICLE
- L’enchevêtrement des facteurs et des acteurs des conflits armés
- L’économie politique des conflits
- Les types de conflits liés aux ressources naturelles
POUR CITER CET ARTICLE
Philippe Hugon « Le rôle des ressources naturelles dans les conflits armés africains », Hérodote 3/2009 (n° 134), p. 63-79.
URL : www.cairn.info/revue-herodote-2009-3-page-63.htm.
DOI : 10.3917/her.134.0170.





