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Présentation

Un climat de peur et de chaos domine l'année 1944. Peur des bombardements, des exactions, d'une guerre civile. Peur qui se nomme vengeance, délation, lynchage. Des listes noires circulent. Dans les rues s'affichent la liesse de la délivrance et le besoin du châtiment. C'est l'année des derniers spasmes de la barbarie nazie. C'est aussi l'année où Paris est libéré dans un climat insurrectionnel, où l'on tond des femmes en pleine rue, où Combat exige l'épuration immédiate pour commencer la révolution. Dans cette spirale naît la justice de l'épuration. Fruit de quelques ordonnances, c'est une justice de salut public. Peuplée en grande partie de jurés communistes, elle remplit une mission patriotique. Les prétoires sont des scènes privilégiées où se heurtent des finalités contradictoires, où s'épanche mal la partialité des victimes. Le besoin de justice sý confond avec le culte rendu aux morts de la Résistance. C'est ce parcours accidenté qu'interroge cet ouvrage qui fait suite à "La Justice des années sombres". Quelles sont les juridictions de l'épuration légale ? Quel bilan tirer de leur œuvre si controversée ? Peut-on comprendre le procès de Pucheu sans les fusillés de Châteaubriant et la figure de Guy Môquet ? Quel fut le comportement des magistrats et avocats dans cette tourmente ? Et surtout comment ont-il affronté l'ambivalence de ces temps déraisonnables : châtier les traîtres, offrir un exutoire à une population en colère, et en même temps, retrouver le fil de la légalité, refonder l'État, bâtir une nouvelle communauté politique ?


Sommaire

Page 7 à 23

Introduction. La transition démocratique française après la Seconde Guerre mondiale

Partie I. Les juridictions de la Résistance et de la Libération (1944‑1951)

Page 25 à 34

Avant la Libération : la politique de la Justice à Alger et le procès Pucheu (1943-1944)

Page 35 à 44

La cour martiale de l'Isère (30 août-6 octobre 1944)

Page 45 à 57

La cour de justice de Lyon, section du Rhône (septembre 1944-juillet 1949)

Page 59 à 71

Le procès de Charles Maurras (24-27 janvier 1945)

Page 73 à 89

Rendre une justice politique : l'exemple des chambres civiques de la Seine (1945-1951)

Page 91 à 119

La légitimation des infractions commises dans un but de résistance : l'exemple de la chambre de révision de Grenoble (décembre 1944–juin 1946)

Partie II. Figures et acteurs judiciaires dans la Résistance et à la Libération

Page 121 à 131

Les milieux judiciaires dans la Résistance et à la Libération

Page 133 à 148

Le rôle de Maurice Rolland (1904-1988) et de l'Inspection des services judiciaires à la Libération

Page 149 à 151

Joseph, dit Joë Nordmann (1910-2005) : notice biographique

Page 153 à 169

De Vichy à la Résistance : le bâtonnier Jacques Charpentier

Page 171 à 181

Quelques figures oubliées du monde judiciaire savoyard, dans la Résistance et à la Libération

Page 183 à 200

Le barreau de Grenoble de l'Occupation à la Libération

Page 201 à 203

« Le droit romain n'est plus ». Note sur un conte écrit par Aragon en 1944

Page 205 à 234

L'épuration judiciaire à la Libération : entre légalité et exception

Partie III. Témoignages

Page 235 à 242

François de Menthon (1900-1984), le garde des Sceaux oublié (4 septembre 1943-30 mai 1945)

Page 243 à 248

Un jour de septembre 1944

Page 249 à 252

Mes souvenirs de cour de justice

Page 253 à 255

Avocat au procès de la Gestapo de Lyon, 1954

Page 257 à 264

Postface. René Linais, juge à la section spéciale

Page 265 à 275

Bibliographie sélective

Fiche technique

Histoire de la justice 2008/1 (N° 18). 288 pages.
ISSN : 1639-4399
ISSN en ligne : 2271-7501
ISBN : 9782110073006
Lien : <http://www.cairn.info/revue-histoire-de-la-justice-2008-1.htm>

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