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Histoire de la justice

2009/1 (N° 19)


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Résumé

Français

Longtemps considéré comme le fruit exclusif des Lumières et de la Révolution, le Code civil est aussi fortement influencé par la pensée néomonarchiste, fidèle aux valeurs anciennes, qui sont celles des quatre rédacteurs de 1804. L’exemple de Portalis l’illustre. Spiritualiste chrétien et épistémologiste empiriste, il s’oppose à l’esprit jacobin et au faux esprit philosophique. Au nom d’un droit naturel d’essence divine, il a la volonté de réformer le droit civil, et non de le révolutionner, afin d’aboutir à la concorde nationale. Toutefois le libéralisme, quand il est fondé sur des principes chrétiens, l’empirisme et le pragmatisme, trouve place dans le Code. L’homme ne pouvant pas échapper à ses vices, le législateur a pour mission de canaliser ses défauts et d’en tirer profit. Ce libéralisme contrôlé est relayé par des institutions, « des causes secondes », comme peuvent l’être le père de famille ou le inistre des cultes, qui permettent à l’État d’économiser sa puissance. Un mélange de révolution et de réaction qui explique que le Code civil ait survécu à l’Empire.

English

A return to the « spirit » of the French Civil CodeLong considered to be exclusively rooted in both the Enlightenment and the Revolution, the Civil Code was in fact also strongly influenced by neo-monarchist ideals which had much affinity with the traditional values held by the four 1804 authors. The example of Portalis, who was a Christian by conviction and an adherent to empiricist epistemology, is instructive in this regards as he opposed the spirit of the Jacobin movement and the philosophical currents which he regarded as false. In the name of natural law of divine origin, he wanted to reform, rather than revolutionize, civil law in an attempt to achieve national harmony. However, hen liberalism is informed by Christian principles in addition to empiricism and pragmatism, it can be accommodated within the Code. Human beings inevitably succumb to their vices, and that is why it is the lawmakers’duty to constrain them and make them virtuous. Such controlled liberalism is transmitted by means of institutions, functioning as secondary actors, just like fathers or priests, which enable the State to maintain its power. This combination of revolution and reaction provides us with clues on how the Civil Code managed to survive to the Empire.

Plan de l'article

  1. La réaction consulaire
  2. Le « libéralisme des causes secondes »

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