Accueil Revues Revue Numéro Résumé

Histoire de la justice

2009/1 (N° 19)


ALERTES EMAIL - REVUE Histoire de la justice

Votre alerte a bien été prise en compte.

Vous recevrez un email à chaque nouvelle parution d'un numéro de cette revue.

Fermer

Article précédent Pages 203 - 224 Article suivant

Résumé

Français

Le Code Napoléon semble présupposer une vision pessimiste de l’homme. Les travaux préparatoires montrent que l’on se méfie de l’homme à l’état de nature. Le positivisme juridique s’impose au droit naturel après le traumatisme de la Terreur. En réalité, loin des constructions philosophiques, le sauvage n’est pas bon : il est cannibale. L’homme n’est qu’un rouage obéissant de la société. Même la morale est une émanation des règles physiques. Toutefois, les révolutionnaires rêvent de régler cette société-machine, mais ils échouent à libérer l’homme de toutes ses entraves. La seule solution consiste alors pour les élites à le manipuler dans son intérêt pour l’obliger à se perfectionner, afin d’être digne de la Révolution et du bonheur. Dans ce but, le droit apparaît plus efficace que la philosophie pour fabriquer de bons citoyens. L’homme ne pouvant pas changer, le législateur doit mettre à profit ses défauts pour le gouverner, le tissu social devenant un vaste réseau de réciprocités interindividuelles, fondées sur la propriété, le pouvoir paternel et l’égoïsme de chacun.

English

The human archetype as the basis of the nascent French Civil CodeThe Napoleon Code seemed to presuppose a pessimistic vision of human nature. Preliminary works argued that humans, in a state of nature, were to be distrusted. After the trauma caused by the Reign of Terror, legal positivism was imposed on to the notion of natural law. In fact, with the exception of certain philosophical ideas, the savage was not perceived as good : he was a cannibal. Human beings were to be at best obedient elements of society, and even morality stemmed from physical rules. However revolutionaries dreamt of tuning this machine-like society, but they failed at liberating humans from their chains. The elites’only solution was to manipulate them according to their interests, and to force them to improve themselves in order to be worthy of the Revolution and of happiness. To this end, law seemed to be more efficient than philosophy in constructing good citizens. As humans cannot easily be changed, lawmakers had to turn negative characteristics into positive ones in order to govern them. Social relations thus became a large network made of interindividual reciprocities based on property, paternal power and people’s selfishness.

Plan de l'article

  1. La remontée chronologique
    1. Le pessimisme
    2. La réduction
  2. La redescente chronologique
    1. Le temps des rêves
    2. Le temps du droit

© 2010-2014 Cairn.info
back to top
Feedback