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Histoire de la justice

2009/1 (N° 19)


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Résumé

Français

Les écrits publics de d’Aguesseau et les Méditations, œuvre posthume et inachevée, montrent une pensée à deux facettes. D’un côté, une conception « philojanséniste » de la loi et du pouvoir social, et, de l’autre, une réhabilitation de « l’amour-propre raisonnable », racine de la justice et du droit. Pour le magistrat des Mercuriales, la souveraineté absolue de la loi est la règle d’or. Ce principe se marie mal avec l’esprit individualiste du siècle où la personne accapare les honneurs normalement rendus à la « dignité », ce qui corrompt l’amour-propre, d’autant plus que d’Aguesseau, comme Domat, voit dans le juge l’incarnation vivante de la justice. Mais le d’Aguesseau des Méditations réhabilite l’amour-propre fondé sur la raison et critique implicitement le premier jansénisme. L’amour de soi devient la base positive du dynamisme de la personne et du lien social. Dans les Méditations, c’est un philosophe cartésien, soucieux d’unir la conscience et la loi, qui apparaît sous la robe du magistrat.

English

Public reason and metaphysical reason in d’Aguesseau’s works : the place of the MéditationsThe published writings of d’Aguesseau and the Méditations, a posthumously discovered draft, express dual modes of thinking about law. On the one hand, one can discern a “philo-Jansenist” perception of law and social power, and, on the other hand, a return to “reasonable self-esteem” is identified as the source of law and justice. For the judge who is the protagonist in the Mercuriales, the absolute sovereignty of law represents the cardinal rule. This principle does not compare favourably to the century’s dominant individualist philosophy, where status is situated exclusively in the individual as such rather than his “dignity”, a fact which is considered detrimental to the aforementioned self-esteem. To a large extent d’Aguesseau, as well as Domat, considered the judge to be the living embodiment of justice. But in the Méditations, d’Aguesseau restored the selfesteem based on reason and in so doing he indirectly criticised early Jansenism. Self-esteem became the positive fundament of individual dynamism and of social bonds. In the Médiations, he’s not only a judge, but he is also a Cartesian philosopher, concerned with harmonizing conscience and law.

Plan de l'article

  1. La fécondité de la loi et son inévitable fragilité
  2. D’Aguesseau et Domat : proximité et distance
  3. Au-delà du jansénisme : les retrouvailles de l’amour-propre et de la raison

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